Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2011-2012)
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Isabelle47
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Re: Vers une foi/voie d'abandon complet
"Aussi, croyez-moi, vous pratiquerez beaucoup mieux la vertu en considérant les perfections divines, qu'en tenant le regard fixé sur votre propre limon"
(Thérèse d'Avila)
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etienne lorant
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Jésus nous guérit et nous donne un travail !
« Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades.
Je suis venu appeler non pas les justes mais les pécheurs, pour qu'ils se convertissent. » (Luc Luc 5,31-32)
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Que le pécheur reprenne courage, car le Seigneur voit notre péché comme une maladie. Il le relève comme il a fait avec la belle mère de Pierre, dans sa maison, et qu'est-ce qu'il est dit juste ensuite ? Elle s'est levée et s'est mise à les servir. Mais cela ne peut fonctionner que si le pécheur est disposé à se reconnaître pécheur. Et l'image du médecin fonctionne en sens inverse aussi: celui qui ne se reconnaît pas malade, comment le médecin pourrait-il le soigner ?
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Je suis venu appeler non pas les justes mais les pécheurs, pour qu'ils se convertissent. » (Luc Luc 5,31-32)
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Que le pécheur reprenne courage, car le Seigneur voit notre péché comme une maladie. Il le relève comme il a fait avec la belle mère de Pierre, dans sa maison, et qu'est-ce qu'il est dit juste ensuite ? Elle s'est levée et s'est mise à les servir. Mais cela ne peut fonctionner que si le pécheur est disposé à se reconnaître pécheur. Et l'image du médecin fonctionne en sens inverse aussi: celui qui ne se reconnaît pas malade, comment le médecin pourrait-il le soigner ?
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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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L'état d'union avec le Père
b]Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,12-15. [/b]
Jésus venait d'être baptisé. Aussitôt l'Esprit le pousse au désert.
Et dans le désert il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient.
Après l'arrestation de Jean Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu ; il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
C'est bien l'Esprit qui a poussé Jésus au désert. Mais comment concevoir qu'en même temps, il fut tenté par Satan, mais aussi que les anges le servaient ? Je me suis dit que, de bout en bout de sa tentation, Jésus est demeuré uni au Père, en sorte qu'il eût pu subir n'importe qu'elle agression de la part du diable, ce dernier ne pouvait rien pour rompre le lien d'amour entre Jésus et son Père.
Je crois qu'il faut avoir souffert quelque peu si l'on veut comprendre cet état d'union avec Dieu. Le temps est suspendu, la souffrance est forte, mais elle ne peut altérer la conscience qui est transparente et ne cesse de diffuser la Lumière d'en-haut. Il est possible que le diable ait fait souffrir Jésus dans sa chair, mais combien lui l'Adversaire, a eu plus dur encore !
Aussitôt que le diable a découvert qu'il ne pouvait avoir prise sur Jésus d'aucune manière, aussitôt la tentation fut achevée. La brièveté de Marc me fait songer à ce que Jésus dira plus tard: "Que votre oui soit oui, que votre non soit non, tout le reste vient du diable". Rien n'a pu ébranler Jésus.
Jésus venait d'être baptisé. Aussitôt l'Esprit le pousse au désert.
Et dans le désert il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient.
Après l'arrestation de Jean Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu ; il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
C'est bien l'Esprit qui a poussé Jésus au désert. Mais comment concevoir qu'en même temps, il fut tenté par Satan, mais aussi que les anges le servaient ? Je me suis dit que, de bout en bout de sa tentation, Jésus est demeuré uni au Père, en sorte qu'il eût pu subir n'importe qu'elle agression de la part du diable, ce dernier ne pouvait rien pour rompre le lien d'amour entre Jésus et son Père.
Je crois qu'il faut avoir souffert quelque peu si l'on veut comprendre cet état d'union avec Dieu. Le temps est suspendu, la souffrance est forte, mais elle ne peut altérer la conscience qui est transparente et ne cesse de diffuser la Lumière d'en-haut. Il est possible que le diable ait fait souffrir Jésus dans sa chair, mais combien lui l'Adversaire, a eu plus dur encore !
Aussitôt que le diable a découvert qu'il ne pouvait avoir prise sur Jésus d'aucune manière, aussitôt la tentation fut achevée. La brièveté de Marc me fait songer à ce que Jésus dira plus tard: "Que votre oui soit oui, que votre non soit non, tout le reste vient du diable". Rien n'a pu ébranler Jésus.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Le coeur de la Loi
Livre du Lévitique 19,1-2.11-18.
Le Seigneur adressa la parole à Moïse :
« Parle à toute l'assemblée des fils d'Israël ; tu leur diras : Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint.
Vous ne volerez pas, vous ne mentirez pas, vous ne tromperez pas votre compagnon.
Vous ne ferez pas de faux serments par mon nom : tu profanerais le nom de ton Dieu. Je suis le Seigneur.
Tu n'opprimeras pas ton prochain, tu ne l'exploiteras pas : tu ne retiendras pas jusqu'au lendemain matin le salaire du journalier.
Tu n'insulteras pas un sourd, tu ne mettras pas d'obstacle sur le chemin d'un aveugle : tu craindras ton Dieu. Je suis le Seigneur.
Quand vous siégerez au tribunal, vous ne commettrez pas d'injustice ; tu n'avantageras pas le faible, tu ne favoriseras pas le puissant : tu jugeras ton compagnon avec justice.
Tu ne répandras pas de calomnies contre ton compatriote, tu ne réclameras pas la peine de mort contre ton prochain. Je suis le Seigneur.
Tu n'auras aucune pensée de haine contre ton frère. Mais tu n'hésiteras pas à réprimander ton compagnon, et ainsi tu ne partageras pas son péché.
Tu ne te vengeras pas. Tu ne garderas pas de rancune contre les fils de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis le Seigneur ! »
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 25,31-46.
Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire.
Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des chèvres :
il placera les brebis à sa droite, et les chèvres à sa gauche.
Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : 'Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde.
Car j'avais faim, et vous m'avez donné à manger ; j'avais soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli ;
j'étais nu, et vous m'avez habillé ; j'étais malade, et vous m'avez visité ; j'étais en prison, et vous êtes venus jusqu'à moi ! '
Alors les justes lui répondront : 'Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu... ? tu avais donc faim, et nous t'avons nourri ? tu avais soif, et nous t'avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t'avons accueilli ? tu étais nu, et nous t'avons habillé ?
tu étais malade ou en prison... Quand sommes-nous venus jusqu'à toi ? '
Et le Roi leur répondra : 'Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. '
Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : 'Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel préparé pour le démon et ses anges.
Car j'avais faim, et vous ne m'avez pas donné à manger ; j'avais soif, et vous ne m'avez pas donné à boire ;
j'étais un étranger, et vous ne m'avez pas accueilli ; j'étais nu, et vous ne m'avez pas habillé ; j'étais malade et en prison, et vous ne m'avez pas visité. '
Alors ils répondront, eux aussi : 'Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu avoir faim et soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ? '
Il leur répondra : 'Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces petits, à moi non plus vous ne l'avez pas fait. '
Et ils s'en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »
Le lien entre le Lévitique et cette description du jugement dernier est en fin de compte assez simple à établir. En plaçant sur le même pied le premier commandement : "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toutes tes forces" et le second "Tu aimerais ton prochain comme toi-même", Jésus a parlé en bon juif. Telle est la Loi et elle s'impose à tous les juifs du simple fait que Dieu est saint.
Mais comment donc se fait-il qu'au jugement dernier, il ne sera même pas tenu compte de l'appartenance à une religion ? Ni des pratiques de chacun, ni des rites, ni d'aucun statut ? La réponse est simple: Dieu veut que nous l'adorions et que nous le rencontrions dans les autres. Si nous considérons que Dieu est présent dans chaque être humain que nous rencontrons, et que nous agissons envers lui selon ce critère, toute la Loi s'en retrouve accomplie.
Cela n'empêche certes pas la vie au sein de l’Église - et nous aurions d'ailleurs tort - en vue d'aller vers le prochain comme Dieu le veut, de nous priver des forces obtenues dans les sacrements, ainsi que par la prière. Mais, tout à la fin, lorsqu'il n'y aura plus ni sacrements, ni rites, ni pratiques, sur quoi sera jugée la vie d'un homme ? Sur l'amour du prochain.
Quand bien même, durant sa vie terrestre, un homme n'aurait pas rencontré Dieu, il sera sauvé s'il a aimé son prochain. Un exégète juif très connu dit lui-même : la raison pour laquelle il faut aimer son prochain comme soi-même, c'est-à-dire tout homme, cela remonte dès la création. En effet, puisque l'homme a été créé "à l'image et à la ressemblance de Dieu", de ce fait tous les hommes doivent aux autres hommes le même amour qu'à Dieu.
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Le Seigneur adressa la parole à Moïse :
« Parle à toute l'assemblée des fils d'Israël ; tu leur diras : Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint.
Vous ne volerez pas, vous ne mentirez pas, vous ne tromperez pas votre compagnon.
Vous ne ferez pas de faux serments par mon nom : tu profanerais le nom de ton Dieu. Je suis le Seigneur.
Tu n'opprimeras pas ton prochain, tu ne l'exploiteras pas : tu ne retiendras pas jusqu'au lendemain matin le salaire du journalier.
Tu n'insulteras pas un sourd, tu ne mettras pas d'obstacle sur le chemin d'un aveugle : tu craindras ton Dieu. Je suis le Seigneur.
Quand vous siégerez au tribunal, vous ne commettrez pas d'injustice ; tu n'avantageras pas le faible, tu ne favoriseras pas le puissant : tu jugeras ton compagnon avec justice.
Tu ne répandras pas de calomnies contre ton compatriote, tu ne réclameras pas la peine de mort contre ton prochain. Je suis le Seigneur.
Tu n'auras aucune pensée de haine contre ton frère. Mais tu n'hésiteras pas à réprimander ton compagnon, et ainsi tu ne partageras pas son péché.
Tu ne te vengeras pas. Tu ne garderas pas de rancune contre les fils de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis le Seigneur ! »
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 25,31-46.
Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire.
Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des chèvres :
il placera les brebis à sa droite, et les chèvres à sa gauche.
Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : 'Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde.
Car j'avais faim, et vous m'avez donné à manger ; j'avais soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli ;
j'étais nu, et vous m'avez habillé ; j'étais malade, et vous m'avez visité ; j'étais en prison, et vous êtes venus jusqu'à moi ! '
Alors les justes lui répondront : 'Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu... ? tu avais donc faim, et nous t'avons nourri ? tu avais soif, et nous t'avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t'avons accueilli ? tu étais nu, et nous t'avons habillé ?
tu étais malade ou en prison... Quand sommes-nous venus jusqu'à toi ? '
Et le Roi leur répondra : 'Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. '
Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : 'Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel préparé pour le démon et ses anges.
Car j'avais faim, et vous ne m'avez pas donné à manger ; j'avais soif, et vous ne m'avez pas donné à boire ;
j'étais un étranger, et vous ne m'avez pas accueilli ; j'étais nu, et vous ne m'avez pas habillé ; j'étais malade et en prison, et vous ne m'avez pas visité. '
Alors ils répondront, eux aussi : 'Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu avoir faim et soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ? '
Il leur répondra : 'Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces petits, à moi non plus vous ne l'avez pas fait. '
Et ils s'en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »
Le lien entre le Lévitique et cette description du jugement dernier est en fin de compte assez simple à établir. En plaçant sur le même pied le premier commandement : "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toutes tes forces" et le second "Tu aimerais ton prochain comme toi-même", Jésus a parlé en bon juif. Telle est la Loi et elle s'impose à tous les juifs du simple fait que Dieu est saint.
Mais comment donc se fait-il qu'au jugement dernier, il ne sera même pas tenu compte de l'appartenance à une religion ? Ni des pratiques de chacun, ni des rites, ni d'aucun statut ? La réponse est simple: Dieu veut que nous l'adorions et que nous le rencontrions dans les autres. Si nous considérons que Dieu est présent dans chaque être humain que nous rencontrons, et que nous agissons envers lui selon ce critère, toute la Loi s'en retrouve accomplie.
Cela n'empêche certes pas la vie au sein de l’Église - et nous aurions d'ailleurs tort - en vue d'aller vers le prochain comme Dieu le veut, de nous priver des forces obtenues dans les sacrements, ainsi que par la prière. Mais, tout à la fin, lorsqu'il n'y aura plus ni sacrements, ni rites, ni pratiques, sur quoi sera jugée la vie d'un homme ? Sur l'amour du prochain.
Quand bien même, durant sa vie terrestre, un homme n'aurait pas rencontré Dieu, il sera sauvé s'il a aimé son prochain. Un exégète juif très connu dit lui-même : la raison pour laquelle il faut aimer son prochain comme soi-même, c'est-à-dire tout homme, cela remonte dès la création. En effet, puisque l'homme a été créé "à l'image et à la ressemblance de Dieu", de ce fait tous les hommes doivent aux autres hommes le même amour qu'à Dieu.
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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
- Géraldine
- Tribunus plebis

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- Inscription : lun. 21 nov. 2011, 15:08
- Localisation : Province du Hainaut Occidental Belgique.
Re: Porter sa croix chaque jour
D'accord avec Théophane, CoeurdeRoy, Zélie......laissons Jésus façonner nos âmes à Sa volonté dans ces petits riens qui font que. notre foi grandisse......tous enfants du même Père.
Dirigátur, Domine, orátio mea sicut incénsum in conspéctu tuo.
- Petit Matthieu
- Pater civitatis

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- Inscription : lun. 02 févr. 2009, 20:23
- Conviction : catholique
- Localisation : Paris
Re: Porter sa croix chaque jour
Porter sa croix chaque jour...pour avoir la force de la reprendre lors des grands choix de notre vie !
Plus les jours passent, et plus je me dis qu'il n'y a définitivement aucun hasard. Tout ce qui nous arrive dans la vie m'apparait comme un enseignement : il ne tient qu'à nous de le prendre comme tel.
Sommes-nous jour après jour formés dans notre quotidien, lentement façonnés par le Seigneur ? Comme préparés à l'épreuve de choix que nous aurons à faire, dans le futur ?
Si je ne me laisse pas enseigner, si je n'accepte pas les leçons des évènements les plus anodins, serai-je armé lorsqu'il faudra choisir le Christ ou le trahir à des tournants importants de ma vie ? D'où l'importance de la veille : ne pas s'endormir pour laisser filer un enseignement qui nous fortifie !
J'ai été beaucoup marqué par cette pensée de Pascal qui dit qu'une certitude de l'Eglise est "qui cherche Dieu le trouve, qui ne le cherche pas ne le trouve pas" ; donc, celui qui dit ne pas croire en Dieu en ne le cherchant pas donne raison à l'Eglise, et ceux qui ont cherché Dieu comme l'indique l'Eglise et ne l'ont pas trouvé, ceux-là, on a pas encore entendu leur voix sur terre.
Il faut donc toujours chercher ce Dieu caché qui se révèle à ceux qui croient en Lui. Veiller, c'est peut-être aussi être attentif, et considérer comme dignes d'enseignements les moindres évènements de notre vie. Cela a le mérite de nous maintenir dans la proximité du Seigneur Jésus. Et sa croix est alors proche de nous.
Plus les jours passent, et plus je me dis qu'il n'y a définitivement aucun hasard. Tout ce qui nous arrive dans la vie m'apparait comme un enseignement : il ne tient qu'à nous de le prendre comme tel.
Sommes-nous jour après jour formés dans notre quotidien, lentement façonnés par le Seigneur ? Comme préparés à l'épreuve de choix que nous aurons à faire, dans le futur ?
Si je ne me laisse pas enseigner, si je n'accepte pas les leçons des évènements les plus anodins, serai-je armé lorsqu'il faudra choisir le Christ ou le trahir à des tournants importants de ma vie ? D'où l'importance de la veille : ne pas s'endormir pour laisser filer un enseignement qui nous fortifie !
J'ai été beaucoup marqué par cette pensée de Pascal qui dit qu'une certitude de l'Eglise est "qui cherche Dieu le trouve, qui ne le cherche pas ne le trouve pas" ; donc, celui qui dit ne pas croire en Dieu en ne le cherchant pas donne raison à l'Eglise, et ceux qui ont cherché Dieu comme l'indique l'Eglise et ne l'ont pas trouvé, ceux-là, on a pas encore entendu leur voix sur terre.
Il faut donc toujours chercher ce Dieu caché qui se révèle à ceux qui croient en Lui. Veiller, c'est peut-être aussi être attentif, et considérer comme dignes d'enseignements les moindres évènements de notre vie. Cela a le mérite de nous maintenir dans la proximité du Seigneur Jésus. Et sa croix est alors proche de nous.
"Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes."
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
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etienne lorant
- Pater civitatis

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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Re: Porter sa croix chaque jour
J'aime beaucoup cette analyse. Elle est proche de ce que je vis. Il y eut une époque où je disais: "Jamais, au grand jamais, je ne vivrai cela !" Et j'y suis pourtant, et j'ai obtenu la grâce pour vivre telle et telle situations. Mais il faut être attentif, il faut véritablement veiller au quotidien afin de connaître ce que le Seigneur nous propose et y adhérer. Pascal a d'autant plus raison avec cette certitude que Jésus l'a déclaré à Pilate : "Quiconque cherche la vérité entend ma voix". D'ailleurs, en une autre occasion: "Cherchez et vous trouverez; frappez et l'on vous ouvrira; demandez et vous recevrez" et un insistance dans l'Apocalypse: "Je me tiens à la porte et je frappe; quiconque entend ma voix et m'ouvre la porte, je prendrai mon repas avec lui et lui avec moi".Petit Matthieu a écrit : J'ai été beaucoup marqué par cette pensée de Pascal qui dit qu'une certitude de l'Eglise est "qui cherche Dieu le trouve, qui ne le cherche pas ne le trouve pas" ; donc, celui qui dit ne pas croire en Dieu en ne le cherchant pas donne raison à l'Eglise, et ceux qui ont cherché Dieu comme l'indique l'Eglise et ne l'ont pas trouvé, ceux-là, on a pas encore entendu leur voix sur terre.
Veiller, c'est peut-être aussi être attentif, et considérer comme digne d'enseignement les moindres évènements de notre vie. Cela a le mérite de nous maintenir dans la proximité du Seigneur Jésus. Et sa croix est alors proche de nous.
(Dans l'Apocalypse, le Seigneur ne se contente pas d'attendre celui qui cherche la vérité, mais il se tient à sa porte et il frappe : les contre-temps dans nos vies, c'est parfois Jésus qui frappe pour attirer notre attention vers là où Il nous attend...)
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Le don du Notre Père
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 6,7-15.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s'imaginent qu'à force de paroles ils seront exaucés.
Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin avant même que vous l'ayez demandé.
Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié.
Que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Remets-nous nos dettes, comme nous les avons remises nous-mêmes à ceux qui nous devaient.
Et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du Mal.
Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi.
Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, à vous non plus votre Père ne pardonnera pas vos fautes. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Au cours de la soirée d'hier, après une journée au cours de laquelle je m'étais appliqué à prendre mieux soin de moi-même, mon moral a rechuté au moment du coucher.
L'avenir me cause du souci, car la dérive totalitaire me semble en marche. L'événement qui m'avait frappé le plus, c'est l'intervention d'un commando d'une milice privée allemande dans une entreprise allemande - mais installée sur notre territoire; des ouvriers belges faisaient grève et dimanche, le commando est passé à l'action pour s'emparer des documents d'identité des grévistes - dans quel but ? Ce sont des méthodes qui ressemblent ni plus ni moins à ce qui se passait dans l'Allemagne au cours de la montée du fascisme.
Et bien sûr : je travaille beaucoup et mes efforts semblent ne rien rapporter depuis un mois et demi. Je m'étais mis à prier intensément pour obtenir une reprise de mes affaires, ou d'avoir une bonne idée pour franchir l'obstacle de cette année-ci.
Quel rapport avec la lecture de ce jour ? Avec le don du Notre Père ?
Avant de me coucher, toujours contrarié, j'ai de nouveau prié pour obtenir des réponses à mon angoisse. Or, j'avais à porté le Petit Journal de sainte Faustine. J'en ai lu un passage. Sœur Faustine se préparait à une retraite et elle demandait à Dieu d'avoir meilleure santé le temps de cette retraite. Mais à sa prière, elle n'avait eu pour d'autre réponse que le sentiment d'une désapprobation de la part de Dieu. Elle avait donc cessé cette demande et elle avait aussitôt ressenti une paix profonde. Elle en a attribuait la source dans la soumission à la volonté de Dieu. J'ai donc changé ma prière moi aussi. J'ai dit : Seigneur que ta volonté soit faite.
Le reproche que Jésus fait de 'rabâcher' comme les païens dans ses prières, il s'adresse à moi aussi lorsque je prie non pour connaître la volonté de Dieu, mais pour que Dieu m'assiste à obtenir ce que moi, je veux... c'est un travers très courant chez la plupart des croyants. Et la seconde insistance de Jésus au sujet du Notre Père, c'est de pardonner à ceux qui nous ont offensés si nous voulons vraiment obtenir le pardon de Dieu.
Enfin, le prêtre nous a cité quelques mots d'une prière de Michel Quoist: 'Jette ton souci dans le Seigneur !" J'ai retrouvé cette prière et en la lisant, j'ai découvert qu'elle répond exactement à ce que j'avais vécu hier soir. La voici :
Si l'homme est souvent malheureux intérieurement, s'il échoue dans sa vie, c'est qu'il veut la vivre à sa manière, suivant le mode humain et en comptant sur ses propres forces.
Aussitôt qu'il démissionne entre les mains de Dieu, Dieu pour lui se met à l'ouvrage : la réussite (pas forcément humaine) est inévitable et totale.
Le Seigneur est là, présent à toute ta vie, mais discret, attendant que tu lui donnes toi-même un ennui, que tu lui confies une tâche.
Pourquoi garder tant de travail pour toi ? Pourquoi ne pas Lui donner tout à porter, tout à faire et ton cœur et tes mains pour qu'Il s'en serve Lui-même ?
Pourquoi lutter en Lui demandant de " t'aider ".
Chaque soir, accepte de mourir à toutes tes préoccupations, tous tes soucis, légitimes ou non.
Humblement remets tout entre les mains du Père pour te réveiller chaque matin, vide de toute inquiétude, neuf, pur, face à la vie qui t'attend.
Si tu veux être libre, si tu veux être jeune, joyeux, en paix, fort et triomphant, chaque jour, chaque minute, jette ton souci dans le Seigneur, et Lui-même te soutiendra.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s'imaginent qu'à force de paroles ils seront exaucés.
Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin avant même que vous l'ayez demandé.
Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié.
Que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Remets-nous nos dettes, comme nous les avons remises nous-mêmes à ceux qui nous devaient.
Et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du Mal.
Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi.
Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, à vous non plus votre Père ne pardonnera pas vos fautes. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Au cours de la soirée d'hier, après une journée au cours de laquelle je m'étais appliqué à prendre mieux soin de moi-même, mon moral a rechuté au moment du coucher.
L'avenir me cause du souci, car la dérive totalitaire me semble en marche. L'événement qui m'avait frappé le plus, c'est l'intervention d'un commando d'une milice privée allemande dans une entreprise allemande - mais installée sur notre territoire; des ouvriers belges faisaient grève et dimanche, le commando est passé à l'action pour s'emparer des documents d'identité des grévistes - dans quel but ? Ce sont des méthodes qui ressemblent ni plus ni moins à ce qui se passait dans l'Allemagne au cours de la montée du fascisme.
Et bien sûr : je travaille beaucoup et mes efforts semblent ne rien rapporter depuis un mois et demi. Je m'étais mis à prier intensément pour obtenir une reprise de mes affaires, ou d'avoir une bonne idée pour franchir l'obstacle de cette année-ci.
Quel rapport avec la lecture de ce jour ? Avec le don du Notre Père ?
Avant de me coucher, toujours contrarié, j'ai de nouveau prié pour obtenir des réponses à mon angoisse. Or, j'avais à porté le Petit Journal de sainte Faustine. J'en ai lu un passage. Sœur Faustine se préparait à une retraite et elle demandait à Dieu d'avoir meilleure santé le temps de cette retraite. Mais à sa prière, elle n'avait eu pour d'autre réponse que le sentiment d'une désapprobation de la part de Dieu. Elle avait donc cessé cette demande et elle avait aussitôt ressenti une paix profonde. Elle en a attribuait la source dans la soumission à la volonté de Dieu. J'ai donc changé ma prière moi aussi. J'ai dit : Seigneur que ta volonté soit faite.
Le reproche que Jésus fait de 'rabâcher' comme les païens dans ses prières, il s'adresse à moi aussi lorsque je prie non pour connaître la volonté de Dieu, mais pour que Dieu m'assiste à obtenir ce que moi, je veux... c'est un travers très courant chez la plupart des croyants. Et la seconde insistance de Jésus au sujet du Notre Père, c'est de pardonner à ceux qui nous ont offensés si nous voulons vraiment obtenir le pardon de Dieu.
Enfin, le prêtre nous a cité quelques mots d'une prière de Michel Quoist: 'Jette ton souci dans le Seigneur !" J'ai retrouvé cette prière et en la lisant, j'ai découvert qu'elle répond exactement à ce que j'avais vécu hier soir. La voici :
Si l'homme est souvent malheureux intérieurement, s'il échoue dans sa vie, c'est qu'il veut la vivre à sa manière, suivant le mode humain et en comptant sur ses propres forces.
Aussitôt qu'il démissionne entre les mains de Dieu, Dieu pour lui se met à l'ouvrage : la réussite (pas forcément humaine) est inévitable et totale.
Le Seigneur est là, présent à toute ta vie, mais discret, attendant que tu lui donnes toi-même un ennui, que tu lui confies une tâche.
Pourquoi garder tant de travail pour toi ? Pourquoi ne pas Lui donner tout à porter, tout à faire et ton cœur et tes mains pour qu'Il s'en serve Lui-même ?
Pourquoi lutter en Lui demandant de " t'aider ".
Chaque soir, accepte de mourir à toutes tes préoccupations, tous tes soucis, légitimes ou non.
Humblement remets tout entre les mains du Père pour te réveiller chaque matin, vide de toute inquiétude, neuf, pur, face à la vie qui t'attend.
Si tu veux être libre, si tu veux être jeune, joyeux, en paix, fort et triomphant, chaque jour, chaque minute, jette ton souci dans le Seigneur, et Lui-même te soutiendra.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
- Petit Matthieu
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Re: Le don du Notre Père
Merci Etienne, vous avez tout dit ici.
"Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes."
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".
-
etienne lorant
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Résistances humaines à la miséricorde divine
Livre de la Genèse 37,3-4.12-13a.17b-28.
Jacob aimait Joseph plus que tous ses autres enfants, parce qu'il était le fils de sa vieillesse, et il lui fit faire une tunique de grand prix.
En voyant qu'il leur préférait Joseph, ses autres fils se mirent à détester celui-ci, et ils ne pouvaient plus lui dire que des paroles hostiles.
Ils étaient allés à Sichem faire paître le troupeau de leur père.
Celui-ci dit à Joseph : « Tes frères gardent le troupeau à Sichem : je vais t'envoyer là-bas. »
Joseph partit rejoindre ses frères qui se trouvaient alors à Dotane.
Ils l'aperçurent de loin et, avant qu'il arrive près d'eux, ils complotèrent de le faire mourir.
Ils se dirent l'un à l'autre : « Voilà l'homme aux songes qui arrive !
C'est le moment, allons-y, tuons-le, et jetons-le dans une de ces citernes. Nous raconterons qu'une bête féroce l'a dévoré, et on verra ce que voulaient dire ses songes ! »
Mais Roubène les entendit, et voulut le sauver de leurs mains. Il leur dit : « Ne touchons pas à sa vie. »
Et il ajouta : « Ne répandez pas son sang : jetez-le dans cette citerne du désert, mais sans le frapper. » Il voulait le sauver de leurs mains et le ramener à son père.
Dès que Joseph eut rejoint ses frères, ils le dépouillèrent de la tunique précieuse qu'il portait,
ils se saisirent de lui et le jetèrent dans la citerne, qui était vide et sans eau.
Ils s'assirent ensuite pour manger. En levant les yeux, ils virent une caravane d'Ismaélites qui venait de Galaad. Leurs chameaux étaient chargés d'aromates, de baume et de myrrhe qu'ils allaient livrer en Égypte.
Alors Juda dit à ses frères : « Quel profit aurions-nous à tuer notre frère et à dissimuler sa mort ?
Vendons-le plutôt aux Ismaélites et ne portons pas la main sur lui, car il est du même sang que nous, c'est notre frère. » Les autres l'écoutèrent.
Quand la caravane arriva, ils retirèrent Joseph de la citerne, ils le vendirent pour vingt pièces d'argent aux Ismaélites, et ceux-ci l'emmenèrent en Égypte.
Psaume 105(104),4a.5a.6.16-17.18-19.20-21.
Cherchez le Seigneur et sa puissance,
souvenez-vous des merveilles qu'il a faites,
vous, la race d'Abraham son serviteur,
les fils de Jacob, qu'il a choisis.
Il appela sur le pays la famine,
le privant de toute ressource.
Mais devant eux il envoya un homme,
Joseph, qui fut vendu comme esclave.
On lui met aux pieds des entraves,
on lui passe des fers au cou ;
il souffrait pour la parole du Seigneur,
jusqu'au jour où s'accomplit sa prédiction.
Le roi ordonne qu'il soit relâché,
le maître des peuples, qu'il soit libéré.
Il fait de lui le chef de sa maison,
le maître de tous ses biens,
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 21,33-43.45-46.
Jésus disait aux chefs des prêtres et aux pharisiens : « Écoutez cette parabole : Un homme était propriétaire d'un domaine ; il planta une vigne, l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde. Puis il la donna en fermage à des vignerons, et partit en voyage
Quand arriva le moment de la vendange, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de la vigne.
Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l'un, tuèrent l'autre, lapidèrent le troisième.
De nouveau, le propriétaire envoya d'autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais ils furent traités de la même façon.
Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : 'Ils respecteront mon fils. '
Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : 'Voici l'héritier : allons-y ! tuons-le, nous aurons l'héritage ! '
Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent.
Eh bien, quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? »
On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il donnera la vigne en fermage à d'autres vignerons, qui en remettront le produit en temps voulu. »
Jésus leur dit : « N'avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire. C'est là l'œuvre du Seigneur, une merveille sous nos yeux !
Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à un peuple qui lui fera produire son fruit.
Les chefs des prêtres et les pharisiens, en entendant ces paraboles, avaient bien compris que Jésus parlait d'eux.
Tout en cherchant à l'arrêter, ils eurent peur de la foule, parce qu'elle le tenait pour un prophète.
Cy Aelf, Paris
Bien évidemment, ce qui saute aux yeux en lisant ces textes, c'est de rapprocher la figure de Jésus de celle de Joseph et de montrer comment, tout à la fin, la miséricorde divine finit toujours par triompher de l'incompréhension et du cœur endurci des hommes. C'est également dans cet Évangile que les théoriciens du "peuple déicide" puisent un argument dans la parole même de Jésus.
Mais il y a moyen d'aller plus loin que cette analyse que, pour ma part, je trouve assez restrictive. Car, en vérité, il est possible d'actualiser ces textes au jour d'aujourd'hui, aux situations difficiles que nombre d'entre nous connaissent !
Dieu aime les hommes, et Il veut leur faire miséricorde à tous. Mais quel obstacle rencontre-t-il dans cette merveilleuse entreprise ? Les hommes eux-mêmes ! C'est ce qu'il y a de fou et de tragique dans nos rapports avec Dieu. Ainsi, dans la première lecture, Joseph est bien l'instrument de la miséricorde divine, mais ses propres frères ne veulent pas de lui. Qu'à cela ne tienne, d'abord abaissé et esclave en Égypte, il deviendra l'instrument du salut pour ses frères - plus tard eux aussi réduits en esclavage. C'est ce que rapportent les deux premières lectures.
Dans l’Évangile, Jésus est bel et bien, comme nous le disons à la préface de la messe, "envoyé par Dieu pour guérir et sauver les hommes". Mais l'homme veut-il de Jésus ? Ici, c'est Israël qui n'en veut pas. Cependant, Israël, c'est devenu également vous et moi aujourd'hui !
Suivez mon idée: j'ai une sœur qui est en interruption de travail et qui a plongé dans la dépression; je connais un couple d'amis (S et M) qui ont devant eux une année pour retrouver un revenu - et ils sont plongés dans une angoisse que je comprends d'autant plus qu'en 2003, j'ai moi-même été privé de travail durant plus d'une année... mais à la fin, non seulement, j'ai pu travailler de nouveau, mais aussi: j'ai obtenu une forme de reconnaissance par l'Eglise, en devenant membre à part entière d'une congrégation - et j'ai été délivré de ma tabagie (et certainement prolongé la durée de ma vie !)
Conclusion: il faut avoir confiance en Dieu. Plus nous aurons confiance, plus tôt sa miséricorde se manifestera et avec d'autant plus de puissance.
La confiance en Dieu ne serait-elle pas comme le point de rupture du barrage que nous avions édifiés nous-mêmes contre l’œuvre que le Seigneur cherche à accomplir en nous. Et cette œuvre est celle de l'Amour.
Jacob aimait Joseph plus que tous ses autres enfants, parce qu'il était le fils de sa vieillesse, et il lui fit faire une tunique de grand prix.
En voyant qu'il leur préférait Joseph, ses autres fils se mirent à détester celui-ci, et ils ne pouvaient plus lui dire que des paroles hostiles.
Ils étaient allés à Sichem faire paître le troupeau de leur père.
Celui-ci dit à Joseph : « Tes frères gardent le troupeau à Sichem : je vais t'envoyer là-bas. »
Joseph partit rejoindre ses frères qui se trouvaient alors à Dotane.
Ils l'aperçurent de loin et, avant qu'il arrive près d'eux, ils complotèrent de le faire mourir.
Ils se dirent l'un à l'autre : « Voilà l'homme aux songes qui arrive !
C'est le moment, allons-y, tuons-le, et jetons-le dans une de ces citernes. Nous raconterons qu'une bête féroce l'a dévoré, et on verra ce que voulaient dire ses songes ! »
Mais Roubène les entendit, et voulut le sauver de leurs mains. Il leur dit : « Ne touchons pas à sa vie. »
Et il ajouta : « Ne répandez pas son sang : jetez-le dans cette citerne du désert, mais sans le frapper. » Il voulait le sauver de leurs mains et le ramener à son père.
Dès que Joseph eut rejoint ses frères, ils le dépouillèrent de la tunique précieuse qu'il portait,
ils se saisirent de lui et le jetèrent dans la citerne, qui était vide et sans eau.
Ils s'assirent ensuite pour manger. En levant les yeux, ils virent une caravane d'Ismaélites qui venait de Galaad. Leurs chameaux étaient chargés d'aromates, de baume et de myrrhe qu'ils allaient livrer en Égypte.
Alors Juda dit à ses frères : « Quel profit aurions-nous à tuer notre frère et à dissimuler sa mort ?
Vendons-le plutôt aux Ismaélites et ne portons pas la main sur lui, car il est du même sang que nous, c'est notre frère. » Les autres l'écoutèrent.
Quand la caravane arriva, ils retirèrent Joseph de la citerne, ils le vendirent pour vingt pièces d'argent aux Ismaélites, et ceux-ci l'emmenèrent en Égypte.
Psaume 105(104),4a.5a.6.16-17.18-19.20-21.
Cherchez le Seigneur et sa puissance,
souvenez-vous des merveilles qu'il a faites,
vous, la race d'Abraham son serviteur,
les fils de Jacob, qu'il a choisis.
Il appela sur le pays la famine,
le privant de toute ressource.
Mais devant eux il envoya un homme,
Joseph, qui fut vendu comme esclave.
On lui met aux pieds des entraves,
on lui passe des fers au cou ;
il souffrait pour la parole du Seigneur,
jusqu'au jour où s'accomplit sa prédiction.
Le roi ordonne qu'il soit relâché,
le maître des peuples, qu'il soit libéré.
Il fait de lui le chef de sa maison,
le maître de tous ses biens,
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 21,33-43.45-46.
Jésus disait aux chefs des prêtres et aux pharisiens : « Écoutez cette parabole : Un homme était propriétaire d'un domaine ; il planta une vigne, l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde. Puis il la donna en fermage à des vignerons, et partit en voyage
Quand arriva le moment de la vendange, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de la vigne.
Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l'un, tuèrent l'autre, lapidèrent le troisième.
De nouveau, le propriétaire envoya d'autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais ils furent traités de la même façon.
Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : 'Ils respecteront mon fils. '
Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : 'Voici l'héritier : allons-y ! tuons-le, nous aurons l'héritage ! '
Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent.
Eh bien, quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? »
On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il donnera la vigne en fermage à d'autres vignerons, qui en remettront le produit en temps voulu. »
Jésus leur dit : « N'avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire. C'est là l'œuvre du Seigneur, une merveille sous nos yeux !
Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à un peuple qui lui fera produire son fruit.
Les chefs des prêtres et les pharisiens, en entendant ces paraboles, avaient bien compris que Jésus parlait d'eux.
Tout en cherchant à l'arrêter, ils eurent peur de la foule, parce qu'elle le tenait pour un prophète.
Cy Aelf, Paris
Bien évidemment, ce qui saute aux yeux en lisant ces textes, c'est de rapprocher la figure de Jésus de celle de Joseph et de montrer comment, tout à la fin, la miséricorde divine finit toujours par triompher de l'incompréhension et du cœur endurci des hommes. C'est également dans cet Évangile que les théoriciens du "peuple déicide" puisent un argument dans la parole même de Jésus.
Mais il y a moyen d'aller plus loin que cette analyse que, pour ma part, je trouve assez restrictive. Car, en vérité, il est possible d'actualiser ces textes au jour d'aujourd'hui, aux situations difficiles que nombre d'entre nous connaissent !
Dieu aime les hommes, et Il veut leur faire miséricorde à tous. Mais quel obstacle rencontre-t-il dans cette merveilleuse entreprise ? Les hommes eux-mêmes ! C'est ce qu'il y a de fou et de tragique dans nos rapports avec Dieu. Ainsi, dans la première lecture, Joseph est bien l'instrument de la miséricorde divine, mais ses propres frères ne veulent pas de lui. Qu'à cela ne tienne, d'abord abaissé et esclave en Égypte, il deviendra l'instrument du salut pour ses frères - plus tard eux aussi réduits en esclavage. C'est ce que rapportent les deux premières lectures.
Dans l’Évangile, Jésus est bel et bien, comme nous le disons à la préface de la messe, "envoyé par Dieu pour guérir et sauver les hommes". Mais l'homme veut-il de Jésus ? Ici, c'est Israël qui n'en veut pas. Cependant, Israël, c'est devenu également vous et moi aujourd'hui !
Suivez mon idée: j'ai une sœur qui est en interruption de travail et qui a plongé dans la dépression; je connais un couple d'amis (S et M) qui ont devant eux une année pour retrouver un revenu - et ils sont plongés dans une angoisse que je comprends d'autant plus qu'en 2003, j'ai moi-même été privé de travail durant plus d'une année... mais à la fin, non seulement, j'ai pu travailler de nouveau, mais aussi: j'ai obtenu une forme de reconnaissance par l'Eglise, en devenant membre à part entière d'une congrégation - et j'ai été délivré de ma tabagie (et certainement prolongé la durée de ma vie !)
Conclusion: il faut avoir confiance en Dieu. Plus nous aurons confiance, plus tôt sa miséricorde se manifestera et avec d'autant plus de puissance.
La confiance en Dieu ne serait-elle pas comme le point de rupture du barrage que nous avions édifiés nous-mêmes contre l’œuvre que le Seigneur cherche à accomplir en nous. Et cette œuvre est celle de l'Amour.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Re: Résistances humaines à la miséricorde divine
Que de personnes déstabilisées de ce temps-ci ! Une interruption de carrière de quelques mois et c'est la déroute morale assurée, une vraie dégringolade ! Or, très souvent, il ne s'agit que d'une période intermédiaire, une étape, un passage. Il y suffit d'un peu de foi et d'espérance - hélas, ce sont là deux choses qui manque cruellement chez beaucoup. Et l'on récite son credo ... mais dans quelle mesure de foi ? Je prie aujourd'hui aux intentions de celles et de ceux, combien nombreux, dont la foi et l'espérance vacillent au cœur même de la vie...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
La merveilleuse histoire des deux fils
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 15, 1-3.11-32)
Jésus leur dit cette parabole : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : 'Père, donne-moi la part d'héritage qui me revient.' Et le père fit le partage de ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu'il avait, et partit pour un pays lointain où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre.
Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région, et il commença à se trouver dans la misère. Il alla s'embaucher chez un homme du pays qui l'envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il réfléchit : 'Tant d'ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils. Prends-moi comme l'un de tes ouvriers.'Il partit donc pour aller chez son père. Comme il était encore loin, son père l'aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : 'Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils...'Mais le père dit à ses domestiques : 'Vite, apportez le plus beau vêtement pour l'habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds. Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons. Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.' Et ils commencèrent la fête. Le fils aîné était aux champs. A son retour, quand il fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des domestiques, il demanda ce qui se passait. Celui-ci répondit : 'C'est ton frère qui est de retour. Et ton père a tué le veau gras, parce qu'il a vu revenir son fils en bonne santé.' Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d'entrer. Son père, qui était sorti, le suppliait.
Mais il répliqua : 'Il y a tant d'années que je suis à ton service sans avoir jamais désobéi à tes ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est arrivé après avoir dépensé ton bien avec des filles, tu as fait tuer pour lui le veau gras !'
Le père répondit : 'Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »
Depuis toujours, cette parabole de Jésus sur la miséricorde porte dans les bibles, comme titre pratiquement incontournable: "La parabole du fils prodigue". Mais pour moi, à la longue, je suis passé de la considération du fils cadet à celle du fils aîné, et finalement, mon attention a été retenue tout entière par cette figure du père, qui est extraordinaire.
Il est vrai que Jésus insiste beaucoup sur le comportement de ce fils cadet, qui devait être un joyeux luron, désireux comme tant de jeunes de "vivre à cent à l'heure" (ou "à donf", comme ils disent aujourd'hui). Il devait être le fils préféré du père, peut-être parce que cet homme est veuf - Jésus ne le dit pas mais cela saute aux yeux : la mère brille par son absence dans cette histoire. C'est donc un enfant gâté, turbulent, très vif, et qui prend des décisions à l'emporte-pièce. Bref, un jour il décide de devenir aventurier et d'aller faire fortune aux Amériques. Aussitôt, il lui faut de l'argent, alors, hop, l'héritage, tout de suite, même s'il n'en retirera pas tout ce qu'il aurait pu.
Et le voilà parti sans se retourner. Le père est malheureux et très inquiet. Quant au frère, il est déjà fâché, mais il a des compensations: d'office devient le fils héritier, le successeur, l'homme incontournable de l'entreprise familiale - c'est une promotion inespérée ! A mon avis, la colère qu'il va développer, petit à petit, commence là: d'abord dirigée contre le frère cadet, elle se retourne assez vite contre le père, car il se dit: "Voilà, çà devait arriver, c'était, il le gâtait trop". Et cette colère va croître à mesure que son père, lui laissant effectivement beaucoup de responsabilités, va chaque jour se rendre aux limites de sa propriété, sur l'une ou l'autre colline, pour voir si le fils perdu ne revient pas. Rien de plus exaspérant que de fournir le gros du travail, d'en éprouver une légitime fierté, mais de voir qu'on est considéré comme "le bon fils" (mais sans être le préféré - comment le père peut-il continuer à attendre ce voyou de frère qu'il considère lui-même comme déjà mort ?)
Or, un jour, le cadet revient. Il revient avec des excuses et un calcul. Mourant de faim, il s'est dit: "Je vais rentrer chez moi. Même si je me suis comporté comme le dernier des derniers, je reste son fils, et je sais bien qu'il m'aime. Je lui demanderai pardon. Je suis certain qu'il me proposera un vrai travail, même si je suis déshérité, et du moins, je mangerai à ma faim."
Au bout du compte, les deux fils sont des ingrats, l'aîné comme cadet. Aucun des deux n'a compris l'amour du père. La finale est extraordinaire, parce que ce père (qui le Père, bien sûr) va dépasser toutes les espérances du cadet, car il efface tous les reproches d'un coup, il l'accueille d'une manière extraordinaire, ne le laissant même pas aller jusqu'au bout de l'aveu qu'il avait préparé. Et non seulement cela, il va encore s'efforcer de réconcilier toute la famille à l'occasion de cet événement. La colère de l'aîné, il ne peut pas la comprendre, à cause de son amour même: "Tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi !". Tout est bien qui finit bien, pourquoi revenir sur des choses passées ?
Et finalement, ce n'est pas pour rien que j'ai repris en moi cette parabole. Elle m'oblige à mieux comprendre ce que Jésus disait ailleurs: "Soyez les dignes fils de votre Père, Lui qui fait lever le soleil et tomber la pluie sur les justes comme sur les méchants". Tel est bien le Père dans la parabole d'aujourd'hui: Il aime ses deux fils d'un amour égal et différencié, et c'est à ses fils, le juste ou l'injuste, d'ajuster leurs cœurs à l'amour !
Jésus leur dit cette parabole : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : 'Père, donne-moi la part d'héritage qui me revient.' Et le père fit le partage de ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu'il avait, et partit pour un pays lointain où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre.
Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région, et il commença à se trouver dans la misère. Il alla s'embaucher chez un homme du pays qui l'envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il réfléchit : 'Tant d'ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils. Prends-moi comme l'un de tes ouvriers.'Il partit donc pour aller chez son père. Comme il était encore loin, son père l'aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : 'Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils...'Mais le père dit à ses domestiques : 'Vite, apportez le plus beau vêtement pour l'habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds. Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons. Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.' Et ils commencèrent la fête. Le fils aîné était aux champs. A son retour, quand il fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des domestiques, il demanda ce qui se passait. Celui-ci répondit : 'C'est ton frère qui est de retour. Et ton père a tué le veau gras, parce qu'il a vu revenir son fils en bonne santé.' Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d'entrer. Son père, qui était sorti, le suppliait.
Mais il répliqua : 'Il y a tant d'années que je suis à ton service sans avoir jamais désobéi à tes ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est arrivé après avoir dépensé ton bien avec des filles, tu as fait tuer pour lui le veau gras !'
Le père répondit : 'Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »
Depuis toujours, cette parabole de Jésus sur la miséricorde porte dans les bibles, comme titre pratiquement incontournable: "La parabole du fils prodigue". Mais pour moi, à la longue, je suis passé de la considération du fils cadet à celle du fils aîné, et finalement, mon attention a été retenue tout entière par cette figure du père, qui est extraordinaire.
Il est vrai que Jésus insiste beaucoup sur le comportement de ce fils cadet, qui devait être un joyeux luron, désireux comme tant de jeunes de "vivre à cent à l'heure" (ou "à donf", comme ils disent aujourd'hui). Il devait être le fils préféré du père, peut-être parce que cet homme est veuf - Jésus ne le dit pas mais cela saute aux yeux : la mère brille par son absence dans cette histoire. C'est donc un enfant gâté, turbulent, très vif, et qui prend des décisions à l'emporte-pièce. Bref, un jour il décide de devenir aventurier et d'aller faire fortune aux Amériques. Aussitôt, il lui faut de l'argent, alors, hop, l'héritage, tout de suite, même s'il n'en retirera pas tout ce qu'il aurait pu.
Et le voilà parti sans se retourner. Le père est malheureux et très inquiet. Quant au frère, il est déjà fâché, mais il a des compensations: d'office devient le fils héritier, le successeur, l'homme incontournable de l'entreprise familiale - c'est une promotion inespérée ! A mon avis, la colère qu'il va développer, petit à petit, commence là: d'abord dirigée contre le frère cadet, elle se retourne assez vite contre le père, car il se dit: "Voilà, çà devait arriver, c'était, il le gâtait trop". Et cette colère va croître à mesure que son père, lui laissant effectivement beaucoup de responsabilités, va chaque jour se rendre aux limites de sa propriété, sur l'une ou l'autre colline, pour voir si le fils perdu ne revient pas. Rien de plus exaspérant que de fournir le gros du travail, d'en éprouver une légitime fierté, mais de voir qu'on est considéré comme "le bon fils" (mais sans être le préféré - comment le père peut-il continuer à attendre ce voyou de frère qu'il considère lui-même comme déjà mort ?)
Or, un jour, le cadet revient. Il revient avec des excuses et un calcul. Mourant de faim, il s'est dit: "Je vais rentrer chez moi. Même si je me suis comporté comme le dernier des derniers, je reste son fils, et je sais bien qu'il m'aime. Je lui demanderai pardon. Je suis certain qu'il me proposera un vrai travail, même si je suis déshérité, et du moins, je mangerai à ma faim."
Au bout du compte, les deux fils sont des ingrats, l'aîné comme cadet. Aucun des deux n'a compris l'amour du père. La finale est extraordinaire, parce que ce père (qui le Père, bien sûr) va dépasser toutes les espérances du cadet, car il efface tous les reproches d'un coup, il l'accueille d'une manière extraordinaire, ne le laissant même pas aller jusqu'au bout de l'aveu qu'il avait préparé. Et non seulement cela, il va encore s'efforcer de réconcilier toute la famille à l'occasion de cet événement. La colère de l'aîné, il ne peut pas la comprendre, à cause de son amour même: "Tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi !". Tout est bien qui finit bien, pourquoi revenir sur des choses passées ?
Et finalement, ce n'est pas pour rien que j'ai repris en moi cette parabole. Elle m'oblige à mieux comprendre ce que Jésus disait ailleurs: "Soyez les dignes fils de votre Père, Lui qui fait lever le soleil et tomber la pluie sur les justes comme sur les méchants". Tel est bien le Père dans la parabole d'aujourd'hui: Il aime ses deux fils d'un amour égal et différencié, et c'est à ses fils, le juste ou l'injuste, d'ajuster leurs cœurs à l'amour !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Le temps de la Rencontre
Ez.39 : 29 : "Et je ne leur cacherai plus ma face, Car je répandrai mon esprit sur la maison d'Israël, Dit le Seigneur, l'Éternel."
Sur la montagne, Dieu avait déclaré : "Nul ne peut me voir sans mourir". Mais n'est-ce pas à une "mort" de l'image que procède l'Esprit Saint dans nos cœurs ? Est-ce parce que le Christ nous a appris à appeler Dieu 'Notre Père' que nous ne le représentons comme une sorte de vieillard céleste qui plane au-dessus de nos têtes ? Le terme d'Abba ('papa') employé par Jésus est beaucoup plus évocateur de cet élan que j'ai connu... sans doute jusqu'à ma douzième année: il désignait pour moi... quelqu'un qui avait le pouvoir d'apporter une solution, quelle que soit la difficulté d'enfant que je traversais. Qu'il s'agisse d'une fièvre, d'un mal de dents, d'un désarroi inconnu jusqu'alors, même d'une désobéissance reconnue, peu importe car de toute manière, lui, papa, connaissait toutes les solutions: il était là pour cela, je n'en doutais pas. Ma mère n'était pas moins présente, mais elle avait le visage de la consolation absolue plutôt que celui de la solution absolue : je me souviens bien de cette distinction très nette.
De toute manière, ce que dit Dieu par la bouche d’Ézéchiel, c'est que Dieu se laisse connaître par son Esprit. C'est une rencontre hors de tout raisonnement, de toute pensée, de tout langage. L’esprit-saint n'est-Il pas comme le feu, et Jésus n'a-t-il pas désigné l'Esprit comme le feu qu'il est venu jeter sur la terre ? Jésus est venu jeter le feu de l’amour sur la terre. Et cet amour est une force qui pousse en avant, mais aussi un combat, une résistance jusqu’au sang, un courage pour affronter, s’il le faut, les adversaires de la justice et de la liberté. C'est un feu qui est mouvement comme une vague qui soulève et emporte vers l'avant. C'est bien ainsi, en tout cas à ma toute petite échelle, que l'Esprit-Saint me pousse à la connaissance de Dieu. Mais le mot de connaissance est encore trop riche et trop humain. Il faut dire: l'Esprit-Saint m'incite à sonder le mystère de Dieu. Oui, c'est mieux.
Or, ce mystère est insondable. Peu importe: les mystères de Dieu ne nous sont pas donnés pour que nous en trouvions la solution - certes non, l’Éternité n'y suffira pas !, mais pour que nous y plongions avec toutes nos capacités. Ce que je crois, c'est donc que, lorsque Dieu a répandu son Esprit sur le monde, l'Esprit n'a eu de cesse, et cela se poursuit toujours, de nous relever tous, chacun tel que nous sommes, pour que nous puissions participer, dès ce monde, à la contemplation continue des secrets de Dieu. Seigneur, comme je me réjouis de ce don ! Comme j'en étais indigne et comme j'en avais besoin ! Désormais, si je suis fort, c'est parce que je sais que ma force est hors de moi-même: si ma force est hors de moi-même, qui pourra me la prendre ? Et il en ainsi de ma Joie, ma vraie joie, et il en est de mon cœur, car mon cœur n'a de regard que pour la miséricorde divine.
Sur la montagne, Dieu avait déclaré : "Nul ne peut me voir sans mourir". Mais n'est-ce pas à une "mort" de l'image que procède l'Esprit Saint dans nos cœurs ? Est-ce parce que le Christ nous a appris à appeler Dieu 'Notre Père' que nous ne le représentons comme une sorte de vieillard céleste qui plane au-dessus de nos têtes ? Le terme d'Abba ('papa') employé par Jésus est beaucoup plus évocateur de cet élan que j'ai connu... sans doute jusqu'à ma douzième année: il désignait pour moi... quelqu'un qui avait le pouvoir d'apporter une solution, quelle que soit la difficulté d'enfant que je traversais. Qu'il s'agisse d'une fièvre, d'un mal de dents, d'un désarroi inconnu jusqu'alors, même d'une désobéissance reconnue, peu importe car de toute manière, lui, papa, connaissait toutes les solutions: il était là pour cela, je n'en doutais pas. Ma mère n'était pas moins présente, mais elle avait le visage de la consolation absolue plutôt que celui de la solution absolue : je me souviens bien de cette distinction très nette.
De toute manière, ce que dit Dieu par la bouche d’Ézéchiel, c'est que Dieu se laisse connaître par son Esprit. C'est une rencontre hors de tout raisonnement, de toute pensée, de tout langage. L’esprit-saint n'est-Il pas comme le feu, et Jésus n'a-t-il pas désigné l'Esprit comme le feu qu'il est venu jeter sur la terre ? Jésus est venu jeter le feu de l’amour sur la terre. Et cet amour est une force qui pousse en avant, mais aussi un combat, une résistance jusqu’au sang, un courage pour affronter, s’il le faut, les adversaires de la justice et de la liberté. C'est un feu qui est mouvement comme une vague qui soulève et emporte vers l'avant. C'est bien ainsi, en tout cas à ma toute petite échelle, que l'Esprit-Saint me pousse à la connaissance de Dieu. Mais le mot de connaissance est encore trop riche et trop humain. Il faut dire: l'Esprit-Saint m'incite à sonder le mystère de Dieu. Oui, c'est mieux.
Or, ce mystère est insondable. Peu importe: les mystères de Dieu ne nous sont pas donnés pour que nous en trouvions la solution - certes non, l’Éternité n'y suffira pas !, mais pour que nous y plongions avec toutes nos capacités. Ce que je crois, c'est donc que, lorsque Dieu a répandu son Esprit sur le monde, l'Esprit n'a eu de cesse, et cela se poursuit toujours, de nous relever tous, chacun tel que nous sommes, pour que nous puissions participer, dès ce monde, à la contemplation continue des secrets de Dieu. Seigneur, comme je me réjouis de ce don ! Comme j'en étais indigne et comme j'en avais besoin ! Désormais, si je suis fort, c'est parce que je sais que ma force est hors de moi-même: si ma force est hors de moi-même, qui pourra me la prendre ? Et il en ainsi de ma Joie, ma vraie joie, et il en est de mon cœur, car mon cœur n'a de regard que pour la miséricorde divine.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Le temple relevé en trois jours
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 2,13-25.
Comme la Pâque des Juifs approchait, Jésus monta à Jérusalem.
Il trouva installés dans le Temple les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs.
Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple ainsi que leurs brebis et leurs bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs,
et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d'ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. »
Ses disciples se rappelèrent cette parole de l'Écriture : L'amour de ta maison fera mon tourment.
Les Juifs l'interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour justifier ce que tu fais là ? »
Jésus leur répondit : « Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai. »
Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce Temple, et toi, en trois jours tu le relèverais ! »
Mais le Temple dont il parlait, c'était son corps.
Aussi, quand il ressuscita d'entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu'il avait dit cela ; ils crurent aux prophéties de l'Écriture et à la parole que Jésus avait dite.
Pendant qu'il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque, beaucoup crurent en lui, à la vue des signes qu'il accomplissait.
Mais Jésus n'avait pas confiance en eux, parce qu'il les connaissait tous
et n'avait besoin d'aucun témoignage sur l'homme : il connaissait par lui-même ce qu'il y a dans l'homme.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Beaucoup crurent en lui en cette occasion, "à la vue des signes qu'il accomplissait", dit l’Évangile. Mais saint Jean s'empresse d'ajouter qu'à part les disciples - qui comprendront plus tard ce que voulait dire « Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai », Jésus n'a guère confiance en ces déclarations de foi d'un moment. Mais il reste à mes yeux que Jésus connaît par lui-même ce qu'il y a dans l'homme - et je l'ai pris pour moi : qu'est-ce qu'il y a de foi en moi pour toi, Ô Jésus ?
Ce dimanche, j'ai reçu deux nouveaux petits chapelets, construits d'une simple cordelette blanche et de boules de plastique, mais ce petit cadeau m'a causé un vif plaisir, car je vais prier beaucoup ce soir, demain et dans les jours qui viennent.
C'est vraiment le peu qui me vient à l'esprit pour commenter l'Evangile, ce dimanche, et qu'il en soit donc ainsi : le Seigneur manifeste ainsi à ceux et celles qui me liront combien je demeure un homme pauvre e sans grand esprit, mais aussi incapable de tricher (il m'eût été facile de rechercher dans des choses écrites les années précédentes). Je crois sincèrement que le temps n'est guère aux paroles, mais à la prière et je prierai pour toutes les personnes qui ont sollicité ma prière, ainsi que pour celles dont le Seigneur m'inspirera lui-même de prier.
Que tout s'accomplisse comme Tu veux, Ô Jésus, mon Seigneur et mon Dieu !
Comme la Pâque des Juifs approchait, Jésus monta à Jérusalem.
Il trouva installés dans le Temple les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs.
Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple ainsi que leurs brebis et leurs bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs,
et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d'ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. »
Ses disciples se rappelèrent cette parole de l'Écriture : L'amour de ta maison fera mon tourment.
Les Juifs l'interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour justifier ce que tu fais là ? »
Jésus leur répondit : « Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai. »
Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce Temple, et toi, en trois jours tu le relèverais ! »
Mais le Temple dont il parlait, c'était son corps.
Aussi, quand il ressuscita d'entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu'il avait dit cela ; ils crurent aux prophéties de l'Écriture et à la parole que Jésus avait dite.
Pendant qu'il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque, beaucoup crurent en lui, à la vue des signes qu'il accomplissait.
Mais Jésus n'avait pas confiance en eux, parce qu'il les connaissait tous
et n'avait besoin d'aucun témoignage sur l'homme : il connaissait par lui-même ce qu'il y a dans l'homme.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Beaucoup crurent en lui en cette occasion, "à la vue des signes qu'il accomplissait", dit l’Évangile. Mais saint Jean s'empresse d'ajouter qu'à part les disciples - qui comprendront plus tard ce que voulait dire « Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai », Jésus n'a guère confiance en ces déclarations de foi d'un moment. Mais il reste à mes yeux que Jésus connaît par lui-même ce qu'il y a dans l'homme - et je l'ai pris pour moi : qu'est-ce qu'il y a de foi en moi pour toi, Ô Jésus ?
Ce dimanche, j'ai reçu deux nouveaux petits chapelets, construits d'une simple cordelette blanche et de boules de plastique, mais ce petit cadeau m'a causé un vif plaisir, car je vais prier beaucoup ce soir, demain et dans les jours qui viennent.
C'est vraiment le peu qui me vient à l'esprit pour commenter l'Evangile, ce dimanche, et qu'il en soit donc ainsi : le Seigneur manifeste ainsi à ceux et celles qui me liront combien je demeure un homme pauvre e sans grand esprit, mais aussi incapable de tricher (il m'eût été facile de rechercher dans des choses écrites les années précédentes). Je crois sincèrement que le temps n'est guère aux paroles, mais à la prière et je prierai pour toutes les personnes qui ont sollicité ma prière, ainsi que pour celles dont le Seigneur m'inspirera lui-même de prier.
Que tout s'accomplisse comme Tu veux, Ô Jésus, mon Seigneur et mon Dieu !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Evangile de la Passion - Dimanche des Rameaux
De cet Evangile de la Passion, ce que je retiens - car il ne m'est pas possible de donner un commentaire qui rende compte du récit complet, ce sont deux 'moments' qui ont compté particulièrement pour moi :
Le premier concerne la réponse de Jésus à Pilate: "Je suis né et venu dans le monde afin de témoigner de la Vérité; quiconque cherche la Vérité entend ma voix".
Ces mots sont justes et véritables pour tout homme et toute femme en toute époque de l'histoire humaine. Celui et celle qui cherchent la vérité comme un bien absolu, le bien qui permet de comprendre ce qui se passe dans le monde, la raison de nos peines et de nos souffrances, et l'aboutissement final de la destinée humaine,... ceux-là trouvent le Christ. C'est bien la vérité que je cherchais et c'est le Christ que j'ai trouvé - puisque le Christ est la vérité et c'est une vérité qui vit, qui parle et qui me nourrit chaque jour. Durant la semaine sainte, je prierai afin que de nombreux hommes désirent trouver la vérité et qu'ils en ressentent le besoin impérieux et ardent, car, oui, ils trouveront ce qui manque à l'homme et aussi ce qui le comble.
Et le second moment de cette lecture, qui m'atteint profondément, c'est la prière de Jésus au Jardin des Oliviers: "Père, non pas comme je veux, mais comme Toi, Tu veux !" Dans une vision, Jésus dit à sainte Faustine: "L'âme qui peut prononcer ces mots, de tout son coeur et en vérité, atteint au même instant un très haut degré de sainteté !" Pourquoi donc ? Parce que c'est ce que l'orgueilleux n'arrive pas à dire. Celui qui n'est pas sincère dans sa recherche de vérité, ne trouve pas la vérité simplement du fait qu'il se croit supérieur à elle. Mais du moment que nous reconnaissons que par nous-mêmes nous ne saurions nous sauver, nous sommes très proches du Seigneur.
Dieu bénisse tous ceux et toutes celles qui vivront avec sincérité cette semaine intense de notre foi... pour moi elle se prolongera jusqu'au dimanche de la Miséricorde, le premier dimanche après Pâques. A partir de ce jour, je déclare la paix à tous et toutes et que l'on me pardonne si j'ai été excessif dans mes propos ou mes prises de position. Cette semaine, que je ne compte plus rien comme m'appartenant en propre. Je n'ai rien mais que le Seigneur m'ait tout entier comme un serviteur docile.
Le premier concerne la réponse de Jésus à Pilate: "Je suis né et venu dans le monde afin de témoigner de la Vérité; quiconque cherche la Vérité entend ma voix".
Ces mots sont justes et véritables pour tout homme et toute femme en toute époque de l'histoire humaine. Celui et celle qui cherchent la vérité comme un bien absolu, le bien qui permet de comprendre ce qui se passe dans le monde, la raison de nos peines et de nos souffrances, et l'aboutissement final de la destinée humaine,... ceux-là trouvent le Christ. C'est bien la vérité que je cherchais et c'est le Christ que j'ai trouvé - puisque le Christ est la vérité et c'est une vérité qui vit, qui parle et qui me nourrit chaque jour. Durant la semaine sainte, je prierai afin que de nombreux hommes désirent trouver la vérité et qu'ils en ressentent le besoin impérieux et ardent, car, oui, ils trouveront ce qui manque à l'homme et aussi ce qui le comble.
Et le second moment de cette lecture, qui m'atteint profondément, c'est la prière de Jésus au Jardin des Oliviers: "Père, non pas comme je veux, mais comme Toi, Tu veux !" Dans une vision, Jésus dit à sainte Faustine: "L'âme qui peut prononcer ces mots, de tout son coeur et en vérité, atteint au même instant un très haut degré de sainteté !" Pourquoi donc ? Parce que c'est ce que l'orgueilleux n'arrive pas à dire. Celui qui n'est pas sincère dans sa recherche de vérité, ne trouve pas la vérité simplement du fait qu'il se croit supérieur à elle. Mais du moment que nous reconnaissons que par nous-mêmes nous ne saurions nous sauver, nous sommes très proches du Seigneur.
Dieu bénisse tous ceux et toutes celles qui vivront avec sincérité cette semaine intense de notre foi... pour moi elle se prolongera jusqu'au dimanche de la Miséricorde, le premier dimanche après Pâques. A partir de ce jour, je déclare la paix à tous et toutes et que l'on me pardonne si j'ai été excessif dans mes propos ou mes prises de position. Cette semaine, que je ne compte plus rien comme m'appartenant en propre. Je n'ai rien mais que le Seigneur m'ait tout entier comme un serviteur docile.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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