Je le cite dans l'ouvrage "Lexique des termes ambigus et controversés sur la famille, la vie et les questions éthiques" du Conseil Pontifical pour la Famille.
Article : Tolérance et inquisition laïque (pp.927-931)
Dans un exemple, Mgr Schooyans montre que sous prétexte de "droits de l'homme", cette tolérance vide en réalité les bases de ces "droits de l'homme" puisque la tolérance dénie à quiconque de définir le Bien et le Mal, donc les droits de l'homme.(...)
Ces développements résultent de l'affirmation de plus en plus claire de l'autonomie des individus, de leur conception de la liberté de pensée, du "rejet de tout dogme" (entendez de toute vérité révélée, y compris de la possibilité de celle-ci), de toute autorité. Ils résultent également du scepticisme ou de l'agnosticisme philosophique : à partir du moment où nul n'est en mesure de connaître le vrai et le bien, chacun doit respecter les opinions et les décisions des autres. La tolérance ainsi conçue implique évidemment un relativisme moral, dont l'individu peut sortir en choisissant - "en totale liberté" - ce qui lui plaît, ce qui lui fait plaisir, ce qui lui est utile.
Cette tolérance, qu'on peut appeler doctrinale, doit cependant être distinguée de la tolérance civile : celle-ci a pour objet, non des positions philosophiques ou morales, mais des hommes et des femmes concrets, que je dois respecter quelles que soient leurs opinions.
Ensuite il montre comment cette tolérance doctrinale nie l'homme : la déclaration des droits de l'homme de 1948 définit le droit à la vie. Mais sous principe de tolérance, on a voté la loi de 1975 contre la vie. C'était une dérogation. Mais en étant une loi, elle devient un droit.(...)
En raison même de l'agnosticisme qu'elle implique, la tolérance doctrinale avec le relativisme qu'elle entraîne finit donc tôt ou tard par déboucher sur l'intolérance civile. En effet, si selon ma conception de la morale, je puis exploiter, exclure ou éliminer qutrui, les autres doivent faire preuve de tolérance à mon égard et admettre que j'exploite autrui. Il n'y a plus de repères, puisqu'il n'y a plus de bases ; il n'y a plus d'interdits, puisqu'il n'y a plus rien à transgresser ; il n'y a plus de prescrits, puisqu'il n'y a plus de devoirs. Prétendre que la tolérance civile est possible là où toutes les affirmations sont aussi vraies, ou fausses, les unes que les autres, c'est mettre en question la raison humaine alors même qu'on prétend l'exalter ; c'est nier la sociabilité de l'homme et, à bref délai, le renvoyer dans la jungle.
Nous avons donc d'un coté le "droit à la vie" dans la déclaration de 1948 et le droit à non-vivre dans la loi de 1975 sans qu'aucune Raison ne soit choquée (sauf les véritables penseurs libres dont l'Eglise regorge).
Voilà pour moi ce qu'est la tolérance et où elle mène.
Au contraire, le message de l'Eglise dit que Jésus est la Vérité unique et inaltérable.
Donc que toutes les vérités ne se valent pas et par conséquent que la tolérance est une forme d'hérésie qui consiste à nier Dieu.
Mais comme le dit Mgr Schooyans, il ne faut pas confondre avec la tolérance civile qui nous oblige à respecter nos semblable "physiquement".
Prenons l'exemple de Nicolianor : il a beau professer hérésie sur hérésie, il continue à avoir accès à la Cité Catholique. Car malgré le faux qui est contenu dans les idées qu'il professe, en parallèle, il manifeste une démarche vraie d'argumentation et contre argumentation.
Il ne part en insultes de tout genre qui est la marque du manque d'argument. Et pour cela il mérite d'être respecter.
Ce respect n'implique pas (et heureusement) l'acceptation des idées qu'il professe.




