http://fr.gloria.tv/?video=fgp709ppbeeetmgi8vny
J'espère que François-Xavier nous expliquera comment il se positionne par rapport à tout cela.
Wanderer




Je suis en train de lire "L'Imitation de Jésus Christ", ouvrage très célèbre mais anonyme.Olivier JC a écrit :Je rejoint votre analyse. Au fond, c'est toujours le même problème : on s'imagine que ce qui se faisait "avant" était parfait et que les siècles ont tout fichu par terre.

Il est vrai que ces "spécialistes" ne chantent pas pendant l'office sur la vidéo. Cela ne nous dispense pas de nous interroger sur le fond, sur la recherche qu'ils ont entrepris. D'ailleurs, sachez que parmi les "spécialistes", certains chantent à la messe. Ce qui importe, c'est la question du rythme, de l'ornementation. Est-ce la bonne façon d'interpréter le chant grégorien? Voilà la question qui m'intéresse. Or sur ce point, on voit que les moines ne sont pas du tout braqués face aux découvertes des spécialistes, bien au contraire. Solesmes vient d'éditer un livre qu'on nomme le triplex (sauf erreur de ma part). C'est un livre qui combine la notation carrée et la notation rythmique plus ancienne qui a été retrouvée, la sémiologie comme on dit pour faire savant.Boris a écrit :Une grande partie de la vidéo est consacré à l'opposition entre le chant monastique et le chant des spécialistes.
Je trouve que ces spécialistes ressemblent plus à des archéologues, travaillant sur une nature morte, alors qu'à l'opposé, les liturges utilisent un élément vivant.
La Mère Abbesse d'Argentan le dit très bien : le chant grégorien est pour l'Eglise un élément constitutif du culte. D'ailleurs tous les passages de la vidéo où nous entendons les mines ou les moniales sont pris pendant des Offices ou pendant la Messe.
A l'inverse, aucun passage du chant des archéologues n'est extrait d'un moment Liturgique.
Alors que la présentation du début le dit clairement : le chant grégorien est un chant avant tout Liturgique et Vatican II a lourdement insisté en une courte phrase sur ce point : c'est le chant propre de la Liturgie romaine.
Il y a pour moi une dénaturation à sortir le grégorien de la Liturgie. Personnellement, je n'aime pas le grégorien par goût artistique mais parce que c'est le chant de la Liturgie Romaine est que je suis de rite romain.
Dom Gajard qui a dirigé le choeur de Solesmes n'aurait jamais utilisé la méthode qui porte son nom (avec dom Moquereau), je n'y crois pas beaucoup. Cette méthode s'est peu à peu transmise, elle est connue de beaucoup de paroissiens et est toujours pratiquée et enseignée par la schola saint Grégoire. Que voulez-vous dire au juste?Boris a écrit : Par contre, dans la vidéo, il y a des passages presque ridicules : lorsque la dame parle de la méthode "de Solesmes" qu'elle dit bien connaître, visiblement, elle ne semble pas avoir que cette méthode ne fut jamais utilisée à Solesmes.
Quand on retrouve de nouveaux manuscrits pour la liturgie, vous approuvez. Par contre, quand c'est en grégorien, non. J'ai du mal à comprendre votre pensée.Boris a écrit : Néanmoins, dans ce livre qui date du moyen-age, on trouve déjà des critiques disant que "avant" c'était mieux, que le siècle est vraiment terrible et non religieux, ...
Enfin bref, toutes les critiques que nous formulons de nos jours.


Au début, on se trompe aussi avec un 800, cela ne veut pas dire qu'il est impossible de faire ce qui est écrit. Qu'il y ait un grand nombre de symboles est une richesse, même s'il faut faire des efforts pour tout assimiler. Il n'y a aucune méthode et aucune musique avec laquelle on ne fait pas de faute.Boris a écrit : Pour le Triplex, cela fait déjà un bon moment qu'il existe. Son but est l'étude sémiologique effectivement, et non le chant.
Essayez de chanter avec un Triplex en main : bien souvent la partition est illisible !
Lorsque je chantais avec François-Xavier, j'ai remarqué qu'il se trompait dans certaines pièces parce que justement le grand nombre de symboles masquaient le point au bout d'un punctum ou d'une virga.
Que la méthode de Solesmes ait des limites, c'est une chose (que j'admets tout à fait), qu'elle n'ait jamais été appliquée, c'en est une autre. Je ne suis pas du tout un fervent défenseur de cette méthode, mais je trouve qu'une fois de plus, vous présentez les choses à la hâte et avec imprécision. C'est d'autant plus désagréable que vous manifestez beaucoup d'assurance et vous vous permettez de juger du travail de musicologues qui ont des compétences certaines... Vous devriez faire preuve de plus d'ouverture d'esprit selon moi et surtout de PATIENCE, prenez votre temps avant de juger de tout, on a le droit de réfléchir dans la vie!Boris a écrit : Pour la méthode de Solesmes, demandez-leur, vous serez surpris de la réponse !
Dom Gajard a publié cette méthode pour donner un point d'entrer aux grands débutants, comme vous et moi par exemple.
Il s'agit de la fameuse méthode de comptage 1-2, 1-2-3. Or les moines de Solesmes ne respectent pas le comptage, si vous écoutez attentivement leurs CD, même ceux de Dom Gajard.
Il faut bien avoir en tête que l'écriture musicale suit le chant et non l'inverse ! L'écriture tente de reproduire le chant entendu pour avoir un aide-mémoire.
Solesmes essaye depuis Dom Guéranger de faire "machine arrière" : à partir d'une "prise de notes" succincte, retrouver le chant.
C'est pour cela qu'il n'y a pas de méthode de Solesmes car à chaque découverte, il faut modifier la façon de chanter.
La méthode de comptage trouve vite ses limites : prenez le Salve Regina forme simple, la phrase "illos tuos (misericordes oculos)". Il y a un épisème vertical et un horizontal sur les dernière syllabes : alors 1er temps ou temps allongé ?
Idem dans le Credo III : seule la phrase "Et expécto resurrectiónem mortuórum" voit une cohérence entre les épisèmes et les accents latins.
Qui nie qu'il y a plusieurs interprétations possibles? Vous peut-être qui jugez de la qualité liturgique d'une façon de chanter, mais certainement pas les moines ni les spécialistes de cette vidéo. La méthode de Solesmes a bien des défauts, je le reconnais. Son mérite est de nous aider à chanter ensemble. Y a-t-il autre chose qui nous soit proposé? C'est là le problème des sémiologues à mon avis. Pour l'instant, la sémiologie n'est pas vulgarisée et c'est sa limite. Je suis néanmoins certain que cela viendra. En attendant, quand on forme un choeur, on a besoin d'unité et donc de points de repère. Una voce.Boris a écrit : Enfin, sur l'histoire des manuscrit retrouvés : Dom Saulnier dit très clairement qu'il n'y a pas d'unité "extrême" sur la manière de chanter le grégorien. Donc chercher un chant unique et authentique n'est pas possible. Ce sont quasiment ses termes dans la vidéo. Il faut accepter qu'il y ait plusieurs interprétations différentes : cela s'appelle l'inculturation.
Il s'agit d'une opposition passéiste car les deux tendances échangent de plus en plus. Je me demande d'ailleurs où vous vous situez, critiquant la méthode de Solesmes qui est limitée et fustigeant le travail des sémiologues aliturgistes. Seul contre tous? Quand j'entends un sémiologue intégriste, je comprends qu'il s'oppose à la méthode de Solesmes et inversement. Mais vous, je ne comprends pas votre position.Boris a écrit : En conclusion, 2 choses :
- je trouve que la vidéo présente un parti pris d'archéologues non liturges et encore moins liturgistes
Le grégorien est un chant sacré, pas un chant populaire (!?!?). Il peut être repris par l'assemblée, mais cela n'est pas une obligation. La sémiologie n'apporte pas de grandes modifications pour l'ordinaire et de toute façon, je ne connais pas une seule paroisse où on apprenne la sémiologie aux paroissiens. Elle peut en revanche être une piste intéressante pour le choeur qui s'occupe de l'ordinaire.Boris a écrit :
- il ne faut pas oublier que le chant grégorien est un chant populaire, donc inchantable à la façon des spécialistes de la vidéo. Chantez le Credo ou le Gloria comme eux et plus personne dans l'assemblée n'osera vous faire l'alternance ! C'est la réalité vivante du chant grégorien par opposition à l'archéologie.

Ce que nous entendons habituellement chanter partout est souvent à des kilomètres de la partition, nous sommes d'accords sur ce point.Salve régina
3 sur le i de illos avec la note pointée qui précède puis 1,2 1,2 jusqu'à la fin de la phrase. Surtout pas de temps long sur le os de oculos comme on fait tout le temps, un allongement très léger, c'est tout. (enfin c'est mon avis)
Lorsque nous dépassons le stade du débutant, alors nous pouvons entrer dans des considérations plus complexe : prendre appuie à la fois sur le comptage et à la fois sur la phrase latine (accents latins et sens de la phrase).cette méthode pour donner un point d'entrer aux grands débutants, comme vous et moi par exemple.

Je ne sais pas si vous reproduisez fidèlement sa pensée. Peut-être que oui après tout. Ce qui est sûr, c'est que je ne comprends pas trop la cohérence entre:Boris a écrit :Wandrer, je ne fais que vous transmettre ce que Dom Saulnier nous a dit lors de ses conférences.
Maintenant, si vous voulez vous opposer à Solesmes même .... libre à vous.
Sauf erreur de ma part (et de mon livre de chant), l'accent d'oculos est sur o, donc il n'y a pas de problème.Boris a écrit : Par
contre, si nous comptons, nous avons alors un 1er temps sur l'accent de
"misericordes" et idem sur "oculos". Il y a donc opposition entre le
comptage et la phrase latine.
Pourquoi n'y aurait-il pas de méthode? Il y a bien des méthodes pour faire le plan tonal dans une cantate de Bach ou dans une sonate de Beethoven. Pourquoi n'y aurait-il pas une méthode pour nous aider à chanter le grégorien? Je trouve votre affirmation péremptoire.Boris a écrit : Il n'y a pas une méthode pour chanter grégorien mais la découverte de
plusieurs éléments se chevauchant. Ainsi une même pièce nécessitera de
notre part de faire appel à plusieurs des ces éléments en différents
endroits de la pièce afin de la chanter joliment.

C'est justement ce que j'essaie de vous dire : il n'y a pas de méthode meilleure qu'une autre, elles se complètent.wanderer a écrit :La seule chose que j'aurais aimée, c'est lire des arguments à l'appui de telle ou telle méthode et c'est ce que je ne trouve pas dans ce fil pour le moment.

J'ai pourtant l'impression que la "méthode des musicologues" vous hérisse un peu cher BorisBoris a écrit : C'est justement ce que j'essaie de vous dire : il n'y a pas de méthode meilleure qu'une autre, elles se complètent.
Je n'ai fait qu'une semaine de méthode de Solesmes, mais de ce que j'ai compris, l'ichtus marque le temps fort. Ai-je à ce point rien compris?Boris a écrit : Pour oculos : à la fois nous avons l'accent sur le premier "O" et en même temps un épisème vertical, donc un premier temps, donc un temps "faible", ce qui est opposé à la notion d'accent latin.
C'est là qu'il faut savoir prendre de la distance avec le comptage pour respecter ce qui prime : le mot latin.
Personnellement, je ne suis crispé sur aucune méthode puisque je n'en utilise aucune. Néanmoins, je trouve que dès qu'il s'agit de chanter à plusieurs, ce serait bien utile d'en avoir une. C'est aussi pour cela que je me renseigne.Boris a écrit : Il faut toujours garder en mémoire que la notion de méthode est une invention "moderne" : moins de 200 ans !
C'est pour cela qu'elles ont toutes leur limite et c'est pour cela qu'il ne faut pas être crispé sur une méthode ou une autre mais plutôt savoir les utiliser à bonne escient l'une après l'autre, même au sein d'une même pièce.

Et vous avez suivi cette méthode ... à Solesmes ?wanderer a écrit :Je n'ai fait qu'une semaine de méthode de Solesmes, mais de ce que j'ai compris, l'ichtus marque le temps fort. Ai-je à ce point rien compris?
C'est là qu'intervient un chef de choeur ou maître de chapelle : laissons-lui le soin de préparer la travail à faire sur les pièces pour bien les chanter.wanderer a écrit :Personnellement, je ne suis crispé sur aucune méthode puisque je n'en utilise aucune. Néanmoins, je trouve que dès qu'il s'agit de chanter à plusieurs, ce serait bien utile d'en avoir une. C'est aussi pour cela que je me renseigne.
Ce qui me hérisse, c'est la manière dont la vidéo oppose ce travail avec le chant monastique, en disant clairement à un moment de la vidéo que les moines et moniales sont à coté de la plaque !wanderer a écrit :J'ai pourtant l'impression que la "méthode des musicologues" vous hérisse un peu cher Boris

Non, à la schola saint Grégoire à Montligeon. C'était très convivial. Je n'ai pas d'avis sur la qualité de l'enseignement mais l'ambiance était extraordinaire. En plus vous aimeriez, la FORM tous les jours sauf un, entièrement en latin et grégorien, un aumônier extraordinaire, etc...Boris a écrit : Et vous avez suivi cette méthode ... à Solesmes ?
Il n'y a pas de maître de chapelle dans ma paroisse. Je me forme dans le but de le devenir peut-être un jour. La personne qui s'occupe des chants est encore moins compétente que moi, mais je crois qu'elle ne s'en rend pas compte.Boris a écrit : C'est là qu'intervient un chef de choeur ou maître de chapelle : laissons-lui le soin de préparer la travail à faire sur les pièces pour bien les chanter.
Je n'ai rien entendu de tel. A quoi faites-vous allusion?Boris a écrit : Ce qui me hérisse, c'est la manière dont la vidéo oppose ce travail avec le chant monastique, en disant clairement à un moment de la vidéo que les moines et moniales sont à coté de la plaque !
On peut chanter le commun de façon basique et le propre autrement avec un petit choeur constitué. De plus, combien même les gens ne chanteraient rien, le grégorien pourrait avoir la première place...Boris a écrit : Ensuite, encore une fois, je vous mets au défi de chanter comme ces musicologues dans une paroisse avec une schola paroissiale.
Avec la Schola Saint Maur de François-Xavier, nous avons fait chanter la liturgie des heures à des paroisses non-habituées au grégorien.
Avec une façon de chanter de type monastique, cela se passe assez bien.
S'il faut faire une étude avancée des neumes de St Gall, c'est infaisable. Dans ce cas, comment suivre l'ordre du Concile de donner la première place au grégorien ?
Oui, je les ai déjà vus faire!Boris a écrit : Autre question à propos de ces musicologues : peuvent-ils déchiffrer à vue une partition d'un chant qu'ils ne connaissent pas à l'avance ?

No comment.wanderer a écrit :Non, à la schola saint GrégoireBoris a écrit :Et vous avez suivi cette méthode ... à Solesmes ?
Il faut participer aux stages de grégoriens à Nantes avec M. Maurice Tillie et acheter son livre "Le Chant grégorien redécouvert".wanderer a écrit :Je me forme dans le but de le devenir peut-être un jour.
Il faut tout de même être cohérent entre ce que chante le chœur et le petit chœur : il faut qu'il y ait continuité.wanderer a écrit :On peut chanter le commun de façon basique et le propre autrement avec un petit choeur constitué. De plus, combien même les gens ne chanteraient rien, le grégorien pourrait avoir la première place...
Bien.wanderer a écrit :Oui, je les ai déjà vus faire!
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