J'avais déjà lu toutes les histoires de la série du
Monde de Narnia par C. S. Lewis il y a quelques années. Je les ai relu il y a peu, et parfois j'avais l'impression de lire une profession de foi romancée, ou un petit catéchisme. Je ne parle pas seulement de la Genèse bis que l'on retrouve dans
Le Neveu du magicien ou du sacrifice d'Aslan, victime innocente, dans
Le Lion, la Sorcière blanche et l'Armoire magique. Mais aussi de la façon, par exemple, dont C. S. Lewis "explique" qu'un Calormène, adepte du dieu Tash et non d'Aslan, a en fait rendu un culte à Aslan car nul bon culte ne peut être rendu à Tash, et que de la même manière un Narnien qui fait le mal rend un culte à Tash quand bien même il invoque Aslan. Les "méchants", après la mort, ne sont pas séparés d'Aslan mais se dirigent instinctivement dans son ombre car ils ne peuvent supporter sa vision ; certains s'enferment eux-mêmes dans un état où ils ne peuvent prendre conscience des merveilles qui les entourent, etc.
Ceci dit, je suis allée voir ce que disait Wikipédia de la série en général et je retiens les accusations de racisme. Le fait que les "méchants", les Calormènes, soient des Orientaux à la peau sombre, coiffés d'un turban, sournois et cruels, m'a frappé à la lecture. Ce ne sont pas quelques - remarquables, certes - contre-exemples qui suffisent, pour moi, à inverser une tendance générale.
J'ai fini deux nouvelles de Tolstoï,
La mort d'Ivan Illitch et
Maître et serviteur. Les deux traitent de la façon dont l'approche de la mort change la façon dont deux hommes considèrent leur vie passée : comment une vie "comme il faut", bien remplie, apparait finalement creuse et sans objet. La première m'a plu, j'ai détesté l'autre. On voit venir le dénouement à des kilomètres, le personnage principal est un idiot qui s'entête dans ce qu'il entreprend pour des motifs futiles et qu'on a bien du mal à plaindre. Sa "prise de conscience" frôle presque la folie.
Enfin, mon pavé du moment est le
Journal de l'amour, journal non expurgé d'Anaïs Nin pendant les années 1932-1939. C'est fascinant, elle est fascinante. Je ne la connaissais que de nom et je viens d'emprunter
Tropique du Cancer d'Henry Miller uniquement parce qu'elle parle de leur relation et de ce livre. Elle ment tellement dans la vie qu'elle ment peut-être à son Journal (elle dit d'ailleurs le faire parfois par omission), mais elle m'a fait changer d'avis sur l'intérêt des journaux intimes.
