Utilisateur_999 a écrit : ↑ven. 09 janv. 2026, 20:02
C'est intéressant et dites nous du coup en quoi un auto-aboutissement serait-il dangereux ?
Nous sommes corps (animal) et âme (divin), pourquoi diaboliser la partie animale qui est en nous ?
Bonjour Utilisateur,
j'ai parlé, peut-être maladroitement, d'un "auto-accomplissement de soi-même",
formule que j'ai improvisée pour montrer qu'un certain accomplissement de soi pouvait éventuellement être dangereux, c'est vrai.
Mais pas systématiquement. Le plaisir, quel qu'il soit, ce que vous appelez notre partie animale,
tout ça n'est pas mauvais : en soi, c'est très bon, comme le dit prodigal.
Le danger arrive quand cet accomplissement nous fait replier sur nous même.
Le succès est un "auto-accomplissement", la richesse, la popularité, la gloire, le pouvoir ...
Et tout ça peut aisément conduire à l'orgueil.
Le plaisir des sens, notre "partie animale", n'ont rien de mal.
Chez nous, ça peut juste virer à l'addiction, la luxure, la paresse, etc.
Si nous parlons d'une "mini jubilation", de "satisfactions intellectuelles qui se font sans pour autant vouloir se drapper dans une forme de fierté hautaine", alors nous restons précisément dans le domaine de ce qui est bon. Le danger dont il est question, c'est bien quand ces jubilations grossissent, et provoquent la fierté hautaine.
Détromper-vous, quand je vois parfois ma chienne se rouler dans l'herbe en gémissant de plaisir sans aucune raison, je n'ai pas trop de doute. Peut-être réduisez-vous un peu vite la animaux à seulement survivre et se reproduire (ce qui, entre autre, est aussi notre cas entre parenthèses !)
Vous avez raison. Les animaux ont du plaisir, c'est évident.
Je mettais surtout en doute l'idée qu'ils soient à la
recherche de plaisir, qu'ils soient tout le temps en quête de satisfaction des sens.
C'est en ce sens que je suggérais qu'ils ont des impératifs plus graves, auxquels ils ne dérogent pas.
D'autant que nombre de races animales recherchent aussi tout à fait autre chose, à travers les liens sociaux.
Bref, pour moi les plaisirs ne font pas de nous des animaux. Ce n'est pas tout ce que nous partageons avec eux.
Le danger dont je parlais, ce n'est pas de devenir des animaux. C'est de nous détourner de Dieu.
La sagesse évangélique tient pour beaucoup dans les béatitudes :
"Heureux les pauvres d'Esprit, heureux ceux qui pleurent
"Malheureux, vous les riches, les repus, vous qui riez : vous avez reçu votre récompense, etc"
Il nous est recommandé de nous savoir toujours pauvres, même si nous sommes, dans les faits, riches et chanceux : il nous faut considérer que tout nous vient de Dieu, même si nous avons à le faire fructifier, c'est pour Lui.
Alors il ne s'agit pas de "dénigrer systématiquement toute forme d'aboutissement acquise par nous même", mais de rester vigilant sur ce à quoi Dieu nous appelle. Et ce n'est pas à la richesse, ou au succès. C'est à l'amour, et l'amour, c'est donner, tout donner, jusqu'à se donner soi-même.
(j'en profite pour exprimer que j'ai moi même encore bien du chemin pour y arriver, et que je recherche, tout comme vous sans doute, ma part de plaisir et de satisfaction)