Bonjour,
Charles a écrit :Je ne crois pas qu'il faille être aussi catégorique. Il y a eu des oeuvres d'art véritablement chrétiennes ou d'inspiration au XX° siècle... Paul Claudel, George Bernanos, Gerard Manley Hopkins, en littérature, David Lean, Andrei Tarkovski, Carl Dreyer, Robert Bresson au cinéma, tout l'art moderne européen peut être compris comme d'inspiration chrétienne, jusqu'à ses derniers grands représentants, Morandi, Balthus, Giaccometti, Freud, Lopez Garcia.
Je me demande qu'elle est votre conception de l'art chérien pour que vous puissiez dire que tout l'art moderne européen peut être compris d'inspiration chrétienne car je ne vois ni en Morandi, ni Balthus, ni Giaccometti, ni Freud (Lopez Garcia je ne connais pas suffisamment) quelque chose de spécifiquement chrétien. Occidental oui si vous voulez mais chrétien , je ne vois pas. Certainement un Rouault qui lui a fréquemment peint des visages de Christ ou des scènes bibliques oui mais les autres que vous citez on ne peut vraiment pas dire, voire pas du tout, que leurs oeuvres soient parsemées de références chrétiennes...
Charles a écrit :Aldous a écrit :A mon sens c'est manquer un peu d'ouverture d'esprit ou de tolérance envers l'expression artistique. Ouverture d'esprit et tolérance ou même compréhension de la pièce que, et je m'en réjouit, l'Eglise a davantage...
En fait, vous demandez de mettre le genou à terre et de baisser la nuque devant ce que vous appelez "expression artistique" et qui n'en est pas, d'être docile - vous parlez d'ouverture, d'obéir comme un esclave qui n'a pas la liberté de refuser. Le mot "ouverture" dans le sens où vous l'employez signifie "obéissance", il est synonyme d'abdication de la capacité de juger et de dire non. On nous demande d'être "ouverts" de façon indéterminée et permanente, c'est-à-dire de tout accepter, dire oui à tout, de tout prendre, comme des ânes, de bêtes qui n'ont pas le choix et sont chargées de tout ce que leurs maîtres veulent leur faire porter. On nous somme d'être "ouverts" quand on n'a aucun argument valide capable d'emporter notre adhésion, c'est une sorte d'argument d'autorité : soyez ouverts, ne dites pas non, obéissez....
Non quand je parle d'ouverture d'esprit, je ne parle ni d'obéir comme un esclave, ni d'abdication, ni de tout accepter, dire oui à tout, tout prendre comme des ânes etc, etc... Je parle simplement d'ouverture d'esprit et de tolérance... Et si vous avez quelque chose à dire de privilégier le dialogue, d'essayer de comprendre, d'argumenter sur ce qui vous déplait, etc... Je trouve la manisfestation contre cette pièce excessive* et comme je l'ai dit c'est plutôt une réaction épidermique simpliste qu'un acte constructif... D'ailleurs c'est aussi l'opinion de l'Eglise non? Et j'en suis satisfait.
*Comme vous êtes d'ailleurs ici excessif dans vos propos en transformant l'expression ouverture d'esprit par "obéir comme un esclave, d'être des ânes ou des bêtes"...
Charles a écrit :Aldous a écrit :L'art contemporain avec ce que vous appelez "code" procède comme l'art a toujours procédé. Il adopte depuis tout temps des codes nouveaux...
Pas du tout. L'art a toujours été un partage. Mais l'art contemporain n'a rien à partager, ses codes sont vides d'humanité, de sens, de subjectivité, de tout ce qui fait l'art.
L'art est un partage, cela peut se concevoir ainsi, mais c'est avant tout un langage. Alors comme le langage par essence se partage, l'art contemporain avec son langage qui lui est propre est un partage. Ce qui ne veut pas dire que tout l'art contemporain est bon (se partage bien) mais comme l'art à toutes les époques les personnes qui le jugent sont devant les mêmes difficultés de jugement comme l'étaient les contemporains de chaque audace artistique nouvelle à toutes les époques dans l'histoire de l'art...
Charles a écrit :Aldous a écrit :Si l'art avait de tout temps gardé les même codes qu'à ces origines les artistes en seraient encore à peindre des animaux dans des cavernes, ou des personnages de profil comme les égyptiens, ou sculpter des dieux de l'Olympe comme les grecs antiques.
Les artistes d'aujourd'hui font rigoureusement la même chose que ce que faisaient les peintres des cavernes. .
Ils font là même chose dans le sens où ils communiquent quelque chose par le langage plastique (ou plus généralement artistique) mais ce qu'ils communiquent n'est ni pareil, ni pour les mêmes raisons, ni avec les mêmes moyens techniques, ni avec les mêmes codes...
Ils font chacun spécifiquement quelque chose qui est de leur temps avec leurs paradigmes, leur vision du monde.
Charles a écrit :Le peintre disait que sont travail à lui était strictement du même ordre que celui des peintres de ce temps reculé, qu'ils étaient absolument contemporains les uns des autres, ou si vous préférez tout aussi intemporels.
...
A chaque génération, à chaque artiste singulier, tout est à recommencer et la même question se repose chez chaque artiste, celle du style, de l'accord entre l'oeuvre et l'expérience humaine.
Voyez, vous vous condredisez vous même.... Car comment à la fois tout recommencer (trouver une nouvelle réponse ou un nouveau langage) et à la fois faire la même chose?...
Le travail de tout peintre de tout époque est du même ordre dans le sens où il s'agit de peinture (de langage plastique) mais les moyens techniques et visuels employés de sont pas du même ordre. Si de tout temps il y a accord entre l'oeuvre et l'expérience humaine, cet accord ne passe pas par les mêmes moyens (techniques, codes, styles, l'expérience humaine elle-même qui est différente...)
Etre intemporel (traverser le temps) n'est pas être contemporain les uns des autres. Il serait absurde de dire que nous sommes contemporains des égyptiens ou des peintres pariétaux, nous ne partageons pas le même temps.
Plus globalement, je vous perçois critiquer l'art contemporain comme si vous vous attendiez à ce qu'il vous dise la même chose que l'art du passé (et peut-être même avec les mêmes moyens). Cela ne se peut.
cordialement,