Griffon a écrit :
Mais s'il s'agit en fait de s'orienter dans la même direction, pourquoi utiliser l'expression "face à Dieu".
Comme vous l'expliquer vous-même plus bas, cette expression n'a pas de sens !
C'est vous qui dites que cela n'a pas de sens. Alors que je vous dis justement que cela donne du sens à la Liturgie. On parle de
Missa ad Orientem. Ce n'est pas une notion inventée par les tradis, mais une notion pleinement catholique. Orient/Orienter, ces deux mots sont liés étymologiquement. Se tourner vers l'Orient, ou s'orienter vers Dieu, c'est le même symbole. L'Orient, c'est le soleil levant. Et c'est un attribut de Dieu, et plus exactement du Christ, qui est souvent appelé "Orient" dans la liturgie, "Lumière" ou "Soleil véritable" (voir les hymnes de l'office). Donc les chrétiens des premiers temps ont pris l'habitude de se tourner vers l'Orient dans leurs prières et célébrations. Cette tradition s'est conservée, que ce soit dans l'Eglise catholique (jusqu'aux années 1960), ou dans le rite orthodoxe. Bien sûr, Dieu est partout. Mais se tourner symboliquement vers Dieu, cela donne physiquement du sens à la liturgie. Il n'est donc pas faux d'employer l'expression "face à Dieu". Car ce qui est recherché, ce n'est pas de tourner le dos au peuple (ce qui serait effectivement une humiliation), mais de se tourner vers Dieu. Et cela correspond complètement à l'état d'esprit du chrétien qui recherche Dieu. Relisez le psaume 27 : "Mon Dieu, je cherche ta face." Dans les psaumes, cette idée est omniprésente. "Mon Dieu, ne me cache pas ton visage." Evidemment, on sait bien que Dieu ne se montre pas physiquement, et qu'il est à la fois invisible et omniprésent. Mais c'est l'attitude du chrétien que de le rechercher sans cesse, et de faire effort pour se tourner vers lui, parce qu'il est à sa recherche. Ce n'est donc pas absurde, durant la messe, que toute l'assemblée, prêtre compris, se tourne dans une même direction figurant symboliquement celle de Dieu. Le chrétien est ainsi dans l'action physique de rechercher la face de Dieu. Et la liturgie est avant tout action et prière.
L'expression "dos au peuple" n'a donc strictement aucun sens, car à aucun moment le célébrant ne se préoccupe délibérément de tourner le dos aux fidèles. Ce serait absurde.
Quand à aller chercher une justification chez les musulmans, permettez-moi de m'étonner.
Qu'ils se tournent vers La Mecque a une signification qui leur est propre. Mais...
Ont-ils le Christ ? Ont-ils la messe ? Vraiment ! Cette comparaison me semble tout à fait hors de propos.
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C'était simplement pour souligner que personne ne reproche aux musulmans d'avoir des célébrants qui tournent le dos au peuple. Mais la signification est la même : le célébrant et les fidèles se tournent dans une même direction, parce qu'ils adressent leur prières à Dieu. Dieu est-il seulement à la Mecque ? On pourrait imaginer une cérémonie où le célébrant se tourne vers les fidèles. Il est quand même là pour guider la prière, alors pourquoi leur tourner le dos ? Mais la prière n'aurait plus le même sens si l'imam était face au peuple. C'est exactement le même problème, et je trouve cette illustration excellente.
Et puisque l'expression "Face à Dieu" n'a pas de sens pour dire "tous dans la même direction", les détracteurs sans doute, et moi aussi, j'utilise l'expression "dos au peuple" et "face au peuple". C'est l'expression la plus logique et la plus courte pour désigner par où se tourne le prêtre.
L'expression semble en effet logique pour quelqu'un qui critique sans même essayer de comprendre objectivement.
Tout cela c'est vous qui l'ajoutez. Cela relève du procès d'intention : pourquoi les accuser de discréditer l'orientation vers Dieu alors qu'ils exposent leur préférence et tentent de l'expliquer ?
Non je ne l'ajoute pas. Ne faites pas la vierge effarouchée... Vous savez aussi bien que moi que le discours contre la messe orientée consiste souvent à critiquer le fait de "tourner le dos au peuple" comme une sorte d'élitisme du clergé, réputé pur et exempt de tout péché, et prenant ses distances avec le peuple réputé impur et noyé dans ses péchés. C'est l'argument qui est sous-entendu en permanence pour critiquer de façon générale la liturgie traditionnelle. L'expression "dos au peuple", qui est un véritable symbole en soi, véhicule toute cette idée. Il s'agit de tourner le dos au peuple : c'est quand même parlant ! Mais on ne cesse de vous répondre qu'il ne s'agit pas du tout de ça. Donc le fait d'insister, et de reprendre volontiers cette expression, sans tenir compte des explications fournies, procède manifestement de l'intention de jeter le discrédit, avec tout ce qui est sous-entendu par cette expression. C'est exactement comme si nous appelions la messe "face au peuple" : la messe "dos à Dieu". Je crois que vous le prendriez très mal, parce que cela sous-entendrait que vous tournez délibérément le dos à Dieu. Ce serait une façon de vous diffamer. Donc, employer l'expression "dos au peuple", c'est aussi une manière de diffamer, d'autant plus que l'expression est parlante, et véhicule des idées péjoratives.
Cela témoigne combien vous êtes partie prenante pour une des deux possibilités au point de ne pas supporter ceux qui préfèrent l'autre solution.
Là, c'est vous qui inventez. Pour l'heure, je ne fais que défendre la messe orientée. Je n'ai rien dit de fâcheux contre la messe face au peuple.
J'avoue avoir du mal à respecter l'opinion de ceux qui s'expriment pour l'orientation ... [que puis-je dire ?], que vous défendez.
Bon, ben comme ça c'est clair, au moins.
Cela donne des discussions improductives, fatigantes,... et sème la division chez les catholiques.
Ce sont les innovations hasardeuses qui ont introduit des divisions chez les catholiques. Jusqu'aux nouveautés des années 1960, une même liturgie était suivie par tout le monde, et ne donnait pas lieu aux batailles et divisions que nous connaissons depuis 40 ans.
Ainsi, une assemblée avec le prêtre face au peuple vous semble fermée.
Et l'autre forme serait plus ouverte.
Et qui plus est, ouverte sur Dieu.
Ben... que voulez-vous que je vous dise... n'allez plus qu'à des messes où le prêtre est tourné dans la même direction que les fidèles.
etc.
Je ne cherche pas à ferrailler contre la messe "face au peuple". Il m'importe seulement de faire ressortir l'intérêt de l'orientation "vers Dieu". Moi-même, il m'arrive d'aller à des messes "face au peuple", et ça ne me gêne pas spécialement. Je dis simplement que l'orientation "vers Dieu" est davantage porteuse.