Bonjour et sainte année 2026 à chacun,
Utilisateur_999 a écrit : ↑mer. 31 déc. 2025, 18:41
Xavi a écrit : ↑mer. 31 déc. 2025, 15:02
Il me semble qu’il n’est pas justifié d’opposer a priori «
récit métaphorique » et «
faits historiques ».
Pour essayer de reconstituer concrètement un déroulement de faits historiques probables, je ne suis pas sûr pourtant que le langage métaphorique soir le plus adapté, contrairement à un langage plus prosaique.
Bien sûr !
Mais, la première écriture humaine (sumérienne) était pictographique et faite d’images.
Les premiers humains n’avaient pas à leur disposition un langage écrit prosaïque comme le nôtre et ils n’ont pu d’abord transmettre qu’une tradition orale et des images pour relater leur propre histoire et, a fortiori, le péché originel qui fut essentiellement un événement spirituel immatériel. Avec la meilleure volonté du monde, comment se représenter un arbre «
de la connaissance » ce qui est immatériel, comment se représenter un péché originel qui a blessé le coeur de l'humain ?
Bien avant Abraham et Moïse, les Sumériens se transmettaient déjà des images gravées dans des cylindres qui permettaient de les reproduire à volonté dans de l’argile fraiche comme le font des rouleaux d’imprimerie sur du papier.
Si l’on prend le premier récit au commencement de l’histoire, celui-ci a pu être écrit d’abord d’une manière similaire au fameux cylindre de la Tentation exposé au British Museum et daté de la fin du troisième millénaire avant Jésus-Christ (cf. ci-dessous) :
N’imaginons pas trop vite l’écriture antique sur le modèle de notre écriture faite de mots très précis rassemblés en phrases transcrivant strictement un langage oral et totalement détachables de son expression orale.
Dans le récit de la Genèse, il est, par exemple, difficile de se représenter concrètement et historiquement, le «
serpent » qui parle car un texte bilingue de l’époque sumérienne montre que là où l’écriture la plus ancienne mentionne le mot «
serpent », sa traduction en akkadien traduit «
comme un serpent » (cf. L’
Angim dimma, n° 143).
Utilisateur_999 a écrit : ↑mer. 31 déc. 2025, 18:41
Voulez-vous dire que si sa foi est fragile, mieux vaut-il qu'il ne s'aventure pas trop vers des réflexions qui apporteraient une distanciation "dangereuse" pour le croyant qu'il est ?"
La distanciation qui est dangereuse pour tous (car notre foi humaine à tous est fragile) c’est celle de celui qui pense pouvoir s’aventurer «
seul » dans sa compréhension sans s’appuyer fermement sur la foi de l’Église.
Fabrielle a écrit : ↑mer. 31 déc. 2025, 22:31
Moi particulièrement je place la Bible comme autorité et comme seul support (je dirais) qui contient l'absolue vérité que Dieu a voulu nous laisser à portée de main. Ceci étant, chaque fait, chaque histoire qui y est relaté, pour moi est vrai et cela ne devrait pas porter à débat.
Depuis des millénaires, Dieu n'a cessé de nous donner d'éléments crédibles attestant que sa Parole contenue dans la Bible est vraie et méritée d'être crue en l'état.
Il a vraiment créé le monde comme il y est dit.
C’est un résumé du principe protestant
Sola scriptura.
Hélas, c’est un point de vue qui confond sans aucune distinction ce que le lecteur comprend d’un texte et ce qu’un texte dit réellement. Attribuer au texte biblique la qualité de «
seul support » est trompeur car, en réalité, cela n’attribue pas réellement l’autorité à la Bible elle-même mais à la compréhension qu’en a chaque lecteur, faisant ainsi de chacun l’autorité en dernier ressort sur ce que dit réellement la Parole de Dieu, alors même qu’autour de lui, ce lecteur «
seul » ne peut que constater beaucoup d’interprétations et de compréhensions différentes. Bien vite, il devra se rattacher à une tradition d’une communauté particulière qu’il aura rejointe ou attribuer orgueilleusement une autorité supérieure à son propre jugement en présence de toute controverse dans la compréhension de la Bible.
C’est ainsi que recommence pour chaque lecteur isolé le drame d’Ève dans le jardin d’Eden. Comme Ève, il médite seul cette question «
Dieu a-t-il vraiment dit ? » (Gn 3, 1) devant l’arbre de la connaissance et il croit que c’est en mangeant son fruit et en le mettant ainsi en lui-même qu’il va pouvoir connaître vraiment.
Il croit ainsi trouver en lui-même la meilleure réponse, en se persuadant que ce n’est pas la sienne, sa propre compréhension, mais que ce serait la vérité du texte lui-même.
Le libre examen de la parole de Dieu cherche à l’intérieur même de celui qui lit ce que signifie cette parole. Il abandonne la foi en une connaissance en dehors de lui. Il renonce à la conversion vers un autre que soi-même et se retrouve ainsi profondément «
seul ».
Il perd la richesse de l’Incarnation du Christ qui se prolonge dans son corps qu’est l’Église préservée depuis deux mille ans par une succession apostolique dont l’enseignement évite les dérives infinies des interprétations individuelles ou particulières. Ne pas croire en l’Église visible rassemblée autour du successeur de Pierre, ne pas faire un seul corps avec elle, c’est placer sa propre possibilité de conversion dans une impasse où, au lieu de se tourner (se convertir) vers un autre que soi, selon l’appel du Christ «
Convertissez-vous », chacun n’a plus d’autre secours que lui-même lorsqu’il cherche à comprendre ce que Dieu «
a vraiment dit ».
Utilisant un langage humain inévitablement imprécis et dépendant de tout le contexte individuel et social dans lequel il a été écrit, chaque texte biblique comme tout autre texte, est toujours compris de manière particulière par chaque lecteur qui a une maîtrise et une compréhension personnelles du langage utilisé, selon sa propre formation. C’est vrai a fortiori lorsqu’il lit la Bible dans une traduction elle-même influencée par la compréhension individuelle du traducteur.
Si pour l'essentiel, le Seigneur lui-même n’était pas le garant de l’infaillibilité de la compréhension adéquate de la Bible dans l’enseignement de son corps qu’est l’Église, nous serions seuls au monde. Mais, heureusement, Il reste avec nous tous les jours jusqu’à la fin des temps (Mt 28, 20).
Cette question du
Sola scriptura est longuement développée dans un fil de la section Apologétique de notre forum :
https://www.cite-catholique.org/viewtopic.php?t=42830