Saperlipopette,
quel est le meilleur livre que vous ayez jamais lu?
Aïe! Dur à dire ...
Disons que j'ai conservé un faible pour
Le voyage au bout de la nuit de Céline, en précisant que j'ai découvert l'oeuvre alors que je ne savais rien de son auteur et avant tout le tintouin des moralistes que l'on connaît de nos jours. Je pourrais dire
Les misérables d'Hugo dans un registre différent. Dans ce dernier cas, sur un forum catholique, tout le monde s'en fout apparemment parce que l'auteur ne dégagerait pas assez de bonne odeur de sacristie, de cire à plancher de presbytère, d'encens ou je ne sais quoi d'autre. Trop jouisseur, dira-t-on. Trop épris de tables tournantes à Jersey. Tant pis!
Il y a bien aussi le roman de Cervantes
Don quichotte. Le roman est ancien, le style est particulier. Il prend un petit moment pour s'imprégner de l'esprit. Mais une fois qu'on y est : c'est absolument hilarant. Le thème était et reste encore absolument génial. Face à un monde trop prosaîque et désenchanté, l'histoire du type qui a décidé que l'ère de la chevalerie n'est pas morte.
Il y a le roman
Frankenstein encore. Indispensable. Le thème de la science qui veut outrepasser les limites que le Créateur dans sa sagesse ... etc. Pour son parfum romantique authentique. C'est bien écrit.
Mettez la littérature d'Homère qui fut une des matrices de toute la littérature occidentale. Ce n'est pas rien. L'ancêtre du "road movie" avec les voyages d'Ulysse, le héros qui aimerait bien revoir le sol natal, qui doit se battre contre des dieux et qui doit en plus affronter des planqués de l'arrière créchant dans sa maison, des aristos félons; la scène où son fidèle canis devenu vieux et quasi aveugle, reconnaît son maître, qui n'aura pas voulu mourir avant de le revoir. C'est à vous fendre le coeur. Une prise de position politique déjà, le peuple est plus fiable que l'élite ... Côté dramaturgie : 20 sur 20.
Robinson Crusoé, la littérature d'Herman Melville ... l'atmosphère des contes d'Edgar Allan Poe ... le fameux Germinal de Zola ... quantité de contes de Maupassant ... le Horla ... Ah oui! les romans de Hermann Hesse m'auront enchanté également ... Demian, Le loup des steppes ...
Par contre, je n'ai jamais eu le courage encore d'oser attaquer le fameux roman de Marcel Proust
A la recherche du temps perdu ... qui est sans doute un chef d'oeuvre.
Sinon, -
quoi d'autre? J'ai souvenir d'un roman d'André Gide (un autre sulfureux personnage) qui me sera resté imprégné dans les circuits,
La symphonie pastorale
- ... je cherche à travers l'Évangile ... [...]
-Mais, mon père, me dit-il, moi aussi je souhaite le bonheur des âmes.
- Non,. mon ami; tu souhaites leur soumission,
- C'est dans la soumission qu'est le bonheur.
Je lui laisse le dernier mot parce qu'il me déplaît d'ergoter; mais je sais bien que l'on compromet le bonheur en cherchant à l'obtenir par ce qui doit être l'effet du bonheur - et s'il est vrai de penser que l'âme aimante se réjouit de sa soumission volontaire, rien n'écarte plus du bonheur qu'une soumission sans amour.
Au demeurant, Jacques raisonne bien, et si je ne souffrais de rencontrer, dans un si jeune esprit, déjà tant de raideur doctrinale, j'admirerais sans doute la qualité de ses arguments et la constance de sa logique. Il me paraît souvent que je suis plus jeune que lui; plus jeune aujourd'hui que je ne l'étais hier [...]
Est-ce trahir le Christ, est-ce diminuer, profaner l'Évangile que d'y voir surtout une méthode pour arriver à la vie bienheureuse? L'état de joie, qu'empêchent notre doute et la dureté de nos coeurs, pour le chrétien est un état obligatoire. Chaque être est plus ou moins capable de joie. Chaque être doit tendre à la joie. Le seul sourire de Gertrude m'en apprend plus là-dessus que mes leçons ne lui enseignent. Et cette parole du Christ s'est dressé lumineusement devant moi. "Si vous étiez aveugle, vous n'auriez point de péché." Le péché, c'est ce qui obscurcit l'âme, c'est ce qui s'oppose à sa joie. Le parfait bonheur de Gertrude [orpheline, aveugle], qui rayonne de tout son être, vient de ce qu,elle ne connait point le péché. Il n'y a en elle que de la clarté, de l'amour.
Gide, La symphonie pastorale, p 107
Et puis mon roman québécois fétiche ... pour un tas de raisons ... le meilleur sûrement de toute la littérature québécoise (que j'ai prèté à une fille il y a un, et qui ne m'est pas encore revenu d'ailleurs)
http://www.lapresse.ca/arts/livres/roma ... acques.php
(faut lire le résumé ... on sort du roman avec le coeur moulu et un arôme de poésie en bouche ...)