Re: De la pédophilie dans l’Eglise Catholique
Publié : mer. 20 févr. 2019, 11:14
Si j'ai le temps, j'essaierai d'aller voir ce film;
-par respect et compassion pour les victimes, pour respecter leur point de vue et me mettre à leur écoute. Ces victimes que dans cette histoire il ne faudra jamais oublier, car si notre Eglise gravit son calvaire, elle l'a bien cherché; tandis que les victimes ont été abusées, et elles, le calvaire, c'est à perpétuité qu'elles le subissent sans pouvoir n'avoir ne serait-ce que l'espoir d'en être un jour délivrées, d'effacer ces actes infâmes de leur mémoire, de leur cerveau. Il faut avoir soi-même subi des agressions (pas forcément sexuelles) pour comprendre un poil ce que peut être de vivre tout le reste de sa vie avec des images, des cauchemars, des traumatismes qui font dévier votre vie, qui conditionnent des conduites d'échec, qui vous broient d'une mélancolie insaisissable, et j'en passe. Qui modifient tellement votre rapport au monde que toutes les personnes autour de vous en sont affectées aussi, votre conjoint, vos enfants, vos parents, qui désormais porteront une culpabilité immense, de n'avoir pas vu, de n'avoir pas su détecter les silences de leur enfant.
-Mais aussi pour faire la part des choses, entre le propos et la réalité. Car combien de films, de propositions artistiques ou journalistiques se font l'écho d'un mélange de faits et de fantasmes, manipulent la pensée des spectateurs pour servir leurs buts, et pas celui de la vérité. Ce qui n'est pour l'instant pas avéré pour ce film, je suis d'accord. Mais avant ce film, on a eu droit à Amen de Costa-Gavras par exemple, ou Le Vicaire (voir le fil viewtopic.php?f=28&t=44550&hilit=pie+XI ... e&start=15 ) et à des tas d'autres, où on amène le spectateur à valider les amours d'un prêtre, la renonciation d'une religieuse et la bêtise des couvents, quand on ne va pas jusqu'à prêter des aventures à Jésus lui-même! Je me rappelle, lors de la sortie du Da Vinci Code, combien les spectateurs, fascinés par le propos du film, soutenaient ensuite mordicus comme véritable recherche historique le propos du film! Des spectateurs "nés catholiques" mais qui ignoraient les bases mêmes de leur propre religion!
Alors que sera-ce à la sortie d'un tel film, où tout le monde sort impressionné par les images géantes, les dialogues reçus haut et fort? Où en sera leur esprit critique, s'il n'est pas formé, s'il n'est pas soutenu dans la tristesse ou la colère (ou la honte) qui les étreindra alors?
Et plus encore...Devant les scandales pédophiles, j'ai vu toute la (minuscule) communauté de prière à laquelle j'appartiens effondrée, écrasée de honte, perdue quant à la suite. C'est ce genre de chose qui a créé chez moi (et d'autres) un sursaut. Non, à la honte on n'a pas obligation de rajouter les majorations journalistiques, de broder un tant soit peu des faits pour espérer se faire pardonner de croire encore alors que tout le monde est ulcéré et ne comprend pas qu'on ne le soit pas autant qu'eux, qu'on ne soient pas de ceux qui hurlent le plus fort. C'est justement pour cela qu'il faut rechercher les faits et s'en tenir à eux, rechercher à faire la lumière, puis à se relever et à avancer coûte que coûte, car devant cette consternation générale, cette douleur peinte sur les visages des rares qui sont restés pour prier alors que d'autres ne viennent plus, et que nos enfants même nous fusillent du regard quand on ose dire "Jésus", quelque chose se dessine en filigrane: et si demain, bientôt, à force de scandales et de réactions uniquement spontanées de honte et de critiques à l'unisson, on en arrivait à éteindre chez la génération future l'idée que Dieu est Miséricorde, Amour, Pardon, Paix? Si -admettons- les choses finissaient par tourner de façon à ce que ce soient les chrétiens eux-mêmes, désabusés et ulcérés par les scandales trop nombreux, qui ne transmettaient plus leur foi à leurs enfants, qui effaçaient -par leur indignation- la foi dans les coeurs, sous le regard réjouit des athées de tous poils?
Il nous faut bien comprendre qu'aussi ferme que soit notre condamnation de tout viol, de toute déviance, c'est dans la difficulté qu'on voit qui joue pour son camp ou contre son camp. Ne soyons pas imbéciles, dupes des conséquences de nos propos. Ne soyons pas, même à notre corps défendant, de ceux qui, en restant sur une réaction spontanée, déconstruisent l'espérance dans le coeur de nos générations futures. L'enjeu est effrayant.
Je ne veux pas d'un monde sans mon Dieu, même si tous ses ministres étaient les pires branquignoles qui soient en matière de guidance des âmes. Pas pour moi, le Dieu que je connais on ne me l'enlèvera jamais plus, mais pour tous mes frères en humanité qui ne le connaissent pas encore et qui eux, ont un besoin vital d'espérance et d'amour. Il en va de leurs âmes.
L'homme est fait pour vivre sa vie dans un coeur à coeur avec son Dieu, pas parce que Dieu serait une bouée, parce que Dieu est chemin de croissance, et que l'homme ne peut survivre sans croître. Son âme l'exige aussi fort que sa faim le tenaille. Jusqu'à la mort, l'une et l'autre pousseront l'homme à les satisfaire, car il en va de sa survie.
Dans le calvaire qui se déroule chaque jour sous les pieds de l'Eglise, on peut désormais s'appuyer, (même s'il en a fallut du temps!) sur la fermeté de notre Saint Père, qui ne recule devant rien, qui s'est enfin emparé du problème à la hauteur de ce qu'on attendait d'un Pape, ainsi que nos évêques, qui enfin entendent les catastrophes que vivent les prêtres fidèles et les familles des victimes. Oui notre Eglise a sévèrement déferré, mais Elle reconnaît ses énormités et fait tout aujourd'hui pour qu'assainissement et réparation soient faits et bien faits.
On peut s'appuyer sur cela pour regarder vers demain. Et rester en prière, absolument.
Merci Samaritaine pour vos appréciables précisions et de manière générale, pour l'intelligence de vos interventions.
Que Dieu nous bénisse tous et nous garde!
-par respect et compassion pour les victimes, pour respecter leur point de vue et me mettre à leur écoute. Ces victimes que dans cette histoire il ne faudra jamais oublier, car si notre Eglise gravit son calvaire, elle l'a bien cherché; tandis que les victimes ont été abusées, et elles, le calvaire, c'est à perpétuité qu'elles le subissent sans pouvoir n'avoir ne serait-ce que l'espoir d'en être un jour délivrées, d'effacer ces actes infâmes de leur mémoire, de leur cerveau. Il faut avoir soi-même subi des agressions (pas forcément sexuelles) pour comprendre un poil ce que peut être de vivre tout le reste de sa vie avec des images, des cauchemars, des traumatismes qui font dévier votre vie, qui conditionnent des conduites d'échec, qui vous broient d'une mélancolie insaisissable, et j'en passe. Qui modifient tellement votre rapport au monde que toutes les personnes autour de vous en sont affectées aussi, votre conjoint, vos enfants, vos parents, qui désormais porteront une culpabilité immense, de n'avoir pas vu, de n'avoir pas su détecter les silences de leur enfant.
-Mais aussi pour faire la part des choses, entre le propos et la réalité. Car combien de films, de propositions artistiques ou journalistiques se font l'écho d'un mélange de faits et de fantasmes, manipulent la pensée des spectateurs pour servir leurs buts, et pas celui de la vérité. Ce qui n'est pour l'instant pas avéré pour ce film, je suis d'accord. Mais avant ce film, on a eu droit à Amen de Costa-Gavras par exemple, ou Le Vicaire (voir le fil viewtopic.php?f=28&t=44550&hilit=pie+XI ... e&start=15 ) et à des tas d'autres, où on amène le spectateur à valider les amours d'un prêtre, la renonciation d'une religieuse et la bêtise des couvents, quand on ne va pas jusqu'à prêter des aventures à Jésus lui-même! Je me rappelle, lors de la sortie du Da Vinci Code, combien les spectateurs, fascinés par le propos du film, soutenaient ensuite mordicus comme véritable recherche historique le propos du film! Des spectateurs "nés catholiques" mais qui ignoraient les bases mêmes de leur propre religion!
Alors que sera-ce à la sortie d'un tel film, où tout le monde sort impressionné par les images géantes, les dialogues reçus haut et fort? Où en sera leur esprit critique, s'il n'est pas formé, s'il n'est pas soutenu dans la tristesse ou la colère (ou la honte) qui les étreindra alors?
Et plus encore...Devant les scandales pédophiles, j'ai vu toute la (minuscule) communauté de prière à laquelle j'appartiens effondrée, écrasée de honte, perdue quant à la suite. C'est ce genre de chose qui a créé chez moi (et d'autres) un sursaut. Non, à la honte on n'a pas obligation de rajouter les majorations journalistiques, de broder un tant soit peu des faits pour espérer se faire pardonner de croire encore alors que tout le monde est ulcéré et ne comprend pas qu'on ne le soit pas autant qu'eux, qu'on ne soient pas de ceux qui hurlent le plus fort. C'est justement pour cela qu'il faut rechercher les faits et s'en tenir à eux, rechercher à faire la lumière, puis à se relever et à avancer coûte que coûte, car devant cette consternation générale, cette douleur peinte sur les visages des rares qui sont restés pour prier alors que d'autres ne viennent plus, et que nos enfants même nous fusillent du regard quand on ose dire "Jésus", quelque chose se dessine en filigrane: et si demain, bientôt, à force de scandales et de réactions uniquement spontanées de honte et de critiques à l'unisson, on en arrivait à éteindre chez la génération future l'idée que Dieu est Miséricorde, Amour, Pardon, Paix? Si -admettons- les choses finissaient par tourner de façon à ce que ce soient les chrétiens eux-mêmes, désabusés et ulcérés par les scandales trop nombreux, qui ne transmettaient plus leur foi à leurs enfants, qui effaçaient -par leur indignation- la foi dans les coeurs, sous le regard réjouit des athées de tous poils?
Il nous faut bien comprendre qu'aussi ferme que soit notre condamnation de tout viol, de toute déviance, c'est dans la difficulté qu'on voit qui joue pour son camp ou contre son camp. Ne soyons pas imbéciles, dupes des conséquences de nos propos. Ne soyons pas, même à notre corps défendant, de ceux qui, en restant sur une réaction spontanée, déconstruisent l'espérance dans le coeur de nos générations futures. L'enjeu est effrayant.
Je ne veux pas d'un monde sans mon Dieu, même si tous ses ministres étaient les pires branquignoles qui soient en matière de guidance des âmes. Pas pour moi, le Dieu que je connais on ne me l'enlèvera jamais plus, mais pour tous mes frères en humanité qui ne le connaissent pas encore et qui eux, ont un besoin vital d'espérance et d'amour. Il en va de leurs âmes.
L'homme est fait pour vivre sa vie dans un coeur à coeur avec son Dieu, pas parce que Dieu serait une bouée, parce que Dieu est chemin de croissance, et que l'homme ne peut survivre sans croître. Son âme l'exige aussi fort que sa faim le tenaille. Jusqu'à la mort, l'une et l'autre pousseront l'homme à les satisfaire, car il en va de sa survie.
Dans le calvaire qui se déroule chaque jour sous les pieds de l'Eglise, on peut désormais s'appuyer, (même s'il en a fallut du temps!) sur la fermeté de notre Saint Père, qui ne recule devant rien, qui s'est enfin emparé du problème à la hauteur de ce qu'on attendait d'un Pape, ainsi que nos évêques, qui enfin entendent les catastrophes que vivent les prêtres fidèles et les familles des victimes. Oui notre Eglise a sévèrement déferré, mais Elle reconnaît ses énormités et fait tout aujourd'hui pour qu'assainissement et réparation soient faits et bien faits.
On peut s'appuyer sur cela pour regarder vers demain. Et rester en prière, absolument.
Merci Samaritaine pour vos appréciables précisions et de manière générale, pour l'intelligence de vos interventions.
Que Dieu nous bénisse tous et nous garde!