Votre témoignage est magnifique Etienne!
Quelle joie a dû être la vôtre à cet instant, mais quelle tête a dû faire le policier ainsi mouché!
Mais rassurez-nous, un truc pareil, vous en avez été innocenté très rapidement, n'est-ce pas?
zélie a écrit :Votre témoignage est magnifique Etienne!
Quelle joie a dû être la vôtre à cet instant, mais quelle tête a dû faire le policier ainsi mouché!
Mais rassurez-nous, un truc pareil, vous en avez été innocenté très rapidement, n'est-ce pas?
C'est ma quatrième tentative de réponse...
Mon message n'est pas passé !!!
Je voulais répondre à Zélie que n'ayant pas été (inculpé) (mis en examen), j'ai été tout de même convoqué devant un Juge... qui m'a acquitté d'office... comprenne qui pourra ! (Mon avocat, lui, comprenait sans doute très bien: je lui ai payé l'équivalent de 125 euros par mois pendant trois ans !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Les dignes successeurs de Jésus, pour peu qu'ils soient fidèles à son enseignement, ne peuvent que rencontrer obstacles et rejets. Il suffit de si peu, comme d'un service que quelqu'un vous a demandé, et qu'il vous reproche par la suite. Non pas ouvertement, mais d’une reconnaissance qui se pervertit en rancune. Mais pourquoi ? Parce qu’il a bien réalisé que vous n'avez pas agi selon les normes de ce monde. C'est très peu de choses en apparence, mais un geste de vraie charité (dans lequel la main droite a bien ignoré ce qu'a fait la main gauche) ne peut manquer de susciter des questions chez celui qui a reçu. Lui aussi est appelé à changer sa façon de voir l'existence - et cela, il n'en a pas forcément envie. D'où le reproche larvé, une jalousie aux aguets - pour un don reçu ? Oui, exactement. Car beaucoup d'âmes qui vivent dans le monde et selon le monde, ne supportent pas la pensée d'avoir eu besoin d'autrui et d’avoir obtenu gratuitement. S'ils acceptaient pleinement l'idée du don gracieux, ils se retrouveraient aussitôt en contradiction avec la conception de la vie qu'ils avaient adoptée jusque-là...
Le témoignage chrétien rencontre des oppositions au niveau des mots, cela nous le savons très bien, mais on parle rarement des réactions contraires suscitées par des gestes de miséricorde. Or, il est important de connaître à quoi l'on s'expose, afin de ne pas tomber dans le découragement. C'est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie., dit encore Jésus dans l'Evangile de ce jour : il faut placer "Jésus seul" au centre de notre regard, et marcher dans l'espérance. L'Esprit viendra à notre secours en tous temps, et nous révèlera combien nous sommes aimés, puisque le moindre de nos cheveux est compté...
Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6,7-13.
Jésus appelle les Douze, et pour la première fois il les envoie deux par deux. Il leur donnait pouvoir sur les esprits mauvais,
et il leur prescrivit de ne rien emporter pour la route, si ce n'est un bâton ; de n'avoir ni pain, ni sac, ni pièces de monnaie dans leur ceinture.
« Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. »
Il leur disait encore : « Quand vous avez trouvé l'hospitalité dans une maison, restez-y jusqu'à votre départ.
Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez en secouant la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. »
Ils partirent, et proclamèrent qu'il fallait se convertir.
Ils chassaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d'huile à de nombreux malades, et les guérissaient.
Pas facile de commenter et recommenter cet Evangile ! Mais il me laisse toujours l'image que donne saint Paul du trésor transporté dans des poteries sans valeur. Ils vont deux par deux et c'est suffisant. Ils n'ont pas grand chose à dire aux habitants des villages qu'ils traverseront, si ce n'est ce que Jean demandait déjà : la conversion. A partir de là, si je me place sur un plan symbolique, je retrouve la prédication par l'attitude, par l'exemple et je suis concerné.
Comment donc témoigner ? Si je commence par poser cette question, alors j'hésiterai et je ne ferai jamais rien. Mais si je témoigne malgré tout, c'est à cause de l'amour dont Jésus m'a investi, et c'est vrai que ce "frémissement intérieur" est toujours présent, quoi qu'il arrive. Il est vrai qu'il est inutile de commencer un discours, mais il suffit d'être attentif à ce que l'autre raconte. Il suffit de remarquer combien, en toute occasion, l'autre est comme nous-même : il va parler de quelque chose qui lui manque. Même chez un grand vantard, il est facile de distinguer un pauvre qui a besoin de se faire reconnaître (non pour les exagérations qu'il raconte, mais pour le besoin profond de trouver une approbation à vivre).
Je crois que mon témoignage ne sera jamais qu'un bref "dépoussiérage": ce n'est pas à moi d'évangéliser, mais je peux servir Jésus en redressant quelques idées fausses, en éclaircissant un ou deux points obscurs, en débroussaillant le jardin de l'âme de mon frère - s'il me le demande. Un quasi inconnu est entré il y a une dizaine de minutes et m'a parlé d'une femme qu'il a vu boire, mais qui semble l'apprécier. Il n'a rien demandé, mais sa demande était fondamentalement très claire, et c'est : j'ai besoin d'affection. En lui répondant, je n'ai pas formulé de jugement sur quoi que ce soit, mais je l'ai entendu et j'ai prié, et voilà tout : je sais bien que le Seigneur écoute tout par nos oreilles, si du moins nous voulons bien les mettre à sa disposition. Comme dans l'Evangile de ce dimanche: il n'est pas besoin de tunique de rechange, car les apparences ne comptent aucunement. Tout ce qui est important se passe dans l'invisible...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
"Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut" (Luc 1:76)
Zacharie avait douté de la parole de l'ange, alors même qu'il se trouvait dans le "saint des saints" et de ce fait, sa bouche était demeurée scellée. Mais aussitôt que Jean est circoncis, il est délivré de son mutisme et la louange, simple, belle, limpide, coule de ses lèvres :
" Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, de ce qu'il a visité et délivré son peuple,
et nous a suscité une puissance de salut dans la maison de David, son serviteur,
selon qu'il l'avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes des temps anciens,
pour nous sauver de nos ennemis et de la main de tous ceux qui nous haïssent.
Ainsi fait-il miséricorde à nos pères, ainsi se souvient-il de son alliance sainte,
du serment qu'il a juré à Abraham, notre père, de nous accorder
que, sans crainte, délivrés de la main de nos ennemis, nous le servions
en sainteté et justice devant lui, tout au long de nos jours.
Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut ; car tu marcheras devant le Seigneur, pour lui préparer les voies,
pour donner à son peuple la connaissance du salut par la rémission de ses péchés ;
grâce aux sentiments de miséricorde de notre Dieu, dans lesquels nous a visités l'Astre d'en haut,
pour illuminer ceux qui demeurent dans les ténèbres et l'ombre de la mort, afin de guider nos pas dans le chemin de la paix. "
C'est l'Esprit Saint qui s'exprime à travers Zacharie et il faut remarquer qu'il n'y a, dans ce qui est dit ici, que des mots en faveur de l'homme:
Tout le monde ne peut pas être prophète, et il y a tant de prophètes de malheur, mais lorsque l'Esprit souffle, il ne dit que la tendresse miséricordieuse du créateur...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant a écrit :Tout le monde ne peut pas être prophète, et il y a tant de prophètes de malheur, mais lorsque l'Esprit souffle, il ne dit que la tendresse miséricordieuse du créateur...
Cher Etienne,
J'avais écris un post durant l'après midi sur un thème proche de ce que vous qualifiez de " prophètes de malheur", mais il n'a pas résisté aux aléas climato-festifs que nous avons évoqués (coupures et autres longueurs ..).
Je trouvais triste et, en même temps (et malheureusement) représentatif d'une idée portée par certains, à savoir que si souvent on parle, lise, échange (parfois ici même) sur des questions touchant l'ésotérisme et autres "croyances" négatives.
Combien vous avez raison, Etienne, de louer le Vrai, leTransparent et la Lumière de Dieu. Quel merveilleux travail que celui de l'Esprit qui souffle !!!
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 11,25-27.
En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits.
Oui, Père, tu l'as voulu ainsi dans ta bonté.
Tout m'a été confié par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler.
Hier, justement, je disais que Dieu, pour le servir, n'a pas voulu des hommes qui s'estiment eux-mêmes "considérables" - mais ceux-là mêmes qui se savent pécheurs, portent le regret de leurs fautes et implorent fréquemment la miséricorde divine. Il se peut bien que parmi ces repentis figurent de grandes intelligences et, certes, il y en a eu parmi les saints. Mais il n'empêche que Dieu, pour dévoiler ses trésors s'adressent beaucoup plus volontiers à un Moïse qui était bègue, à un David qui fut berger, à un François d'Assise, fils indigne mais poète, à sainte Thérèse, à Jean-Marie Vianney qui a tant peiné pour avoir le minimum en latin. Et que dire de la Vierge, qui s'adresse à la petite Bernadette à peine éduquée en lui demandant: "Me ferez vous la grâce ..." ?
J'ai écrit encore, à propos de ces petits "clins Dieu" que j'ai rapportés (ce que je n'aurais jamais fait avant ma conversion), qu'il y a "des fois de charbonnier qui valent des fois de Bénédictins". J'ai trouvé cette définition: une foi de charbonnier est une foi religieuse sincère et vécue (par des gens de condition modeste en particulier), mais sans trop chercher à comprendre. Chez les soeurs Clarisses, j'ai côtoyé pendant une quinzaine d'années une fille de fermière, qui n'avait aucun souci des apparences, et qui, été comme hiver, se levait à quatre heures du matin pour venir en mini-vélo depuis sa campagne. Le Doyen lui a donné un petit travail payant qui consiste à nettoyer les églises en vue des messes solennelles. Elle s'y donne à fond jusqu'à épuisement, non pour plaire au Doyen, m'a-t-elle confié, mais "pour Jésus". Ce qui lui plaît le plus c'est qu'on lui ait accordé le choix des fleurs pour l'autel. Mais cette femme toute simplette a de temps à autre, très rarement, il est vrai, des réflexions d'une profondeur qui étonnent : "Ce que le bon Dieu donne il ne le reprend jamais, même à ceux qui le rejettent... Ce qui est donné est donné, alors il faut bien savoir ce que l'on demande !"
Il est intéressant de relire maintenant la très belle et très forte épître aux Corinthiens:
"Le langage de la croix, en effet, est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui se sauvent, pour nous, il est puissance de Dieu. Car il est écrit : Je détruirai la sagesse des sages, et l'intelligence des intelligents je la rejetterai. Où est-il, le sage ? Où est-il, l'homme cultivé ? Où est-il, le raisonneur de ce siècle ? Dieu n'a-t-il pas frappé de folie la sagesse du monde ? Puisqu'en en effet le monde, par le moyen de la sagesse, n'a pas reconnu Dieu dans la sagesse de Dieu, c'est par la folie du message qu'il a plu à Dieu de sauver les croyants. Alors que les Juifs demandent des signes et que les Grecs sont en quête de sagesse, nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, c'est le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes.
Aussi bien, frères, considérez votre appel : il n'y a pas beaucoup de sages selon la chair, pas beaucoup de puissants, pas beaucoup de gens bien nés. Mais ce qu'il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages ; ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre ce qui est fort ; ce qui dans le monde est sans naissance et ce que l'on méprise, voilà ce que Dieu a choisi ; ce qui n'est pas, pour réduire à rien ce qui est, afin qu'aucune chair n'aille se glorifier devant Dieu."
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 11,28-30.
En ce temps-là, Jésus prit la parole: "Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos.
Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »
Le mot joug est interprété de nos jours comme la soumission, plus ou moins bien supportée à une autorité inflexible (le joug d'un tyran). Mais dans la société que Jésus a connue, le joug désigne un instrument de guidance: c'est une pièce de bois permettant d'atteler des animaux de trait en exploitant au mieux leur force de traction.
Il y a deux éléments dans ce texte : le poids du fardeau que nous devons tous porter, croyants ou athées, qui naît tout simplement de notre nature de chair. Le chrétien dira "ma croix". Comment donc trouver du repos ? Tout simplement en acceptant la guidance de Jésus, qui est doux et humble de coeur, et dont les exigences n'ont rien d'impossible, car elles sont toutes liées à l'Amour.
Cependant, il faut bien le dire, comme il nous est difficile de nous considérer comme des êtres ayant vraiment besoin de pareille guidance ! Comme l'ego résiste longtemps ! Beaucoup ne viennent à Jésus (et moi aussi, je l'avoue, ce fut mon cas), qu'après lui avoir résisté longtemps et enduré beaucoup de peines qui, autrement, m'eurent été épargnées.
L'autre jour, j'ai utilié l'expression du "lâcher-prise": un chrétien peut accomplir beaucoup de bonnes choses "pour le Seigneur", mais l'idéal, pour aller plus loin, c'est de renoncer au choix de ce que l'on accomplira. Pourquoi ? Parce que l'Esprit-Saint est un maître plus sûr: Il nous connaît mieux que nous ne nous connaîtrons jamais, Il sait où demeurent nos blessures et comment aller vers la guérison, et de même pour nos talents: nous avons tous des talents très utiles en vue du Royaume et que nous avons négligés en nous disant raisonnablement : çà ne sert à rien ...
Seigneur, en ce jour, fais de moi comme il te plaît. Fais que rien ne me rebute, ouvre mon esprit à la dimension de ton amour ! Amen
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 12,1-8.
Si vous aviez compris ce que veut dire cette parole : C'est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices, vous n'auriez pas condamné ceux qui n'ont commis aucune faute. Car le Fils de l'homme est maître du sabbat. »
Quels que soient les épisodes de la controverse entre les Pharisiens, les Docteurs de la Loi et Jésus, on retrouvera toujours cette interprétation "à la lettre" de la Loi, et non selon l'esprit de la Loi. Jusqu'à l'absurde, car dans un autre passage, il est aussi interdit de se soigner le jour du sabbat ! Cet attachement, qui confine à la perversion, a rendu impossible, dans la pratique, la rencontre entre l'homme et son créateur. Et chez les intégristes juifs, cela s'est poursuivi jusqu'à nos jours. Pour s'en convaincre, il suffit d'écouter sur le lien qui suit le discours de ce spécialiste de la Thorah. C'est très amusant, mais quand on y pense bien, on comprend comment Jésus ne pouvait que se trouver tôt ou tard en opposition ouverte avec de tels personnages:
Après avoir écouté cela (pour moi, je n'ai pas pu aller jusqu'au bout, j'ai commencé par rire mais je me suis vite lassé), on est en droit de se demander comment, à partir des dix commandements, on a pu en arriver à de telles dérives. Et je me pose la question : cet homme se croit-il vraiment religieux, se croit-il proche de Dieu ? Il est complètement dans l'erreur... Quel sera son destin post mortem ? Jésus a repris les pharisiens, les scribes et les docteurs de la Loi afin de les sauver eux-mêmes de cette espèce d'enfermement mental, mais aussi et surtout aussi tout le peuple qui subissait un tel enseignement, car qui peut prétendre suivre en toutes circonstances, des centaines de préceptes particuliers ? C'est une dangereuse folie...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Dans le pays d'Égypte, le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron : Parlez ainsi à toute la communauté d'Israël : le dix que l'on prenne un agneau par famille, un agneau par maison. Ce sera un agneau sans défaut, un mâle, âgé d'un an. Dans toute l'assemblée de la communauté d'Israël, on l'immolera au coucher du soleil.On prendra du sang, que l'on mettra sur les deux montants et sur le linteau des maisons où on le mangera. (...) c'est la Pâque du Seigneur.Cette nuit-là, je traverserai le pays d'Égypte, je frapperai tout premier-né au pays d'Égypte, depuis les hommes jusqu'au bétail. Le sang sera pour vous un signe, sur les maisons où vous serez. Je verrai le sang, et je passerai : vous ne serez pas atteints par le fléau dont je frapperai le pays d'Égypte.Ce jour-là sera pour vous un mémorial. Vous en ferez pour le Seigneur une fête de pèlerinage. C'est une loi perpétuelle : d'âge en âge vous la fêterez. »
Un jour, je lisais ce texte m'étonnant de la cruauté que je voyais à première vue à sacrifier un agneau et à teindre de son sang le linteau et les deux montants de chaque maison. Je me disais: voici un Dieu barbare. Mais le jour de ma conversion, il m'a été donné de retrouver ce passage et j'y vu tout autre chose. En effet, si je me place dessous la porte et je trace les signes de sang en haut sur le linteau, puis à gauche sur un montant et à droite sur l'autre montant, alors en réalité, j'ai tracé un signe de croix. Quant à l'agneau, bien sûr !, c'est celui que Jean le Baptiste a désigné le jour du baptême de Jésus: "C'est Lui l'Agneau qui ôte le péché du monde".... Et je trace ainsi un signe de croix sur ma maison pour me protéger des fléaux - ma maison, c'est moi-même aussi. Le signe de croix est un signe de protection. Il est tant entré dans la culture que l'on voit très souvent les sportifs, sur le point de se lancer dans un exercice dangereux, se signer avant de prendre leur élan.
Jésus a bel et bien "accompli" les Ecritures en venant dans le monde. Je me souviens encore de ce mot de Simone Weil, qui m'a tellement impressionné: "Avant le Christ, toutes les souffrances en ce monde, se transformaient en une violence aveugle; après la Croix du Christ, toutes les violences du monde peuvent et seront transformées en la souffrance rédemptrice des Innocents." Elle ajoutait: "C'est toute la violence de l'empire romain qui s'est ainsi fracassée contre la Croix du Christ, car le Mal ne pouvait rien faire d'autre." Et depuis, il existe pour chacun un usage surnaturel de la souffrance.
J'ai retenu cela pour moi-même pendant longtemps, car je ne savais pas si je pouvais partager cette découverte. Et puis, dernièrement, j'ai entendu Théodore Monot, grand marcheur et croyant, qui expliquait dans une interview : Ce sont les Romains qui ont inventé l'expression "Si tu veux la paix, prépare la guerre". Mais voilà, l'empire romain a duré au bas mot quatre cents années et ce furent autant d'années de guerres, de meurtres, de pillages, d'esclavages, de violences multiformes. Il fallait bien que la Croix y mette un terme. Car la Croix du Christ englobe la souffrance de toute la création . »
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6,30-34.
Après leur première mission, les Apôtres se réunissent auprès de Jésus, et lui rapportent tout ce qu'ils ont fait et enseigné.
Il leur dit : « Venez à l'écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » De fait, les arrivants et les partants étaient si nombreux qu'on n'avait même pas le temps de manger.
Ils partirent donc dans la barque pour un endroit désert, à l'écart.
Les gens les virent s'éloigner, et beaucoup les reconnurent. Alors, à pied, de toutes les villes, ils coururent là-bas et arrivèrent avant eux.
Jésus, voyant une grande foule de gens sur le bord du lac, fut saisi de pitié envers eux, parce qu'ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les instruire longuement.
Cet Evangile me rappelle deux autres paroles de Jésus qui me viennent à l'instant: "Le Fis de l'homme n'a pas une pierre où reposer la tête", mais aussi "Ma nourriture, c'est d'accomplir la volonté de mon Père". Jésus voit ses disciples revenir de mission et il voudrait leur faire prendre un peu de repos. Mais ils ont beau rechercher un coin tranquille pour aborder, la foule les y a précédés et Jésus se remet à enseigner. Cette lecture d'aujourd'hui me fait prendre courage, car je n'ai pas fini. Même si c'est dimanche, même si je dois écrire d'un cybercafé, même si ma soeur cadette, après plus d'un mois de silence et d'éloignement, me répond encore par la "colère", ce qui est important, c'est encore de partager. Aucune autre chose ne compte plus que mon rapport à Jésus et aux autres. Il faut que je sois affligé et que je réponde aux afflictions. Car c'est en se perdant que l'on se trouve, dit la prière de saint François, et il faut aller de l'avant. Plus les difficultés se posent, plus je suis poussé à aller plus loin dans la foi.
Bon dimanche à tous !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 12,38-42.
Quelques-uns des scribes et des pharisiens adressèrent la parole à Jésus: « Maître, nous voudrions voir un signe venant de toi. »
Il leur répondit : « Cette génération mauvaise et adultère réclame un signe, mais, en fait de signe, il ne sera donné que celui du prophète Jonas.
Car Jonas est resté dans le ventre du monstre marin trois jours et trois nuits ; de même, le Fils de l'homme restera au coeur de la terre trois jours et trois nuits.
Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront en même temps que cette génération, et ils la condamneront ; en effet, ils se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas.
Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que cette génération, et elle la condamnera ; en effet, elle est venue de l'extrémité du monde pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici bien plus que Salomon.
Les scribes et les pharisiens demandent un signe pour croire en Jésus. N'est-ce pas très humain ? "Jésus, si tu existes, manifeste-toi et je croirai en toi !" Encore aujourd'hui, beaucoup feront cette demande, parce que c'est la plus facile, parce qu'il n'y a pas besoin de chercher, de lire les Evangiles,de se donner du mal, de chercher à tracer un chemin bien droit afin de voir le salut qui vient de Dieu... (Isaïe 43:5 cité par Jean le Baptiste).
Si quelqu'un veut voir Jésus, il le verra assurément: certains avec les yeux de chair, les autres avec les yeux de l'esprit, car une nouvelle compréhension de l'être et de sa destinée dans le monde naîtra en lui. Mais on ne peut pas formuler une telle demande sans avoir cherché, sans s'y être préparé: on ne peut exiger de Dieu qu'il se manifeste, comme çà, rien que pour le spectacle ! A ce propos, ce que Jésus dit à Pilate, le Romain, le païen par excellence, est très intéressant : "Je suis né et venu dans le monde pour témoigner de la Vérité. Quiconque cherche la Vérité entend ma voix".
Mais les scribes et les pharisiens ne cherchent pas la vérité. Ils croient la posséder et ils ne soulèvent la question que pour piéger Jésus: notez que c'est bien l'une des suggestions que le diable fit à Jésus au désert: "Alors le diable le prend avec lui dans la Ville Sainte, et il le plaça sur le pinacle du Temple et lui dit : " Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et sur leurs mains ils te porteront, de peur que tu ne heurtes du pied quelque pierre. " Mt 4:5-
Les hommes cherchent de l'or, et ils sont prêts à s'entretuer pour en posséder. Même pour une différence de quelques euros, il y aura de longs débats - mais pour le souverain bien, quoi, pas le moindre effort ?
"Ce qui est folie dans le monde Dieu l'a choisi pour confondre les sages, ce qui est faible dans le monde
Dieu l'a choisi pour confondre ce qui est fort." 1 Cor 1:27
Cette façon de parler manifeste tout à fait la nouveauté de l'Evangile. Même si "La pierre qu'on rejeté les bâtisseurs est devenue la pierre d'angle" est issue du Psaume 117, ces deux paroles expriment bien l'eclatement du carcan intellectuel dans lequel les hommes avaient tenté de contenir l'irruption du divin.
Jésus est venu pour secouer la poussière des siècles... et retrouver l'or pur, l'or en fusion, le feu ! Même lorsqu'il prédit la destruction du temple, cette idée est présente: "Il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit retournée"... puisque, de toute manière, "l'heure vient où ce n'est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. Mais l'heure vient - et c'est maintenant - où les véritables adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité, car tels sont les adorateurs que cherche le Père." (Jn 4:23) N'est-il pas remarquable que lors du miracle des noces de Cana, ce soit justement l'eau des ablutions rituelles qui ait été changée en vin d'une qualité rare ?
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 12,46-50.
Comme Jésus parlait encore à la foule, voici que sa mère et ses frères se tenaient au-dehors, cherchant à lui parler. Quelqu'un lui dit : « Ta mère et tes frères sont là dehors, qui cherchent à te parler. »
Jésus répondit à cet homme : « Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? »
Puis, tendant la main vers ses disciples, il dit : « Voici ma mère et mes frères.
Celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une soeur et une mère. »
Jésus saisit souvent la parole de ses interlocuteurs - ou de ses détracteurs pour mieux faire passer un message. C'est le cas ici. Il dit tout simplement aux orphelins, aux isolés, à tous les hommes et toutes les femmes qui souffrent de la solitude: si tu accomplis la volonté du Père, tu es mon frère, tu es ma soeur, tu es ma mère...Est-ce que j'en suis moi-même consolé ? Pour répondre honnêtement, je dirais: j'en suis consolé plus souvent que je le pense parfois. Aujourd'hui, je suis venu pour poster ce partage, juste après avoir communié, et j'éprouve de la Joie. Une joie toute fraîche du matin !
J'ai parfois lu, à propos de cet Evangile, que Jésus avait rudement traité sa mère. Mais je ne le comprends pas ainsi - rien ne dit qu'après avoir fini de parler, Jésus n'est pas allé la trouver. Du reste, Jésus apprend à Marie son rôle futur, qui sera de devenir la mère de tous ceux qui entreront dans son Eglise. Nous-mêmes sommes appelés - c'est très clair dans un autre passage de l'Evangile, à préférer le Seigneur à tous nos proches - sinon, nous ne sommes pas dignes d'être de ses disciples. Heureux sommes-nous si nos coeurs s'ouvrent petit à petit à l'universalité. Préférer le Seigneur à tout autre, ce n'est pas pour autant renier, car renier père et mère, c'est aussi renier le Seigneur car la Loi demeure et il est écrit: "Honore ton père et ta mère".
Quelle que soit notre condition, il s'agit donc de préférer le Seigneur, et de considérer la volonté du Père en toutes choses: nous n'en aimerons que mieux nos proches, tout en nous ouvrant à autrui.