ChristianK a écrit : ↑sam. 04 févr. 2023, 18:29
Mais là il faut faire entrer en jeu ce qui se passe chez les postconciliaires locaux, qui accentuent les problèmes et poussent des laics, souvent les jeunes familles, vers le canot de sauvetage fsspx là ou il est le seul ou là ou on le juge le plus sûr,
Vous parlez-là de ceux qui se sont ralliés en second voire troisième ou pénultième temps, à cette « cause » et qui rejoignent l’immense masse de ceux dont le traditionalisme se limite à profiter que la messe de St Pie V soit célébrée pour s’y rendre, parce qu’elle favorise leur piété.
Mais ce mouvement ne peut être apprécié qu’au regard de ses chefs.
Qui d‘abord furent des laïcs, tout comme le fut en son temps Jésus, en opposition à la classe sacerdotale dominante et au nom d’une pureté plus vraie, plus intacte. Cela dérouta grandement celle-ci, d’autant plus qu’elle venait de prôner et d’élever le rôle des laïcs : elle ne pouvait se déjuger !
Ces laïcs « recrutèrent » des prêtres, qui certes étaient « de leur côté » mais qui pour beaucoup n’auraient jamais « osé », et qui peu à peu se sont enhardis. Si ces laïcs ont tant défendu la prêtrise, la soutane, etc., c’est que le laïc Jésus est devenu prêtre par son sacrifice sur la croix (Hébreux) – il ne l’était pas de naissance ni durant sa vie. Et cette mutinerie contre la caste sacerdotale a en cela quelque chose de… typiquement « chrétien » !
Et c’est aussi pourquoi ces laïcs défendent avec pugnacité le côté sacrificiel de la messe qui les grandit.
D’où leur est venue cette audace ? Comme Jésus qui était fils de David, d’être des « fils de… » des aristos, ou dans la mouvance « vieille France » (fille aînée de l'Eglise) d’un milieu social marginal où ils brillent et majoritairement se rencontrent, complotent… (Le côté "chouannerie" est très présent dans ce mouvement, car le milieu aristo, aussi fermé soit-il et de droite mais cosmopolite, est capable d'intégrer et d'assimiler en provenance de tous les horizons et même de gauche, il a trouvé dans ce soulèvement religieux une mutation prolifique en métastases).
J’explique ici les choses, je ne porte pas de jugement de valeur ni ne dénigre celles qui leur appartiennent (avec aussi des défauts…)
Mais reprenons les choses sous leur jour clérical. Tous devaient venir à ce dernier concile avec des propositions, et tous le firent avec grand enthousiasme (les « tradis » inclus).
Parmi les propositions des plus éminents de ceux-ci, figuraient maintes choses que vilipendent aujourd’hui les tradis, et pourquoi ?
Un exemple : la concélébration. Elle ne leur est devenue odieuse que (ce n’est pas tout à fait exact, mais quand même…) parce que les évêques la leur demande (Ecclesia Dei) en rite paulinien à pâques. Autrement dit, parce qu’ils pensent comme leurs homologues qui ont dressé une liste des « 62 raisons pour lesquelles nous ne pouvons assister à la nouvelle messe » (avec beaucoup de redondances et qui pourrait être plus pertinente en se réduisant à une dizaine, voire 3 ou 4 méritant vraiment l’intérêt, mais « çà en jette » !)
Personne n’est dupe de cette « manipulation », pas plus que de celle qui consiste à reconnaître que ce rite est valide, mais de mettre en doute rien de moins que la présence réelle dans l’eucharistie en raison des dispositions du célébrant : quelle fumisterie !, mais quelle fourberie et qui pour éviter la faucille de l’excommunication, devient encore plus offensante car s’attaquant au for interne de ceux (leurs semblables !) qui ne font qu’obéir…
Cela mériterait réellement une vraie excommunication avec grands anathèmes !
Est-il nécessaire et faut-il y ajouter d’autres choses, qui pour ne pas atteindre le nombre de 62 n’en seraient pas moins toute plus pertinentes que leurs arguments qui sont devenus, pour beaucoup, contradictoires avec les raisons initiales de leur « justification ».
Un exemple ? Ils demandent et revendiquent maintenant à ce qu’on les laisse « aimer la messe qu’ils aiment », comme tout le monde. Mais au début, ils piétinaient précisément et pointaient cette prétention au nom de la doctrine chez « l’hérésie moderniste issue du concile » !
Faut-il continuer ? Pourquoi refuser le lectorat des femmes, par exemple ! Les citations données de St Paul à l’appui ne tiennent pas la route et ils le savent… Ce refus est purement « culturel ».
Ou appliqué et accepté la réforme des lectures à la messe…
Ils ne cessent d’analyser à la loupe les œuvres du magister, de les juger selon leur optique et pour la promouvoir (en se répétant sans cesse), d’y voir des sous-entendus allant à l’encontre de leurs valeurs que défendrait la tradition de l’Eglise, mais quand le pape dit que l’homosexualité n’est pas un crime, mais bien un péché, qu’il est bousculé sur cela, où se trouve leur soutien (alors qu’ils auraient été moins diplomates et moins pertinents que lui) ?
Etc.. etc… etc…
Leur attitude relève de plus en plus de la mutinerie et se complique de muflerie, sous le couvert des nouvelles adhésions toutes plus « naïves » les unes que les autres (alors que leur propre naïveté (« sauver l’Eglise ! ») ne cesse de cacher des grimaces et des dégoûts qui seraient trop révélateurs de leur provenance. )
Ils se sont enfermé dans une bulle dont ils n’espéraient pas le prestige, leurs valeurs s’y engluent mais ils s’en satisfont car sans cela, ils craignaient qu’elles ne meurent comme en fin de parcours ou de race.
Ils ne lâcheront jamais son morceau identitaire, et Benoit XVI s'y est fait piéger qui a cru résoudre la question, mais qui a élargi son emprise. (Je sais que certains (Gaudens) y voient encore la panacée, bien qu'elle ait montré ses limites.)