muirgheal a écrit :Personnellement, je n'ai jamais vraiment compris ni la clotûre, ni pourquoi le prêtre tournait le dos à l'assemblée.
L'orientation face au peuple m'a toujours semblée la plus logique, et encore plus maintenant que je me documente et me renseigne sérieusement et que j'apprends plein de chose sur ma foi.
Le prêtre n'est-il pas en quelque sorte le représentant du Christ lors de la célébration de la messe ? N'est-il pas logique dans ce cas qu'il soit face au peuple ? Le prêtre communique quelque chose à l'assemblée des fidèles. Il me semble donc logique qu'il soit tourné vers les fidèles (et il reste de toute manière tourné vers le Christ puisqu'il est face au crucifix).
Ha oui?!
Non, l'acte de communication n'est pas dirigé vers les fidèles, mais vers le Père, par le Fils, dans l'Esprit.
Il est IMPORTANT de ne pas entendre "prenez et mangez en tous" comme des paroles qui nous
sont adressées, mais comme des paroles qui nous
seront adressées: on ne reçoit pas à ce moment-là, on
offre ce que donne le Père ("De ce qui est tien, nous t'offrons ce qui t'appartient").
En conséquence de quoi, s'il est logique que le prêtre soit face aux fidèles pour les monitions, les salutations (quoi de plus stupide que de proclamer "pax Domini sit semper vobiscum" sans se retourner vers le peuple sous prétexte de tourner le dos à l'Hosite, alors que le prêtre en est comme la voix!), le Confiteor (n'en déplaise à archi, car le Confiteor est un acte de communication dirigé vers Dieu [la Bienheureuse toujours-Vierge Marie, St Jean Baptiste, saint Michel, saints Pierre et Paul, tous les saints]
ET les frères), la proclamation de la parole, l'homélie; il me semble moins
logique de le faire pour la célébration à l'autel et pour tous les actes de prières (par exemple, la prière commune (intentions) qui doit être dite depuis l'ambon ne devrait pas l'être face au peuple: on ne fait pas une harengue syndicale; mais face à l'autel. Et l'ambon aurait alors bien "deux" versants (comme ambo = deux: qu'on me corrige si mon étymologie est fallacieuse))...
Parce que, pour moi, c'est peut-être subjectif et tout ce que l'on veut, la prière est présentée
par tous à
différents niveaux qui peuvent même
se chevaucher (je n'ai jamais compris pourquoi le prêtre "répète" l'anamnèse après que le peuple l'a chantée (avec lui)!): Et je trouve très beau le dégradé "prêtre-diacre-sous-diacre" dans la FERM, où les trois ont des attitudes différentes, des fonctions différentes, un "degré" différent mais participent
également, au même mystère et à la même oblation.
Evidemment, l'autel peut être "au centre", et tout le monde est "face à Dieu" (je trouve l'expression aussi niaise que certaines des hymnes française), on ne tourne évidemment pas le dos à Dieu, comme j'ai cru le lire dans un post de Théophane, détail sur lequel j'aurais pu m'étendre si Griffon ne m'avait devancé. Mais, quand bien même il n'y aurait pas de "onemanshow", comment les fidèles comprennent-ils, spontanément, qu'ils ont à "offrir avec le prêtre" (mais différemment du prêtre)?
Si le "tournage de dos" peut n'éclairer personne sur la polyphonie de la liturgie; le face au peuple ne permet pas nécessairement de mieux comprendre: quand on comprend quelque chose, on comprend que Dieu se donne "pour nous" (livré/versé pour vous), on assite (comme les anges sur les icônes de la nativité ou de la théophanie) mais on n'est pas nécessairement conscient du rôle que l'on a...