PaxetBonum a écrit :
J'ai vu qu'un évêque avait dénoncé l'un de ses prêtres.
Je dois dire que cette délation d'un pécheur ne me mets pas du tout à l'aise.
Cela ne me semble pas une démarche de charité.
C'est quand même assez ahurissant ce que vous écrivez-là PaxetBonum.
Il y a plusieurs aspects à considérer.
Tout d'abord, qu'un évêque dénonce un prêtre pédophile, c'est très certainement une démarche de charité envers les enfants qui ont été abusés, envers ceux qui risqueraient de l'être dans le futur, envers les familles de tous ces enfants, envers la société en général et pourquoi pas envers le prêtre lui-même, en l'obligeant à faire face à sa réalité, à ses responsabilités et aux conséquences de ses actes.
Vous parlez de la "délation d'un pécheur", ce qui nous porte par réflexe à la clémence, sachant pertinemment que nous sommes tous pécheurs.
Cette façon subtile de présenter les choses "en douceur" escamote le fait que ce péché est aussi un crime, nuance.
En effet, vous pouvez tromper votre épouse avec votre voisine, on ne vous mettra pas en taule. C'est un péché, pas un crime.
Violer un enfant est un crime, au même titre que frapper, blesser, tuer, voler.
Il y a ici un crime, et quelqu'un qui l'a commis.
Considérons les choses sous l'aspect de la personne qui commet le crime.
Si un évêque ne devrait pas dénoncer un de ses prêtres coupable d'agression sexuelle d'un enfant parce que ce n'est pas une démarche de charité, alors on ne devrait pas non plus dénoncer tonton Maurice qui a abusé du petit Emile, et un directeur d'école ne devrait pas non plus dénoncer son prof d'éducation physique coupable d'agression sexuelle sur ses élèves, considérant que nous sommes tous égaux devant la loi.
Car finalement, ils ont tous commis le même crime.
Cela n'a aucun sens, évidemment, à moins vous considériez que les membres du clergé ont droit à un traitement spécial, et que leurs supérieurs ne sont pas soumis aux mêmes obligations devant la loi que les autres citoyens.
Considérons maintenant les choses sous l'aspect du crime commis.
Si un évêque ne devrait pas dénoncer un de ses prêtres pédophiles, alors on ne devrait pas dénoncer notre voisin pyromane dont on sait qu'il a incendié l'épicerie du village, à moins évidemment que vous considériez que brûler un commerce est plus grave que violer un enfant.
PaxetBonum a écrit :Trinité a écrit :Pax et Bonum,
Que devait faire cet évêque à votre avis

!
Ce que fait tout prêtre fasse à un pécheur : l'inviter à changer et à réparer.
Ensuite indiquer qu'il prendra contact avec les victimes.
Et face aux victimes exprimer son regret pour les actes de ce prêtre et exposer les recours judiciaires à mettre en œuvre.
"L'inviter à changer et à réparer". C'est une blague ? On "invite" pas un pédophile à changer, on le somme de le faire. S'il est impossible de le guérir de sa pédophilie, on doit exiger de lui qu'il ne passe plus à l'acte, et pour cela il aura besoin d'aide, de beaucoup d'aide. Il aura besoin de l'aide et des services de professionnels en la matière. Il ne changera pas simplement parce que son évêque l'a "invité" à le faire. Il y a des limites à voir la vie avec des lunettes roses.
Pour ce qui est de "réparer", comment un abuseur d'enfants peut-il réparer ce qu'il a fait ? Un viol d'enfant ne se répare pas. Le mal est fait. Il s'agit plutôt d'aider l'enfant à vivre avec cette blessure et à aller de l'avant sans laisser cette expérience le détruire. Et pour ça, ce n'est sûrement pas son abuseur qui est le mieux placé pour intervenir, quand même !
"exposer les recours judiciaires à mettre en oeuvre". Que voulez-vous dire exactement PaxetBonum ? Là encore, la formule me semble édulcorée.
Je ne suis pas ferrée en droit, mais le mot "recours" sonne à mes oreilles comme "demande de compensations". Me trompe-je ? Si c'est ce que vous voulez dire, là encore vous escamotez le fait important qu'un crime doit être sanctionné pour ce qu'il est, abstraction faite de tous les autres aspects de la chose, y compris les éventuelles compensations pour dommages subis.
Si j'incendie la maison de mon voisin, il peut certes me poursuivre en cour pour la perte de sa maison. Mais même si je le compense pour sa maison détruite, cela n'efface pas le crime que j'ai commis, celui d'incendie criminel, et je dois quand même être sanctionnée pour ce crime.
Je n'arrive vraiment pas à vous suivre dans les réponses que vous donnez à Trinité. Tout me semble aller de travers.