Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2015-2016)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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Le courage, une vertu essentielle

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Le mardi de la 5e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 14,19-28.
En ces jours-là, comme Paul et Barnabé se trouvaient à Lystres, des Juifs arrivèrent d’Antioche de Pisidie et d’Iconium ; ils se rallièrent les foules, ils lapidèrent Paul et le traînèrent hors de la ville, pensant qu’il était mort. Mais, quand les disciples firent cercle autour de lui, il se releva et rentra dans la ville. Le lendemain, avec Barnabé, il partit pour Derbé. Ils annoncèrent la Bonne Nouvelle à cette cité et firent bon nombre de disciples.
Puis ils retournèrent à Lystres, à Iconium et à Antioche de Pisidie; ils affermissaient le courage des disciples ; ils les exhortaient à persévérer dans la foi, en disant : « Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu. » Ils désignèrent des Anciens pour chacune de leurs Églises et, après avoir prié et jeûné, ils confièrent au Seigneur ces hommes qui avaient mis leur foi en lui. Ils traversèrent la Pisidie et se rendirent en Pamphylie. Après avoir annoncé la Parole aux gens de Pergé, ils descendirent au port d’Attalia, et s’embarquèrent pour Antioche de Syrie, d’où ils étaient partis ; c’est là qu’ils avaient été remis à la grâce de Dieu pour l’œuvre qu’ils avaient accomplie. Une fois arrivés, ayant réuni l’Église, ils rapportèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux, et comment il avait ouvert aux nations la porte de la foi. Ils passèrent alors un certain temps avec les disciples.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14,27-31a.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé.
Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi.
Je vous ai dit ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez.
Désormais, je ne parlerai plus beaucoup avec vous, car il vient, le prince du monde. Certes, sur moi il n’a aucune prise,mais il faut que le monde sache que j’aime le Père, et que je fais comme le Père me l’a commandé. »




Cy Aelf, Paris

Saint Paul a été laissé pour mort après avoir subi une lapidation qui avait rassemblé une foule vengeresse. Les foules dans l'antiquité sont comme les foules d'aujourd'hui. Elles n'agissent guère selon le raisonnement, mais elle se fient aux émotions, aux slogans, aux arguments non vérifiables et se laissent saisir par les plus bas instincts.
Il est clair que l'apôtre devait être en très mauvais état lorsque ses persécuteurs l'ont abandonné hors de la ville ! Mais pour peu que les autres disciples l'aient entouré, il se relève aussitôt, et rentre dans la ville. Le texte ne nous dit pas la stupéfaction des habitants d'Iconium, de Listres et d'Antioche de Pisidie ! Mais il était important d'y retourner pour manifester que Dieu sauve ceux qui placent leur foi en Lui. En sorte que cet épisode (qui aurait dû être le dernier) ne fait que renforcer et établir sûrement la foi. La foi ne se nourrit donc pas de belles exaltations et d'envolées lyriques, mais bien d'épreuves subies et traversées avec succès.

A cette leçon s'associent naturellement, dans l’Évangile, les encouragements donnés par Jésus à ses disciples, des incitations à développer une foi "contre toute espérance" - du moins humaine.

C'est certainement ce qu'il y a de plus difficile à développer en nous. Nous aussi, nous voyons s'éteindre, les uns après les autres, les hommes et les femmes qui nous ont apporté beaucoup et qui ne sont plus de ce monde ! Ils se glissent souvent dans nos pensées, mais nous n'en tenons pas assez compte ! Comment nous faire entrer dans la tête que ce monde-ci n'est que celui qui passe et que le meilleur vient ensuite ?

Il nous faut donc nous y reprendre chaque jour. Je constate, pour ma part, qu'au jour de ma conversion, j'ai désiré "mourir tout de suite". Mais, à présent, j'avoue que je suis moins pressé qu'au début ! C'est dommage et c'est que je dois me convertir, encore et encore, et y engager le meilleur de moi-même. Jésus prit courageusement le chemin de Jérusalem : le courage est une vertu essentielle !

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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"De l'ancien et du nouveau"

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Le mercredi de la 5e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 15,1-6.
En ces jours-là, des gens, venus de Judée à Antioche, enseignaient les frères en disant : « Si vous n’acceptez pas la circoncision selon la coutume qui vient de Moïse, vous ne pouvez pas être sauvés. »
Cela provoqua un affrontement ainsi qu’une vive discussion engagée par Paul et Barnabé contre ces gens-là. Alors on décida que Paul et Barnabé, avec quelques autres frères, monteraient à Jérusalem auprès des Apôtres et des Anciens pour discuter de cette question.
L’Église d’Antioche facilita leur voyage. Ils traversèrent la Phénicie et la Samarie en racontant la conversion des nations, ce qui remplissait de joie tous les frères.
À leur arrivée à Jérusalem, ils furent accueillis par l’Église, les Apôtres et les Anciens, et ils rapportèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux.
Alors quelques membres du groupe des pharisiens qui étaient devenus croyants intervinrent pour dire qu’il fallait circoncire les païens et leur ordonner d’observer la loi de Moïse. Les Apôtres et les Anciens se réunirent pour examiner cette affaire.



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 15,1-8.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage.
Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite.
Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.
Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.
Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent.
Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous.
Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples. »


La question de la circoncision va encore hâter la formation d'une structure capable de résoudre les questions théologiques, mais aussi de donner des directives à l'ensemble des disciples - qui plus tard seront appelés diacres, prêtres, évêques, avec un Pape à la tête de cet organisme vivant qu'est l’Église. Ainsi, sous la guidance de l'Esprit-Saint, même les problèmes de structures aboutissent à la fin à ce que la volonté de Dieu soit mise en œuvre auprès de tous les fidèles.

Il n'est guère étonnant que l'idée de faire circoncire tous les nouveaux croyants, tous ces "craignant-Dieu" devenus des fidèles, soit issue de ces "gens de Judée". Les menaces de mort, les bastonnades et les lapidations n'ayant abouti à rien, la controverse dans les échanges d'idée est plus pernicieuse : ne s'agit-il pas de troubler les consciences d'une manière ou d'une autre, toujours dans le but de contrarier l'évangélisation ? Car circoncire un homme adulte, c'est une toute autre chose que circoncire à la naissance ! Le rituel, qui paraît insignifiant à la naissance devient une véritable intervention chirurgicale à l'âge adulte.

Les promoteurs de cette nouvelle pratique ne savent-ils pas que la circoncision était pratiquée par les juifs selon le système de la génération ? Jésus lui-même fut circoncis comme étant fils de Joseph, de la descendance de David. La circoncision pratiquée par les juifs demeure, aujourd'hui encore, même après la Shoah toujours liée au au rite antique de la descendance et de la génération. Mais nous sommes, nous chrétiens, descendants de David et de la génération d'Abraham - qui est celle de la foi !

Comme j'exprime cette idée, je sais qu'elle ne vient pas de moi, car je lis en effet dans l'Evangile du jour :

- Vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite.
Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi
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La circoncision du coeur aboutit à l'effusion de l'Esprit saint est toujours à l’œuvre en chacune et chacun d'entre nous.

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La circoncision des coeurs à la primauté

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Le jeudi de la 5e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 15,7-21.
En ces jours-là, comme la conversion des païens provoquait, dans l’Église de Jérusalem, une intense discussion, Pierre se leva et leur dit : « Frères, vous savez bien comment Dieu, dans les premiers temps, a manifesté son choix parmi vous : c’est par ma bouche que les païens ont entendu la parole de l’Évangile et sont venus à la foi. Dieu, qui connaît les cœurs, leur a rendu témoignage en leur donnant l’Esprit Saint tout comme à nous ; sans faire aucune distinction entre eux et nous, il a purifié leurs cœurs par la foi.
Maintenant, pourquoi donc mettez-vous Dieu à l’épreuve en plaçant sur la nuque des disciples un joug que nos pères et nous-mêmes n’avons pas eu la force de porter ? Oui, nous le croyons, c’est par la grâce du Seigneur Jésus que nous sommes sauvés, de la même manière qu’eux. »
Toute la multitude garda le silence, puis on écouta Barnabé et Paul exposer tous les signes et les prodiges que Dieu avait accomplis grâce à eux parmi les nations.Quand ils eurent terminé, Jacques prit la parole et dit : « Frères, écoutez-moi.
Simon-Pierre vous a exposé comment, dès le début, Dieu est intervenu pour prendre parmi les nations un peuple qui soit à son nom. Les paroles des prophètes s’accordent avec cela, puisqu’il est écrit :
Après cela, je reviendrai pour reconstruire la demeure de David, qui s’est écroulée ; j’en reconstruirai les parties effondrées, je la redresserai ;alors le reste des hommes cherchera le Seigneur, oui, toutes les nations sur lesquelles mon nom a été invoqué, – déclare le Seigneur, qui fait ces choses connues depuis toujours.
Dès lors, moi, j’estime qu’il ne faut pas tracasser ceux qui, venant des nations, se tournent vers Dieu,mais écrivons-leur de s’abstenir des souillures des idoles, des unions illégitimes, de la viande non saignée et du sang. Car, depuis les temps les plus anciens, Moïse a, dans chaque ville, des gens qui proclament sa Loi, puisque, dans les synagogues, on en fait la lecture chaque sabbat. »


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 15,9-11.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour.
Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. »



Cy Aelf, Paris

De toute évidence, ce n'est pas par les rites que l'homme sera sauvé, mais c'est de demeurer dans l'amour. Par trois fois, dans le même énoncé, Jésus dit, répète et insiste sur ce point.

Lui-même, Jésus est demeuré dans l'amour du Père en gardant ses commandements et c'est donc de la même façon, à l'imitation de Jésus, en gardant ses commandements, que nous demeurerons dans l'amour de Jésus et nous accomplirons la volonté du Père, à la suite du Fils, qui l'a lui-même accomplie.

Or, quel est le premier de tous les commandements ? C'est de la bouche de Jésus lui-même que la juste réponse a été donnée, dans l’Évangile de saint Matthieu 22, 35-40:

Un docteur de la Loi posa une question à Jésus pour le mettre à l’épreuve : « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? » Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute de ton âme et de tout esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et voici le second qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Tout ce qu’il y a dans l’Écriture dans la Loi et les prophètes dépend de ces deux commandements. »

Jésus y est demeuré parfaitement fidèle et par conséquent, tous les hommes qui désireront vivre dans la Vérité sont liés par ces grands commandements. Et nous ne pouvons certes pas faire mieux que notre Seigneur !

Le premier concile aboutit donc au rejet pur et simple de la question de la circoncision, puisque la véritable circoncision est celle du cœur.

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Le premier des commandements

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Lecture du livre des Actes des Apôtres

En ces jours-là, les Apôtres et les Anciens décidèrent avec toute l’Église de choisir parmi eux des hommes qu’ils enverraient à Antioche avec Paul et Barnabé. C’étaient des hommes qui avaient de l’autorité parmi les frères : Jude, appelé aussi Barsabbas, et Silas. Voici ce qu’ils écrivirent de leur main : « Les Apôtres et les Anciens, vos frères, aux frères issus des nations, qui résident à Antioche, en Syrie et en Cilicie, salut ! Attendu que certains des nôtres, comme nous l’avons appris, sont allés, sans aucun mandat de notre part,tenir des propos qui ont jeté chez vous le trouble et le désarroi, nous avons pris la décision, à l’unanimité, de choisir des hommes que nous envoyons chez vous, avec nos frères bien-aimés Barnabé et Paul, eux qui ont fait don de leur vie pour le nom de notre Seigneur Jésus Christ. Nous vous envoyons donc Jude et Silas, qui vous confirmeront de vive voix ce qui suit :
L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas faire peser sur vous d’autres obligations que celles- ci, qui s’imposent : vous abstenir des viandes offertes en sacrifice aux idoles, du sang, des viandes non saignées et des unions illégitimes. Vous agirez bien, si vous vous ardez de tout cela. Bon courage ! »
On laissa donc partir les délégués, et ceux-ci descendirent alors à Antioche. Ayant réuni la multitude des disciples, ils remirent la lettre.
À sa lecture, tous se réjouirent du réconfort qu’elle apportait.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera.Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. »


Cy Aelf, Paris

Ce que l'on remarque en tout premier lieu, dans la réponse envoyée par les membres du premier concile, c'est que celle-ci ne fait aucune allusion à la question qui avait causé un émoi bien compréhensible : fallait-il, oui ou non circoncire les nouveaux chrétiens ? C'est l'Esprit Saint qui a répondu, mais à propos d'autres pratiques - qui pourraient - elles, beaucoup plus sûrement - causer des problèmes à l’Église naissante.

Ce sont :
- la consommation de viandes issues de sacrifices païen viandes non saignées (car, dans la Bible, l'âme d'un animal résidait dans son sang);
- la consommation de viandes sacrifiées à des idoles - qui pourrait être reliée au premier interdit;
- et dès ce premier concile : le bannissement de toutes les unions illégitimes.

En conclusion, ce qui est tout à fait remarquable, c'est bien l'absence de réponse au sujet de la circoncision des nouveaux chrétiens ! Mais cette absence dit tout en elle-même, elle brille par l'évidence : l’Église ne s'établira selon les rituels de l'ancienne alliance. L’Église toute entière repose sur l'amour même du Christ, lequel agit dans le cœur des fidèles.

Le commandement qui préside à tous les autres, c'est donc d'aimer à l'imitation de Celui qui donne sa vie pour ceux qu' il aime. Encore faut-il rappeler qu'il n'y a pas non plus que le martyre pour manifester l'Amour chrétien, mais il y a tous les gestes de charité et de miséricorde dont toutes et tous sont capables, dans toutes les circonstances de la vie.

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Evangélisation rime avec persécussion

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Le samedi de la 5e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 16,1-10.
En ces jours-là, Paul, qui avait quitté Antioche avec Silas, arriva ensuite à Derbé, puis à Lystres. Il y avait là un disciple nommé Timothée ; sa mère était une Juive devenue croyante, mais son père était Grec.
À Lystres et à Iconium, les frères lui rendaient un bon témoignage.
Paul désirait l’emmener ; il le prit avec lui et le fit circoncire à cause des Juifs de la région, car ils savaient tous que son père était Grec.
Dans les villes où Paul et ses compagnons passaient, ils transmettaient les décisions prises par les Apôtres et les Anciens de Jérusalem, pour qu’elles entrent en vigueur.
Les Églises s’affermissaient dans la foi et le nombre de leurs membres augmentait chaque jour.
Paul et ses compagnons traversèrent la Phrygie et le pays des Galates, car le Saint-Esprit les avait empêchés de dire la Parole dans la province d’Asie. Arrivés en Mysie, ils essayèrent d’atteindre la Bithynie, mais l’Esprit de Jésus s’y opposa. Ils longèrent alors la Mysie et descendirent jusqu’à Troas. Pendant la nuit, Paul eut une vision : un Macédonien lui apparut, debout, qui lui faisait cette demande : « Passe en Macédoine et viens à notre secours. » À la suite de cette vision de Paul, nous avons aussitôt cherché à partir pour la Macédoine, car nous en avons déduit que Dieu nous appelait à y porter la Bonne Nouvelle.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 15,18-21.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si le monde a de la haine contre vous, sachez qu’il en a eu d’abord contre moi.
Si vous apparteniez au monde, le monde aimerait ce qui est à lui. Mais vous n’appartenez pas au monde, puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde ; voilà pourquoi le monde a de la haine contre vous. Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : un serviteur n’est pas plus grand que son maître. Si l’on m’a persécuté, on vous persécutera, vous aussi. Si l’on a gardé ma parole, on gardera aussi la vôtre. Les gens vous traiteront ainsi à cause de mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas Celui qui m’a envoyé. »

Cy Aelf, Paris

On peut s'étonner que saint Paul ait fait circoncire Timothée, après que le premier des conciles ait résolu que tous les chrétiens d'origine non-juive en soient dispensés. Mais c'est, tout simplement, de manière très concrète, que l'autorité de l’Église naissante supporte la contradiction dès le commencement et continue de progresser au travers de chemins difficiles. Voici pourquoi non seulement Paul a fait preuve de prudence en faisant circoncire son premier disciple, mais aussi qu'au cours de ses nombreux voyages, il ait mainte fois changé de route afin de rendre courage aux communautés persécutées. C'est ainsi qu'on le voit, dans l'épisode de ce jour, modifier son itinéraire pour répondre à l'appel au secours des Macédoniens.

C'est ainsi que s'établit un lien, tout à fait concret, entre la première lecture et l’Évangile au cours duquel Jésus déclare : "Si l’on m’a persécuté, on vous persécutera, vous aussi. Si l’on a gardé ma parole, on gardera aussi la vôtre"

Il se trouve que, très récemment, le Pape François a de nouveau dénoncé les persécutions envers les chrétiens, car celles-ci se poursuivent comme aux premiers temps de l'histoire de l’Église.

A l’occasion de son homélie prononcée le jour de la fête de saint Étienne, il avait dénoncé les deux formes de persécutions qui se poursuivent encore: persécution des esprits, persécutions de la chair vont toujours par deux :

Je cite :

«La persécution, je dirais, est le pain quotidien de l’Église. Jésus l’a dit. Nous, quand nous faisons un peu de tourisme à Rome et allons au Colisée, nous pensons que les martyrs étaient ceux qui étaient tués avec les lions. Mais les martyrs n’ont pas été seulement ceux-là. Ce sont des hommes et femmes de tous les jours : aujourd’hui, le jour de Pâques, il y a à peine trois semaines… Ces chrétiens qui fêtaient Pâques au Pakistan ont été martyrisés justement parce qu’ils fêtaient le Christ Ressuscité. Et ainsi l’histoire de l’Église avance avec ses martyrs.»

Le martyre d’Étienne amorça une cruelle persécution antichrétienne à Jérusalem, analogue à celles subies par ceux qui aujourd’hui ne sont pas libres de professeur leur foi en Jésus. «Mais, a observé François, il y a une autre persécution dont on ne parle pas tellement», une persécution «travestie de culture, travestie de modernité, travestie de progrès».

«C’est une persécution, je dirais un peu ironiquement, "éduquée". C’est quand l’homme est persécuté non pas pour avoir confessé le nom du Christ, mais pour avoir voulu manifesté les valeurs du Fils de Dieu. C’est une persécution contre Dieu le Créateur, dans la personne de ses enfants ! Et ainsi nous voyons tous les jours que les puissances font des lois qui obligent à aller sur cette voie, et une nation qui ne suit pas ces lois modernes, ou au moins qui ne veut pas les avoir dans sa législation, en vient à être accusée, à être persécutée "poliment". C’est la persécution qui coupe à l’homme la liberté de l’objection de conscience», a martelé le Pape François


Cette homélie est disponible en utilisant :

http://fr.radiovaticana.va/news/2016/04/12/
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La qualité de notre foi sera mesurée

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Le lundi de la 6e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 16,11-15.
Avec Paul, de Troas nous avons gagné le large et filé tout droit sur l’île de Samothrace, puis, le lendemain, sur Néapolis,
et ensuite sur Philippes, qui est une cité du premier district de Macédoine et une colonie romaine. Nous avons passé un certain temps dans cette ville et, le jour du sabbat, nous en avons franchi la porte pour rejoindre le bord de la rivière, où nous pensions trouver un lieu de prière. Nous nous sommes assis, et nous avons parlé aux femmes qui s’étaient réunies. L’une d’elles nommée Lydie, une négociante en étoffes de pourpre, originaire de la ville de Thyatire, et qui adorait le Dieu unique, écoutait. Le Seigneur lui ouvrit l’esprit pour la rendre attentive à ce que disait Paul. Quand elle fut baptisée, elle et tous les gens de sa maison, elle nous adressa cette invitation : « Si vous avez reconnu ma foi au Seigneur, venez donc dans ma maison pour y demeurer. » C’est ainsi qu’elle nous a forcé la main.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 15,26-27.16,1-4a.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur. Et vous aussi, vous allez rendre témoignage, car vous êtes avec moi depuis le commencement. Je vous parle ainsi, pour que vous ne soyez pas scandalisés. On vous exclura des assemblées. Bien plus, l’heure vient où tous ceux qui vous tueront s’imagineront qu’ils rendent un culte à Dieu. Ils feront cela, parce qu’ils n’ont connu ni le Père ni moi. Eh bien, voici pourquoi je vous dis cela : quand l’heure sera venue, vous vous souviendrez que je vous l’avais dit. »


Cy Aelf, Paris

L'apôtre Paul, l'homme des révélations extraordinaires, qui a été enlevé tout vif jusqu’à de mystérieuses hauteurs des Cieux, qui est l'auteur d'une merveilleuse éloge de la charité... a pourtant très difficile d'accepter l'hospitalité d'une convertie d'origine païenne. Mais c'est avec humour qu'il déclare : "Elle nous a forcé la main", car en réalité, c'est le Seigneur qui l'a obligé à passer au-dessus de ses défiances d'ancien pharisien !

C'est dire combien nous-même pouvons - et pourrons encore - rencontrer de fortes difficultés intérieures, non seulement dans notre relation à Dieu, mais aussi à l'égard de nos sœurs et de nos frères dans l’Église . Nos idées préconçues et nos préjugés seront remiss en question - et, malheureusement, certains parmi nous, les fidèles, finiront par renoncer ... Inutile de rappeler que l'orgueil est un péché grave !

Dans l'évangile de ce jour, les mots de Jésus qui rendent compte de cette nécessité d'un changement intérieur lorsqu'il dit : "Ne soyez pas scandalisés". En effet, il est tout à fait possible que le Seigneur nous fasse confronter des situations qui pourront nous choquer - MAIS qui seront autant d'occasions de mesurer la qualité de notre foi.

Il est également écrit : "De la manière dont vous mesurez, vous aussi vous serez mesurés" (dans l’Évangile selon saint Luc, chapitre 6). Notre prêtre nous a évoqué une des messes dominicales de "Don Bosco", au cours de laquelle, ayant prêché a de riches fidèles... avait, ensuite, fait recommencer la quête par trois, car il s'exclamait : "Croyez-vous donc que le Seigneur soit dupe de votre avarice !"

Ainsi, lorsque saint Paul dit : "Elle nous a forcé la main", il fait de l'humour; en effet, il sait parfaitement que c'est Jésus qui vient de le mettre à l'épreuve dans ses anciennes considérations de pharisien à l'égard des femmes.

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La Raison supérieure aux raisons

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Fête de St Philippe et St Jacques (le mineur), apôtres

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 15,1-8.
Frères, je vous rappelle la Bonne Nouvelle que je vous ai annoncée ; cet Évangile, vous l’avez reçu ; c’est en lui que vous tenez bon, c’est par lui que vous serez sauvés si vous le gardez tel que je vous l’ai annoncé; autrement, c’est pour rien que vous êtes devenus croyants.
Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j’ai moi-même reçu : le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures,
et il fut mis au tombeau; il est ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures, il est apparu à Pierre, puis aux Douze;
ensuite il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois – la plupart sont encore vivants, et quelques-uns sont endormis dans la mort –,
ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les Apôtres.
Et en tout dernier lieu, il est même apparu à l’avorton que je suis
.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14,6-14.
En ce temps-là, Jésus dit à Thomas : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. »
Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. » Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. »
Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père” ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres. Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes. Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père, et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Quand vous me demanderez quelque chose en mon nom, moi, je le ferai. »


Cy Aelf, Paris

Les textes de ce jour nous sont donnés afin d'affermir notre foi en ces temps difficiles. Voici, en une ligne, le résumé de l'homélie de ce matin. Saint Philippe et saint Jacques ont vécu de la foi, par la foi et pour la foi. Et depuis le jour où ils ont reconnu Dieu en Jésus, le Père dans le Fils dans le Père, ils n'ont eu de cesse que de le retrouver. Et si nous avions la foi comme un minuscule grain de sénevé, tel qu'il fut décrit par Jésus, nous serions comme eux, pressés de donner nos vies pour entrer dans son royaume.

Et la question nous est posée de la sorte par le double témoignage des saints que l’Église fête aujourd'hui : de quelle qualité est notre foi ? Notre fidélité tient-elle vraiment du témoignage ou bien en sommes-nous devenus tièdes à la charité, à la compassion et la miséricorde ?

Pouvons-nous trouver mieux meilleur temps que ce mois de mai pour solliciter Marie d'adoucir nos coeurs devant la misère qui s'étale de partout ? Si l'aumône de quelques pièces de monnaie nous est difficile, alors raison de plus de nous y confronter ! Ou bien que vaut notre foi et quelle est notre espérance, si nous n'avons pas la charité ? (Par ces mots, notre prêtre ce matin nous a inviter à relire saint Paul - mais en se limitant, comme je le fais moi-même de citer :

- « Saint-Paul 1 Co 13, 1-13 »

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
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Foi et raison ne tienne pas le même discours

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Le mercredi de la 6e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 17,15.22-34.18,1.
En ces jours-là, ceux qui escortaient Paul le conduisirent jusqu’à Athènes. Puis ils s’en retournèrent, porteurs d’un message, avec l’ordre, pour Silas et Timothée, de rejoindre Paul le plus tôt possible.
Alors Paul, debout au milieu de l’Aréopage, fit ce discours : « Athéniens, je peux observer que vous êtes, en toutes choses, des hommes particulièrement religieux.
En effet, en me promenant et en observant vos monuments sacrés, j’ai même trouvé un autel avec cette inscription : “Au dieu inconnu.” Or, ce que vous vénérez sans le connaître, voilà ce que, moi, je viens vous annoncer.
Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qu’il contient, lui qui est Seigneur du ciel et de la terre, n’habite pas des sanctuaires faits de main d’homme ; il n’est pas non plus servi par des mains humaines, comme s’il avait besoin de quoi que ce soit, lui qui donne à tous la vie, le souffle et tout le nécessaire.
À partir d’un seul homme, il a fait tous les peuples pour qu’ils habitent sur toute la surface de la terre, fixant les moments de leur histoire et les limites de leur habitat ; Dieu les a faits pour qu’ils le cherchent et, si possible, l’atteignent et le trouvent, lui qui, en fait, n’est pas loin de chacun de nous. Car c’est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l’être. Ainsi l’ont également dit certains de vos poètes : Nous sommes de sa descendance.
Si donc nous sommes de la descendance de Dieu, nous ne devons pas penser que la divinité est pareille à une statue d’or, d’argent ou de pierre sculptée par l’art et l’imagination de l’homme.
Et voici que Dieu, sans tenir compte des temps où les hommes l’ont ignoré, leur enjoint maintenant de se convertir, tous et partout.
En effet, il a fixé le jour où il va juger la terre avec justice, par un homme qu’il a établi pour cela, quand il l’a accrédité auprès de tous en le ressuscitant d’entre les morts. »
Quand ils entendirent parler de résurrection des morts, les uns se moquaient, et les autres déclarèrent : « Là-dessus nous t’écouterons une autre fois. »
C’est ainsi que Paul, se retirant du milieu d’eux, s’en alla.
Cependant quelques hommes s’attachèrent à lui et devinrent croyants. Parmi eux, il y avait Denys, membre de l’Aréopage, et une femme nommée Damaris, ainsi que d’autres avec eux.
Après cela, Paul s’éloigna d’Athènes et se rendit à Corinthe.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 16,12-15.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter.
Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.


Cy Aelf, Paris

La rencontre de Paul avec un groupe d'intellectuels d’Athènes a été un tournant décisif dans sa mission et le commencement d'une nouvelle étape dans sa vie. Si jusque-là, il avait appris que Jésus crucifié était un scandale pour les Juifs, il découvre ici que, pour les Grecs, c'était une folie. Il quittera donc Athènes en direction de Corinthe où de nombreuses conversions le réjouiront beaucoup plus encore qu'il aurait espéré.

Dans cette affaire, c'est d'abord l'impuissance de la raison et de la logique humaines qui est ici dénoncée. Le langage tout à fait raisonnable conduit bien souvent à des impasses. Deux exemples pour illustrer cette défaillance de la raison : le bureau sur lequel est posée m'a tablette sera appelée rectangulaire par la majeure partie des gens; et cependant, il pourrait très bien exister une peuplade pour laquelle la forme rectangulaire est appelée ronde dans son vocabulaire. Ce ne sont que des jeux de mots, évidemment.

Mais lorsque l'on dit : si un homme a beaucoup de fièvre, il est aussi moins capable de faire des choix... eh bien, cela aussi, c'est faux. L'analyse raisonnable paraît logique et correcte, mais elle est fausse. J'en ai moi-même fait l'expérience: ayant attrapé un fort microbe, je me suis retrouvé la nuit avec une forte température... mais au lieu de me mettre à divaguer, d'un moment à l'autre, je me suis levé, et j'ai pris une douche... dont j'ai régulièrement fait baisser le régulateur de "chaud" à "froid". Ensuite, ayant fait baisser la fièvre, j'ai pu monter en voiture sans trembler et partir en ville pour acheter les antibiotiques prescrits. Plutôt que de me faire perdre mes moyens, la fièvre m'avait rendu "froidement raisonnable" !

De la même façon, il est inutile de chercher à prouver l'existence de Dieu de manière raisonnable. Mais la foi est une folie qui sauve, car elle éveille la pitié, elle suscite la miséricorde, elle permet d'espérer là où il n'y a plus d'espérance, elle suscite une joie au milieu de la détresse, elle nous conduit sûrement vers la vie éternelle.

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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De l'obéissance à la confiance absolue !

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Le vendredi de la 6e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 18,9-18.
À Corinthe, une nuit, le Seigneur dit à Paul dans une vision : « Sois sans crainte : parle, ne garde pas le silence. Je suis avec toi, et personne ne s’en prendra à toi pour te maltraiter, car dans cette ville j’ai pour moi un peuple nombreux. » Paul y séjourna un an et demi et il leur enseignait la parole de Dieu.
Sous le proconsulat de Gallion en Grèce, les Juifs, unanimes, se dressèrent contre Paul et l’amenèrent devant le tribunal,
en disant : « La manière dont cet individu incite les gens à adorer le Dieu unique est contraire à la loi. » Au moment où Paul allait ouvrir la bouche, Gallion déclara aux Juifs : « S’il s’agissait d’un délit ou d’un méfait grave, je recevrais votre plainte à vous, Juifs, comme il se doit.
Mais s’il s’agit de débats sur des mots, sur des noms et sur la Loi qui vous est propre, cela vous regarde. Être juge en ces affaires, moi je m’y refuse. » Et il les chassa du tribunal. Tous alors se saisirent de Sosthène, chef de synagogue, et se mirent à le frapper devant le tribunal, tandis que Gallion restait complètement indifférent. Paul demeura encore assez longtemps à Corinthe. Puis il fit ses adieux aux frères et s’embarqua pour la Syrie, accompagné de Priscille et d’Aquila. À Cencrées, il s’était fait raser la tête, car le vœu qui le liait avait pris fin.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 16,20-23a.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : vous allez pleurer et vous lamenter, tandis que le monde se réjouira ; vous serez dans la peine, mais votre peine se changera en joie. La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée. Mais, quand l’enfant est né, elle ne se souvient plus de sa souffrance, tout heureuse qu’un être humain soit venu au monde.
Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera.
En ce jour-là, vous ne me poserez plus de questions.
»

Cy Aelf, Paris



Pour commenter les textes du jour, notre prêtre nous a d'abord dépeint une "relation privilégiée" (pour les juifs avec Dieu) et d'une "relation fusionnelle" (pour les disciples avec Jésus).

L’Évangile emploie en effet l'image de la femme enceinte et de l'enfant à naître pour décrire les relations nouvelles qui s'établissent entre les hommes et Dieu. Jésus ne cache pas à ses disciples qu'après la résurrection, ils connaîtront eux aussi un temps de douleurs et de gémissements, ils seront remplis de crainte, ils verseront des larmes, ils devront réapprendre à faire des choix.

Quant aux juifs, ils avaient, eux aussi, par la voix des prophètes, bénéficié d'une relation toute simple avec Dieu : s'ils obéissaient, tout allait bien; s'ils désobéissaient ils supportaient des châtiments. Ce mode de relation est également révolu, puisqu'ils n'ont pas reconnu le Christ.

Ceci posé, les lectures de ce jour donnent une illustration de ce changement de mode de relation entre les hommes et Dieu.

D'un côté, parvenant à Corinthe, Saint Paul connaît un moment de doute et de découragement. Il avait cru pouvoir facilement convaincre les Grecs, mais ce fut un échec complet. Quelle déconvenue, quelle déception ! Comment donc aborder les Corinthiens ? Mais dans une vision, Jésus répond à ses craintes et lui rend courage. Certes, on n'est plus du tout dans une "relation fusionnelle" : l'apôtre a eu la réponse à son doute, il ne lui reste qu'à suivre, marcher, parler, bref : obéir .

Et, de l'autre côté, on voit les juifs qui, ne sachant plus comment se concilier Dieu, vont s'en remettre aux Romains - ce qui manifeste à quel point ils se sont fourvoyés hors de l'Alliance !... Dans cette épisode, ils finissent par molester Sosthène, le chef de leur propre synagogue, devant Gallion, le proconsul romain - ce qui l'aura surement amusé beaucoup !

Notre prêtre a conclu en nous encourageant à passer, nous aussi, d'une relation enfantine avec le Seigneur, à une foi fondée tant sur une pratique rigoureuse que sur une confiance renouvelée dans l'amour de Jésus - lequel est sans cesse sur notre chemin et nous veille - pourvu que nous demeurions fidèles.


«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Dociles à l'oeuvre de l'Esprit en nous

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Le samedi de la 6e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 18,23-28.
Après avoir passé quelque temps à Antioche, Paul partit. Il parcourut successivement le pays galate et la Phrygie, en affermissant tous les disciples.
Or, un Juif nommé Apollos, originaire d’Alexandrie, venait d’arriver à Éphèse. C’était un homme éloquent, versé dans les Écritures.
Il avait été instruit du Chemin du Seigneur; dans la ferveur de l’Esprit, il parlait et enseignait avec précision ce qui concerne Jésus, mais, comme baptême, il ne connaissait que celui de Jean.
Il se mit donc à parler avec assurance à la synagogue. Quand Priscille et Aquilas l’entendirent, ils le prirent à part et lui exposèrent avec plus de précision le Chemin de Dieu.
Comme Apollos voulait se rendre en Grèce, les frères l’y encouragèrent, et écrivirent aux disciples de lui faire bon accueil. Quand il fut arrivé, il rendit de grands services à ceux qui étaient devenus croyants par la grâce de Dieu. En effet, avec vigueur il réfutait publiquement les Juifs, en démontrant par les Écritures que le Christ, c’est Jésus.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 16,23b-28.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera.
Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ; demandez, et vous recevrez : ainsi votre joie sera parfaite. En disant cela, je vous ai parlé en images. L’heure vient où je vous parlerai sans images, et vous annoncerai ouvertement ce qui concerne le Père.
Ce jour-là, vous demanderez en mon nom ; or, je ne vous dis pas que moi, je prierai le Père pour vous, car le Père lui-même vous aime, parce que vous m’avez aimé et vous avez cru que c’est de Dieu que je suis sorti. Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père. »




Le projet de Dieu s'accomplit quoi qu'il advienne, en empruntant des chemins auxquels les hommes n'auraient jamais pu songer par eux-
mêmes. Durant tout le premier siècle, comme le rapportent les historiens, l’Église n'a pas cessé de se dégager du judaïsme - mais sans pour autant le renier tout entier - ce qui eût été une grave erreur et une grande faute.

Pour s'en convaincre, il suffit de relire ce que Jésus avait déclaré à la Samaritaine : "« Femme, crois-moi : l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous adorons, nous, celui que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. » "

La leçon que nous livrent les textes d'aujourd'hui, c'est donc qu'il nous faut laisser docilement s'accomplir l’œuvre de Dieu en nous - mais aussi hors de nous-mêmes, en demeurant simples et humblement soumis à l’œuvre de l'Esprit Saint. Après avoir quitté Athènes quelque peu dépité, Paul s'est trouvé, avec les Corinthiens tout un peuple de croyants. Et d'autres apôtres apparaîtront et repartiront, non pas selon un plan humain, selon une stratégie raisonnée, mais en se laissant entraîner par l'action de l'Esprit saint.

C'est aussi ce qui nous est demandé, à chacun d'entre nous - et c'est, encore, ce qui suscite notre joie !

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Jésus, vainqueur du monde !

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Le lundi de la 7e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 19,1-8.
Pendant qu’Apollos était à Corinthe, Paul traversait le haut pays ; il arriva à Éphèse, où il trouva quelques disciples. Il leur demanda : « Lorsque vous êtes devenus croyants, avez-vous reçu l’Esprit Saint ? » Ils lui répondirent : « Nous n’avons même pas entendu dire qu’il y a un Esprit Saint. » Paul reprit : « Quel baptême avez-vous donc reçu ? » Ils répondirent : « Celui de Jean le Baptiste. »
Paul dit alors : « Jean donnait un baptême de conversion : il disait au peuple de croire en celui qui devait venir après lui, c’est-à-dire en Jésus. » Après l’avoir entendu, ils se firent baptiser au nom du Seigneur Jésus. Et quand Paul leur eut imposé les mains, l’Esprit Saint vint sur eux, et ils se mirent à parler en langues mystérieuses et à prophétiser. Ils étaient une douzaine d’hommes au total.
Paul se rendit à la synagogue où, pendant trois mois, il prit la parole avec assurance ; il discutait et usait d’arguments persuasifs à propos du royaume de Dieu
.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 16,29-33.
En ce temps-là, les disciples de Jésus lui dirent : « Voici que tu parles ouvertement et non plus en images. Maintenant nous savons que tu sais toutes choses, et tu n’as pas besoin qu’on t’interroge : voilà pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu. »
Jésus leur répondit : « Maintenant vous croyez !
Voici que l’heure vient – déjà elle est venue – où vous serez dispersés chacun de son côté, et vous me laisserez seul ; mais je ne suis pas seul, puisque le Père est avec moi. Je vous ai parlé ainsi, afin qu’en moi vous ayez la paix. Dans le monde, vous avez à souffrir, mais courage ! Moi, je suis vainqueur du monde.
»

Cy Aelf, Paris
L'évangélisation se poursuit, dans ce qui semble être un grand désordre, mais c'est un désordre qui a sa propre logique. S'il n'en était pas ainsi, c'est à une logique de conquête, avec usage de la force, qui nous serait décrite. Depuis le commencement du monde, les hommes se rassemblent en nations, selon leurs langages propres et cherchent à s'étendre en colonisant d'autres nations, le plus souvent par usage de la force.

De nos jours encore, nous savons bien qu'il en est ainsi. "C'est sur la mémoire de multiples guerres que l’union Européenne s'appuie pour nous convaincre que nous avons tous la même identité...", a dit notre prêtre en haussant légèrement les épaules. Il n'en va pas de même dans l’Église naissante et aujourd'hui encore, on vient à la foi non par une culture commune, mais par le désir de salut, c'est-à-dire au travers d'une mutation profonde, de tout l'être, que l'on nomme: conversion.

Paul n'a rien d'un grand chef politique et les autres disciples non plus. Mais tous, apôtres, disciples, "craignants-Dieu", baptisés d'origine et de langue différentes, ont reconnu et saisi le besoin impérieux de se convertir. ls se sont convertis et ils vivent en quête du salut définitif.

Aujourd'hui, c'est nous. Semblables à ces hommes qui sont venus trouver Paul pour parfaire leur baptême, nous nous sentons attirés par une connaissance de plus en plus profonde de notre foi. N'est-ce pas le chemin qui conduit à la vérité, et de la vérité à la vie éternelle ? Que les événements du monde ne nous troublent donc pas. Car ce que dit Jésus dans l’Évangile s'adresse directement à nous aussi :

"Dans le monde, vous avez à souffrir, mais courage ! Moi, je suis vainqueur du monde."

Alléluia !

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Paroles d'à Dieu !

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Le mardi de la 7e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 20,17-27.
En ces jours-là, depuis Milet, Paul envoya un message à Éphèse pour convoquer les Anciens de cette Église. Quand ils furent arrivés auprès de lui, il leur adressa la parole : « Vous savez comment je me suis toujours comporté avec vous, depuis le premier jour où j’ai mis le pied en Asie : j’ai servi le Seigneur en toute humilité, dans les larmes et les épreuves que m’ont value les complots des Juifs; je n’ai rien négligé de ce qui était utile, pour vous annoncer l’Évangile et vous donner un enseignement en public ou de maison en maison. Je rendais témoignage devant Juifs et Grecs pour qu’ils se convertissent à Dieu et croient en notre Seigneur Jésus.
Et maintenant, voici que je suis contraint par l’Esprit de me rendre à Jérusalem, sans savoir ce qui va m’arriver là-bas. Je sais seulement que l’Esprit Saint témoigne, de ville en ville, que les chaînes et les épreuves m’attendent. Mais en aucun cas, je n’accorde du prix à ma vie, pourvu que j’achève ma course et le ministère que j’ai reçu du Seigneur Jésus : rendre témoignage à l’évangile de la grâce de Dieu.
Et maintenant, je sais que vous ne reverrez plus mon visage, vous tous chez qui je suis passé en proclamant le Royaume. C’est pourquoi j’atteste aujourd’hui devant vous que je suis pur du sang de tous,
car je n’ai rien négligé pour vous annoncer tout le dessein de Dieu. »


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 17,1-11a.
En ce temps-là, Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés.
Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire.
Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe. J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole.
Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi,
car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé.
Moi, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi.
Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux. Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi.»



Cy Aelf, Paris

Les deux textes constituent des messages d'adieu. Il nous est arrivé à tous de quitter l'une ou l'autre de nos relations, en sachant pertinemment que nous n'aurions plus l'occasion - du moins avec nos yeux de chair - de les revoir encore. Chacun d'entre nous peut donc librement, à l'appui des lectures de la Liturgie, revenir sur les adieux que nous avons déjà prononcés, à différentes épates de nos vies.

De nombreux noms d'amies et d'amis me sont revenus à l'esprit ... en remontant jusqu'à la petite enfance. J'ai vécu de grandes et belles amitié avec des garçons et des filles de mon quartier et comme j'ignorais à cette époque que tant les parents ouvriers que ceux qui étaient fonctionnaires surveillaient que ces amitiés demeurent dans le cadre strict des jeux d'enfants ! Mais dès l'adolescence, le "contrôle social" - comme on l'appelait alors - s'est fait plus rigoureux, car tout le monde craignait des mésalliances !

Lorsque je fus adulte, cependant, des parents vinrent me trouver pour que j'assiste leur fille Isabelle à convaincre papa, contremaître dans une grosse imprimerie, que sa fille avait ferait une bien meilleure carrière en suivant deux années d'études pour devenir institutrice. Lors de l'entretien, lui m'a servi un whisky sec, songeant sans doute que je ne goûterais pas une simple bière blonde ! Sa fille est donc devenue institutrice - je crois avoir lu qu'elle est montée en grade au cours de sa carrière. Mais elle ne m'a plus jamais salué en rue. Ce qui m'a causé un peu de peine. Philippe, mon meilleur ami, avec lequel j'ai présenté un mémoire de fin d'études - qui a obtenu une double "Distinction" , s'est tourné vers la chimie à l'université, tandis que j'optais pour la littérature et la philosophie. Je ne l'ai plus jamais revu depuis qu'il est devenu un grand patron - évidemment !

Comme je rapporte tout cela, je le fais comme un étudiant avec sa craie devant le tableau noir : ma main gauche tient le "frotteur": j'ai tout effacé de mon enfance et de mon adolescence.

Ensuite, le Seigneur m'a révélé Son amour et depuis, toutes ces distinctions entre les personnes n'existent plus. J'imagine bien que ce n'est pas le cas pour tous, mais pour moi, c'est un fait "vivant": autrui est mon prochain et puisque Jésus l'aime comme Il m'aime, je n'ai jamais renié celles et ceux que j'ai connus : ils sont, tout comme moi, aimé du Seigneur, quand bien même ils m'ignorent.

Bien sûr, ce matin, notre prêtre a parlé de tout autre chose, mais je ne m'en souviens pas !

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Du bon usage du mauvais outil !

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Le mercredi de la 7e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 20,28-38.
En ces jours-là, Paul faisait ses adieux aux Anciens de l’Église d’Éphèse. Il leur disait : « Veillez sur vous-mêmes, et sur tout le troupeau dont l’Esprit Saint vous a établis responsables, pour être les pasteurs de l’Église de Dieu, qu’il s’est acquise par son propre sang.
Moi, je sais qu’après mon départ, des loups redoutables s’introduiront chez vous et n’épargneront pas le troupeau. Même du milieu de vous surgiront des hommes qui tiendront des discours pervers pour entraîner les disciples à leur suite. Soyez donc vigilants, et souvenez-vous que, durant trois ans, nuit et jour, je n’ai cessé, dans les larmes, de reprendre chacun d’entre vous. Et maintenant, je vous confie à Dieu et à la parole de sa grâce, lui qui a le pouvoir de construire l’édifice et de donner à chacun l’héritage en compagnie de tous ceux qui ont été sanctifiés. Je n’ai convoité ni l’argent ni l’or ni le vêtement de personne. Vous le savez bien vous-mêmes : les mains que voici ont pourvu à mes besoins et à ceux de mes compagnons.
En toutes choses, je vous ai montré qu’en se donnant ainsi de la peine, il faut secourir les faibles et se souvenir des paroles du Seigneur Jésus, car lui-même a dit : Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. »
Quand Paul eut ainsi parlé, il s’agenouilla et pria avec eux tous.
Tous se mirent à pleurer abondamment ; ils se jetaient au cou de Paul et l’embrassaient ; ce qui les affligeait le plus, c’est la parole qu’il avait dite : « Vous ne verrez plus mon visage ». Puis on l’accompagna jusqu’au bateau
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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 17,11b-19.
En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes.
Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie.
Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés.
Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde.
Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde. Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. »



Cy Aelf, Paris

Les deux derniers paragraphes de l’Évangile décrivent par avance ce que l'apôtre Paul - et tous les autres apôtres parmi les disciples, auront à vivre et à supporter, dans le monde,, afin de communiquer partout, à toutes et à tous, le message de l’Évangile. La seule chose que Jésus ait demandé à Dieu en faveur de ses disciples, c'est de les "préserver du mauvais". Saint Paul ne s'est jamais laissé entraîner dans le piège de la popularité ! Or, s'il l'avait voulu, du fait de sa notoriété, il aurait très bien pu abandonner son travail de fabricant de tentes ! Mais on le se représente facilement assis et parlant du dessein de Dieu, tout en maniant l'outil adéquat pour réparer les déchirures d'une tente, travail qu'un marchand de passage lui avait confié.

On n'oublie pas non plus qu'il fut d'abord un pharisien parmi les plus zélés et aussi un citoyen romain ! Que d'avantages pour un homme à cette époque ! Mais il a tout abandonné pour accomplir la volonté de son maître divin. A partir de sa conversion, il a renoncé à tous ses privilèges afin de servir la cause de l'évangélisation. Mais le jour où il fera usage de sa qualité de citoyen romain, ce sera afin de monter jusqu'à Rome, de s'y retrouver prisonnier et de connaître la persécution avec les autres chrétiens.

De sorte que Paul demeure toujours, pour chacun d'entre nous, un modèle d'accomplissement non seulement en tant que baptisé, mais également comme tout simple fidèle converti qui cherche à vivre selon la Vérité.

Pour ma part, je voudrais témoigner qu'après avoir suivi, de 2004 à 2008, une théologie de la Miséricorde divine (en relation avec la congrégation Notre-Dame de la Miséricorde, de Cracovie) ... j'ai longtemps été perturbé de n'avoir jamais reçu une forme d'attestation me permettant de devenir un "membre actif" de l'église locale. J'ai souffert beaucoup de cet état de choses, jusqu'au moment où j'ai réalisé que je suis beaucoup plus utile, ici où je suis, pour écouter et soutenir tous les "paumés", malades et malheureux, qui ne disposent que de faibles revenus, ne connaissent pas bien les législations sociales et ne se soignent pas.

Le large fauteuil de bureau qu'un client m'avait offert - à l'occasion d'un litige que j'avais pu résoudre, accueille d'année en année des personnes "en difficultés" plus épuisées moralement que physiquement. Avec eux, j'ai bien souvent servi d'intermédiaire, j'ai écrit des courriers, je suis intervenu dans des questions d'administration; et pour celles et ceux qui le désiraient et me questionnaient, j'ai parlé de ma confiance dans l'amour miséricordieux de Jésus.

Ainsi : c'est bien ainsi que Dieu trace des lignes droites avec des courbes !

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
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Le témoignage du sang

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Le jeudi de la 7e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 22,30.23,6-11.
En ces jours-là, Paul avait été arrêté à Jérusalem. Le lendemain, le commandant voulut savoir avec certitude de quoi les Juifs l’accusaient. Il lui fit enlever ses liens ; puis il convoqua les grands prêtres et tout le Conseil suprême, et il fit descendre Paul pour l’amener devant eux. Sachant que le Conseil suprême se répartissait entre sadducéens et pharisiens, Paul s’écria devant eux : « Frères, moi, je suis pharisien, fils de pharisiens. C’est à cause de notre espérance, la résurrection des morts, que je passe en jugement. »
À peine avait-il dit cela, qu’il y eut un affrontement entre pharisiens et sadducéens, et l’assemblée se divisa.
En effet, les sadducéens disent qu’il n’y a pas de résurrection, pas plus que d’ange ni d’esprit, tandis que les pharisiens professent tout cela.
Il se fit alors un grand vacarme. Quelques scribes du côté des pharisiens se levèrent et protestèrent vigoureusement : « Nous ne trouvons rien de mal chez cet homme. Et si c’était un esprit qui lui avait parlé, ou un ange ? » L’affrontement devint très violent, et le commandant craignit que Paul ne se fasse écharper. Il ordonna à la troupe de descendre pour l’arracher à la mêlée et le ramener dans la forteresse. La nuit suivante, le Seigneur vint auprès de Paul et lui dit : « Courage ! Le témoignage que tu m’as rendu à Jérusalem, il faut que tu le rendes aussi à Rome. »



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 17,20-26.
En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi.
Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN : moi en eux, et toi en moi. Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé.
Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde.
Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux. »



CY Aelf, Paris

Il n'a guère été difficile, pour Paul, l'ancien pharisien, de retourner contre eux-mêmes les membres de l'auditoire rassemblés pour le faire condamner par les Romains. Car les sadducéens et les pharisiens ne s'entendaient guère sur la question de la résurrection des morts, mais également sur celle des lieux de culte. Mais ce qui surprend le plus le commandant romain, c'est la violence avec laquelle les deux parties, pour des questions de conscience et de religion, sont capables de s'affronter.  

Mais le point le plus important de ce passage, c'est que l'argumentation elle-même est très aisément remise en question. Car en aucun cas, la religion n'est faite pour diviser: il n'existe en effet que deux sources étymologiques du mot "religion" : la première est relegere (cueillir, rassembler) et religare (lier, relier). Comment donc la religion pousserait-elle les hommes à s'affronter jusqu'à faire couler le sang ?   Cependant, l'histoire des hommes, depuis toujours, est entachée du sang versé au nom de Dieu... et nous savons comment cela se continue de nos jours... !

Cependant,  ce qui relie véritablement à Dieu, que l'on soit catholique, protestant, musulman ou complètement athée, c'est tout de même le verbe : le  verbe Aimer.  Retirons l'amour de l'histoire humaine, et il ne restera que du sang versé - le sang versé par Jésus sur la Croix.

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Si je n'ai pas l'amour ...

Message non lu par etienne lorant »

Le vendredi de la 7e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 25,13-21.
En ces jours-là, le roi Agrippa et Bérénice vinrent à Césarée saluer le gouverneur Festus. Comme ils passaient là plusieurs jours, Festus exposa au roi la situation de Paul en disant : « Il y a ici un homme que mon prédécesseur Félix a laissé en prison. Quand je me suis trouvé à Jérusalem, les grands prêtres et les anciens des Juifs ont exposé leurs griefs contre lui en réclamant sa condamnation.
J’ai répondu que les Romains n’ont pas coutume de faire la faveur de livrer qui que ce soit lorsqu’il est accusé, avant qu’il soit confronté avec ses accusateurs et puisse se défendre du chef d’accusation.
Ils se sont donc retrouvés ici, et sans aucun délai, le lendemain même, j’ai siégé au tribunal et j’ai donné l’ordre d’amener cet homme.
Quand ils se levèrent, les accusateurs n’ont mis à sa charge aucun des méfaits que, pour ma part, j’aurais supposés. Ils avaient seulement avec lui certains débats au sujet de leur propre religion, et au sujet d’un certain Jésus qui est mort, mais que Paul affirmait être en vie.
Quant à moi, embarrassé devant la suite à donner à l’instruction, j’ai demandé à Paul s’il voulait aller à Jérusalem pour y être jugé sur cette affaire. Mais Paul a fait appel pour être gardé en prison jusqu’à la décision impériale. J’ai donc ordonné de le garder en prison jusqu’au renvoi de sa cause devant l’empereur. »


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 21,15-19.
Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade. Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. » Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. »
Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis.
Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. » Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces mots, il lui dit : « Suis-moi. »



Cy Aelf, Paris

On remarquera d’emblée que Jésus n'a pas demandé à Pierre : crois-tu en moi plus que les autres disciples ? Mais c'est bien: "M'aimes-tu plus que les autres ?" la question qu'Il lui a posée. Nos amis protestants placent toujours la foi à la première place et c'est sur ce point précis que nombre de discussions - du reste très bien argumentées sont proposées... J'ai toujours, systématiquement, évité d'enter dans un débat raisonné, puisque l'amour surpasse tous les arguments. Au moment de donner sa vie, ce n'est plus la raison qui intervient, mais l'amour, car: "Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l'on aime"... C'est donc sur la qualité de son amour que Jésus a établi Pierre comme le roc sur lequel Il a édifié son Eglise.

Qu'on soit homme ou femme, c'est bien du cœur que jaillissent les plus grands témoignages. Saint Paul apôtre, par toutes les révélations qu'il a reçues du Seigneur - n'a-t-il pas été enlevé jusqu'au paradis ? - ne s'est pourtant réclamé que de l'Amour:

"J’aurais beau parler toutes les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante. J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, j’aurais beau avoir toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien. J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien. L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ; il ne fait rien d’inconvenant ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ;
il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout.
L’amour ne passera jamais.
"

Et c'est donc bien par amour et à cause de l'amour que nous sommes fidèles. A l'image des apôtres Pierre et Paul, icônes vivantes de Jésus-Christ.

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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