Bonjour Fernand,Fernand Poisson a écrit : ↑mer. 30 juil. 2025, 15:30 Je crois que vous vous emballez un peu.
Monseigneur ne légitime probablement pas l'avortement. Le plus crédible est simplement qu'il veut dire que la loi allemande actuelle est un moindre mal par rapport au fait que des femmes mettent leur vie en danger en avortant clandestinement. (Lorsque je parle de "moindre mal" je pense bien à la loi, et non à l'acte lui-même.)
Une position discutable mais qui peut s'entendre d'un point de vue catholique.
Votre intervention a le mérite de permettre de poser le débat là où il se situe, si on la prend au mot.
Ainsi, ce prélat situerait-il la question au niveau de l’acte seul, une fois qu’il a été décidé, et propose qu’il soit meilleur qu’il n’entraîne aucune conséquence dommageable pour la femme.
En cela il aurait raison et l’Eglise serait d’accord et applaudirait des 2 mains.
C’est bien cela ?
La femme qu’il défend, en revanche, se battrait pour que l’avortement soit possible même après une durée plus longue de gestation. Ce qui suppose de faire intervenir quoi de plus ?
Rien, puisqu’il ne s’agit toujours que de l’acte et de « la santé de la mère ».
Mais tout cela oublie ce que la science à présent reconnaît, concernant qui est le fœtus et cela dès la conception. Simplement qu’il est admis que la libre décision de la femme prime sur le sort du fœtus, peu importe selon quelles considérations.
En fait pas tout à fait, car je remarque que les plus hautes études de morale aboutissent et servent à ce que l’on parvienne à justifier des actes qui sinon, seraient sans réflexion moralement blâmable.
Curieux, non ?
Et si vous arrivez à prouver le contraire, à savoir que le réflexe premier était juste, eh bien c’est que vous vous êtes trompé et que vous devez avoir commis une erreur quelque part, même si ce n’est pas démontrable !
Tout cela oublie qu’avant l’acte, il y a la décision libre et volontaire de le commettre.
Désormais, une femme qui apprend être enceinte, n’a plus besoin de penser ce qui lui arrive et de se l’approprier. Cela a été fait pour elle : il lui suffit de décider d’avorter, puisque c’est permis et fréquent, elle n’ a même pas à y penser, juste à entreprendre les démarches, prendre RDV, et un autre qu’elle le fera à sa place !
Il suffit qu’elle n’ait pas eu le désir d’un enfant jusque-là et qu’elle le manifeste !
Autrement dit, elle aura « planifié sa vie », même par défaut, selon son bon plaisir en tenant compte de la loi, et se déresponsabilisera totalement des conséquences de ses actes. Du moins s’y essayera et y réussira… Car il n’est plus question depuis longtemps d’évoquer une dysformation du fœtus, un manque de ressources matérielles, un « partenaire » inadéquat, etc.
Il suffit de n’en avoir pas eu le désir !
- Si je roule avec ma voiture sur une route où il y a des passages piétons, et qu’une femme traverse devant moi hors de ces passages, comme cela n’est pas prévu par la loi je peux ne pas l’éviter et l’écraser, car je n’ai pas le désir de freiner ni de tourner mon volant, la route m’en donne le droit… ??????????!!!!!
Ne serai-je pas quand même estimé responsable et ne devrais-je pas prouver que je ne pouvais pas l’éviter ?
Bizarre, non ?
Comment a-t-on pu en arriver à l’estimer normal, ce désir, quand on se retrouve enceinte !Dans l’ancien testament, quand il sera dit par Yhwh que nulle femme n’avortera (exode, 23 : 26), ce sera comme l’expression d’une bénédiction et qui n’envisagera même pas que puisse en exister le désir – d’avorter !
Ne conviendrait-il pas de mieux réfléchir (1) à ce qu’est et ce que signifie, ce que suppose cette « planification », et si nous ne nous donnons pas des droits abusifs !?
La foi qui donne à Dieu une place dans le processus conduit obligatoirement à une position clairement différente sur cette « planification », cette « liberté de décision » du moins pour tous ceux qui croient et donc ceux qui les représentent.
- Compte tenu de son haut niveau, qu’un tel prélat désavoue plusieurs de ses pairs sans les consulter, sans expliquer cette distinction morale qu’il fait (ou plutôt s’abstient de faire) pour s’en justifier, se contentant de lancer une telle contradiction, moi je dirai que si un pape le rend pour l’exemple à l’état laïc, il l’aura bien cherché car il se sera montré démissionnaire !
Car il ne s’agit pas d’un propos improvisé, donné dans l’urgence ou sous l’effet de la surprise !
- J’écris cela sans préjuger de ce que l’avis de prélats catholiques puisse encore influencer le sort de nominations civiles, ce qui pour le moins et dans le cas présenté est étonnant pour un Français ! En tout cas, cela ne devrait en rien influencer leur position qui se doit de rester celle de l’Eglise quand cela est possible et qu’ils se prononcent, ce qui était me semble-t-il le cas.
Si oui et si cela intéresse, j’y ajouterai bien une petite démonstration qui répondrait à celle en sens inverse donnée (un livre paru) dans le cadre des élections présidentielles du pays le plus en vue de toute notre planète, en octobre 2024, par l’épouse d’un candidat qui fut déjà président et sera élu. Car il s’y retrouve condensée toute la fatuité prétendument philosophique et morale des pro avortement, sans faire preuve en cela ni de courage, ni d’une originalité de pensée, ni d’une hauteur morale justifiant de donner cet avis qui relève de poncifs féministes qui déshonorent soit l’amour, soit la femme.
Nous, catholiques fidèles, sommes des huluberlus qui ne sont plus dans l'air du temps, et devrions "circuler" car il n'y a rien à voir... Un peu comme dans ce comte d'Andersen où le roi est nu et où nous sommes les seuls à le voir...


