Re: Le problème de l'immmigration
Publié : mar. 20 avr. 2010, 9:24
Cher Joël,
Comme vous le dîtes vous-même, les conditions d'accueil dans notre pays sont tout à fait déplorables, à un point tel qu'on peut bien se demander comment une telle situation n'agit pas comme un repoussoir pour les migrants... C'est donc dans un souci humanitaire très louable que je demande l'expulsion immédiate des migrants en situation irrégulière ! Plus sérieusement, je rappelle qu'au-delà des droits légitimes des migrants (et des droits tout aussi légitimes des Etats qui les accueillent de gré ou de force à réguler ces flux comme ils l'entendent), il y a aussi un droit imprescriptible pour tout homme à pouvoir vivre convenablement dans le pays et au sein du peuple où la providence l'a fait naître. La migration économique est toujours un déracinement, c'est-à-dire un déchirement.
Quant au principe de la destination universelle des biens, je le trouve bien vague et pour tout dire inapplicable. En un mot : fumeux. Je rappelle qu'il existe un autre droit imprescriptible, qui a lui l'avantage d'être plus concret : le droit de propriété.
Vous brandissez ensuite l'argument culpabilisateur qu'aime nous servir la gauche depuis des décennies : c'est nous qui sommes responsables de la situation économique catastrophique de la plupart des pays dits « en voie de développement ». Je trouve cet argument inadmissible et même indécent (1). Non seulement il culpabilise les peuples développés (2), mais il attise de manière irresponsable la rancoeur des peuples soi-disant exploités. En vérité, ces pays pauvres sont indépendants depuis plusieurs décennies, et ce sont donc leurs dirigeants qui sont les premiers responsables de cette situation, d'autant plus que la colonisation leur avait légué toute une infrastructure qu'ils n'avaient qu'à entretenir et à développer. Je crois au contraire que cet argument contribue à maintenir les peuples du tiers-monde dans une mentalité post-coloniale en les déresponsabilisant, en leur faisant accroire que tout est de la faute de l'homme blanc, et qu'ils ne peuvent se développer qu'en attendant des réparations des anciens colons.
(1) Allez faire croire à un type qui gagne à peine le SMIC qu'il contribue au pillage des richesses du tiers-monde...
(2) Faut-il vous rappeler que ces peuples développés ne l'ont pas toujours été, et qu'ils ne font aujourd'hui que jouir (et même gaspiller) de la sueur, du sang, des multiples sacrifices que leurs aïeux ont consentis pour leur léguer une telle prospérité ? Et nos aïeux n'ont pas eu besoin d'être aidés par d'autres pour bâtir cette richesse... Leurs descendants ont un droit légitime à profiter en priorité des fruits du travail de leurs ancêtres.
Vous faites bien de prendre l'exemple d'Haïti : il n'en existe pas de plus éloquent. Dois-je vous rappeler que ce pays est officiellement indépendant depuis 1804 ? Depuis cette date, l'histoire de cet État n'est qu'anarchie, instabilité, corruption des élites et pauvreté massive du peuple ; même libres et indépendants, les Haïtiens n'ont jamais réussi à atteindre un quelconque niveau de développement. Est-ce là encore la faute de l'homme blanc ? La colonisation, comme le péché originel, se propagerait-t-il par je ne sais quelle malédiction sur les enfants, les petits-enfants, l'ensemble des descendants des colonisés ? Et la culpabilité des colons n'aura-t-elle donc jamais de fin ? Non. La vérité, celle que votre « humanisme » béat ne vous permet pas de constater, pas même d'imaginer, c'est que des pays, des peuples comme celui d'Haïti sont incapables d'atteindre un niveau de civilisation comparable à celui des peuples européens. Non pas que ces peuples nous soient inférieurs (j'entends déjà l'accusation de racisme), mais ils sont différents (3), et vouloir leur imposer un mode de développement comparable à celui que les peuples européens ont connu, c'est méconnaître cette différence, c'est poursuivre par d'autres moyens la mentalité coloniale et imposer un point de vue européocentré. En comparant de manière abusive les niveaux de vie entre les pays « en développement » (Haïti) et les pays dits développés (France), vous participez de ce même ethnocentrisme. Comparaison n'est pas raison : il n’y a pas de rapport possible entre des types de civilisations, des races si différentes. Voilà, quant à moi, le diagnostique que je fais. Quant aux solutions, je crains que seuls les intéressés soient en mesure de les trouver.
(3) « L'émotion est nègre, la raison hellène ». L'auteur de ce mot n'est pas un affreux suprémaciste blanc, mais Léopold Senghor. Vous trouverez cette citation ici, dans la bouche d'un journaliste congolais dont les propos ne sont pas sans intérêt. Je vous invite par ailleurs à lire avec attention les statistiques comparatives entre Haïti et son voisin dominicain. C'est instructif.
Cordialement,
- VR -
Comme vous le dîtes vous-même, les conditions d'accueil dans notre pays sont tout à fait déplorables, à un point tel qu'on peut bien se demander comment une telle situation n'agit pas comme un repoussoir pour les migrants... C'est donc dans un souci humanitaire très louable que je demande l'expulsion immédiate des migrants en situation irrégulière ! Plus sérieusement, je rappelle qu'au-delà des droits légitimes des migrants (et des droits tout aussi légitimes des Etats qui les accueillent de gré ou de force à réguler ces flux comme ils l'entendent), il y a aussi un droit imprescriptible pour tout homme à pouvoir vivre convenablement dans le pays et au sein du peuple où la providence l'a fait naître. La migration économique est toujours un déracinement, c'est-à-dire un déchirement.
Quant au principe de la destination universelle des biens, je le trouve bien vague et pour tout dire inapplicable. En un mot : fumeux. Je rappelle qu'il existe un autre droit imprescriptible, qui a lui l'avantage d'être plus concret : le droit de propriété.
Vous brandissez ensuite l'argument culpabilisateur qu'aime nous servir la gauche depuis des décennies : c'est nous qui sommes responsables de la situation économique catastrophique de la plupart des pays dits « en voie de développement ». Je trouve cet argument inadmissible et même indécent (1). Non seulement il culpabilise les peuples développés (2), mais il attise de manière irresponsable la rancoeur des peuples soi-disant exploités. En vérité, ces pays pauvres sont indépendants depuis plusieurs décennies, et ce sont donc leurs dirigeants qui sont les premiers responsables de cette situation, d'autant plus que la colonisation leur avait légué toute une infrastructure qu'ils n'avaient qu'à entretenir et à développer. Je crois au contraire que cet argument contribue à maintenir les peuples du tiers-monde dans une mentalité post-coloniale en les déresponsabilisant, en leur faisant accroire que tout est de la faute de l'homme blanc, et qu'ils ne peuvent se développer qu'en attendant des réparations des anciens colons.
(1) Allez faire croire à un type qui gagne à peine le SMIC qu'il contribue au pillage des richesses du tiers-monde...
(2) Faut-il vous rappeler que ces peuples développés ne l'ont pas toujours été, et qu'ils ne font aujourd'hui que jouir (et même gaspiller) de la sueur, du sang, des multiples sacrifices que leurs aïeux ont consentis pour leur léguer une telle prospérité ? Et nos aïeux n'ont pas eu besoin d'être aidés par d'autres pour bâtir cette richesse... Leurs descendants ont un droit légitime à profiter en priorité des fruits du travail de leurs ancêtres.
Vous faites bien de prendre l'exemple d'Haïti : il n'en existe pas de plus éloquent. Dois-je vous rappeler que ce pays est officiellement indépendant depuis 1804 ? Depuis cette date, l'histoire de cet État n'est qu'anarchie, instabilité, corruption des élites et pauvreté massive du peuple ; même libres et indépendants, les Haïtiens n'ont jamais réussi à atteindre un quelconque niveau de développement. Est-ce là encore la faute de l'homme blanc ? La colonisation, comme le péché originel, se propagerait-t-il par je ne sais quelle malédiction sur les enfants, les petits-enfants, l'ensemble des descendants des colonisés ? Et la culpabilité des colons n'aura-t-elle donc jamais de fin ? Non. La vérité, celle que votre « humanisme » béat ne vous permet pas de constater, pas même d'imaginer, c'est que des pays, des peuples comme celui d'Haïti sont incapables d'atteindre un niveau de civilisation comparable à celui des peuples européens. Non pas que ces peuples nous soient inférieurs (j'entends déjà l'accusation de racisme), mais ils sont différents (3), et vouloir leur imposer un mode de développement comparable à celui que les peuples européens ont connu, c'est méconnaître cette différence, c'est poursuivre par d'autres moyens la mentalité coloniale et imposer un point de vue européocentré. En comparant de manière abusive les niveaux de vie entre les pays « en développement » (Haïti) et les pays dits développés (France), vous participez de ce même ethnocentrisme. Comparaison n'est pas raison : il n’y a pas de rapport possible entre des types de civilisations, des races si différentes. Voilà, quant à moi, le diagnostique que je fais. Quant aux solutions, je crains que seuls les intéressés soient en mesure de les trouver.
(3) « L'émotion est nègre, la raison hellène ». L'auteur de ce mot n'est pas un affreux suprémaciste blanc, mais Léopold Senghor. Vous trouverez cette citation ici, dans la bouche d'un journaliste congolais dont les propos ne sont pas sans intérêt. Je vous invite par ailleurs à lire avec attention les statistiques comparatives entre Haïti et son voisin dominicain. C'est instructif.
Cordialement,
- VR -