Cinci a écrit :les expressions employées dans l'intitulé de ce fil sont blasphématoires en elles-mêmes, grossières et injurieuses. Attention, ici je parle des expressions en soi, non pas de Xavi...
Cher Cinci,
Vous n’êtes pas le seul à le penser depuis l’ouverture de ce fil.
Mais comment et pourquoi des mots ou des expressions pourraient être « en soi » blasphématoires ?
Le fait qu’ils posent une question par rapport à une pratique réprouvée par l’Eglise ne me paraît pas pouvoir expliquer une telle perception qui vient du fond du cœur. Personne ne s’offusque d’entendre dire que le Christ a été crucifié comme un brigand ou un criminel.
Les détails physiques intimes des évangiles eux-mêmes ne permettent pas davantage d’expliquer la réaction négative.
Ce qui est blasphématoire, grossier ou injurieux, est-ce des expressions « en soi » ou leur imputation à la Sainte Vierge ?
Dans ce fil, personne ne conteste que Marie n’est ni une mère porteuse, ni une mère par insémination artificielle. Oh Horreur ! Oh blasphème qu’une telle pensée !
Ce fut dit dès la première ligne du premier message de ce fil.
Mais, est-ce bien la conviction de tous ceux qui sont choqués ?
Les mots sont rejetés, mais n’y a-t-il pas un grand nombre de chrétiens qui, en réalité, considèrent bien Marie comme une mère porteuse ou une mère par insémination artificielle dans laquelle l’Esprit Saint aurait agi comme un gynécologue extraterrestre ?
Derrière un respect pour le mystère peut se cacher une réelle erreur théologique.
Interrogez les chrétiens autour de vous ! Vous constaterez, peut-être avec étonnement, que beaucoup de chrétiens pensent (sans trop y avoir réfléchi) que la Sainte Vierge Marie fut une mère porteuse, c’est-à-dire, exactement comme dans les pratiques médicales modernes qui utilisent ce terme, une mère qui reçoit en elle un enfant qui n’est en rien issu de son propre corps, qui n’a en rien son patrimoine génétique, mais qui est implanté par une personne extérieure.
Ils pensent que, lors de l’incarnation, Dieu se serait créé ex nihilo un corps d’humain (avec un patrimoine génétique créé distinctement et ne provenant pas de la généalogie descendante d’Adam et Eve). L’Esprit Saint aurait implanté le corps du Fils de Dieu dans le sein de Marie et ce corps serait une création matérielle absolument nouvelle venant des cieux.
Jésus ne serait pas le fils biologique de Marie. Jésus n’aurait pas reçu son patrimoine génétique du corps de Marie. Physiquement, il ne serait ni le fils de Marie, ni le descendant de David, ni un descendant biologique d’Adam et Eve.
Marie aurait bien été dans ce cas, une mère porteuse du Fils de Dieu, mais le Christ n’aurait pas été vraiment un homme comme nous, descendant physique du premier couple créé à l’image de Dieu, Adam et Eve.
N’est-ce pas là le vrai blasphème et non dans l’expression de mère porteuse qui le décrit ?
D’autres chrétiens, tout aussi nombreux peut-être, pensent que la Sainte Vierge Marie a bien transmis son patrimoine génétique à Jésus, mais que l’Esprit Saint aurait apporté matériellement en elle le patrimoine génétique paternel. Il aurait suppléé matériellement à la semence paternelle. La masculinité de Jésus lui viendrait directement de l’Esprit Saint.
Comment ne pas rejeter une telle pensée qui ferait du Christ un être hybride mi Dieu-mi homme ?
N’est-ce pas ici encore le vrai blasphème et non dans l’expression de mère par insémination artificielle qui le décrit ?
Les éléments de la masculinité de Jésus ne proviennent pas d’une insémination artificielle dans le corps de Marie.
Par un mystère qui nous échappe, un miracle unique, Marie pleine de grâces a reçu lors de son immaculée conception, par ses propres parents, tout ce qui était corporellement nécessaire pour qu’une fécondation par l’Esprit Saint fasse vivre en elle le Fils de Dieu avec son entière coopération.
Toute l’humanité du Christ lui est donnée par Marie.
Jusque dans les réalités les plus concrètes de sa maternité divine, elle apparaît une maman pleine de grâces, comme nous ne cessons de le redire dans chaque Ave, à la suite de l’ange de l’annonciation.
Certains qui rejettent vivement la comparaison de la Sainte Vierge avec une mère porteuse ou une mère par insémination artificielle ne se révèlent-ils pas, en réalité, comme étant convaincus qu’elle ne serait qu’une mère porteuse d’un Christ implanté corporellement en elle par l’Esprit Saint ou qu’une mère par insémination extérieure d’une semence corporelle divine extraterrestre qui aurait remplacé matériellement la semence masculine normalement nécessaire ?
N’est-ce pas deux graves erreurs théologiques qui portent atteinte à l’humanité du Christ, vrai Dieu et vrai homme, à la véritable maternité humaine de Marie, à la révélation que toute l’humanité du Christ lui vient par Marie ?
N’est-ce pas ces deux erreurs répandues et non les expressions en soi qui sont blasphématoires ?
Dans le monde actuel, il y a réellement des mères porteuses et beaucoup de mères par insémination artificielle. C’est un fait. Dans le monde, il y a des personnes charitables et des brigands, des bénévoles et des mercenaires, des purs et des menteurs…
Les Ecritures nous parlent de multiples personnes aux comportements réprouvés. Et les Ecritures les comparent au Christ lui-même !
Déjà que le Christ est déclaré semblable à nous sauf le péché. Tous les pécheurs du monde sont ainsi comparés au Christ.
Ne se compare-t-il par Lui-même au mauvais mercenaire qui abandonne ses brebis pour se révéler comme le Bon Berger ?
Pourquoi refuser de comparer la situation de deux mères différentes pour montrer la différence de la maternité divine de la Sainte Vierge ? Pourquoi refuser de comparer la sainte mère de Dieu à n’importe quelle autre mère qui a vécu une maternité comme elle pour mieux montrer la merveille de la réalité de la maternité de la mère de Dieu et mieux écarter les erreurs de compréhension qui peuvent exister ?
Est-ce que la comparaison se situe à un niveau trop intime et trop sexuel ?
Mais, n’est-ce pas les évangiles eux-mêmes qui nous plongent avec beaucoup de détails dans la réalité sexuelle la plus intime de la conception du Christ ?
Et ces détails ont-ils pu être donnés aux évangélistes St Matthieu et St Luc par quelqu’un d’autre que la Sainte Vierge Marie elle-même ?
N’ont-ils pas été donnés et relatés par les auteurs inspirés à cause de leur importance pour notre foi ?
Qui de nous aurait osé, à supposer que nous aurions été à la place de St Matthieu ou de St Luc, s’engager dans des détails physiques sexuels aussi intimes, voire a priori scandaleux, que ceux que leurs évangiles nous rapportent avec une insistance choquante ?
Nous aurions plus volontiers limité notre récit sur ce point en nous limitant à de vagues évocations. Nous préférons facilement le silence de St Marc ou l’approche discrète et théologique sur le Verbe fait chair de St Jean.
Rien n’imposait nécessairement une virginité physique et une conception par l’Esprit Saint dans les textes prophétiques où la jeune fille qui allait être enceinte pouvait être une jeune femme sans précision quant à sa situation matrimoniale et où la portée physique précise des mots restait très ouverte.
Les expressions de mère porteuse et de mère par insémination artificielle sont neutres.
Elles ne sont utilisées que pour expliquer concrètement que le Christ est vraiment et pleinement vrai Dieu et vrai homme. Pas un Dieu déguisé en homme, ni un mi-Dieu et mi-homme.
Les mots de « mère porteuse » et de « mère par insémination artificielle » mettent en lumière l’immense difficulté pour beaucoup d’admettre que le Christ, Fils éternel de Dieu, est devenu un vrai homme. Un vrai. En tout semblable à nous, en tout semblable au premier Adam… sauf le péché. Il est vraiment devenu un fils biologique d’Adam comme nous le sommes. Et c’est parce qu’il est vraiment devenu un homme comme nous qu’il peut nous sauver.