Petit Matthieu a écrit :J'ai été à la messe dans mon église paroissiale ce matin et j'ai souffert d'un travers fréquent : les chants...
Des chants légers, trop légers, édulcorés, mielleux... Des chants qu'on chanterait à un enfant de 5 ans, je n'exagère rien. Cela m'a bloqué, impossible pour moi de ressentir le Seigneur dans ces conditions.
Aussi, sur le chemin du retour, j'ai réfléchi sur ce bloquage. D'abord, j'ai conclu que le dénominateur commun dans toute la liturgie, c'est la force. La prière pénitentielle, le gloria, l'eucharistie. Force de se reconnaître pécheur, force d'accepter le pardon, force d'accepter le salut par la mort et la résurrection du Christ, force de la louange à Dieu.
Dans ces conditions, la musique aussi doit être forte, elle doit manifester cette puissance. Attention, la force de la musique ne va pas forcément de pair avec les décibels. Des chants profonds et graves peuvent être calme mais puissants. Bref, placer des chants légers, sans force et enfantins c'est aller parfaitement à rebrousse-poil de ce que nous fait vivre la messe.
Il y a là un véritable combat à regagner, avec le patrimoine musicale époustouflant que possède l'Eglise catholique, les chants doivent faire vivre la force de l'amour de Dieu, et le chemin sur lequel nous nous engageons jour après jour.
Par pitié ! N'endormez pas nos coeurs, mais réveillez les !
C'est parfaitement bien vu, et je dirais que malheureusement, cet aspect ne se limite pas aux chants. C'est vrai dans certains discours et certaines homélies... plutôt creuses, quand ça ne donne pas dans l'utopie socialisante pure et simple (alors que le modernisme, tout en tenant ces discours, a tellement bien vidé les couvents qu'il n'y a plus grand-monde pour aider
réellement les pauvres). C'est vrai dans certaines innovations anti-liturgiques concoctées par un certain clergé moderne, du genre on se donne tous la main au Notre Père et les enfants viennent autour de l'autel.
Même le Signe de Paix, qui devrait être le signe profond et sacré de la descente de la Paix du Seigneur, la Paix
surnaturelle depuis l'autel du Sacrifice, a été rétabli pour l'assemblée d'une façon tout à fait mondaine, une grande séance de serrage de pinces comme nos hommes politiques en font à la tonne, ce qui n'engage pas pour autant à croire en leur sincérité. Ce n'est pas enfantin, on peut trouver ça "sympa", mais j'ai du mal à y déceler une force surnaturelle.
Enfin, un point à ne pas oublier, ce sont les TEXTES de la liturgie. Quand on compare ne serait-ce qu'une traduction littérale du Novus Ordo latin et ses versions vernaculaires (qui sont toutes très proches les unes des autres, mais sont toutes franchement éloignées de l'original latin...) on se rend compte de la trahison que ces traductions ont représenté. J'ai déjà mentionné ici les Préfaces, les choeurs célestes, les Chérubins et les Séraphins, les Trônes et les Puissances, transformées par la traduction en un simple "les anges". Lister tous les petits détails et même seulement les moins petits, où la traduction est édulcorée, est déjà une tâche immense.
Et en plus, le Novus Ordo est lui-même quelque peu édulcoré par rapport à l'ancien.
Je rêve de célébrations régulières de la Forme Extraordinaire en français fidèlement traduit, avec des chants dignes. Les gens - les prêtres aussi - pourraient goûter toute la richesse textuelle de la liturgie traditionnelle et se rendre compte à quel point ils ont été volés depuis 40 ans (et si l'on veut, dans les siècles précédents où Rome s'accrochait un peu plus que nécessaire au tout-latin pour se démarquer des protestants...)
Bref, tous ces points convergents indiquent en fait une édulcoration et une infantilisation de ceux qui organisent ces célébrations. C'est inquiétant, même si cette tendance semble peu à peu en recul (mais nos enfants continuent d'être exposés génération après génération à cette forme de l'Eglise qui a peu de chances de leur donner envie de rester catholiques plus tard...).
In Xto,
archi.