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La peine de mort en question

Publié : ven. 29 mai 2009, 23:08
par Pneumatis
Bonsoir à tous,

Ayant continué un peu la discussion paisiblement en privé avec Popeye, à sa sollicitation, sont arrivées des questions de ma part que malheureusement Popeye ne juge pas digne du débat. Je vais donc les poser ici car leurs réponses sont importantes pour moi et j'espère que l'un d'entre vous pourra me les apporter.

La première question concerne la question de l'infaillibilité. Je voudrais savoir à quoi précisément s'applique le dogme d'infaillibilité, dans la mesure où Popeye appuie son argumentation en grande partie sur le fait que :
1/ Le C.E.C. est défaillant théologiquement (et donc selon lui pas infaillible)
2/ La déclaration Dignitatis Humanae, et avec elle Vatican II, est une "insulte à Dieu" (ce sont ses propres termes). Il ajoute, à propos de l'infaillibilité, je cite : "Non, Dignitatis Humanae n'engage pas la foi. C'est un enseignement faillible en lequel l'Église a failli : c'est une abomination".

Sur ce point, ayant cru jusqu'ici que ces pièces du magistère étaient frappées du sceaux d'infaillibilité, j'avoue que je me retrouve perplexe. Si donc quelques spécialistes de la question veulent bien se pencher là-dessus, je serai preneur.

Pour la suite du débat, nous sommes tombés d'accord assez rapidement, puisque le C.E.C. est clair sur ce point, que dans le principe la peine de mort était légitime. Là où je m'oppose à Popeye et où je sollicite un avis est sur le fait que la légitimation de la peine de mort ne suffit pas à y avoir recours. Selon les contextes et les cas, la peine de mort peut être totalement inefficace. Suivant la logique de Popeye, l'application de la peine de mort doit entrainer :
1/ soit de défense du corps social, des innocents, ...
2/ soit d'expiation de ses fautes par le condamné

Ce sur quoi, j'ai commenté :
- Concernant le 1 : en sa qualité d'experte en humanité, l'Eglise nous enseigne qu'aujourd'hui la légitime défense ne peut plus être vérifiée (cf. la déclaration du Saint Siège au congrès mondial sur la peine de mort). En effet l'expérience montre que l'application de la peine de mort ne résout rien à la criminalité et qu'au contraire elle entraine systématiquement une escalade de la violence.
- Concernant le 2 : en sa qualité de pasteur, par la voix de ses gardiens de la foi que sont les évêques, l'Eglise nous dit que la peine de mort ne permet pas au pécheur de se repentir et de connaitre la miséricorde du Seigneur. En cela, si j'ai bien tout compris, il semble qu'elle contredise Saint Thomas d'Aquin ; lequel, rappelons-le, n'est tout de même pas infaillible et est justement connu pour ses erreurs théologique quant au sort des damnés (voir la question des limbes éternelles, notamment).

Un argument de Popeye pour lequel je sollicite votre expertise est celui selon lequel l'Eglise n'a pas compétence législative et temporelle en matière de bien purement temporelle. Je cite :
Faire une loi sanctionnant tel péché par une peine relève du pouvoir législatif ; appliquer la peine du pouvoir judiciaire. La compétence juridique de l'Église en matière spirituelle ou mixte relève de son pouvoir législatif et judiciaire. Relativement à la peine de mort par laquelle l'État frappe ses propres délinquants, l'Église n'a aucune compétence juridique.
Enfin ma dernière question, puisque Popeye n'y a jamais répondu et qu'il ne souhaite pas y répondre, c'est, indépendamment de toute autre considération : est-ce que le recours à la peine de mort est efficace dans la résolution des problématiques juridiques ? Autrement dit, le Saint Siège a-t-il raison ou bien tort lorsqu'il dénonce des risques d'accroissement de l'injustice et de la criminalité par le recours à la peine de mort ? Et sur quelles études (sociologiques ? historiques ?) se base-t-on pour affirmer l'un ou l'autre ?

Voilà, je vous pose ces questions ici car je n'ai qu'un seul son de cloche, et je suis totalement incompétent dans les questions de "justice", de "droit", etc... Ce n'est pas trop ma tasse de thé, et il semble que je n'ai pas, selon Popeye, le niveau du débat. Pouvez-vous donc m'éclairer s'il vous plait ?

Merci d'avance de votre aide, même si c'est pour argumenter contre ce que je dis : l'important pour moi étant juste de sortir de mon ignorance, et non pas d'avoir raison à tout prix.

PS : La question finale de ce débat, pour moi, étant : peut-on considérer comme possible expression de la foi catholique de prôner un retour de la peine de mort, aujourd'hui et en France ?

Re: Le Parti de la France, un nouveau parti politique

Publié : sam. 30 mai 2009, 4:35
par ledisciple
Pneumatis a écrit :
Merci d'avance de votre aide, même si c'est pour argumenter contre ce que je dis : l'important pour moi étant juste de sortir de mon ignorance, et non pas d'avoir raison à tout prix.
Bonsoir Pneumatis,

Si vous cherchez un acte du magistère frappé du sceau de l'infaillibilité pour la peine de mort vous ne le trouverez pas, et si vous cherchez un acte du magistère frappé du sceau de l'infaillibilité contre la peine de mort vous ne le trouverez pas non plus.

En outre, bien que le caractère d'infaillibilité soit très précisément codifié, il est très difficile en pratique de l'établir, par exemple le "Syllabus" ressort-il du magistère extraordinaire dans sa totalité ou seulement en partie?

Si maintenant vous me demandez si le dernier concile a considérablement infléchi la position traditionnelle dans le sens d'un plus gand respect de la vie du sujet, suivi en cela par la plupart des pasteurs actuels, je ne peux que vous répondre oui. Philosophiquement parlant, la primauté a été accordée à l'être-sujet sur l'être-substance.

Enfin il ne faut pas voir cette absence de critère de décision, comme un manque, mais au contraire comme la condition d'une foi adulte, qui a cessé de chercher derrière chaque ligne le "coup de tampon du patron" pour pouvoir assentir ou dissentir.

Cordialement

Re: Le Parti de la France, un nouveau parti politique

Publié : sam. 30 mai 2009, 15:17
par Pneumatis
Merci ledisciple,

Je suis bien conscient qu'il n'existe aucun document infaillible répondant directement à la question de la peine de mort, sinon le débat (entre catholiques) aurait été largement écourté.

Comme vous l'avez souligné, c'est dans l'intelligence (la foi adulte) que s'aborde cette question, mais néanmoins à la lumière de l'enseignement de la tradition. Quand un débat comme celui-ci devient alors l'occasion de remettre en cause tout un tas de textes du magistère qui jusqu'ici ne posaient pas question, c'est également pour moi l'occasion de préciser les critères de discernement. D'où ma question sur l'infaillibilité, qui venait non pour répondre directement à la question de la peine de mort, mais pour savoir quelles sont les bases élémentaires sur laquelle la raison peut s'appliquer pour nourrir la foi intelligente, sans avoir au préalable à faire remonter le débat aux tous premiers axiomes de la foi chrétienne. J'ai donc été très surpris concernant par exemple Dignitatis Humanae, qui me semblait entrer dans les critères d'infaillibilité.

Merci en tout cas pour votre éclairage, notamment sur cette évolution de l'être substance vers l'être sujet qui me laisse méditatif.

Re: Le Parti de la France, un nouveau parti politique

Publié : sam. 30 mai 2009, 17:03
par Popeye
Pneumatis a écrit :Ayant continué un peu la discussion paisiblement en privé avec Popeye, à sa sollicitation, sont arrivées des questions de ma part que malheureusement Popeye ne juge pas digne du débat.
Cher Monsieur.

Vous m'auriez questionné de manière posée et courtoise, je me serais fais un plaisir et une sollicitude de vous répondre avec tout le détail et l'exactitude dont on me sait capable. Vous avez soudainement préféré vous comporter de manière comminatoire et agressive. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que vous dépassez les bornes à mon endroit. Vous l'avouez vous même : « comme cela m'arrive trop souvent je sens un certain malaise consécutif à une de mes interventions agressive et péremptoire ». Libre donc à vous d'agir comme comme vous le faites, mais ne venez pas ensuite vous plaindre qu'on vous laisse à vous-même. Vos mauvaises manières, votre agressivité discourtoise, appellent à être corrigées. Quand donc vous serez devenu tempérant, la discussion pourra reprendre. En attendant, je ne perdrais pas mon temps en mauvaise compagnie : est-ce moi qui aie besoin qu'on l'instruise ? Et donc, la prochaine fois que vous solliciterez un avis, réfléchissez avant d'écrire et demandez-le poliment. Je ne me serais certes pas permis de vous dire publiquement ceci, si vous n'aviez jugé bon d'avertir le public d'une correspondance privée et en travestissant les faits.

Serviteur.

Re: Le Parti de la France, un nouveau parti politique

Publié : mar. 02 juin 2009, 17:25
par Pneumatis
Quel culot !!! Vous vous moquez de moi, je pense ! Voudriez-vous citer, je vous en prie quelques phrases de mon cru que je vous aurai dit en privé qui auraient été "comminatoire et agressive" (j'aurai encore appris un nouveau mot, c'est super :clap: ). Je suis curieux de savoir de quels propos il s'agit. Parce que là vous citez quand même une de mes phrases sur un autre fil de discussion, qui n'a rien à voir et sortie de son contexte.

Deuxième requête : voudriez-vous ensuite, s'il vous plait, relire vos propres textes avec la même grille de lecture que celle que vous appliquez à mes propos ?

Enfin, si vous le désirez, et avec l'accord de la modération, nous pourrions faire profiter de nos fructueux échanges privés sur la peine de mort aux autres lecteurs : je peux recoller l'ensemble de notre correspondance privée ici même, j'y assume parfaitement mes propos, lesquels seront appréciés par les lecteurs, en terme d'agressivité, à leur juste valeur je pense. C'est comme vous voulez. Vous n'avez qu'à me dire : il n'y a rien qui soit hors débat dans ce que nous avons échangé, donc ça peut coller parfaitement.
Popeye a écrit :est-ce moi qui aie besoin qu'on l'instruise ?
Et bien, cette question en dit long ! Je ne vous ferai pas l'affront d'une réponse, je vous laisse deviner. Quelque chose me laisse soudain penser que vous auriez interprété mes divergences d'opinion comme les critiques de l'élève rebelle envers son professeur... Mais vous n'êtes pas mon professeur cher Monsieur, et vous pouvez donc librement considérer mes réfutations pour ce qu'elles sont sans vous laisser troubler par une trahison fictive d'une hiérarchie que vous auriez vous-même instauré. Enfin quoi, vous pensiez que parce que je vous posais des questions j'allais nécessairement être d'accord avec vos réponses ?
Popeye a écrit :Et donc, la prochaine fois que vous solliciterez un avis, réfléchissez avant d'écrire et demandez-le poliment. Je ne me serais certes pas permis de vous dire publiquement ceci, si vous n'aviez jugé bon d'avertir le public d'une correspondance privée et en travestissant les faits.
Mais vous avez très bien fait : j'en profite donc pour réitérer ma proposition. Faisons profiter tout le monde de nos échanges, et nous pourrons apprécier du même coup qui travesti les faits. J'attends votre "go" pour cela, aucun problème : je reste à votre disposition.

Re: Le Parti de la France, un nouveau parti politique

Publié : jeu. 04 juin 2009, 8:45
par Popeye
Pneumatis a écrit : Mais vous avez très bien fait : j'en profite donc pour réitérer ma proposition. Faisons profiter tout le monde de nos échanges, et nous pourrons apprécier du même coup qui travesti les faits. J'attends votre "go" pour cela, aucun problème : je reste à votre disposition.
Soit.

Re: Le Parti de la France, un nouveau parti politique

Publié : jeu. 04 juin 2009, 10:15
par Pneumatis
Message privé de Popeye à Pneumatis du Lun 25 Mai, 2009 9:18 :

Bonjour Pneumatis.

Je vous ai déjà, en réponse à votre avant-dernier message, posté deux envois qui furent censurés par Seb. Sur ce forum, Sébastien ayant manifestement le sens de la hiérarchie, on peut (on doit ?) légitimer les injures faites à Dieu lorsqu'elle émanent d'un Pape ; on peut bien plus difficilement dénoncer un Pape scandaleux ; on ne peut aucunement se moquer d'un modérateur.

Je résume donc.

1) Le Pape Jean Paul II fut à mes yeux l'un des pires Papes qu'aie connu l'Église. Il multiplia les insultes à Dieu. Car contrairement à ce que voudrait laisser croire ceux tentant de justifier l'injustifiable, préférant à l'honneur de Dieu l'honneur perdu du dernier pontife, par quoi ils subvertissent l'ordre et donc sont idolatres, embrasser la Coran est un acte de vénération. Ce n'était d'ailleurs pas un acte isolé. Les extravagances wojtyliennes sont légion. Des livres entiers en sont remplis, pour les dénoncer.

2) Quand à l'accusation de sédévacantisme portée par Seb à mon endroit, malhonnête et intelligente. Je n'en suis pas, étant tout au contraire un de leur pire ennemis, allant jusqu'à démonter leur argumentaire dans le détail pour en montrer l'inanité.
- À ce sujet, j'ignore quelles sont vos lectures, mais la thèse maximaliste que vous défendez est insoutenable : le Pape N'EST PAS infaillible dans son magistère simplement ordinaire, et j'aimerais savoir de quel texte de Pie IX vous vous revendiquez. J'espère pour vous que ce n'est pas une de ces citations tronquées dont usent les sédévacs (car il n'y a aujourd'hui qu'eux pour soutenir l'inerrance du pontife romain en son magistère simplement ordinaire). À titre personnel, je ne suis ni maximaliste, ni surmaximaliste (allant jusqu'à étendre l'infaillibilité au Pape parlant comme docteur privé), ni, en sens contraire, minimaliste (restreignant l'infaillibilité aux seules définitions ex cathedra), mais médianéiste (reconnaissant l'infaillibilité en tout acte décisif - au sens technique du mot). En d'autres termes, je ne suis ni sédévacantiste ni sédéprivatiste.
- Et non, l'état actuel du droit, ni celui de 1917, ne permet ni ne permettait la déposition du fait même d'un Pape hérétique. Je n'ai d'ailleurs pas écrit qu'il était hérétique mais scandaleux et suspect d'hérésie. Mais puisque je ne pourrais développer sur ce forum, étant certain d'être censuré par un modérateur fanatiquement wojtydule, je posterais sur mon blog.

3) Bien évidemment, Thomas n'est pas infaillible. Il m'arrive même de contester des points centraux de sa théologie. Reste qu'il est l'auteur que l'Église nous fait un devoir de connaître. Vos objections sont donc, à ce sujet, pernitentes, mais seulement en tant qu'elles restent dans la généralité. Car, dans le problème lié à la peine de mort, l'Église enseigne que celle-ci est légitime dans son principe. L'Église, pas l'un de ses Docteurs, fût-il le plus grand. Puis donc la peine de mort est légitime dans son principe, comme le rappelle opportunément CEC 2267 (encore que la double condition qu'il y ajoute ne laisse pas d'être contestable), tout argument scripturaire tendant à démontrer qu'elle serait de soi illégitime est assuré d'être un sophisme. Thomas y ayant répondu, il suffisait d'aller y voir pour répondre aux objections tirées d'Ézékiel et de la femme adultère.

4) Quant à la politique carcérale. L'Église n'a aucune compétence en matière de bien purement temporel. Ses incitations ne peuvent donc s'imposer à la consciences des princes catholiques. De sorte que, devant l'urgence de la situation carcérale, on peut réfléchir sans tenir compte des avis de la puissance ecclésiastique qui, ici, outrepasse son pouvoir. De plus, la situation n'est pas seulement carcérale. Elle tient dans l'explosion massive de la délinquance, liée au sentiment d'impunité qui s'est développé durant des décennies à raison d'un laxisme judiciaire éhonté. Ce dont il est question, c'est du bien commun. Je suis partisan d'exécuter en masse. Sachez que cela n'a rien de contraire au Catholicisme. C'est juste contraire aux moeurs décadentes des européens d'aujourd'hui.

5) Quant à savoir si CEC aurait pu montrer une vue appuyant plus clairement l'application de la peine de mort. Bien évidemment, oui. Pourquoi lors ne l'a-t-elle pas fait ? À mon avis, pour deux raisons. D'une, la décadence théologique frappant le clergé catholique depuis Vatican II. De deux, la décadence théologique frappant le clergé catholique depuis Vatican II. Je veux dire :
- D'une, cette propension détestable qui se fait jour de nier ou de passer sous silence tout ce qui concerne la redoutable justice vindicative de Dieu. Nous sommes ici dans l'erreur diamétralement contraire au jansénisme. Le jansénisme majorait tant la justice que la miséricorde ni trouvait plus son compte. Le néomiséricordisme (un néologisme de mon cru) majore la miséricorde au point d'oublier la justice. La vérité est dans le juste milieu : justice et miséricorde.
- De deux, Dignitatis humanae, et les conséquences funestes qu'on en tire.




Cordialement.

Re: Le Parti de la France, un nouveau parti politique

Publié : jeu. 04 juin 2009, 10:16
par Pneumatis
Message privé de Pneumatis à Popeye du Lun 25 Mai, 2009 12:45 :

Bonjour Popeye et merci pour ce message,

J'avais commencé, en début de matinée, à vous rédiger une réponse pratiquement parvenue à son terme et que j'ai lamentablement perdu... par flemme je risque donc d'être un peu plus succinct que prévu.

1) Pour ce point j'avais commencé à vous répondre ce qui ressemble à la réponse de Raistlin, du moins son dernier point. Il me semble que la prudence dans ce genre de jugement est d'autant plus requise lorsque ledit jugement se prête à subjectivité : embrasser peut être un acte de vénération, encore faudrait-il que ce fait soit objectif et universel d'une part, et qu'il soit connu et voulu comme tel par Jean-Paul II d'autre part ; les deux conditions étant substitutives l'une de l'autre à la limite. Pour les autres accusations, si elles sont du même ordre il faut évidemment y appliquer la même prudence, il me semble, et ne pas projeter notre "point de vue" sur ce qui fonde les actes d'un autre quand ce point de vue ne peut prétendre à l'universalité, ou au moins à être partagé de manière avouée par l'autre en question.

2) Pour ce qui est du sédévacantisme, je suis rassuré par votre position qui, si je l'ai bien comprise est aussi la mienne. La citation de Pie IX m'a surpris, peut-être même plus que vous qui semblez déjà connaitre cette démagogie sédévacantiste, et il faudra donc que j'en vérifie les sources. Mais elle m'est effectivement apparue comme contraire à ce que j'avais appris du dogme de l'infaillibilité. Sachant bien par ailleurs toute mon ignorance face à ces questions pointues, je me suis permis de vous la soumettre.

3) Ma remarque sur la non-infaillibilité de St Thomas par rapport aux propos des évêques, ne concernait pas la légitimation de la peine de mort, puisque nous avons vu par ailleurs que le C.E.C. suffisait sur ce point. Il s'agissait bien de l'application du principe, pour lequel il me semble que, si l'Eglise n'a pas compétence, comme vous le dites, il me semble que St Thomas soit encore plus inadapté à nous donner référence sur ce sujet, il faut être cohérent dans la démarche ! Lorsqu'il s'agit d'application temporelle, on peut considérer facilement que les vues du saint seront de toute façon périmées, à moins de considérer au préalable que l'Eglise a compétence en la matière. D'ailleurs, l'argument de la femme adultère ne va pas contra la légitimité de la peine de mort mais conduit nécessairement à une réflexion sur son application. Ici donc, si on estime que les vues de St Thomas sont pertinentes en matière de justice temporelle, combien doit-on être à l'écoute de l'Eglise vivante aujourd'hui et dont la fonction est de paitre les brebis.

4) Je viens de répondre sur ce point. J'ajoute qu'il m'apparait dangereux le divorce entre un vécu mondain dont la source serait purement immanente, et une destinée éternelle révélée, éclairée par notre pasteur qu'est l'Eglise. Car soyons clair : si justement l'Eglise n'avait qu'à se prononcer sur la légitimité des principes, alors l'accompagnement spirituel pourrait être à loisir remplacé par une bonne et saine étude des textes. Il adviendrait que chacun serait capable d'effectuer son propre discernement dans son vécu mondain, qui est l'application des principes dont l'Eglise nous enseigne qu'ils sont légitime. Si au contraire on reconnait que le discernement par l'Eglise dans l'application des principes est nécessaire, tout comme est nécessaire d'avoir au moins 2 témoins pour valider un témoignage, alors on doit reconnaitre qu'il est bon d'entendre l'avis de l'Eglise dans le choix de nos orientations politiques.

Cet avis, comme celui d'études assez sérieuses par ailleurs, tend d'ailleurs à montrer qu'une justice qui s'appliquerait à la peine de mort, ne résout rien de ses problèmes. Certes le sentiment d'impunité y est peut-être fortement diminué, mais il est compensé par un exemple de violence et une dévalorisation par la justice elle-même de la vie humaine, au moins dans l'inconscient collectif. A quoi s'ajoute le principe du oeil pour oeil pour lequel il me semble que nombre d'études psycho-sociale on montré le phénomène d'escalade qu'ils engendraient au lieu de l'équité qu'on pourrait en attendre si les relations sociales fonctionnaient sur la base de règles mathématiques toutes simples. Bref, faire aujourd'hui cohabiter condamnation du meurtre (de l'innocent) et peine de mort (du coupable), c'est comme ces parents qui éduquent leurs enfants en disant : "faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais". Et vous pourrez produire toutes les analyses philosophique distinguant bien la peine de mort du meurtre, et donc la légitimité de la peine, vous n'enlèverez pas des esprits ce rapport d'égalité, à moins de préalablement replacer l'instrument judiciaire dans une rapport de transcendance avec la société, rapport qui ne peut exister que dans l'acceptation générale d'un pouvoir de droit divin. Car pour distinguer absolument l'innocent du coupable (au point d'avoir droit légitime sur la vie) il faut en avoir l'absolue autorité, c'est-à-dire une autorité qui dépasse la somme des individus (elle ne peut être sur le même plan) et donc a fortiori incompatible avec une démocratie par laquelle aujourd'hui seule une petite majorité reconnait, dans le meilleur des cas, la légitime autorité de l'Etat.

Voilà donc à moins d'une refonte totale, je ne vois pas comment on peut prétendre à voir la peine de mort comme une solution au problème de la justice. Et encore cette refonte structurelle et même logique de la société doit nécessairement être préalable, et non pas soumise à l'application de cette justice que vous voulez. La refonte ne suppose pas qu'on remette la peine de mort en application, mais pourrait éventuellement, si elle allait dans ce sens, le permettre, à revenir préalablement, par exemple, à une monarchie de droit divin ou je ne sais quel empire théocratique.

5) Du coup je ne comprends pas : l'Eglise n'a pas compétence pour se prononcer sur l'application d'un principe de justice temporelle, et pourtant vous semblez regretter que le C.E.C. ne se prononce pas clairement sur ce point ? Qu'elle différence faites-vous donc, que je ne comprends pas ici, entre une Eglise qui se prononce quotidiennement en faveur de l'abrogation de la peine de mort, et un C.E.C. qui aurait du se prononcer plus clairement en sens contraire ? Les 2 ne sont-ils pas d'Eglise ? Cela donne ici l'impression que n'a compétence pour s'exprimer que celui qui irait dans le sens de vos positions, et que toute autre position est de facto invalidée a priori.

Sur votre remarque à propos de Dignitatis humanae, du coup je m'interroge sur le sens que vous donnez à l'infaillibilité dont vous parlez au début de votre message : car ici, il s'agit bel et bien d'un document auquel s'applique le dogme de l'infaillibilité, non ? Du moins c'est comme tel qu'il est émis par l'Eglise il me semble. Voilà donc que j'ai du mal à comprendre qu'un document inspiré par Dieu soit d'une facture qualifiée de "décadente". Je ne comprends pas, soit à quoi vous considérez qu'on doive appliquer l'infaillibilité, soit ce qu'implique votre notion de décadence théologique quand elle s'applique à une œuvre inspirée.

Voilà, finalement je n'ai pas été plus synthétique, mais j'ai la flemme de me relire. La perte sera peut-être donc moins dans la quantité que dans la qualité, désolé. Vous souhaitant bonne réception et bonne lecture.

Fraternellement,
Pneumatis

Re: Le Parti de la France, un nouveau parti politique

Publié : jeu. 04 juin 2009, 10:16
par Pneumatis
Message privé de Popeye à Pneumatis du Ven 29 Mai, 2009 12:04 :

Bonjour Pneumatis.



1) Pour ce point j'avais commencé à vous répondre ce qui ressemble à la réponse de Raistlin, du moins son dernier point. Il me semble que la prudence dans ce genre de jugement est d'autant plus requise lorsque ledit jugement se prête à subjectivité : embrasser peut être un acte de vénération, encore faudrait-il que ce fait soit objectif et universel d'une part, et qu'il soit connu et voulu comme tel par Jean-Paul II d'autre part ; les deux conditions étant substitutives l'une de l'autre à la limite. Pour les autres accusations, si elles sont du même ordre il faut évidemment y appliquer la même prudence, il me semble, et ne pas projeter notre "point de vue" sur ce qui fonde les actes d'un autre quand ce point de vue ne peut prétendre à l'universalité, ou au moins à être partagé de manière avouée par l'autre en question.
Non. Quelques aient été les motifs subjectifs de JP2, embrasser le Coran est objectivement un acte de vénération, donc une violation objective de la vertu de religion. C'est comme manger la viande consacrée aux idolythes (1 Co 8-10). Et cet acte s'inscrit dans une suite d'actes scandaleux.


3) Ma remarque sur la non-infaillibilité de St Thomas par rapport aux propos des évêques, ne concernait pas la légitimation de la peine de mort, puisque nous avons vu par ailleurs que le C.E.C. suffisait sur ce point. Il s'agissait bien de l'application du principe, pour lequel il me semble que, si l'Eglise n'a pas compétence, comme vous le dites, il me semble que St Thomas soit encore plus inadapté à nous donner référence sur ce sujet, il faut être cohérent dans la démarche ! Lorsqu'il s'agit d'application temporelle, on peut considérer facilement que les vues du saint seront de toute façon périmées, à moins de considérer au préalable que l'Eglise a compétence en la matière. D'ailleurs, l'argument de la femme adultère ne va pas contra la légitimité de la peine de mort mais conduit nécessairement à une réflexion sur son application. Ici donc, si on estime que les vues de St Thomas sont pertinentes en matière de justice temporelle, combien doit-on être à l'écoute de l'Eglise vivante aujourd'hui et dont la fonction est de paitre les brebis.
Que l'Église n'ait pas compétence juridique (législative et judiciaire) en matière purement temporelle n'exclut pas qu'elle ait compétence juridique en matière spirituelle et mixte. C'est à raison de sa compétence juridique qu'elle peut sanctionner le péché d'adultère : en tant qu'il est un péché. Plus exactement, sanctionner ceux qui sont soumis à sa juridiction, savoir tous ceux qui ont été baptisés dans la foi catholique, eussent-ils apostasiés.

La première question est de savoir qui et quoi l'Église peut punir. Réponse : « Indépendamment de toute autorité humaine, l'Eglise a le droit, propre et inhérent à sa nature, de frapper ses sujets délinquants de peines soit spirituelles soit même temporelles. » CIC 1917, canon 2214. Par « ses sujets délinquants » il faut entendre des personnes soumises à la juridiction de l'Église à raison :
- 1) De leur appartenance à l'Église par le baptême ; par où se répond à la question du « qui ».
- 2) De la compétence juridique de l'Église en matière spirituelle et mixte (cf. Léon XIII, Encyclique Immortale Dei) ; par où se répond à la question du « quoi ».

La seconde question est de savoir de quelles peines l'Église peut punir ses délinquants. Réponse : « de peines soit spirituelles soit même temporelles ». La peine de mort est une peine temporelle. Comme peines temporelles, outre la mort, la torture, l'esclavage, la prison (création ecclésiale), l'amende, la marque d'infamie ... Certains théologiens contestent que l'Église puisse directement mettre à mort, d'autres qu'elle le puisse même indirectement. Est impossible qu'elle ne le puisse pas indirectement, l'ayant fait en conséquence de lois générales, en remettant les hérétiques au bras séculier pour qu'il les brûle.

Ceci dit, la compétence juridique n'est qu'une des facettes du pouvoir de l'Église. L'Église a deux pouvoirs.
- Un pouvoir d'ordre, par lequel les évêques et les prêtres peuvent administrer les sacrements en agissant « en la personne du Christ-tête ».
- Un pouvoir de juridiction, lequel est quadruple : pouvoir exécutif, législatif, judiciaire, magistériel.

Faire une loi sanctionnant tel péché par une peine relève du pouvoir législatif ; appliquer la peine du pouvoir judiciaire. La compétence juridique de l'Église en matière spirituelle ou mixte relève de son pouvoir législatif et judiciaire. Relativement à la peine de mort par laquelle l'État frappe ses propres délinquants, l'Église n'a aucune compétence juridique.

Mais là où l'Église n'a pas compétence juridique (= compétence législative et judiciaire), elle peut avoir compétence magistérielle. Ainsi, lorsque l'Église dit qu'en matière purement temporelle, matière qui est de la compétence juridique (législative et judiciaire) exclusive de l'État, l'État peut légitimement punir de mort, elle ne fait que dire ce qui est juste et injuste au regard de la loi de Dieu, en affirmant que la peine de mort n'est pas contradictoire à la prohibition du meurtre de l'innocent, prohibition affirmée au Décalogue. La chose est d'importance puisque l'État doit respecter la loi de Dieu. En affirmant que cette peine de mort ne contredit pas la loi naturelle, l'Église est dans son rôle. Ce faisant, elle ne fait qu'user de son pouvoir magistériel ; elle n'empiète pas sur la compétence juridique (législative et judiciaire) propre à l'État, ce alors même qu'elle parle au sujet d'une compétence propre à l'État. Non que punir de mort soit propre à l'État, mais punir les délinquants relevant de la juridiction de l'État pour des crimes relevant de sa compétence propre. Par exemple, l'Église peut dire que l'homme, animal social, doit fidélité à sa famille et sa patrie ; que trahir est un mal. Reste que si trahir l'Église concerne la compétence juridique de l'Église, trahir la société civile et l'État relève de la compétence juridique de l'État. L'Église peut donc dire, en vertu de son pouvoir magistériel, que la trahison doit être punie ; il ne lui appartient pourtant pas de déterminer de quelles peines seront punis ceux qui trahissent la patrie. Il en va de même quant à la peine de mort. L'Église peut dire si oui ou non l'adultère peut être puni de mort. L'Église peut notamment dire que l'épisode évangélique de la femme adultère ne s'oppose pas à la légitimité de principe d'une peine de mort contre les adultères, en faisant remarquer que Jésus ne fait qu'enseigner ceci : Que la pécheresse soit punie, mais non point par les pécheurs. Et l'Église peut le dire par la voix de ses Docteurs : S.Augustin, S.Grégoire le grand, S.Thomas d'Aquin.

Et de la même manière que l'Église peut, usant de son pouvoir magistériel, déterminer la légitimité d'une peine relevant de la seule compétence de la juridiction civile (vs. ecclésiastique), elle peut déterminer à quelles circonstances de droit précises le principe est légitime. Par circonstances de droit, j'entends celles nécessaires à la légitimité du principe. Par exemple, la légitime défense n'est légitime que pour autant que la défense soit proportionnée à l'attaque. Ce n'est que pour autant que la défense est proportionnée à l'attaque qu'elle est légitime = que le principe de légitime défense est conforme au droit naturel. On comprend donc que si l'Église a le pouvoir magistériel de dire le droit naturel, elle a du fait même le pouvoir de dire et le principe, savoir que tel acte est bon ou mauvais, et les circonstances de droit relatives à la moralité de cet acte, c'est-à-dire les circonstances qui conditionnent la moralité de l'acte. Ainsi, le principe juridique est qu'il est légitime de se défendre, pour autant seulement que la défense ne soit pas disproportionnée. Puis donc la proportion est affaire de circonstance, selon ce que sera la violence et la dangerosité de l'attaque, c'est bien d'une circonstance dont il s'agit ici. Mais c'est une circonstance de droit, puisque nous ne sommes pas en train de raisonner sur un cas concret pour en chercher la bonté ou la malice, mais sur le droit lui-même, en disant à quelles conditions ou circonstances le principe qu'il est légitime de se défendre reste légitime. Quant aux peines prononcées par l'autorité légitime, elles ne sont pas seulement des mesures de protection ou de légitime défense du corps social ; elles sont d'abord des châtiments visant à l'affliction du coupable et à l'expiation, comme il fut précédemment démontré. Relativement à la peine de mort, le pouvoir magistériel de l'Église s'étend jusqu'aux circonstances de droit. Reste pourtant qu'en usant de son pouvoir magistériel, l'Église peut faillir. Auquel cas, bien évidemment, les fidèles sont tenus de dissentir à l'enseignement, nul n'ayant à adhérer à une erreur. C'est ainsi que CEC 2267 pose deux circonstances de droit relativement à la légitimité de la peine de mort. Est enseigné que l'État ne doit user de la peine de mort que seulement : - 1° « quand l'identité et la responsabilité du coupable sont pleinement vérifiés » ; - 2° « si celle-ci est l'unique moyen praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie d’êtres humains ». Or, quant à la première circonstance de droit, a été démontré que la première condition ne s'impose pas ; qu'il suffit au regard du droit naturel que l'identité et la responsabilité du coupable soient suffisamment justifiés, et qu'à le nier, on doit aller jusqu'à nier la sainteté de l'Église. Quant à la seconde circonstance, a été démontré qu'elle niait la finalité principale de la peine vindicative, contredisant ainsi jusqu'à l'article précédent du CEC (CEC 2266). Ce qui revient à dire qu'aucune des deux circonstances de droit qu'énonce CEC 2267 n'est véritablement telle. En d'autres termes, en CEC 2267, le Magistère s'est fourvoyé et a égaré les fidèles. Il n'y a pas lieu de s'en étonner. De soi, CEC n'engage pas l'infaillibilité. Ne lui est donc pas dû l'assentiment de foi, qu'un fidèle ne peut jamais refuser, mais seulement un assentiment religieux et prudent. Puis donc la présomption est en faveur du Magistère, il y a lieu d'assentir sauf à démontrer l'impossibilité d'assentir. Cette règle est classique. Ayant démontré le caractère erroné de CEC 2267 relativement aux deux circonstances de droit qu'il édicte, est démontré du fait même l'impossibilité d'y assentir. Ce faisant n'est pas nié le pouvoir magistériel de l'Église relativement à la détermination de la légitimité d'une peine relevant de la seule compétence de la juridiction civile (vs. ecclésiastique), ni n'est nié le pouvoir magistériel de l'Église relativement à la détermination précise des circonstances de droit rendant le principe légitime ; il est seulement rappelé les limites du pouvoir magistériel, lequel ne peut exiger l'assentiment de l'intelligence et de la volonté à ses enseignements erronés.

Quant aux circonstances de fait, elles sont celles qui résultent du cas d'espèce. La seule question est de savoir si elles sont conformes aux circonstances de droit. Relativement à l'actualité de la peine de mort, les circonstances de fait sont envisagées au troisième paragraphe de CEC 2267. Le texte du CEC 2267 ne laisse pas d'être clair. « Mais si », « aujourd'hui », « désormais » et « étant données les possibilités dont l’Etat dispose » sont précisément des circonstances de fait liées au contexte. Or l'appréciation et la détermination de ces moyens ressort de la seule compétence de l'État. C'est à l'État et à lui seul qu'il appartient de dire quels sont les moyens dont il dispose et comment il entend en disposer. Les deniers de l'État sont de la seule compétence de l'État. À propos de moyen, je ne peux que répéter ce que j'ai déjà écrit : l'État français n'a plus les moyens de sa politique carcérale. Et je doute que certains pays du tiers monde les aient jamais eu. En d'autres termes, dans la glose de la proposition : « si celle-ci est l'unique moyen praticable pour protéger efficacement de l'injuste agresseur la vie d'êtres humains », tout tourne autour du moyen praticable. Je ne nie pas qu'enfermer le criminel soit un moyen efficace de l'empêcher de nuire. J'affirme seulement que ce moyen n'est pas aujourd'hui praticable au regard des moyens financiers de l'État. Et accessoirement, je vous fais respectueusement valoir que la détermination des moyens financiers d'un État surendetté n'est pas de la compétence de l'Église mais de la compétence exclusive de l'État, raison pourquoi l'Église n'a pas à s'en mêler. Et c'est pourquoi, quant aux circonstances de fait, les rédacteurs du CEC - et donc Jean-Paul 2 - ont empiété sur leS compétences exclusives de l'État, nouvelle preuve de la mauvaise facture théologique de CEC 2267. Ce n'est d'ailleurs pas le seul article défectueux du Catéchisme : celui sur les Limbes est particulièrement gratiné.

4) Je viens de répondre sur ce point. J'ajoute qu'il m'apparait dangereux le divorce entre un vécu mondain dont la source serait purement immanente, et une destinée éternelle révélée, éclairée par notre pasteur qu'est l'Eglise. Car soyons clair : si justement l'Eglise n'avait qu'à se prononcer sur la légitimité des principes, alors l'accompagnement spirituel pourrait être à loisir remplacé par une bonne et saine étude des textes. Il adviendrait que chacun serait capable d'effectuer son propre discernement dans son vécu mondain, qui est l'application des principes dont l'Eglise nous enseigne qu'ils sont légitime. Si au contraire on reconnait que le discernement par l'Eglise dans l'application des principes est nécessaire, tout comme est nécessaire d'avoir au moins 2 témoins pour valider un témoignage, alors on doit reconnaitre qu'il est bon d'entendre l'avis de l'Eglise dans le choix de nos orientations politiques.
Soyons clairs : nous n'avons pas à écouter l'Église quand l'Église dit des conneries. Et ce n'est pas prêcher le libre-examen que de soumettre le magistère simplement ordinaire au contrôle de la foi et de la raison. Quand l'Église outrepasse ses compétences, ou qu'en usant elle en use mal, il suffit de démontrer que l'Église a outrepassé ou mésusé.

Cet avis, comme celui d'études assez sérieuses par ailleurs, tend d'ailleurs à montrer qu'une justice qui s'appliquerait à la peine de mort, ne résout rien de ses problèmes. Certes le sentiment d'impunité y est peut-être fortement diminué, mais il est compensé par un exemple de violence et une dévalorisation par la justice elle-même de la vie humaine, au moins dans l'inconscient collectif. A quoi s'ajoute le principe du oeil pour oeil pour lequel il me semble que nombre d'études psycho-sociale on montré le phénomène d'escalade qu'ils engendraient au lieu de l'équité qu'on pourrait en attendre si les relations sociales fonctionnaient sur la base de règles mathématiques toutes simples. Bref, faire aujourd'hui cohabiter condamnation du meurtre (de l'innocent) et peine de mort (du coupable), c'est comme ces parents qui éduquent leurs enfants en disant : "faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais". Et vous pourrez produire toutes les analyses philosophique distinguant bien la peine de mort du meurtre, et donc la légitimité de la peine, vous n'enlèverez pas des esprits ce rapport d'égalité, à moins de préalablement replacer l'instrument judiciaire dans une rapport de transcendance avec la société, rapport qui ne peut exister que dans l'acceptation générale d'un pouvoir de droit divin. Car pour distinguer absolument l'innocent du coupable (au point d'avoir droit légitime sur la vie) il faut en avoir l'absolue autorité, c'est-à-dire une autorité qui dépasse la somme des individus (elle ne peut être sur le même plan) et donc a fortiori incompatible avec une démocratie par laquelle aujourd'hui seule une petite majorité reconnait, dans le meilleur des cas, la légitime autorité de l'Etat.
D'une, pour juger, il suffit de l'intime conviction. À défaut, aucune justice pénale ne pourrait être rendue par les tribunaux humains. Point n'est besoin d'une royauté de droit divin, point n'est besoin du sacre : le droit naturel suffit.

De deux, cette question ne me concerne pas en tant que catholique mais en tant que citoyen. Non que je sois de ceux voulant restreindre le théologique à la sphère privé. J'affirme que le politique à à se soumettre, en matière spirituelle et mixte, au théologique. Mais parce qu'ici la matière est purement temporelle, donc n'est pas du ressort de l'Église.

De trois, je suis hostile à la laïcité et hostile à la démocratie, pour des raisons théologiques. Je pense que la laïcité - et donc Vatican II, Dignitatis Humanae - est une insulte à Dieu ; que la démocratie n'est valable qu'à condition que le peuple soit vertueux.


Voilà donc à moins d'une refonte totale, je ne vois pas comment on peut prétendre à voir la peine de mort comme une solution au problème de la justice. Et encore cette refonte structurelle et même logique de la société doit nécessairement être préalable, et non pas soumise à l'application de cette justice que vous voulez. La refonte ne suppose pas qu'on remette la peine de mort en application, mais pourrait éventuellement, si elle allait dans ce sens, le permettre, à revenir préalablement, par exemple, à une monarchie de droit divin ou je ne sais quel empire théocratique.
D'une, je suis partisan d'une république théocratique autoritaire et catholique.

De deux, point n'est besoin que le régime soit théocratique pour que la peine de mort soit légitime : vous délirez complètement.

5) Du coup je ne comprends pas : l'Eglise n'a pas compétence pour se prononcer sur l'application d'un principe de justice temporelle, et pourtant vous semblez regretter que le C.E.C. ne se prononce pas clairement sur ce point ? Qu'elle différence faites-vous donc, que je ne comprends pas ici, entre une Eglise qui se prononce quotidiennement en faveur de l'abrogation de la peine de mort, et un C.E.C. qui aurait du se prononcer plus clairement en sens contraire ? Les 2 ne sont-ils pas d'Eglise ? Cela donne ici l'impression que n'a compétence pour s'exprimer que celui qui irait dans le sens de vos positions, et que toute autre position est de facto invalidée a priori.
- 1° L'Église n'a pas compétence juridique (législative et judiciaire) en matière purement temporelle.

- 2° L'Église peut, usant de son pouvoir magistériel, déterminer la légitimité d'une peine relevant de la seule compétence de la juridiction civile (vs. ecclésiastique). Elle peut encore déterminer à quelles circonstances de droit précises le principe est légitime.

- 3° Quant aux circonstances de fait, l'Église peut seulement dire si elles s'accordent où s'opposent aux circonstances de droit. Or les circonstances de droit ne sont aucunement celles énoncées par CEC 2267 puisque d'une, il suffit que l'identité et la responsabilité du coupable soient SUFFISAMMENT établies, autant qu'il est au pouvoir d'un juste juge : suffisamment, pas pleinement ; de deux, la finalité principale de la peine de mort n'est pas la protection du groupe social. Par conséquence, le troisième paragraphe de CEC 2267, celui où précisément les rédacteurs du Catéchisme envisagent les circonstances de fait à l'aune de la fausse doctrine des deux premiers paragraphes, ne vaut rien. Pire, il aboutit à cette conséquence d'empiéter sur les compétences propres de l'État.

Sur votre remarque à propos de Dignitatis humanae, du coup je m'interroge sur le sens que vous donnez à l'infaillibilité dont vous parlez au début de votre message : car ici, il s'agit bel et bien d'un document auquel s'applique le dogme de l'infaillibilité, non ? Du moins c'est comme tel qu'il est émis par l'Eglise il me semble. Voilà donc que j'ai du mal à comprendre qu'un document inspiré par Dieu soit d'une facture qualifiée de "décadente". Je ne comprends pas, soit à quoi vous considérez qu'on doive appliquer l'infaillibilité, soit ce qu'implique votre notion de décadence théologique quand elle s'applique à une œuvre inspirée.
Non, Dignitatis Humanae n'engage pas la foi. C'est un enseignement faillible en lequel l'Église a failli : c'est une abomination.


:capone:

Re: Le Parti de la France, un nouveau parti politique

Publié : jeu. 04 juin 2009, 10:17
par Pneumatis
Message privé de Pneumatis à Popeye du Ven 29 Mai, 2009 13:13 :

Bonjour Popeye,
Non. Quelques aient été les motifs subjectifs de JP2, embrasser le Coran est objectivement un acte de vénération, donc une violation objective de la vertu de religion. C'est comme manger la viande consacrée aux idolythes (1 Co 8-10). Et cet acte s'inscrit dans une suite d'actes scandaleux.
Mais d'où est-ce que vous pouvez affirmer ce qui est objectivement un acte de vénération ou pas ? Avez-vous lu mon message dans le fil concerné, concernant ce point ? Ce n'est pas parce que vous le dite ou que vous le voulez que c'est objectif : c'est le point de vue de Popeye, et cela n'a aucune base ni rationnelle ni révélée, donc aucun caractère d'objectivité. A moins que vous ayez d'autres éléments, je me vois dans l'obligation de raisonnablement ne pas considérer votre point de vue sur ce sujet comme la vérité révélée.

Ensuite je voudrais, pour mieux comprendre vos positions, savoir sur quoi vous fondez vos critères d'infaillibilité, ceux-là même qui vous permettent de considérer le C.E.C. comme défaillant et de même Dignitatis Humanae. Car si ces éléments émanant officiellement du magistère dans l'exercice de sa fonction pour guider les fidèles dans la foi, ainsi que le Christ lui en a confier la mission, sont faillibles, qu'est-ce qui pour vous est infaillible ?
Mais parce qu'ici la matière est purement temporelle, donc n'est pas du ressort de l'Église.
A la limite, pourquoi pas. Quoiqu'il en soit, l'état français, et bien d'autres autorités de gouvernement temporel sont également contre la peine de mort, semble-t-il.

Dans tous les cas, qu'on considère que l'Eglise ait son mot à dire ou qu'on veuille tout de même l'entendre, il est impossible pour un parti de se réclamer "catholique" sur la base de tels arguments.
De deux, point n'est besoin que le régime soit théocratique pour que la peine de mort soit légitime : vous délirez complètement.
Phrase qui résume comme vous avez considéré les propositions que je vous ai faite ! On dirait que vous dites : "J'applique la peine de mort parce que j'en ai le droit". Ne vous soucie-t-il pas que cela serve à quelque chose ? Et si cela doit être efficace, pour en être certain, ne convient-il pas de l'examiner aussi à l'aune de l'histoire et de l'expertise de ceux qui ont déjà examiné la question ?

Ici je ne prétends pas qu'il soit besoin de quoique ce soit pour rendre la peine de mort légitime (comme je l'ai dit, le C.E.C. suffit à cela), mais je parle de considérer l'utilité de son application. Or les études montrent que cette utilité fait largement défaut puisqu'on constate au contraire une escalade de la violence, née en premier lieu d'un exemple par l'autorité en place d'une dévalorisation de la vie humaine, laquelle incline donc les individus, dans la mouvance à laquelle ils sont soumis, à attenter plus promptement à la vie humaine. Ces études font parti des éléments que je vous ai fourni, puisqu'elles sont résumées dans les propos des autorités citées :
Monseigneur Hector Miguel Cabrejos Vidarte, archevêque de Trujillo et président de la Conférence épiscopale péruvienne a écrit :L’expérience dans d’autres pays a montré que la peine de mort, comme punition ou vengeance devant un crime aussi grave que le viol et l’assassinat d’un enfant, ne résout pas le problème. Son application nous pousserait à revenir dangereusement au principe « œil pour œil, dent pour dent », et n’éradiquerait pas le mal.
Et aussi
dans DÉCLARATION AU CONGRÈS MONDIAL SUR LA PEINE DE MORT, Le Saint Siège a écrit :Toute décision de peine capitale encourt de nombreux risques : le danger de punir des personnes innocentes ; la tentation de promouvoir des formes violentes de revanche plus qu’un véritable sens de la justice sociale ; une offense claire contre l’inviolabilité de la vie humaine, en promouvant une culture de la violence et de la mort ; et, pour les Chrétiens, il s’agit aussi d’un mépris de l’enseignement évangélique sur le pardon. Ôter la vie ne permet jamais de parvenir à des objectifs estimables pour lesquels les sociétés punissent les délinquants, alors que cela peut apaiser temporairement les appétits de vengeance.
Ici il n'est donc plus question de juger de la légitimité d'un principe, comme je vous l'ai déjà écrit plusieurs fois, ni de contraindre ou se substituer à n'importe quel autorité, mais d'apprécier en qualité d'experte en humanité, l'efficacité de l'application de cette peine. A ceci, vous ne répondez rien - normal - n'ayant comme argument que votre intime conviction que la peine de mort est juste et efficace dans les cas qui vous intéressent. J'en déduis que vous devez être docteur es sociologie et avoir étudié précisément les conséquences d'application de la peine de mort, respectivement aux paradigmes scientifiques ayant valeur d'objectivité dans l'évaluation de votre hypothèse.

Cette non efficacité de la peine, et au contraire même ses dangers annoncés, sont évoqués par la même voix de l'Eglise que celle de ses docteurs par lesquels elle use de son pouvoir magistériel. Ainsi donc, si vous souhaitez vous laisser éclairer par la voix du magistère, à choisir, je me suis permis de vous suggérer d'écouter la voix la plus à même de considérer le contexte dans lequel vous vivez.

Enfin, si vous évacuez tout cela par le seul fait qu'a priori l'Eglise est incompétente pour s'exprimer ainsi, voyez peut-être, du côté des autorités compétentes, notamment celes qui ont conduit à l'abolition de la peine de mort en France, quels sont leurs arguments.

Bref, tout ce que je vois dans vos propos, comme raison d'application de la peine de mort c'est que :
- vous pensez, en qualité d'individu non qualifié sur la question, que son application solutionnera des problèmes de justice
- c'est légitime dans son principe

Les raisons contre sont aussi nombreuses que celles que je vous ai cité, et en premier lieu que l'Eglise en accord avec nombreuses autorités d'Etat y compris celle de notre pays, exhorte de toutes ses forces à l'abrogation de la peine de mort, constatant dans les FAITS que son application ne se justifie plus par aucun critère d'efficacité, et qu'au contraire c'est mêmes critères tendent aujourd'hui à la disqualifier. Car la légitimité d'un principe dans l'absolu ne suffit pas à décider de son application : encore faut-il que cette application serve le bien auquel prétend le principe.

Une remarque hors-débat : quelque chose me dit qu'en tous points vous avez déjà décidé et avez arrêté définitivement votre opinion sur cette question. Il semble que le monde entier pourrait vous dire que l'application de la peine de mort ne ferait qu'empirer la justice et attenter à la dignité humaine, vous trouveriez toujours quelques légitimes raisons de vous justifier. J'ai vraiment beaucoup de mal à comprendre où peut nous mener un tel débat, puisque c'est visiblement l'opinion personnelle qui prévaut, même lorsque cela suppose discréditer la Sainte Eglise Catholique. Ne vous sentez nullement agressé par mes propos, à moins d'arriver encore à nier que vous ne portez dans vos messages nul discrédit à l'Eglise et ses docteurs de la foi.

Les évangiles de ces derniers jours nous parlent d'unité. Ce n'est pas la recherche du compromis au dépend de la vérité, mais ce qui invite à sortir de notre point de vue individuel et limité pour accéder à une vision plus globale des choses et s'en remettre humblement à l'avis de personnes plus compétentes et choisies pour être des guides. Etes-vous membre de l'Eglise enseignante ? (par curiosité). Si non, ne vous fatiguez pas, ma foi m'enseigne à m'en remettre d'abord à l'Eglise enseignante quand ce n'est du moins pas contraire à la raison.

Vous pensez peut-être avoir démontré cette faillibilité devant la raison mais vous n'avez opposé que des arguments faillibles et restreints face à ceux du magistère, et rien dans tout cela qui ne mette objectivement en défaut sa rationalité. En cela, et de part votre qualification (si comme je le présume vous n'êtes pas évêque) votre "opinion personnelle" ne fait donc tout simplement pas le poids. Désolé.

Bien à vous.

Re: Le Parti de la France, un nouveau parti politique

Publié : jeu. 04 juin 2009, 10:17
par Pneumatis
Message privé de Popeye à Pneumatis du Ven 29 Mai, 2009 18:57 :
Pneumatis a écrit :Bonjour Popeye,
[... je me permets ici de ne pas recoller la totalité du message qui est la citation intégrale du message précédent de Pneumatis ...]
Bien à vous.


Bonsoir.

Je viens de survoler le torchon que vous venez de m'envoyer. Si vous souhaitez débattre, revoyez votre copie.

Re: Le Parti de la France, un nouveau parti politique

Publié : jeu. 04 juin 2009, 10:17
par Pneumatis
Message privé de Pneumatis à Popeye du Ven 29 Mai, 2009 20:58 :

Pas mal ! J'en ai déjà vu des gens en panne d'arguments, mais alors celle-là j'avoue qu'on ne me l'avait jamais faite ! Bon, puisque vous ne déniez pas répondre à mes questions, je vais les poser sur le forum approprié, peut-être d'autres seront moins haut placés et pourrons me répondre.

Bonne soirée chez vous, et passez le bonjour aux autres habitants de l'Olympe pour moi. ;)

La peine de mort en question

Publié : jeu. 04 juin 2009, 10:31
par Pneumatis
Voilà, ici s'achève notre correspondance privée. Je sais que ça fait beaucoup de lecture d'un seul coup pour ceux qui seraient susceptibles d'êtres intéressés. Certains propos ne manqueront pas d'intéresser la modération, j'en suis certain. Pour ma part je serai toujours intéressé - avis à Popeye et/ou à ceux qui auraient le courage de tout lire - de savoir à quel moment je me serai montré "comminatoire et agressif".

Je suis également intéressé par les développements ultérieurs car plusieurs questions sont restées pour moi sans réponse :
- le Concile Vatican II, et en particulier Dignitatis Humanae, sont-ils des supports de réflexion légitimes, en ce qu'ils seraient infaillibles ? OUI/NON
- le C.E.C. peut-il être défaillant ? (pour les mêmes raisons)
- Doit-on écouter l'Eglise lorsqu'elle exhorte les fidèles à telle ou telle orientation en matière de bien purement temporel ?
- Peut-on véritablement parler de la peine de mort comme d'un élément de justice strictement temporel dès lors qu'elle met en jeu la vie humaine ?

En gros, le fond de la question c'est : est-ce que la déclaration officielle du Saint Siège pour l'abrogation de la peine de mort sort est hors jeu et est une erreur qu'il nous faut simplement ignorer (ou dénoncer) ? Ou au contraire, comme je le crois, c'est une déclaration à laquelle il nous faut être attentif et qu'il faut accueillir comme critère de discernement sur cette question de la peine de mort ?

Re: Le Parti de la France, un nouveau parti politique

Publié : ven. 05 juin 2009, 18:56
par Christophe
Charles a écrit :
Popeye a écrit : Je suis partisan d'exécuter en masse.
De purger en quelque sorte la société du mal qui l'infecte ?
En quelque sorte, séparer le bon grain de l'ivraie... :saint:

Re: Le Parti de la France, un nouveau parti politique

Publié : ven. 05 juin 2009, 19:46
par Pneumatis
Christophe a écrit :En quelque sorte, séparer le bon grain de l'ivraie... :saint:
Je suis vraiment vraiment tout désolé mais d'un seul coup je ne suis plus certain de comprendre votre remarque, ainsi que le sens de la question de Charles... J'ai assez peu confiance en mon sens du second degré, donc je me permets de poser la question, en premier lieu à vous et à Charles : il n'y a que moi que ça choque le fait que quelqu'un (d'autre que Dieu, cela va de soi) veuille procéder à des exécutions en masse ?