Carhaix a écrit : ↑jeu. 16 janv. 2020, 23:21Et chose intéressante : les crânes de Herto présentent des traces d'entaille et de polissage, ce qui laisse supposer des pratiques funéraires, et donc un lien avec l'au-delà.
Pourquoi «
donc » ? Pourquoi déduire nécessairement une croyance en un au-delà du seul fait de rites funéraires ?
Les athées, qui ne croient pas en un au-delà, sont capables de pratiques funéraires.
Certains animaux en sont aussi capables à l’exemple des éléphants cité dans un précédent message.
Le corps demeurant quasi le même avant et après la mort, il peut être naturel de continuer, de diverses manières, une affection à l’égard du corps mort d’un être corporel qui a été aimé de son vivant.
Dans quelle mesure et de quelle manière un animal peut-il comprendre la mort ? Il la connaît et la constate comme un arrêt du fonctionnement, un arrêt mécanique, un arrêt de la relation, mais, il ne semble pas qu’un animal puisse distinguer un être de son corps vivant ou mort.
Naturellement, rien ne permet de distinguer un être de son corps du seul fait de sa mort. La mort ne supprime pas la continuité physique du corps d’un être qui passe de vie à trépas.
Ne faut-il pas, au contraire, être un humain tel que nous pour parvenir à faire une telle distinction, soit par la conviction d’un au-delà, soit (et c’est plus rarement observé) par sa négation qui permet de dissocier totalement un corps mort de l’être qu’était le corps vivant ?
À cet égard, les humains ne sont-ils pas les seuls à être capables d’une pratique comme l’incinération par laquelle, après la mort physique, ils sont capables de dissocier totalement un corps mort de l’être vivant connu auparavant et dont c’était le corps vivant ? Ne sont-ils pas les seuls à être capables de penser qu’il ne subsiste rien de cet être comme de penser qu’il subsiste un être, au-delà de la mort physique.
Naturellement, les animaux ne peuvent-ils, comme les humains mais à leur manière, prolonger spontanément leur affection ou leur intérêt à l’égard d’un être qu’ils ont connu vivant lorsque sa présence se limite à celle de son corps mort ?
Rien ne permet de prétendre que la mort physique supprime nécessairement toute affection animale lorsqu’un être aimé meurt et ne laisse qu’un corps inerte. Il me semble qu’il ne faut pas nécessairement être humain pour continuer à exprimer de l’affection à l’égard d’un être mort lorsqu'il était aimé de son vivant.
Le critère des pratiques funéraires ne me semble donc pas décisif pour attester de la présence certaine d’une vie spirituelle humaine dans le chef des êtres préhistoriques qui avaient de telles pratiques.
Pour le surplus, les derniers messages de ce fil continuent à ne considérer que des critères observables de type scientifique. Mais, sans la singularité spirituelle des humains, en tant qu’ils ont une vie spirituelle de source divine, il me semble qu’aucun critère n’est décisif, ni ne permet de penser que Adam serait le «
premier » homo sapiens.
Chercher la création dans les traces archéologiques, n’est-ce pas sous-entendre que le critère spirituel serait secondaire ?
De même qu’il est très difficile pour certains propriétaires d’animaux domestiques de considérer que leur animal n’aurait pas, lui aussi, une âme immortelle subsistant au-delà de la mort physique, il semble très difficile pour beaucoup de penser que des êtres préhistoriques aussi apparemment semblables que nous, selon des critères terrestres, aient pu exister sans être des âmes spirituelles immortelles.
Chercher un critère ailleurs que dans la capacité d’aimer comme Dieu et de partager la vie de Dieu, n’est-ce pas une fausse piste pour discerner le moment de l’apparition sur terre des premiers humains à l’image de Dieu avec une double nature corporelle et spirituelle ?