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Re: PissChrist
Publié : lun. 18 avr. 2011, 20:44
par Fée Violine
SweetieLoLy a écrit :...si on ne ferais pas tout un tapage (même en etant contre) ben on ne diffuserait pas la connaissance de ce machin...
C'est exactement ce que je pense.
Koz Toujours a écrit un excellent article sur ce sujet (les commentaires des lecteurs sont intéressants aussi):
http://www.koztoujours.fr/?p=12021&utm_ ... ses+%21%29
Re: PissChrist
Publié : lun. 18 avr. 2011, 21:17
par Unsimplehomme
Je me sens enfin soulagé de cette histoire. Maintenant il peux l'exposer s'il en a envie. Ils portent les marques d'une réaction chrétienne et sa sera pas la seule je l'espère.
Je pense comme vous. Ils savent maintenant qu'il y a des jeunes qui osent défendre le Christ, braver l'injustice!
Re: PissChrist
Publié : lun. 18 avr. 2011, 22:01
par stephlorant
Défendre le Christ consiste également à aimer ses ennemis, à prier pour eux, à les aider à comprendre leurs erreurs, à invoquer pour eux la miséricorde divine... soyez donc parfaits comme votre Père céleste est parfait, dit Jésus. Il me vient à l'esprit que tous les hommes qui communient en état de péché mortel, causent un tort bien pire au Christ, mais cela ne se voit pas... et il y aurait bien d'autres exemples à citer. Alors pas de triomphalisme !, merci !
Re: PissChrist
Publié : lun. 18 avr. 2011, 22:33
par Antoine Marie
Pendant que tous les Hommes déversent les excréments de leur péché sur la Croix du Christ, le Seigneur crucifié submerge sa Création du fleuve d'eau vive de son Amour inlassable.
Re: PissChrist
Publié : mar. 19 avr. 2011, 20:42
par Théophile
Pour comprendre l'"abject art", P. de Plunkett cite une réflexion de l'ancien directeur du musée Picasso, Jean Clair :
- [+] Texte masqué
- << Il y a une dizaine d'années, à New York, une exposition s'était intitulée "Abject art : Repulsion and Desire". Ce fut le premier pas dans l'immonde. On n'était plus dans le subjectus du sujet classique, on entrait dans l'abjectus de l'individu post-humain. C'était beaucoup plus que la "table rase" de l'avant-garde, qui prétendait desservir la table dressée pour le festin des siècles. L'art de l'abjection nous entraînait dans le postprandial : ce que le corps laisse échapper de soi quand on a digéré. C'est tout ce qui se réfère à l'abaissement, à l'excrétion, au scatologique. Du culte à la culture, de la culture au culturel, du culturel au culte de l'argent, c'est tout naturellement qu'on est tombé au niveau des latrines : Marc Quinn et son buste fait de son propre sang congelé, Orlan et sa chirurgie faciale, Gober et ses sculptures en cire et en poil humain, Damien Hirst et ses animaux disséqués dans du formol, Gasiorowski usant de ses propres fèces pour confectionner son jus d'atelier, Serrano et son Piss Christet, avec eux, envahissant, ce compagnon accoutumé de l'excrément, son double sans odeur : l'or, la spéculation, les foires de l'art, les entrepôts discrets façon Schaulager à Bâle, ou les musées anciens changés en des showrooms clinquants, les ventes aux enchères, enfin, pour achever le circuit, faramineuses, obscènes...
Est arrivée entre-temps la crise de 2008. Subprimes, titrisations, pyramide de Ponzi : on prit conscience que des objets sans valeur étaient susceptibles non seulement d'être proposés à la vente, mais encore comme objets de négoce, propres à la circulation et à la spéculation financière la plus extravagante. Les procédés qui permettent de promouvoir et de vendre une œuvre dite d'"art contemporain", sont comparables à ceux qui, dans l'immobilier comme ailleurs, permettent de vendre n'importe quoi et parfois même rien.
Soit un veau coupé en deux dans sa longueur et plongé dans un bac de formol. Supposons à cet objet de curiosité un auteur et supposons du coup que ce soit là une œuvre d'art qu'il faudra lancer. Quel processus permettra de la faire entrer sur le marché ? Comment, à partir d'une valeur nulle, lui assigner un prix et le vendre à quelques millions d'euros l'exemplaire, et si possible en plusieurs exemplaires ? Question de créance : qui fera crédit à cela, qui croira au point d'investir ?
Hedge funds et titrisations ont offert un exemple de ce que la manipulation financière pouvait accomplir à partir de rien. On noiera d'abord la créance douteuse dans un lot de créances un peu plus sûres. Exposons le veau de Damien Hirst près d'une œuvre de Joseph Beuys, ou mieux de Robert Morris - œuvres déjà accréditées, ayant la notation AAA ou BBB - sur le marché des valeurs, un peu plus sûres que des créances pourries. Faisons-la entrer par conséquent dans un circuit de galeries privées, limitées en nombre et parfaitement averties, ayant pignon sur rue, qui sauront répartir les risques encourus. Ce noyau d'initiés, ce sont les actionnaires, finançant le projet, ceux qui sont là pour "éclairer", disent-ils, spéculateurs de salles de ventes ou simples amateurs, ceux qui prennent les risques. Ils sont au marché de l'art ce que sont les agences de notation financière mondiale, supposées guider les investisseurs, mais en fait manipulant les taux d'intérêt et favorisant la spéculation. Promettons par exemple un rendement d'un taux très élevé, 20 % à 40 % la revente, pourvu que celle-ci se fasse, contrairement à tous les usages qui prévalaient dans le domaine du marché de l'art fondé sur la longue durée, à un très court terme, six mois par exemple. La galerie pourra même s'engager, si elle ne trouvait pas preneur sur le marché des ventes, à racheter l'œuvre à son prix d'achat, augmenté d'un léger intérêt.
On obtiendra enfin d'une institution publique, un grand musée de préférence, une exposition de cet artiste : les coûts de la manifestation, transport, assurances, catalogue, mais aussi les frais relevant de la communication et des relations publiques (cocktails, dîners de vernissage, etc.) seront discrètement couverts par la galerie ou le consortium qui le promeuvent. >>
Et en réponse à l'affaire d'Avignon, B.H répond avec humour en envoyant cette missive accompagnée d'une contribution personnelle :
- [+] Texte masqué
- Je viens d'envoyer au service culture et loisirs de la mairie d'Avignon un petit flacon contenant une production personnelle avec la lettre suivante adressée à Mme la Maire d'Avignon et à MM. les membres de la fondation Lambert.
"Madame, Messieurs,
J'apprends par les médias la destruction de l'oeuvre "piss Christ". Je vous prie de trouver ci-joint ma modeste contribution à la restauration de cette oeuvre d'art; cette contribution est certes bien modeste, mais les petits ruisseaux font les grandes rivières et j'espère que d'autres viendront se joindre au geste culturel et militant que je viens de poser pour exprimer mon indignation devant cet attentat odieux et ma solidarité à l'égard des artistes et des créateurs.
Je sais votre vigilance à l'égard des deniers publics et de leur engagement et je souhaite que ce geste culturel contribue ainsi à réduire les déficits publics.
Je vous prie d'agréer mes salutations distinguées".
Re: PissChrist
Publié : mar. 19 avr. 2011, 20:57
par PaxetBonum
Qui est ce BH qui m'a fait mourir de rire ?!
Re: PissChrist
Publié : mar. 19 avr. 2011, 22:54
par Fée Violine
Oui, c'est excellent !!!
Re: PissChrist
Publié : mar. 19 avr. 2011, 23:03
par Anne
J'aurais voulu être p'tite mouche sur le mur pour voir la réaction des heureux récipiendaires...
Décidément, ce "chef-d'oeuvre" n'a pas de chance: il avait été endommagé en Australie en 1997...
Voir la photo de l'artiste éploré photographié devant le "happening" australien:
http://lci.tf1.fr/france/societe/2011-0 ... 99258.html
Re: PissChrist
Publié : mar. 19 avr. 2011, 23:22
par Théophile
B.H est un internaute qui a écrit un commentaire sur le site de P. de Plunkett.

Re: PissChrist
Publié : mar. 19 avr. 2011, 23:54
par Didyme
Désolé d'y revenir mais quelqu'un connaît-il les intentions de l'auteur ?
ça me semble pourtant être la base.
Re: PissChrist
Publié : mer. 20 avr. 2011, 6:43
par Sofia
Bonjour,
Didyme a écrit :Désolé d'y revenir mais quelqu'un connaît-il les intentions de l'auteur ?
Il a accordé une interview à
Libération : «
Je n’ai aucune sympathie pour le blasphème ».
Et je citerais aussi son entretien avec Ken Paulson :
http://www.firstamendmentcenter.org/about.aspx?id=12277 C'est déjà assez vieux (il date du 29 novembre 2000) et en anglais.
Andres Serrano a écrit :[...] I had begun working with specifically milk and blood, and later went on to piss. But at first, the fluids were being used in a very abstract way. You know, sort of, you know, using them as pure color or pigment in the same way an artist would use a … paint, you know. But ultimately, I decided to refer it to some sort of representation within the fluids. And “Piss Christ” was the first object, the first photograph created where I submerged an object in the urine. And religion had been an important theme in my work before the fluid images began, so it was just a matter of two different directions coming together in one image. [...] There are many people who misunderstood the work. But the worst were the ones who purposely misinterpreted the work for their own agenda, you know. They had their own axe to grind, and so it had nothing to do with the work. And … but, you know, there were good Christians who, you know, who … sent me letters in the beginning expressing their concern and … and, you know, dismay. And I responded to them and, you know, letting them know that I was not anti-Christian. I was not an anti-Christian bigot and that I, in fact, felt like a Christian myself. [...] When I do a monochrome and it’s just a red photograph, you know, I … by titling it “Blood” people know that they’re looking at a monochrome of blood rather than just red color, you know. And so I find it necessary to … to give the images titles just to inform the audience. [...]
Re: PissChrist
Publié : mer. 20 avr. 2011, 8:08
par PaxetBonum
Il s'est échappé depuis quand de son asile d'aliéné ?
Il serait temps de lui remettre sa camisole avant qu'il ne saigne un enfant pour faire un blood Christ…
Re: PissChrist
Publié : mer. 20 avr. 2011, 9:45
par ti-coz
Enfin ! Hier soir dans le journal de FR3 on a parlé quelques minutes de cette affaire abominable avec la présence très courte de l'évêque d'Avignon. Ce n'est pas trop tôt ! Mais il n'y a eu aucune vraie condamnation ni réprobation. IL semble même qu'on ait voulu minimiser...
Re: PissChrist
Publié : mer. 20 avr. 2011, 11:45
par Kerniou
Le saccage de cette pseudo-oeuvre lui fait de la publicité et fait passer son auteur pour une victime. C'est le monde à l'envers. Je finis par penser que pour faire un flop, il vaudrait mieux ne pas en parler,même si c'est révoltant.
Re: PissChrist
Publié : mer. 20 avr. 2011, 12:29
par Fée Violine
C'est pourquoi, dans le lien que j'ai indiqué (article de Koz Toujours + débat), quelqu'un émettait l'hypothèse que ce saccage avait peut-être été organisé par l'"artiste" lui-même...