Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2015-2016)
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etienne lorant
- Pater civitatis

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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Se montrer digne de son baptême
Le jeudi de la 12e semaine du temps ordinaire
Deuxième livre des Rois 24,8-17.
Jékonias avait dix-huit ans lorsqu’il devint roi, et il régna trois mois à Jérusalem. Sa mère s’appelait Nehoushta, fille d’Elnatane ; elle était de Jérusalem. Il fit ce qui est mal aux yeux du Seigneur, tout comme avait fait son père. En ce temps-là, les troupes de Nabucodonosor, roi de Babylone, montèrent contre Jérusalem, et la ville fut assiégée.
Le roi de Babylone vint en personne attaquer la ville que son armée assiégeait. Alors, Jékonias, roi de Juda, avec sa mère, ses serviteurs, ses officiers et ses dignitaires, se rendit au roi de Babylone, qui les fit prisonniers. C’était en la huitième année du règne de Nabucodonosor.
Celui-ci emporta tous les trésors de la maison du Seigneur avec ceux de la maison du roi. Il brisa tous les objets en or que Salomon, roi d’Israël, avait fait faire pour le Temple. Tout cela, le Seigneur l’avait annoncé. Nabucodonosor déporta tout Jérusalem, tous les officiers et tous les vaillants guerriers, soit dix mille hommes, sans compter tous les artisans et forgerons : on ne laissa sur place que la population la plus pauvre. Le roi Jékonias fut déporté à Babylone avec la reine mère, les épouses royales, les dignitaires, l’élite du pays : tous partirent en exil de Jérusalem à Babylone. Tous les soldats, au nombre de sept mille, les artisans et les forgerons au nombre de mille, tous ceux qui pouvaient combattre, furent déportés à Babylone par le roi Nabucodonosor. Celui-ci fit roi, à la place de Jékonias, son oncle Mattanya, dont il changea le nom en celui de Sédécias.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 7,21-29.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !” qu’on entrera dans le royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux.
Ce jour-là, beaucoup me diront : “Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé, en ton nom que nous avons expulsé les démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ?” Alors je leur déclarerai : “Je ne vous ai jamais connus. Écartez-vous de moi, vous qui commettez le mal !”
Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison ; la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc. Et celui qui entend de moi ces paroles sans les mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a construit sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé, ils sont venus battre cette maison ; la maison s’est écroulée, et son écroulement a été complet. » Lorsque Jésus eut terminé ce discours, les foules restèrent frappées de son enseignement,car il les enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme leurs scribes.
Cy Aelf, Paris
Le dernier roi de Jérusalem s'est rendu sans même combattre. Il s'est rendu purement et simplement. En agissant ainsi, il a clairement manifesté qu'il n'aurait jamais dû régner. Sa royauté n'était vraiment qu'une imposture. Voici qui rejoint très simplement cette parabole de l'homme qui a bâti sa maison sur du sable, que la tempête a balayé et et emporté d'un seul coup.
Pour nous, la question est de savoir que les épreuves surviennent toujours, que personne n'est à l'abri du mal comme du malheur. Cependant, si la foi en nous est pure et sincère, elle ne faiblira pas devant l'épreuve.
Comme il arrive à beaucoup d'hommes après la cinquantaine, un soir, je suis tombé très malade : j'ai appelé un premier médecin, qui s'est trompé dans son diagnostic; une heure plus tard, du fait de la fièvre, j'ai appelé un autre médecin. J'ai donc payé deux fois. Ensuite, la fièvre augmentant encore, j'ai fait baisser la température de mon corps en prenant une douche et en manipulant progressivement le mélangeur pour passer de l'eau chaude à l'eau froide. C'est ainsi que j'ai pu faire baisser la fièvre, sortir, prendre ma voiture et me rendre à la pharmacie de garde avec ma prescription d'antibiotiques.
Et j'ai guéri... tout en gardant ce souvenir qu'aucun membre de ma famille n'est venu me voir à l’hôpital où j'ai demeuré plusieurs jours afin de subir la "batterie" d'examens que mon état réclamait. Le dernier jour, c'est une de mes connaissances de travail qui m'a reconduit chez moi. Je suis resté très attristé qu'en de telles circonstances seuls des étrangers à ma famille m'aient porté secours - mais je suis d'autant plus lucide et prudent.
Drôle de commentaire, me direz-vous. Mon témoignage est pourtant proche de l’Évangile de ce jour. Qui m'a inspiré de ne pas céder à la panique mais d'agir avec une volonté froide et déterminée pour accomplir tout ce qui devait l'être ?
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Deuxième livre des Rois 24,8-17.
Jékonias avait dix-huit ans lorsqu’il devint roi, et il régna trois mois à Jérusalem. Sa mère s’appelait Nehoushta, fille d’Elnatane ; elle était de Jérusalem. Il fit ce qui est mal aux yeux du Seigneur, tout comme avait fait son père. En ce temps-là, les troupes de Nabucodonosor, roi de Babylone, montèrent contre Jérusalem, et la ville fut assiégée.
Le roi de Babylone vint en personne attaquer la ville que son armée assiégeait. Alors, Jékonias, roi de Juda, avec sa mère, ses serviteurs, ses officiers et ses dignitaires, se rendit au roi de Babylone, qui les fit prisonniers. C’était en la huitième année du règne de Nabucodonosor.
Celui-ci emporta tous les trésors de la maison du Seigneur avec ceux de la maison du roi. Il brisa tous les objets en or que Salomon, roi d’Israël, avait fait faire pour le Temple. Tout cela, le Seigneur l’avait annoncé. Nabucodonosor déporta tout Jérusalem, tous les officiers et tous les vaillants guerriers, soit dix mille hommes, sans compter tous les artisans et forgerons : on ne laissa sur place que la population la plus pauvre. Le roi Jékonias fut déporté à Babylone avec la reine mère, les épouses royales, les dignitaires, l’élite du pays : tous partirent en exil de Jérusalem à Babylone. Tous les soldats, au nombre de sept mille, les artisans et les forgerons au nombre de mille, tous ceux qui pouvaient combattre, furent déportés à Babylone par le roi Nabucodonosor. Celui-ci fit roi, à la place de Jékonias, son oncle Mattanya, dont il changea le nom en celui de Sédécias.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 7,21-29.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !” qu’on entrera dans le royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux.
Ce jour-là, beaucoup me diront : “Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé, en ton nom que nous avons expulsé les démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ?” Alors je leur déclarerai : “Je ne vous ai jamais connus. Écartez-vous de moi, vous qui commettez le mal !”
Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison ; la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc. Et celui qui entend de moi ces paroles sans les mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a construit sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé, ils sont venus battre cette maison ; la maison s’est écroulée, et son écroulement a été complet. » Lorsque Jésus eut terminé ce discours, les foules restèrent frappées de son enseignement,car il les enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme leurs scribes.
Cy Aelf, Paris
Le dernier roi de Jérusalem s'est rendu sans même combattre. Il s'est rendu purement et simplement. En agissant ainsi, il a clairement manifesté qu'il n'aurait jamais dû régner. Sa royauté n'était vraiment qu'une imposture. Voici qui rejoint très simplement cette parabole de l'homme qui a bâti sa maison sur du sable, que la tempête a balayé et et emporté d'un seul coup.
Pour nous, la question est de savoir que les épreuves surviennent toujours, que personne n'est à l'abri du mal comme du malheur. Cependant, si la foi en nous est pure et sincère, elle ne faiblira pas devant l'épreuve.
Comme il arrive à beaucoup d'hommes après la cinquantaine, un soir, je suis tombé très malade : j'ai appelé un premier médecin, qui s'est trompé dans son diagnostic; une heure plus tard, du fait de la fièvre, j'ai appelé un autre médecin. J'ai donc payé deux fois. Ensuite, la fièvre augmentant encore, j'ai fait baisser la température de mon corps en prenant une douche et en manipulant progressivement le mélangeur pour passer de l'eau chaude à l'eau froide. C'est ainsi que j'ai pu faire baisser la fièvre, sortir, prendre ma voiture et me rendre à la pharmacie de garde avec ma prescription d'antibiotiques.
Et j'ai guéri... tout en gardant ce souvenir qu'aucun membre de ma famille n'est venu me voir à l’hôpital où j'ai demeuré plusieurs jours afin de subir la "batterie" d'examens que mon état réclamait. Le dernier jour, c'est une de mes connaissances de travail qui m'a reconduit chez moi. Je suis resté très attristé qu'en de telles circonstances seuls des étrangers à ma famille m'aient porté secours - mais je suis d'autant plus lucide et prudent.
Drôle de commentaire, me direz-vous. Mon témoignage est pourtant proche de l’Évangile de ce jour. Qui m'a inspiré de ne pas céder à la panique mais d'agir avec une volonté froide et déterminée pour accomplir tout ce qui devait l'être ?
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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Dieu fait grâce
Nativité de saint Jean Baptiste, solennité
Livre d'Isaïe 49,1-6.
Écoutez-moi, îles lointaines ! Peuples éloignés, soyez attentifs ! J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé ; j’étais encore dans les entrailles de ma mère quand il a prononcé mon nom.
Il a fait de ma bouche une épée tranchante, il m’a protégé par l’ombre de sa main ; il a fait de moi une flèche acérée, il m’a caché dans son carquois. Il m’a dit : « Tu es mon serviteur, Israël, en toi je manifesterai ma splendeur. » Et moi, je disais : « Je me suis fatigué pour rien, c’est pour le néant, c’est en pure perte que j’ai usé mes forces. » Et pourtant, mon droit subsistait auprès du Seigneur, ma récompense, auprès de mon Dieu. Maintenant le Seigneur parle, lui qui m’a façonné dès le sein de ma mère pour que je sois son serviteur, que je lui ramène Jacob, que je lui rassemble Israël. Oui, j’ai de la valeur aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force. Et il dit : « C’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob, ramener les rescapés d’Israël : je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. »
Livre des Actes des Apôtres 13,22-26.
En ces jours-là, dans la synagogue d’Antioche de Pisidie, Paul disait aux Juifs : « Dieu a, pour nos pères, suscité David comme roi, et il lui a rendu ce témoignage : J’ai trouvé David, fils de Jessé ; c’est un homme selon mon cœur qui réalisera toutes mes volontés. De la descendance de David, Dieu, selon la promesse, a fait sortir un sauveur pour Israël : c’est Jésus, dont Jean le Baptiste a préparé l’avènement, en proclamant avant lui un baptême de conversion pour tout le peuple d’Israël. Au moment d’achever sa course, Jean disait : “Ce que vous pensez que je suis, je ne le suis pas. Mais le voici qui vient après moi, et je ne suis pas digne de retirer les sandales de ses pieds.” » Vous, frères, les fils de la lignée d’Abraham et ceux parmi vous qui craignent Dieu, c’est à nous que la parole du salut a été envoyée. »
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1,57-66.80.
Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle. Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant. Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père. Mais sa mère prit la parole et déclara : « Non, il s’appellera Jean. » On lui dit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! » On demandait par signes au père comment il voulait l’appeler. Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Jean est son nom. » Et tout le monde en fut étonné. À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu. La crainte saisit alors tous les gens du voisinage et, dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événements. Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur cœur et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui.L’enfant grandissait et son esprit se fortifiait. Il alla vivre au désert jusqu’au jour où il se fit connaître à Israël.
Cy Aelf, Paris
Jean, dont le nom signifie "Dieu fait grâce". Cette fête, qui coïncide cette année avec l'annonce du "Brexit" a bouleversé l'intention première de notre prêtre pour son homélie. Car nous aussi, nous pouvons nous demander : "Qu'adviendra-t-il ?" de tout ce qui se passe en Europe de notre temps ?"
Or, "Dieu fait grâce", nous est-il annoncé ce matin. Le temps que nous vivons est rempli de bouleversements dont les media se font l'écho chaque jour ? Qui peut prétendre en avoir une vision globale ? Comme les proches de la famille
Nous sommes tous appelés à sortir de notre fatalisme. Zacharie et Elizabeth étaient devenus trop âgés pour encore concevoir un fils, c'était certain ! Et cependant, Dieu fait grâce. Nous, nous sommes du monde et si nous n'écoutons que le langage du monde, seul le pire est toujours à envisager.
Dans la soirée d'hier, comme je rentrais à pieds, j'ai été surpris par un éclair - qui aurait bien pu me tuer, puisque d'un coup je me suis retrouvé sur le sol. J'ai appris par la suite que l'éclair est tombé sur le paratonnerre de l'hôpital tout proche. Mais je n'ai vraiment réagi que de retour, sain et sauf, chez moi: mes mains se sont mis à trembler, mais je les ai placée sous de l'eau froide et je m'en suis senti bien. Dieu m'a fait grâce à moi aussi.
Pour mon avenir, comme les témoins de la naissance de Jean, je vais prendre patience, car je suis persuadé qu'au moment où je devrai quitter l'ancienne maison familiale, et lorsque ma famille sera totalement dispersée, je trouverai un refuge en ville, proche d'une église et, après de nombreux bouleversements, je serai dans la Paix, puis que Dieu fait grâce.
J'ai tout à fait conscience que ce partage est inhabituel - ce doit être dû fait que nous vivons des situations tout à fait inhabituelles - et je ressens que beaucoup d'autres que moi, une multitude même, vivent une situation inhabituelle.
Jésus, j'ai confiance en Toi !
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Livre d'Isaïe 49,1-6.
Écoutez-moi, îles lointaines ! Peuples éloignés, soyez attentifs ! J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé ; j’étais encore dans les entrailles de ma mère quand il a prononcé mon nom.
Il a fait de ma bouche une épée tranchante, il m’a protégé par l’ombre de sa main ; il a fait de moi une flèche acérée, il m’a caché dans son carquois. Il m’a dit : « Tu es mon serviteur, Israël, en toi je manifesterai ma splendeur. » Et moi, je disais : « Je me suis fatigué pour rien, c’est pour le néant, c’est en pure perte que j’ai usé mes forces. » Et pourtant, mon droit subsistait auprès du Seigneur, ma récompense, auprès de mon Dieu. Maintenant le Seigneur parle, lui qui m’a façonné dès le sein de ma mère pour que je sois son serviteur, que je lui ramène Jacob, que je lui rassemble Israël. Oui, j’ai de la valeur aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force. Et il dit : « C’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob, ramener les rescapés d’Israël : je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. »
Livre des Actes des Apôtres 13,22-26.
En ces jours-là, dans la synagogue d’Antioche de Pisidie, Paul disait aux Juifs : « Dieu a, pour nos pères, suscité David comme roi, et il lui a rendu ce témoignage : J’ai trouvé David, fils de Jessé ; c’est un homme selon mon cœur qui réalisera toutes mes volontés. De la descendance de David, Dieu, selon la promesse, a fait sortir un sauveur pour Israël : c’est Jésus, dont Jean le Baptiste a préparé l’avènement, en proclamant avant lui un baptême de conversion pour tout le peuple d’Israël. Au moment d’achever sa course, Jean disait : “Ce que vous pensez que je suis, je ne le suis pas. Mais le voici qui vient après moi, et je ne suis pas digne de retirer les sandales de ses pieds.” » Vous, frères, les fils de la lignée d’Abraham et ceux parmi vous qui craignent Dieu, c’est à nous que la parole du salut a été envoyée. »
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1,57-66.80.
Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle. Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant. Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père. Mais sa mère prit la parole et déclara : « Non, il s’appellera Jean. » On lui dit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! » On demandait par signes au père comment il voulait l’appeler. Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Jean est son nom. » Et tout le monde en fut étonné. À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu. La crainte saisit alors tous les gens du voisinage et, dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événements. Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur cœur et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui.L’enfant grandissait et son esprit se fortifiait. Il alla vivre au désert jusqu’au jour où il se fit connaître à Israël.
Cy Aelf, Paris
Jean, dont le nom signifie "Dieu fait grâce". Cette fête, qui coïncide cette année avec l'annonce du "Brexit" a bouleversé l'intention première de notre prêtre pour son homélie. Car nous aussi, nous pouvons nous demander : "Qu'adviendra-t-il ?" de tout ce qui se passe en Europe de notre temps ?"
Or, "Dieu fait grâce", nous est-il annoncé ce matin. Le temps que nous vivons est rempli de bouleversements dont les media se font l'écho chaque jour ? Qui peut prétendre en avoir une vision globale ? Comme les proches de la famille
Nous sommes tous appelés à sortir de notre fatalisme. Zacharie et Elizabeth étaient devenus trop âgés pour encore concevoir un fils, c'était certain ! Et cependant, Dieu fait grâce. Nous, nous sommes du monde et si nous n'écoutons que le langage du monde, seul le pire est toujours à envisager.
Dans la soirée d'hier, comme je rentrais à pieds, j'ai été surpris par un éclair - qui aurait bien pu me tuer, puisque d'un coup je me suis retrouvé sur le sol. J'ai appris par la suite que l'éclair est tombé sur le paratonnerre de l'hôpital tout proche. Mais je n'ai vraiment réagi que de retour, sain et sauf, chez moi: mes mains se sont mis à trembler, mais je les ai placée sous de l'eau froide et je m'en suis senti bien. Dieu m'a fait grâce à moi aussi.
Pour mon avenir, comme les témoins de la naissance de Jean, je vais prendre patience, car je suis persuadé qu'au moment où je devrai quitter l'ancienne maison familiale, et lorsque ma famille sera totalement dispersée, je trouverai un refuge en ville, proche d'une église et, après de nombreux bouleversements, je serai dans la Paix, puis que Dieu fait grâce.
J'ai tout à fait conscience que ce partage est inhabituel - ce doit être dû fait que nous vivons des situations tout à fait inhabituelles - et je ressens que beaucoup d'autres que moi, une multitude même, vivent une situation inhabituelle.
Jésus, j'ai confiance en Toi !
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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Fausse et véritable pratique
Le samedi de la 12e semaine du temps ordinaire
Livre des Lamentations 2,2.10-14.18-19.
Le Seigneur a englouti sans pitié tous les pâturages de Jacob ; dans son emportement, il a détruit les forteresses de la fille de Juda ; il a jeté à terre et profané le royaume et ses princes.Les anciens de la fille de Sion, assis par terre, se taisent, ils ont couvert leur tête de poussière et revêtu des toiles à sac ; elles inclinent la tête vers la terre, les vierges de Jérusalem. Mes yeux sont usés par les larmes, mes entrailles frémissent ; je vomis par terre ma bile face au malheur de la fille de mon peuple, alors que défaillent petits enfants et nourrissons sur les places de la cité.À leur mère ils demandent : « Où sont le froment et le vin ? » alors qu’ils défaillent comme des blessés sur les places de la ville et qu’ils rendent l’âme sur le sein de leur mère. Que dire de toi ? À quoi te comparer, fille de Jérusalem ? À quoi te rendre égale pour te consoler, vierge, fille de Sion ? Car ton malheur est grand comme la mer ! Qui donc te guérira ? Tes prophètes ont de toi des visions vides et sans valeur ; ils n’ont pas dévoilé ta faute, ce qui aurait ramené tes captifs ; ils ont de toi des visions, proclamations vides et illusoires. Le cœur du peuple crie vers le Seigneur. Laisse couler le torrent de tes larmes, de jour comme de nuit, muraille de la fille de Sion ; ne ’accorde aucun répit, que tes pleurs ne tarissent pas ! Lève-toi ! Pousse un cri dans la nuit au début de chaque veille ; déverse ton cœur comme l’eau devant la face du Seigneur ; élève les mains vers lui pour la vie de tes petits enfants qui défaillent de faim à tous les coins de rue.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 8,5-17.
En ce temps-là, comme Jésus était entré à Capharnaüm, un centurion s’approcha de lui et le supplia : « Seigneur, mon serviteur est couché, à la maison, paralysé, et il souffre terriblement. » Jésus lui dit : « Je vais aller moi-même le guérir. » Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. Moi-même qui suis soumis à une autorité, j’ai des soldats sous mes ordres ; à l’un, je dis : “Va”, et il va ; à un autre : “Viens”, et il vient, et à mon esclave : “Fais ceci”, et il le fait. »À ces mots, Jésus fut dans l’admiration et dit à ceux qui le suivaient : « Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi. Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des Cieux, mais les fils du Royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. » Et Jésus dit au centurion : « Rentre chez toi, que tout se passe pour toi selon ta foi. » Et, à l’heure même, le serviteur fut guéri. Comme Jésus entrait chez Pierre, dans sa maison, il vit sa belle-mère couchée avec de la fièvre. Il lui toucha la main, et la fièvre la quitta. Elle se leva, et elle le servait. Le soir venu, on présenta à Jésus beaucoup de possédés. D’une parole, il expulsa les esprits et, tous ceux qui étaient atteints d’un mal, il les guérit, pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe : ‘Il a pris nos souffrances, il a porté nos maladies.’
Cy Aelf, Paris
A l'occasion de l'enlèvement au ciel d’Élie, sur un chariot de feu (tel que l'Ancien testament l'a représenté), il avait été fait mention de l'instauration, par les membres de l'élite juive, d'une école de prophètes. Tout comme si la prophétie pouvait devenir une fonction commune au sein de l'organisation de la société. Mais évidemment, ne devient pas prophète qui veut: c'est d'une vocation qu'il s'agit, d'un appel de Dieu - qui en garde toute l'initiative.
Une fois de plus, la tentation de pouvoir "enrégimenter" Dieu, (de nos jours on parlerait d'une forme d"instrumentalisation" ), avait prévalu sur la piété, l'humilité, la charité.
Notre prêtre nous a d'ailleurs mis en garde : "Ce n'est pas une pratique impeccable de tous les sacrements de l’Église que l'on obtient le salut, mais il faut également pratiquer la miséricorde à l'extérieur, dans notre quotidien. Bref, comme on le constate de nouveau dans les textes de jour, de telles formes de croyance éloignent de Dieu plus qu'elles nous en rapprochent... Combien de catastrophes, individuelles ou collectives, ont eu pour origine un détournement de la foi ?
A l'extrême opposé, on trouve la foi du centurion romain. C'est un représentant de la puissance occupante. Sa démarche auprès de Jésus, une fois entreprise, suscite en lui-même une oraison toute remplie de confiance : "Dis seulement une parole, et mon serviteur sera guéri". Et sa demande est aussitôt exaucée. Aujourd'hui encore, à chaque eucharistie, l’Église toute entière fait mémoire de cette extraordinaire proclamation de foi.
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Livre des Lamentations 2,2.10-14.18-19.
Le Seigneur a englouti sans pitié tous les pâturages de Jacob ; dans son emportement, il a détruit les forteresses de la fille de Juda ; il a jeté à terre et profané le royaume et ses princes.Les anciens de la fille de Sion, assis par terre, se taisent, ils ont couvert leur tête de poussière et revêtu des toiles à sac ; elles inclinent la tête vers la terre, les vierges de Jérusalem. Mes yeux sont usés par les larmes, mes entrailles frémissent ; je vomis par terre ma bile face au malheur de la fille de mon peuple, alors que défaillent petits enfants et nourrissons sur les places de la cité.À leur mère ils demandent : « Où sont le froment et le vin ? » alors qu’ils défaillent comme des blessés sur les places de la ville et qu’ils rendent l’âme sur le sein de leur mère. Que dire de toi ? À quoi te comparer, fille de Jérusalem ? À quoi te rendre égale pour te consoler, vierge, fille de Sion ? Car ton malheur est grand comme la mer ! Qui donc te guérira ? Tes prophètes ont de toi des visions vides et sans valeur ; ils n’ont pas dévoilé ta faute, ce qui aurait ramené tes captifs ; ils ont de toi des visions, proclamations vides et illusoires. Le cœur du peuple crie vers le Seigneur. Laisse couler le torrent de tes larmes, de jour comme de nuit, muraille de la fille de Sion ; ne ’accorde aucun répit, que tes pleurs ne tarissent pas ! Lève-toi ! Pousse un cri dans la nuit au début de chaque veille ; déverse ton cœur comme l’eau devant la face du Seigneur ; élève les mains vers lui pour la vie de tes petits enfants qui défaillent de faim à tous les coins de rue.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 8,5-17.
En ce temps-là, comme Jésus était entré à Capharnaüm, un centurion s’approcha de lui et le supplia : « Seigneur, mon serviteur est couché, à la maison, paralysé, et il souffre terriblement. » Jésus lui dit : « Je vais aller moi-même le guérir. » Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. Moi-même qui suis soumis à une autorité, j’ai des soldats sous mes ordres ; à l’un, je dis : “Va”, et il va ; à un autre : “Viens”, et il vient, et à mon esclave : “Fais ceci”, et il le fait. »À ces mots, Jésus fut dans l’admiration et dit à ceux qui le suivaient : « Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi. Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des Cieux, mais les fils du Royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. » Et Jésus dit au centurion : « Rentre chez toi, que tout se passe pour toi selon ta foi. » Et, à l’heure même, le serviteur fut guéri. Comme Jésus entrait chez Pierre, dans sa maison, il vit sa belle-mère couchée avec de la fièvre. Il lui toucha la main, et la fièvre la quitta. Elle se leva, et elle le servait. Le soir venu, on présenta à Jésus beaucoup de possédés. D’une parole, il expulsa les esprits et, tous ceux qui étaient atteints d’un mal, il les guérit, pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe : ‘Il a pris nos souffrances, il a porté nos maladies.’
Cy Aelf, Paris
A l'occasion de l'enlèvement au ciel d’Élie, sur un chariot de feu (tel que l'Ancien testament l'a représenté), il avait été fait mention de l'instauration, par les membres de l'élite juive, d'une école de prophètes. Tout comme si la prophétie pouvait devenir une fonction commune au sein de l'organisation de la société. Mais évidemment, ne devient pas prophète qui veut: c'est d'une vocation qu'il s'agit, d'un appel de Dieu - qui en garde toute l'initiative.
Une fois de plus, la tentation de pouvoir "enrégimenter" Dieu, (de nos jours on parlerait d'une forme d"instrumentalisation" ), avait prévalu sur la piété, l'humilité, la charité.
Notre prêtre nous a d'ailleurs mis en garde : "Ce n'est pas une pratique impeccable de tous les sacrements de l’Église que l'on obtient le salut, mais il faut également pratiquer la miséricorde à l'extérieur, dans notre quotidien. Bref, comme on le constate de nouveau dans les textes de jour, de telles formes de croyance éloignent de Dieu plus qu'elles nous en rapprochent... Combien de catastrophes, individuelles ou collectives, ont eu pour origine un détournement de la foi ?
A l'extrême opposé, on trouve la foi du centurion romain. C'est un représentant de la puissance occupante. Sa démarche auprès de Jésus, une fois entreprise, suscite en lui-même une oraison toute remplie de confiance : "Dis seulement une parole, et mon serviteur sera guéri". Et sa demande est aussitôt exaucée. Aujourd'hui encore, à chaque eucharistie, l’Église toute entière fait mémoire de cette extraordinaire proclamation de foi.
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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien
Un chauffeur de bus de Glasgow est qualifié de héros par la presse britannique pour un geste tout simple, mais empreint d'humanité : il a stoppé son bus pour en descendre et venir aider un vieil homme à traverser la route. La vidéo de sa bonne action, filmée et diffusée sur Facebook par un passager, a été vue des dizaines de milliers de fois.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Le prêtre est un homme donné par Dieu
Le lundi de la 13e semaine du temps ordinaire
Livre d'Amos 2,6-10.13-16.
Ainsi parle le Seigneur : À cause de trois crimes d’Israël, et même de quatre, je l’ai décidé sans retour ! Ils vendent le juste pour de l’argent, le malheureux pour une paire de sandales.Ils écrasent la tête des faibles dans la poussière, aux humbles ils ferment la route. Le fils et le père vont vers la même fille et profanent ainsi mon saint nom.
Auprès des autels, ils se couchent sur les vêtements qu’ils ont pris en gage. Dans la maison de leur Dieu, ils boivent le vin de ceux qu’ils ont frappés d’amende. Moi, pourtant, j’avais détruit devant eux l’Amorite, dont la stature égalait celle des cèdres et la vigueur, celle des chênes ! Je l’avais anéanti de haut en bas, depuis les fruits jusqu’aux racines.
Moi, je vous avais fait monter du pays d’Égypte et je vous avais, pendant quarante ans, conduits à travers le désert, pour vous donner en héritage le pays de l’Amorite.
Eh bien, moi, maintenant, je vous écraserai sur place, comme un char plein de gerbes écrase tout sur son passage. L’homme le plus rapide ne pourra pas fuir, le plus fort ne pourra pas montrer sa vigueur, même le héros ne sauvera pas sa vie. L’archer ne tiendra pas, le coureur n’échappera pas, le cavalier ne sauvera pas sa vie. Le plus brave s’enfuira tout nu, ce jour-là, – oracle du Seigneur.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 8,18-22.
En ce temps-là, Jésus, voyant une foule autour de lui, donna l’ordre de partir vers l’autre rive. Un scribe s’approcha et lui dit : « Maître, je te suivrai partout où tu iras. » Mais Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. » Un autre de ses disciples lui dit : « Seigneur, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. » Jésus lui dit : « Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts. »
Suivre Jésus est d'une très grande exigence.
Je connais un prêtre de mon âge (Jean), qui a d'abord fondé une petite communauté dans un village de la région. Au bout de trois années, du fait de plaintes émanant de grands propriétaire terriens, il a été envoyé vers une nouvelle paroisse proche d'un sanctuaire marial. Puis, deux ans plus tard, il a été curé d'une des paroisses les plus pauvres du pays. Ensuite, il fut responsable d'un sanctuaire marial. Comme lors de ses différents "postes", il a beaucoup plu aux uns et déplu à d'autres. Son dernier engagement, celui qui a duré le plus longtemps et, qui continue encore, est celui d'aumônier des prisons. Il y accomplit des merveilles, obtenant de nombreuses conversions.
Je pourrais encore rapporter en détail le cas de Marc, le prêtre qui ne se déplace qu'en vélo (si, quels que soit le temps ou la distance à parcourir !). Marc, dans la ville, a réussi à faire revenir à l'église
des jeunes presque totalement déchristianisés. Comme ces jeunes se faisaient plus nombreux, il a reconstitué un "patro", j'ai entendu beaucoup de belles choses à son sujet - mais, ce qui m'a le plus frappé, touché au fond du cœur, c'est son agenouillement au pied de la croix du "maître-autel", avant l'Eucharistie. Il m'a semblé plusieurs fois que son corps était bien là, mais que lui était ailleurs - au Golgotha ?
Lui-même a été remercié par notre Évêque et envoyé "plus au sud", si je peux m'exprimer ainsi. A présent, notre ville, avec sa cathédrale réputée pour son architecture mêlant roman et gothique, n'est guère "pratiquée" par les fidèles. Il faut bien dire qu'une messe qui commence à 11 heures le matin, y compris le dimanche, rassemble peu de fidèles. La plupart des simples fidèles se rendent tôt à la messe le dimanche (c'est mon cas aussi), quitte à se déplacer plus loin hors du centre.
Du reste, n'oublions pas que la mission du chrétien ne commence qu'à la sortie de la messe : c'est le sens de l'envoi final: "Ite Missa Est !" Je prie beaucoup pour que notre diocèse ne se dessèche pas du fait d'un excès de règles appliquées trop strictement...
(Les prénoms cité sont tous fictifs)
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Livre d'Amos 2,6-10.13-16.
Ainsi parle le Seigneur : À cause de trois crimes d’Israël, et même de quatre, je l’ai décidé sans retour ! Ils vendent le juste pour de l’argent, le malheureux pour une paire de sandales.Ils écrasent la tête des faibles dans la poussière, aux humbles ils ferment la route. Le fils et le père vont vers la même fille et profanent ainsi mon saint nom.
Auprès des autels, ils se couchent sur les vêtements qu’ils ont pris en gage. Dans la maison de leur Dieu, ils boivent le vin de ceux qu’ils ont frappés d’amende. Moi, pourtant, j’avais détruit devant eux l’Amorite, dont la stature égalait celle des cèdres et la vigueur, celle des chênes ! Je l’avais anéanti de haut en bas, depuis les fruits jusqu’aux racines.
Moi, je vous avais fait monter du pays d’Égypte et je vous avais, pendant quarante ans, conduits à travers le désert, pour vous donner en héritage le pays de l’Amorite.
Eh bien, moi, maintenant, je vous écraserai sur place, comme un char plein de gerbes écrase tout sur son passage. L’homme le plus rapide ne pourra pas fuir, le plus fort ne pourra pas montrer sa vigueur, même le héros ne sauvera pas sa vie. L’archer ne tiendra pas, le coureur n’échappera pas, le cavalier ne sauvera pas sa vie. Le plus brave s’enfuira tout nu, ce jour-là, – oracle du Seigneur.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 8,18-22.
En ce temps-là, Jésus, voyant une foule autour de lui, donna l’ordre de partir vers l’autre rive. Un scribe s’approcha et lui dit : « Maître, je te suivrai partout où tu iras. » Mais Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. » Un autre de ses disciples lui dit : « Seigneur, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. » Jésus lui dit : « Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts. »
Suivre Jésus est d'une très grande exigence.
Je connais un prêtre de mon âge (Jean), qui a d'abord fondé une petite communauté dans un village de la région. Au bout de trois années, du fait de plaintes émanant de grands propriétaire terriens, il a été envoyé vers une nouvelle paroisse proche d'un sanctuaire marial. Puis, deux ans plus tard, il a été curé d'une des paroisses les plus pauvres du pays. Ensuite, il fut responsable d'un sanctuaire marial. Comme lors de ses différents "postes", il a beaucoup plu aux uns et déplu à d'autres. Son dernier engagement, celui qui a duré le plus longtemps et, qui continue encore, est celui d'aumônier des prisons. Il y accomplit des merveilles, obtenant de nombreuses conversions.
Je pourrais encore rapporter en détail le cas de Marc, le prêtre qui ne se déplace qu'en vélo (si, quels que soit le temps ou la distance à parcourir !). Marc, dans la ville, a réussi à faire revenir à l'église
des jeunes presque totalement déchristianisés. Comme ces jeunes se faisaient plus nombreux, il a reconstitué un "patro", j'ai entendu beaucoup de belles choses à son sujet - mais, ce qui m'a le plus frappé, touché au fond du cœur, c'est son agenouillement au pied de la croix du "maître-autel", avant l'Eucharistie. Il m'a semblé plusieurs fois que son corps était bien là, mais que lui était ailleurs - au Golgotha ?
Lui-même a été remercié par notre Évêque et envoyé "plus au sud", si je peux m'exprimer ainsi. A présent, notre ville, avec sa cathédrale réputée pour son architecture mêlant roman et gothique, n'est guère "pratiquée" par les fidèles. Il faut bien dire qu'une messe qui commence à 11 heures le matin, y compris le dimanche, rassemble peu de fidèles. La plupart des simples fidèles se rendent tôt à la messe le dimanche (c'est mon cas aussi), quitte à se déplacer plus loin hors du centre.
Du reste, n'oublions pas que la mission du chrétien ne commence qu'à la sortie de la messe : c'est le sens de l'envoi final: "Ite Missa Est !" Je prie beaucoup pour que notre diocèse ne se dessèche pas du fait d'un excès de règles appliquées trop strictement...
(Les prénoms cité sont tous fictifs)
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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Jésus caché toujours présent !
Le mardi de la 13e semaine du temps ordinaire
Livre d'Amos 3,1-8.4,11-12.
Écoutez cette parole que le Seigneur prononce contre vous, fils d’Israël, contre tout le peuple qu’il a fait monter du pays d’Égypte : « Je vous ai distingués, vous seuls, parmi tous les peuples de la terre ; aussi je vous demanderai compte de tous vos crimes. » (...) C’est pourquoi, voici comment je vais te traiter, Israël ! Et puisque c’est ainsi que je vais te traiter, prépare-toi, Israël, à rencontrer ton Dieu. »
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 8,23-27.
En ce temps-là, comme Jésus montait dans la barque, ses disciples le suivirent. Et voici que la mer devint tellement agitée que la barque était recouverte par les vagues. Mais lui dormait. Les disciples s’approchèrent et le réveillèrent en disant : « Seigneur, sauve-nous ! Nous sommes perdus. » Mais il leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs, hommes de peu de foi ? » Alors, Jésus, debout, menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme.Les gens furent saisis d’étonnement et disaient : « Quel est donc celui-ci, pour que même les vents et la mer lui obéissent ? »
Cy Aelf, Paris
"Quand le chat est parti, les souris dansent", dit aussi un proverbe. Et les hommes de notre temps, comme ceux du peuple juif dans dans la première lecture agissent tout à fait de la même façon. "Pas vu, pas pris !" et "Ni vu, ni connu !" - mais encore : "La nuit, tous les chats sont gris !", etc. Pourquoi se gêner, puisque Dieu n'existe pas, les sciences ne l'ont-elles pas prouvé de mille et une façon ?
Les juifs que le Seigneur menace par la voix de son prophète, dans la première lecture, ont commis toutes sortes de graves péchés et ils en paieront les conséquences.
Dieu semble absent de notre monde, cependant il n'a jamais été aussi proche des âmes souffrantes, des cœurs brisés de toutes celles et tous ceux qui ont placé en Lui leur confiance. Oui, Jésus est dans notre barque - la mienne et la vôtre. Oui, Il est présent en tout temps; oui, il me voit en train de pianoter sur mon clavier. Oui, Jésus sait comme je me sens dénigré par le reste de ma famille, car va-t-on me fêter mes soixante ans bientôt ? " Ah non ! En plein mois de juillet, durant les congés ? Ah, non, ce sera pour plus tard - pour Noël, peut-être ? Mais non, depuis 2008, je réveillonne seul devant la jolie petite crèche qu'on m'avait offerte, il y a vingt ans...
Du reste, en juillet comme en août, lorsque toutes et tous seront au soleil, je serai présent pour veiller sur ma mère de 93 ans, tout comme le Seigneur veille sur moi en tout temps.
Bref, Jésus, pour chacun d'entre nous, Jésus semble dormir sur un coussin à l'arrière de notre barque, mais il est bien là ! Heureux parmi nous celles et ceux qui peuvent se souvenir, comment Jésus, l'Inattendu, l'Inespéré, nous a détournés d'un chemin apparemment séduisant, facile, qui nous rendrait riches, mais avec - tout au bout - un long séjour au purgatoire !
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Livre d'Amos 3,1-8.4,11-12.
Écoutez cette parole que le Seigneur prononce contre vous, fils d’Israël, contre tout le peuple qu’il a fait monter du pays d’Égypte : « Je vous ai distingués, vous seuls, parmi tous les peuples de la terre ; aussi je vous demanderai compte de tous vos crimes. » (...) C’est pourquoi, voici comment je vais te traiter, Israël ! Et puisque c’est ainsi que je vais te traiter, prépare-toi, Israël, à rencontrer ton Dieu. »
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 8,23-27.
En ce temps-là, comme Jésus montait dans la barque, ses disciples le suivirent. Et voici que la mer devint tellement agitée que la barque était recouverte par les vagues. Mais lui dormait. Les disciples s’approchèrent et le réveillèrent en disant : « Seigneur, sauve-nous ! Nous sommes perdus. » Mais il leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs, hommes de peu de foi ? » Alors, Jésus, debout, menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme.Les gens furent saisis d’étonnement et disaient : « Quel est donc celui-ci, pour que même les vents et la mer lui obéissent ? »
Cy Aelf, Paris
"Quand le chat est parti, les souris dansent", dit aussi un proverbe. Et les hommes de notre temps, comme ceux du peuple juif dans dans la première lecture agissent tout à fait de la même façon. "Pas vu, pas pris !" et "Ni vu, ni connu !" - mais encore : "La nuit, tous les chats sont gris !", etc. Pourquoi se gêner, puisque Dieu n'existe pas, les sciences ne l'ont-elles pas prouvé de mille et une façon ?
Les juifs que le Seigneur menace par la voix de son prophète, dans la première lecture, ont commis toutes sortes de graves péchés et ils en paieront les conséquences.
Dieu semble absent de notre monde, cependant il n'a jamais été aussi proche des âmes souffrantes, des cœurs brisés de toutes celles et tous ceux qui ont placé en Lui leur confiance. Oui, Jésus est dans notre barque - la mienne et la vôtre. Oui, Il est présent en tout temps; oui, il me voit en train de pianoter sur mon clavier. Oui, Jésus sait comme je me sens dénigré par le reste de ma famille, car va-t-on me fêter mes soixante ans bientôt ? " Ah non ! En plein mois de juillet, durant les congés ? Ah, non, ce sera pour plus tard - pour Noël, peut-être ? Mais non, depuis 2008, je réveillonne seul devant la jolie petite crèche qu'on m'avait offerte, il y a vingt ans...
Du reste, en juillet comme en août, lorsque toutes et tous seront au soleil, je serai présent pour veiller sur ma mère de 93 ans, tout comme le Seigneur veille sur moi en tout temps.
Bref, Jésus, pour chacun d'entre nous, Jésus semble dormir sur un coussin à l'arrière de notre barque, mais il est bien là ! Heureux parmi nous celles et ceux qui peuvent se souvenir, comment Jésus, l'Inattendu, l'Inespéré, nous a détournés d'un chemin apparemment séduisant, facile, qui nous rendrait riches, mais avec - tout au bout - un long séjour au purgatoire !
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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Fête de saint Pierre et saint Paul, apôtres
Saint Pierre et saint Paul, Apôtres, solennité
Livre des Actes des Apôtres 12,1-11.
À cette époque, le roi Hérode Agrippa se saisit de certains membres de l’Église pour les mettre à mal. Il supprima Jacques, frère de Jean, en le faisant décapiter. Voyant que cette mesure plaisait aux Juifs, il décida aussi d’arrêter Pierre. C’était les jours des Pains sans levain.Il le fit appréhender, emprisonner, et placer sous la garde de quatre escouades de quatre soldats ; il voulait le faire comparaître devant le peuple après la Pâque.Tandis que Pierre était ainsi détenu dans la prison, l’Église priait Dieu pour lui avec insistance. Hérode allait le faire comparaître. Or, Pierre dormait, cette nuit-là, entre deux soldats ; il était attaché avec deux chaînes et des gardes étaient en faction devant la porte de la prison.Et voici que survint l’ange du Seigneur, et une lumière brilla dans la cellule. Il réveilla Pierre en le frappant au côté et dit : « ève-toi vite. » Les chaînes lui tombèrent des mains.Alors l’ange lui dit : « Mets ta ceinture et chausse tes sandales. » Ce que fit Pierre. L’ange ajouta : « Enveloppe-toi de ton manteau et suis-moi. » Pierre sortit derrière lui, mais il ne savait pas que tout ce qui arrivait grâce à l’ange était bien réel ; il pensait qu’il avait une vision. Passant devant un premier poste de garde, puis devant un second, ils arrivèrent au portail de fer donnant sur la ville. Celui-ci s’ouvrit tout seul devant eux. Une fois dehors, ils s’engagèrent dans une rue, et aussitôt l’ange le quitta. Alors, se reprenant, Pierre dit : « Vraiment, je me rends compte maintenant que le Seigneur a envoyé son ange, et qu’il m’a arraché aux mains d’Hérode et à tout ce qu’attendait le peuple juif. »
Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 4,6-8.17-18.
Bien-aimé, je suis déjà offert en sacrifice, le moment de mon départ est venu. J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice : le Seigneur, le juste juge, me la remettra en ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront désiré avec amour sa Manifestation glorieuse. Le Seigneur, lui, m’a assisté. Il m’a rempli de force pour que, par moi, la proclamation de l’Évangile s’accomplisse jusqu’au bout et que toutes les nations l’entendent. J’ai été arraché à la gueule du lion ;
le Seigneur m’arrachera encore à tout ce qu’on fait pour me nuire. Il me sauvera et me fera entrer dans son Royaume céleste. À lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 16,13-19.
En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. » Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux.Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »
Cy Aelf, Paris
Comment évoquer ensemble ce qui brille différemment ? Peut-être, comme notre prêtre l'a fait : en faisant l'éloge de la multitude de saintetés possibles dans au sein de l’Église, du plus humble fidèle, dont le nom ne sera jamais cité, jusqu'à saints Pierre et Paul. Bien évidemment, le récit de l'évasion est ce qui frappe le plus l'auditeur.
Cependant, avant même la résurrection de Jésus, il y eut celle de Lazare !
Au sein de l’Église, par le secours de l'Esprit-Saint, toutes sortes de "signes" sont possibles et les plus remarquables sont, par exemple, la conversion instantanée des ennemis du Christ : ce fut le cas de saint Paul - et de beaucoup d'autres. Il faudrait bien que tous lisent le récit de la conversion d'André Frossard.
Comme il disait cela, je me suis souvenu que j'avais l'histoire de cette conversion, et je l'ai retrouvée. Elle m'a fait sourire avec bonheur et, de ce fait, je n'hésite, je la rapporte ici:
" Mon père aurait voulu me voir rue d'Ulm. J'y suis allé à vingt ans, mais je me suis trompé de trottoir, et au lieu d'entrer à l'Ecole Normale Supérieure, je suis entré chez les religieuses de l'Adoration pour y chercher un camarade avec qui je devais dîner. Ce que je vais vous raconter n'est pas l'histoire d'une découverte intellectuelle. C'est le récit d'une expérience de physique, presque d'une expérience de laboratoire.
Poussant le portail de fer du couvent, j'étais athée. L'athéisme prend bien des formes. Il y a un athéisme philosophique, qui, incorporant Dieu à la nature, refuse de lui accorder une personnalité séparée et résout toutes choses dans l'intelligence humaine : rien n'est Dieu, tout est divin ; cet athéisme là finit en panthéisme sous la forme d'une idéologie quelconque.
L'athéisme scientifique écarte l'hypothèse de Dieu comme impropre à la recherche et s'emploie à expliquer le monde par les seules propriétés de la matière, dont on ne se demandera pas d'où elle vient.
Plus radical encore, l'athéisme marxiste non seulement nie Dieu mais lui signifierait son congé s'il venait à exister ; sa présence importune entraverait le libre jeu de la volonté humaine.
Il existe également un athéisme des plus répandus et que je connais bien, l'athéisme idiot ; c'était le mien. L'athée idiot ne se pose pas de question. Il trouve naturel d'être posé sur une boule de feu recouverte d'une mince enveloppe de boue séchée, tournant sur elle-même à une vitesse supersonique et autour d'une espèce de bombe à hydrogène entraînée dans la giration de milliards de lampions d'origine énigmatique et de destination inconnue. J'étais encore cet athée-là en passant par la porte de la chapelle, et j'étais toujours à l'intérieur. L'assistance à contre-jour ne me proposait que des ombres, parmi lesquelles je ne pouvais distinguer mon ami, et une espèce de soleil rayonnant au fond de l'édifice : je ne savais pas qu'il s'agissait du Saint-Sacrement. Cette lumière, que je n'ai pas vue avec les yeux du corps, n'était pas celle qui nous éclaire, ou qui nous bronze ; c'était une lumière spirituelle, c'est à dire comme une lumière enseignante et comme l'incandescence de la vérité. Elle a définitivement inversé l'ordre naturel des choses. Depuis que je l'ai entrevue, je pourrais presque dire que pour moi Dieu seul existe, et que le reste n'est qu'hypothèse.
On m'a dit souvent : - Et votre libre arbitre ? On fait décidément de vous ce que l'on veut. Votre père était socialiste, vous êtes socialiste. Vous entrez dans une chapelle, vous voilà chrétien. Si vous étiez rentré dans une pagode, vous seriez bouddhiste ; dans une mosquée, vous seriez musulman. A quoi je me permets parfois de répondre qu'il m'arrive de sortir d'une gare sans être un train."
Source : André Frossard, Dieu en question (DDB, 1990)
Cependant, parmi tous, c'est bien vers Pierre qu'il faut tourner nos regards, et prier pour le Pape. A ce sujet, notre prêtre nous a fait souvenir du renoncement du Pape Benoît XVI, lequel est survenu à peine quelques mois avant le commencement des "multiples tribulations" que nous connaissons. Le Pape Benoît XVI a certainement saisi dans sa prière que son effacement (devenu total : qui en parle encore ?) servirait au mieux le dessein de Dieu. Cette dernière pensée m'a beaucoup ému, d'autant plus que j'ai lu "Les bouffons de Dieu "de Morris West :
Le pape français Grégoire XVII a reçu une terrible révélation : la fin du monde est proche, et l'heure du Second Avènement est arrivée. Il voudrait l'annoncer dans une encyclique. Grégoire XVII est-il un mystique, un fou ou un fanatique avide de puissance ? La Curie, devant les dangers d'une telle proclamation, le contraint à abdiquer et l'expédie dans un monastère. La crise internationale se précise et le pape, sorti de son exil, cherche désespérément à prévenir l'holocauste. Trop tard, d'autres forces sont à l'oeuvre...
http://www.senscritique.com/livre/Les_B ... ieu/379033#
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Livre des Actes des Apôtres 12,1-11.
À cette époque, le roi Hérode Agrippa se saisit de certains membres de l’Église pour les mettre à mal. Il supprima Jacques, frère de Jean, en le faisant décapiter. Voyant que cette mesure plaisait aux Juifs, il décida aussi d’arrêter Pierre. C’était les jours des Pains sans levain.Il le fit appréhender, emprisonner, et placer sous la garde de quatre escouades de quatre soldats ; il voulait le faire comparaître devant le peuple après la Pâque.Tandis que Pierre était ainsi détenu dans la prison, l’Église priait Dieu pour lui avec insistance. Hérode allait le faire comparaître. Or, Pierre dormait, cette nuit-là, entre deux soldats ; il était attaché avec deux chaînes et des gardes étaient en faction devant la porte de la prison.Et voici que survint l’ange du Seigneur, et une lumière brilla dans la cellule. Il réveilla Pierre en le frappant au côté et dit : « ève-toi vite. » Les chaînes lui tombèrent des mains.Alors l’ange lui dit : « Mets ta ceinture et chausse tes sandales. » Ce que fit Pierre. L’ange ajouta : « Enveloppe-toi de ton manteau et suis-moi. » Pierre sortit derrière lui, mais il ne savait pas que tout ce qui arrivait grâce à l’ange était bien réel ; il pensait qu’il avait une vision. Passant devant un premier poste de garde, puis devant un second, ils arrivèrent au portail de fer donnant sur la ville. Celui-ci s’ouvrit tout seul devant eux. Une fois dehors, ils s’engagèrent dans une rue, et aussitôt l’ange le quitta. Alors, se reprenant, Pierre dit : « Vraiment, je me rends compte maintenant que le Seigneur a envoyé son ange, et qu’il m’a arraché aux mains d’Hérode et à tout ce qu’attendait le peuple juif. »
Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 4,6-8.17-18.
Bien-aimé, je suis déjà offert en sacrifice, le moment de mon départ est venu. J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice : le Seigneur, le juste juge, me la remettra en ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront désiré avec amour sa Manifestation glorieuse. Le Seigneur, lui, m’a assisté. Il m’a rempli de force pour que, par moi, la proclamation de l’Évangile s’accomplisse jusqu’au bout et que toutes les nations l’entendent. J’ai été arraché à la gueule du lion ;
le Seigneur m’arrachera encore à tout ce qu’on fait pour me nuire. Il me sauvera et me fera entrer dans son Royaume céleste. À lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 16,13-19.
En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. » Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux.Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »
Cy Aelf, Paris
Comment évoquer ensemble ce qui brille différemment ? Peut-être, comme notre prêtre l'a fait : en faisant l'éloge de la multitude de saintetés possibles dans au sein de l’Église, du plus humble fidèle, dont le nom ne sera jamais cité, jusqu'à saints Pierre et Paul. Bien évidemment, le récit de l'évasion est ce qui frappe le plus l'auditeur.
Cependant, avant même la résurrection de Jésus, il y eut celle de Lazare !
Au sein de l’Église, par le secours de l'Esprit-Saint, toutes sortes de "signes" sont possibles et les plus remarquables sont, par exemple, la conversion instantanée des ennemis du Christ : ce fut le cas de saint Paul - et de beaucoup d'autres. Il faudrait bien que tous lisent le récit de la conversion d'André Frossard.
Comme il disait cela, je me suis souvenu que j'avais l'histoire de cette conversion, et je l'ai retrouvée. Elle m'a fait sourire avec bonheur et, de ce fait, je n'hésite, je la rapporte ici:
" Mon père aurait voulu me voir rue d'Ulm. J'y suis allé à vingt ans, mais je me suis trompé de trottoir, et au lieu d'entrer à l'Ecole Normale Supérieure, je suis entré chez les religieuses de l'Adoration pour y chercher un camarade avec qui je devais dîner. Ce que je vais vous raconter n'est pas l'histoire d'une découverte intellectuelle. C'est le récit d'une expérience de physique, presque d'une expérience de laboratoire.
Poussant le portail de fer du couvent, j'étais athée. L'athéisme prend bien des formes. Il y a un athéisme philosophique, qui, incorporant Dieu à la nature, refuse de lui accorder une personnalité séparée et résout toutes choses dans l'intelligence humaine : rien n'est Dieu, tout est divin ; cet athéisme là finit en panthéisme sous la forme d'une idéologie quelconque.
L'athéisme scientifique écarte l'hypothèse de Dieu comme impropre à la recherche et s'emploie à expliquer le monde par les seules propriétés de la matière, dont on ne se demandera pas d'où elle vient.
Plus radical encore, l'athéisme marxiste non seulement nie Dieu mais lui signifierait son congé s'il venait à exister ; sa présence importune entraverait le libre jeu de la volonté humaine.
Il existe également un athéisme des plus répandus et que je connais bien, l'athéisme idiot ; c'était le mien. L'athée idiot ne se pose pas de question. Il trouve naturel d'être posé sur une boule de feu recouverte d'une mince enveloppe de boue séchée, tournant sur elle-même à une vitesse supersonique et autour d'une espèce de bombe à hydrogène entraînée dans la giration de milliards de lampions d'origine énigmatique et de destination inconnue. J'étais encore cet athée-là en passant par la porte de la chapelle, et j'étais toujours à l'intérieur. L'assistance à contre-jour ne me proposait que des ombres, parmi lesquelles je ne pouvais distinguer mon ami, et une espèce de soleil rayonnant au fond de l'édifice : je ne savais pas qu'il s'agissait du Saint-Sacrement. Cette lumière, que je n'ai pas vue avec les yeux du corps, n'était pas celle qui nous éclaire, ou qui nous bronze ; c'était une lumière spirituelle, c'est à dire comme une lumière enseignante et comme l'incandescence de la vérité. Elle a définitivement inversé l'ordre naturel des choses. Depuis que je l'ai entrevue, je pourrais presque dire que pour moi Dieu seul existe, et que le reste n'est qu'hypothèse.
On m'a dit souvent : - Et votre libre arbitre ? On fait décidément de vous ce que l'on veut. Votre père était socialiste, vous êtes socialiste. Vous entrez dans une chapelle, vous voilà chrétien. Si vous étiez rentré dans une pagode, vous seriez bouddhiste ; dans une mosquée, vous seriez musulman. A quoi je me permets parfois de répondre qu'il m'arrive de sortir d'une gare sans être un train."
Source : André Frossard, Dieu en question (DDB, 1990)
Cependant, parmi tous, c'est bien vers Pierre qu'il faut tourner nos regards, et prier pour le Pape. A ce sujet, notre prêtre nous a fait souvenir du renoncement du Pape Benoît XVI, lequel est survenu à peine quelques mois avant le commencement des "multiples tribulations" que nous connaissons. Le Pape Benoît XVI a certainement saisi dans sa prière que son effacement (devenu total : qui en parle encore ?) servirait au mieux le dessein de Dieu. Cette dernière pensée m'a beaucoup ému, d'autant plus que j'ai lu "Les bouffons de Dieu "de Morris West :
Le pape français Grégoire XVII a reçu une terrible révélation : la fin du monde est proche, et l'heure du Second Avènement est arrivée. Il voudrait l'annoncer dans une encyclique. Grégoire XVII est-il un mystique, un fou ou un fanatique avide de puissance ? La Curie, devant les dangers d'une telle proclamation, le contraint à abdiquer et l'expédie dans un monastère. La crise internationale se précise et le pape, sorti de son exil, cherche désespérément à prévenir l'holocauste. Trop tard, d'autres forces sont à l'oeuvre...
http://www.senscritique.com/livre/Les_B ... ieu/379033#
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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Selon la Loi et selon la grâce
Le jeudi de la 13e semaine du temps ordinaire
Livre d'Amos 7,10-17.
En ces jours-là, Amazias, le prêtre de Béthel, envoya dire à Jéroboam, roi d’Israël : « Amos prêche la révolte contre toi, en plein royaume d’Israël ; le pays ne peut plus supporter tous ses discours, car voici ce que dit Amos : “Le roi Jéroboam périra par l’épée, et Israël sera déporté loin de sa terre.” »Puis Amazias dit à Amos : « Toi, le voyant, va-t’en d’ici, fuis au pays de Juda ; c’est là-bas que tu pourras gagner ta vie en faisant ton métier de prophète. Mais ici, à Béthel, arrête de prophétiser ; car c’est un sanctuaire royal, un temple du royaume. » Amos répondit à Amazias : « Je n’étais pas prophète ni fils de prophète ; j’étais bouvier, et je soignais les sycomores. Mais le Seigneur m’a saisi quand j’étais derrière le troupeau, et c’est lui qui m’a dit : “Va, tu seras prophète pour mon peuple Israël.” Écoute maintenant la parole du Seigneur, toi qui me dis : “Ne prophétise pas contre Israël, ne parle pas contre la maison d’Isaac.” Eh bien, voici ce que le Seigneur a dit : Ta femme devra se prostituer en pleine ville, tes fils et tes filles tomberont par l’épée, la terre qui t’appartient sera partagée au ordeau, toi, tu mourras sur une terre impure, et Israël sera déporté loin de sa terre. »
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,1-8.
En ce temps-là, Jésus monta en barque, refit la traversée, et alla dans sa ville de Capharnaüm.
Et voici qu’on lui présenta un paralysé, couché sur une civière. Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Confiance, mon enfant, tes péchés sont pardonnés. » Et voici que certains parmi les scribes se disaient : « Celui-là blasphème. » Mais Jésus, connaissant leurs pensées, demanda : « Pourquoi avez-vous des pensées mauvaises ? En effet, qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire : “Tes péchés sont pardonnés”, ou bien dire : “Lève-toi et marche” ? Eh bien ! pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir, sur la terre, de pardonner les péchés… – Jésus s’adressa alors au paralysé – lève-toi, prends ta civière, et rentre dans ta maison. » Il se leva et rentra dans sa maison.
Voyant cela, les foules furent saisies de crainte, et rendirent gloire à Dieu qui a donné un tel pouvoir aux hommes.
Cy Aelf, Paris
Les textes de ce jour, opposent très judicieusement la vie selon la Loi et la vie selon la grâce. La vie selon la Loi, les juifs la connaissent et ils en vivent afin d'être justifiés par elle. Mais ce qui se déroule en réalité, durant tout l'Ancien Testament, n'est qu'une suite ininterrompue de désobéissances aux règles qu'ils savent pourtant réciter "par cœur" mais sans le cœur.
Chez les enfants aussi, il existe de jeunes étudiants qui sont très fiers de pouvoir réciter un texte "par cœur" - mais ce texte, le comprennent-ils vraiment ?
Et un pianiste, lorsqu'il peut déchiffrer toutes les notes de sa partition... est-il pour autant le pianiste qu'on ira écouter de préférence à tout autre ? Mais il existe des interprètes qu'on qualifie de "géniaux" car leur jeu dépasse de loin les données de la partition.
Les juifs vivaient donc entièrement selon le système la loi - mais ils l'interprétaient souvent à leur seul profit ! Le repos du Sabbat devait être respecté à la lettre, mais c'est au point qu'ayant guéri un homme à la main desséchée, Jésus s'exclame : «Est-il permis de faire du bien le jour du sabbat ou de faire du mal ?»
Le système de la Loi demeure inefficace sans la grâce. Et c'est ainsi que le roi Jéroboam, dans la première lecture, est tout étonné qu'un prophète vienne lui dire que sa fin est proche, par absence d'un véritable repentir... Or, c'est justement au pardon des fautes que Jésus procède d'abord lors de sa rencontre avec le paralytique. La grâce avant la Loi, le pardon des fautes avant la guérison du corps. Et, ainsi, l'harmonie du corps et de l'esprit est pleinement rétablie.
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Livre d'Amos 7,10-17.
En ces jours-là, Amazias, le prêtre de Béthel, envoya dire à Jéroboam, roi d’Israël : « Amos prêche la révolte contre toi, en plein royaume d’Israël ; le pays ne peut plus supporter tous ses discours, car voici ce que dit Amos : “Le roi Jéroboam périra par l’épée, et Israël sera déporté loin de sa terre.” »Puis Amazias dit à Amos : « Toi, le voyant, va-t’en d’ici, fuis au pays de Juda ; c’est là-bas que tu pourras gagner ta vie en faisant ton métier de prophète. Mais ici, à Béthel, arrête de prophétiser ; car c’est un sanctuaire royal, un temple du royaume. » Amos répondit à Amazias : « Je n’étais pas prophète ni fils de prophète ; j’étais bouvier, et je soignais les sycomores. Mais le Seigneur m’a saisi quand j’étais derrière le troupeau, et c’est lui qui m’a dit : “Va, tu seras prophète pour mon peuple Israël.” Écoute maintenant la parole du Seigneur, toi qui me dis : “Ne prophétise pas contre Israël, ne parle pas contre la maison d’Isaac.” Eh bien, voici ce que le Seigneur a dit : Ta femme devra se prostituer en pleine ville, tes fils et tes filles tomberont par l’épée, la terre qui t’appartient sera partagée au ordeau, toi, tu mourras sur une terre impure, et Israël sera déporté loin de sa terre. »
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,1-8.
En ce temps-là, Jésus monta en barque, refit la traversée, et alla dans sa ville de Capharnaüm.
Et voici qu’on lui présenta un paralysé, couché sur une civière. Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Confiance, mon enfant, tes péchés sont pardonnés. » Et voici que certains parmi les scribes se disaient : « Celui-là blasphème. » Mais Jésus, connaissant leurs pensées, demanda : « Pourquoi avez-vous des pensées mauvaises ? En effet, qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire : “Tes péchés sont pardonnés”, ou bien dire : “Lève-toi et marche” ? Eh bien ! pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir, sur la terre, de pardonner les péchés… – Jésus s’adressa alors au paralysé – lève-toi, prends ta civière, et rentre dans ta maison. » Il se leva et rentra dans sa maison.
Voyant cela, les foules furent saisies de crainte, et rendirent gloire à Dieu qui a donné un tel pouvoir aux hommes.
Cy Aelf, Paris
Les textes de ce jour, opposent très judicieusement la vie selon la Loi et la vie selon la grâce. La vie selon la Loi, les juifs la connaissent et ils en vivent afin d'être justifiés par elle. Mais ce qui se déroule en réalité, durant tout l'Ancien Testament, n'est qu'une suite ininterrompue de désobéissances aux règles qu'ils savent pourtant réciter "par cœur" mais sans le cœur.
Chez les enfants aussi, il existe de jeunes étudiants qui sont très fiers de pouvoir réciter un texte "par cœur" - mais ce texte, le comprennent-ils vraiment ?
Et un pianiste, lorsqu'il peut déchiffrer toutes les notes de sa partition... est-il pour autant le pianiste qu'on ira écouter de préférence à tout autre ? Mais il existe des interprètes qu'on qualifie de "géniaux" car leur jeu dépasse de loin les données de la partition.
Les juifs vivaient donc entièrement selon le système la loi - mais ils l'interprétaient souvent à leur seul profit ! Le repos du Sabbat devait être respecté à la lettre, mais c'est au point qu'ayant guéri un homme à la main desséchée, Jésus s'exclame : «Est-il permis de faire du bien le jour du sabbat ou de faire du mal ?»
Le système de la Loi demeure inefficace sans la grâce. Et c'est ainsi que le roi Jéroboam, dans la première lecture, est tout étonné qu'un prophète vienne lui dire que sa fin est proche, par absence d'un véritable repentir... Or, c'est justement au pardon des fautes que Jésus procède d'abord lors de sa rencontre avec le paralytique. La grâce avant la Loi, le pardon des fautes avant la guérison du corps. Et, ainsi, l'harmonie du corps et de l'esprit est pleinement rétablie.
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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Est justifié qui se reconnaît pécheur
Le vendredi de la 13e semaine du temps ordinaire
Livre d'Amos 8,4-6.9-12.
Écoutez ceci, vous qui écrasez le malheureux pour anéantir les humbles du pays, car vous dites : « Quand donc la fête de la nouvelle lune sera-t-elle passée, pour que nous puissions vendre notre blé ? Quand donc le sabbat sera-t-il fini, pour que nous puissions écouler notre froment ? Nous allons diminuer les mesures, augmenter les prix et fausser les balances.Nous pourrons acheter le faible pour un peu d’argent, le malheureux pour une paire de sandales. Nous vendrons jusqu’aux déchets du froment ! »
Ce jour-là – oracle du Seigneur Dieu –, je ferai disparaître le soleil en plein midi, en plein jour, j’obscurcirai la lumière sur la terre. Je changerai vos fêtes en deuil, tous vos chants en lamentations ; je vous obligerai tous à vous vêtir de toile à sac, à vous raser la tête. Je mettrai ce pays en deuil comme pour un fils unique, et, dans la suite des jours, il connaîtra l’amertume. Voici venir des jours – oracle du Seigneur Dieu –, où j’enverrai la famine sur la terre ; ce ne sera pas une faim de pain ni une soif d’eau, mais la faim et la soif d’entendre les paroles du Seigneur. On se traînera d’une mer à l’autre, marchant à l’aventure du nord au levant, pour chercher en tout lieu la parole du Seigneur, mais on ne la trouvera pas.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,9-13.
En ce temps-là, Jésus vit, en passant, un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit.
Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples. Voyant cela, les pharisiens disaient à ses disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que signifie : ‘Je veux la miséricorde, non le sacrifice’. En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »
Cy Aelf, Paris
J'ai scindé la première lecture pour mieux relever ce qu'a dit notre prêtre au sujet de cette quête de la parole de Dieu, rendue aussi essentielle, aussi vitale que la nourriture et la boisson. Car de nos jours encore, qui prétendra, avec les problèmes mondiaux que nous connaissons et subissons, combien une parole plus élevée que nos raisons, serait utile ! Mais on a rejeté le Jubilé - cette parole de Dieu qui figure en toutes lettres au Lévitique chapitre 25.8-22). Qui s'en souvient ? (De nous jours, l'on produit toutes sortes de marchandises en plus de quantité que nécessaire, afin de faire baisser les coûts de production - et l'on produit ainsi des déchets en parfait état !)
Les juifs, du temps de Jésus, estimaient - évidemment - que l'impôt instauré par les l'occupant romain, ne devrait pas être payé, puisqu'ils forment l'unique peuple de l'Alliance !
Voici pourquoi, dans l’Évangile, avec un brin d'ironie, Jésus répond aux juifs venus lui faire reproche de ses "mauvaises fréquentations" : "Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades." En effet, un malade qui refuse de reconnaître son état, pourquoi se rendrait-il à une consultation ?
Et donc, quoi que nous vivions, en nous reconnaissant pécheurs, nous ouvrons toutes grandes les portes de la miséricorde divine. Profitons bien du Jubilé en cours !
Livre d'Amos 8,4-6.9-12.
Écoutez ceci, vous qui écrasez le malheureux pour anéantir les humbles du pays, car vous dites : « Quand donc la fête de la nouvelle lune sera-t-elle passée, pour que nous puissions vendre notre blé ? Quand donc le sabbat sera-t-il fini, pour que nous puissions écouler notre froment ? Nous allons diminuer les mesures, augmenter les prix et fausser les balances.Nous pourrons acheter le faible pour un peu d’argent, le malheureux pour une paire de sandales. Nous vendrons jusqu’aux déchets du froment ! »
Ce jour-là – oracle du Seigneur Dieu –, je ferai disparaître le soleil en plein midi, en plein jour, j’obscurcirai la lumière sur la terre. Je changerai vos fêtes en deuil, tous vos chants en lamentations ; je vous obligerai tous à vous vêtir de toile à sac, à vous raser la tête. Je mettrai ce pays en deuil comme pour un fils unique, et, dans la suite des jours, il connaîtra l’amertume. Voici venir des jours – oracle du Seigneur Dieu –, où j’enverrai la famine sur la terre ; ce ne sera pas une faim de pain ni une soif d’eau, mais la faim et la soif d’entendre les paroles du Seigneur. On se traînera d’une mer à l’autre, marchant à l’aventure du nord au levant, pour chercher en tout lieu la parole du Seigneur, mais on ne la trouvera pas.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,9-13.
En ce temps-là, Jésus vit, en passant, un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit.
Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples. Voyant cela, les pharisiens disaient à ses disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que signifie : ‘Je veux la miséricorde, non le sacrifice’. En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »
Cy Aelf, Paris
J'ai scindé la première lecture pour mieux relever ce qu'a dit notre prêtre au sujet de cette quête de la parole de Dieu, rendue aussi essentielle, aussi vitale que la nourriture et la boisson. Car de nos jours encore, qui prétendra, avec les problèmes mondiaux que nous connaissons et subissons, combien une parole plus élevée que nos raisons, serait utile ! Mais on a rejeté le Jubilé - cette parole de Dieu qui figure en toutes lettres au Lévitique chapitre 25.8-22). Qui s'en souvient ? (De nous jours, l'on produit toutes sortes de marchandises en plus de quantité que nécessaire, afin de faire baisser les coûts de production - et l'on produit ainsi des déchets en parfait état !)
Les juifs, du temps de Jésus, estimaient - évidemment - que l'impôt instauré par les l'occupant romain, ne devrait pas être payé, puisqu'ils forment l'unique peuple de l'Alliance !
Voici pourquoi, dans l’Évangile, avec un brin d'ironie, Jésus répond aux juifs venus lui faire reproche de ses "mauvaises fréquentations" : "Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades." En effet, un malade qui refuse de reconnaître son état, pourquoi se rendrait-il à une consultation ?
Et donc, quoi que nous vivions, en nous reconnaissant pécheurs, nous ouvrons toutes grandes les portes de la miséricorde divine. Profitons bien du Jubilé en cours !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Le Seigneur au chevet de la condition féminine
Le lundi de la 14e semaine du temps ordinaire
Livre d'Osée 2,16.17b-18.21-22.
Ainsi parle le Seigneur : Mon épouse infidèle, je vais la séduire, je vais l’entraîner jusqu’au désert, et je lui parlerai cœur à cœur. Là, elle me répondra comme au temps de sa jeunesse, au jour où elle est sortie du pays d’Égypte. En ce jour-là – oracle du Seigneur –, voici ce qui arrivera : Tu m’appelleras : « Mon époux » et non plus : « Mon Baal » (c’est-à-dire « mon maître »). Je ferai de toi mon épouse pour toujours, je ferai de toi mon épouse dans la justice et le droit, dans la fidélité et la tendresse ; je ferai de toi mon épouse dans la loyauté, et tu connaîtras le Seigneur.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,18-26.
En ce temps-là, tandis que Jésus parlait aux disciples de Jean le Baptiste, voilà qu’un notable s’approcha. Il se prosternait devant lui en disant : « Ma fille est morte à l’instant ; mais viens lui imposer la main, et elle vivra. » Jésus se leva et le suivit, ainsi que ses disciples. Et voici qu’une femme souffrant d’hémorragies depuis douze ans s’approcha par-derrière et toucha la frange de son vêtement. Car elle se disait en elle-même : « Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée. » Jésus se retourna et, la voyant, lui dit : « Confiance, ma fille ! Ta foi t’a sauvée. » Et, à l’heure même, la femme fut sauvée. Jésus, arrivé à la maison du notable, vit les joueurs de flûte et la foule qui s’agitait bruyamment. Il dit alors : « Retirez-vous. La jeune fille n’est pas morte : elle dort. » Mais on se moquait de lui. Quand la foule fut mise dehors, il entra, lui saisit la main, et la jeune fille se leva.Et la nouvelle se répandit dans toute la région.
La première lecture nous montre le désir de Dieu de changer de mode de relation d'avec son peuple. Israël ne dira plus : "Mon maître", mais "Mon époux". Et cette décision sera irrévocable, comme deviennent irrévocables tous les choix de Dieu : "Je ferai de toi mon épouse pour toujours". Ce choix de la Liturgie est apparu quelque peu "faible" à notre prêtre qui, de son côté, nous a parlé des multiples vocations féminines dans les ordres religieux, sans compter les voyantes, et messagères, reconnues par l’Église : elles sont très nombreuses et continuent d'influer sur les décisions prises dans l’Église à de multiples niveaux.
Pour en venir au texte de l’Évangile, en tout cas, ce n'est pas un hasard si les guérisons rapportées dans ce texte concernent des femmes. L'une vient d'avoir douze ans, l'âge à partir duquel elle est considérée comme responsable de ses actes. Cependant, son père l'appelle toujours "sa petite fille", mais une petite fille du fait qu'il préfèrerait qu'elle le demeure ! C'est Jésus qui la relever en "jeune fille" - faits sur lesquels la psychologue Françoise Dolto avait très finement raisonné. D'une part, le désir du père de garder un enfant dans l'enfance, peut très bien être à l'origine de troubles sévères. Et comment se fait-il que dans ce récit, la mère de l'enfant n'est que citée, mais n'a pas présentée comme ayant un mot à dire ? Elle était demeurée soumise à l'autorité de son "Baal", son maître...
Quant à l'autre guérison, celle de la femme aux hémorragies, elle est rendue un peu comique du fait des propos (très 'modernes, pourrait-on dire) de l’Évangéliste Marc : elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans aucune amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré —"... Allons, ces mots-là, qui ne les a jamais entendus dans la vie courante !
Ils soulignent d'autant plus combien la foi en Jésus est fondée et qu'il faut exercer sa foi dans toutes les circonstances contraires de la vie. La maladie en fait partie; la dépression en fait partie; la solitude aussi, évidemment ! Toutes ces circonstances difficiles de la vie peuvent être permises par Dieu, non de manière "sadique", mais afin de procéder à une "nouvelle création" dans la même personne. "Pourquoi donc les religieux et religieuses changent-il de nom, sinon pour signifier la nouvelle orientation de leurs vies ?" Les hémorragies de cette seconde femme, devenue impure du point de vue de la Loi, impliquaient pour elle un surcroît de peine, une forme de sanction sociale qui surajoute à la maladie. Dans les deux cas, outre que l'on y voit le Christ se préoccuper - aussi, de la situation des femmes de son époque, c'est toujours la foi qui vient à bout de tout, y compris des préjugés de chaque époque .
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Livre d'Osée 2,16.17b-18.21-22.
Ainsi parle le Seigneur : Mon épouse infidèle, je vais la séduire, je vais l’entraîner jusqu’au désert, et je lui parlerai cœur à cœur. Là, elle me répondra comme au temps de sa jeunesse, au jour où elle est sortie du pays d’Égypte. En ce jour-là – oracle du Seigneur –, voici ce qui arrivera : Tu m’appelleras : « Mon époux » et non plus : « Mon Baal » (c’est-à-dire « mon maître »). Je ferai de toi mon épouse pour toujours, je ferai de toi mon épouse dans la justice et le droit, dans la fidélité et la tendresse ; je ferai de toi mon épouse dans la loyauté, et tu connaîtras le Seigneur.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,18-26.
En ce temps-là, tandis que Jésus parlait aux disciples de Jean le Baptiste, voilà qu’un notable s’approcha. Il se prosternait devant lui en disant : « Ma fille est morte à l’instant ; mais viens lui imposer la main, et elle vivra. » Jésus se leva et le suivit, ainsi que ses disciples. Et voici qu’une femme souffrant d’hémorragies depuis douze ans s’approcha par-derrière et toucha la frange de son vêtement. Car elle se disait en elle-même : « Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée. » Jésus se retourna et, la voyant, lui dit : « Confiance, ma fille ! Ta foi t’a sauvée. » Et, à l’heure même, la femme fut sauvée. Jésus, arrivé à la maison du notable, vit les joueurs de flûte et la foule qui s’agitait bruyamment. Il dit alors : « Retirez-vous. La jeune fille n’est pas morte : elle dort. » Mais on se moquait de lui. Quand la foule fut mise dehors, il entra, lui saisit la main, et la jeune fille se leva.Et la nouvelle se répandit dans toute la région.
La première lecture nous montre le désir de Dieu de changer de mode de relation d'avec son peuple. Israël ne dira plus : "Mon maître", mais "Mon époux". Et cette décision sera irrévocable, comme deviennent irrévocables tous les choix de Dieu : "Je ferai de toi mon épouse pour toujours". Ce choix de la Liturgie est apparu quelque peu "faible" à notre prêtre qui, de son côté, nous a parlé des multiples vocations féminines dans les ordres religieux, sans compter les voyantes, et messagères, reconnues par l’Église : elles sont très nombreuses et continuent d'influer sur les décisions prises dans l’Église à de multiples niveaux.
Pour en venir au texte de l’Évangile, en tout cas, ce n'est pas un hasard si les guérisons rapportées dans ce texte concernent des femmes. L'une vient d'avoir douze ans, l'âge à partir duquel elle est considérée comme responsable de ses actes. Cependant, son père l'appelle toujours "sa petite fille", mais une petite fille du fait qu'il préfèrerait qu'elle le demeure ! C'est Jésus qui la relever en "jeune fille" - faits sur lesquels la psychologue Françoise Dolto avait très finement raisonné. D'une part, le désir du père de garder un enfant dans l'enfance, peut très bien être à l'origine de troubles sévères. Et comment se fait-il que dans ce récit, la mère de l'enfant n'est que citée, mais n'a pas présentée comme ayant un mot à dire ? Elle était demeurée soumise à l'autorité de son "Baal", son maître...
Quant à l'autre guérison, celle de la femme aux hémorragies, elle est rendue un peu comique du fait des propos (très 'modernes, pourrait-on dire) de l’Évangéliste Marc : elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans aucune amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré —"... Allons, ces mots-là, qui ne les a jamais entendus dans la vie courante !
Ils soulignent d'autant plus combien la foi en Jésus est fondée et qu'il faut exercer sa foi dans toutes les circonstances contraires de la vie. La maladie en fait partie; la dépression en fait partie; la solitude aussi, évidemment ! Toutes ces circonstances difficiles de la vie peuvent être permises par Dieu, non de manière "sadique", mais afin de procéder à une "nouvelle création" dans la même personne. "Pourquoi donc les religieux et religieuses changent-il de nom, sinon pour signifier la nouvelle orientation de leurs vies ?" Les hémorragies de cette seconde femme, devenue impure du point de vue de la Loi, impliquaient pour elle un surcroît de peine, une forme de sanction sociale qui surajoute à la maladie. Dans les deux cas, outre que l'on y voit le Christ se préoccuper - aussi, de la situation des femmes de son époque, c'est toujours la foi qui vient à bout de tout, y compris des préjugés de chaque époque .
.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
- Pater civitatis

- Messages : 13130
- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Jésus et la condition féminine
Le lundi de la 14e semaine du temps ordinaire
Livre d'Osée 2,16.17b-18.21-22.
Ainsi parle le Seigneur : Mon épouse infidèle, je vais la séduire, je vais l’entraîner jusqu’au désert, et je lui parlerai cœur à cœur. Là, elle me répondra comme au temps de sa jeunesse, au jour où elle est sortie du pays d’Égypte. En ce jour-là – oracle du Seigneur –, voici ce qui arrivera : Tu m’appelleras : « Mon époux » et non plus : « Mon Baal » (c’est-à-dire « mon maître »). Je ferai de toi mon épouse pour toujours, je ferai de toi mon épouse dans la justice et le droit, dans la fidélité et la tendresse ; je ferai de toi mon épouse dans la loyauté, et tu connaîtras le Seigneur.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,18-26.
En ce temps-là, tandis que Jésus parlait aux disciples de Jean le Baptiste, voilà qu’un notable s’approcha. Il se prosternait devant lui en disant : « Ma fille est morte à l’instant ; mais viens lui imposer la main, et elle vivra. » Jésus se leva et le suivit, ainsi que ses disciples. Et voici qu’une femme souffrant d’hémorragies depuis douze ans s’approcha par-derrière et toucha la frange de son vêtement. Car elle se disait en elle-même : « Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée. » Jésus se retourna et, la voyant, lui dit : « Confiance, ma fille ! Ta foi t’a sauvée. » Et, à l’heure même, la femme fut sauvée. Jésus, arrivé à la maison du notable, vit les joueurs de flûte et la foule qui s’agitait bruyamment. Il dit alors : « Retirez-vous. La jeune fille n’est pas morte : elle dort. » Mais on se moquait de lui. Quand la foule fut mise dehors, il entra, lui saisit la main, et la jeune fille se leva.Et la nouvelle se répandit dans toute la région.
La première lecture nous montre le désir de Dieu de changer de mode de relation d'avec son peuple. Israël ne dira plus : "Mon maître", mais "Mon époux". Et cette décision sera irrévocable, comme deviennent irrévocables tous les choix de Dieu : "Je ferai de toi mon épouse pour toujours". Ce choix de la Liturgie est apparu quelque peu "faible" à notre prêtre qui, de son côté, nous a parlé des multiples vocations féminines dans les ordres religieux, sans compter les voyantes, et messagères, reconnues par l’Église : elles sont très nombreuses et continuent d'influer sur les décisions prises dans l’Église à de multiples niveaux.
Pour en venir au texte de l’Évangile, en tout cas, ce n'est pas un hasard si les guérisons rapportées dans ce texte concernent des femmes. L'une vient d'avoir douze ans, l'âge à partir duquel elle est considérée comme responsable de ses actes. Cependant, son père l'appelle toujours "sa petite fille", mais une petite fille du fait qu'il préfèrerait qu'elle le demeure ! C'est Jésus qui la relever en "jeune fille" - faits sur lesquels la psychologue Françoise Dolto avait très finement raisonné. D'une part, le désir du père de garder un enfant dans l'enfance, peut très bien être à l'origine de troubles sévères. Et comment se fait-il que dans ce récit, la mère de l'enfant n'est que citée, mais n'a pas présentée comme ayant un mot à dire ? Elle était demeurée soumise à l'autorité de son "Baal", son maître...
Quant à l'autre guérison, celle de la femme aux hémorragies, elle est rendue un peu comique du fait des propos (très 'modernes, pourrait-on dire) de l’Évangéliste Marc : elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans aucune amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré —"... Allons, ces mots-là, qui ne les a jamais entendus dans la vie courante !
Ils soulignent d'autant plus combien la foi en Jésus est fondée et qu'il faut exercer sa foi dans toutes les circonstances contraires de la vie. La maladie en fait partie; la dépression en fait partie; la solitude aussi, évidemment ! Toutes ces circonstances difficiles de la vie peuvent être permises par Dieu, non de manière "sadique", mais afin de procéder à une "nouvelle création" dans la même personne. "Pourquoi donc les religieux et religieuses changent-il de nom, sinon pour signifier la nouvelle orientation de leurs vies ?" Les hémorragies de cette seconde femme, devenue impure du point de vue de la Loi, impliquaient pour elle un surcroît de peine, une forme de sanction sociale qui surajoute à la maladie. Dans les deux cas, outre que l'on y voit le Christ se préoccuper - aussi, de la situation des femmes de son époque, c'est toujours la foi qui vient à bout de tout, y compris des préjugés de chaque époque .
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Livre d'Osée 2,16.17b-18.21-22.
Ainsi parle le Seigneur : Mon épouse infidèle, je vais la séduire, je vais l’entraîner jusqu’au désert, et je lui parlerai cœur à cœur. Là, elle me répondra comme au temps de sa jeunesse, au jour où elle est sortie du pays d’Égypte. En ce jour-là – oracle du Seigneur –, voici ce qui arrivera : Tu m’appelleras : « Mon époux » et non plus : « Mon Baal » (c’est-à-dire « mon maître »). Je ferai de toi mon épouse pour toujours, je ferai de toi mon épouse dans la justice et le droit, dans la fidélité et la tendresse ; je ferai de toi mon épouse dans la loyauté, et tu connaîtras le Seigneur.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,18-26.
En ce temps-là, tandis que Jésus parlait aux disciples de Jean le Baptiste, voilà qu’un notable s’approcha. Il se prosternait devant lui en disant : « Ma fille est morte à l’instant ; mais viens lui imposer la main, et elle vivra. » Jésus se leva et le suivit, ainsi que ses disciples. Et voici qu’une femme souffrant d’hémorragies depuis douze ans s’approcha par-derrière et toucha la frange de son vêtement. Car elle se disait en elle-même : « Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée. » Jésus se retourna et, la voyant, lui dit : « Confiance, ma fille ! Ta foi t’a sauvée. » Et, à l’heure même, la femme fut sauvée. Jésus, arrivé à la maison du notable, vit les joueurs de flûte et la foule qui s’agitait bruyamment. Il dit alors : « Retirez-vous. La jeune fille n’est pas morte : elle dort. » Mais on se moquait de lui. Quand la foule fut mise dehors, il entra, lui saisit la main, et la jeune fille se leva.Et la nouvelle se répandit dans toute la région.
La première lecture nous montre le désir de Dieu de changer de mode de relation d'avec son peuple. Israël ne dira plus : "Mon maître", mais "Mon époux". Et cette décision sera irrévocable, comme deviennent irrévocables tous les choix de Dieu : "Je ferai de toi mon épouse pour toujours". Ce choix de la Liturgie est apparu quelque peu "faible" à notre prêtre qui, de son côté, nous a parlé des multiples vocations féminines dans les ordres religieux, sans compter les voyantes, et messagères, reconnues par l’Église : elles sont très nombreuses et continuent d'influer sur les décisions prises dans l’Église à de multiples niveaux.
Pour en venir au texte de l’Évangile, en tout cas, ce n'est pas un hasard si les guérisons rapportées dans ce texte concernent des femmes. L'une vient d'avoir douze ans, l'âge à partir duquel elle est considérée comme responsable de ses actes. Cependant, son père l'appelle toujours "sa petite fille", mais une petite fille du fait qu'il préfèrerait qu'elle le demeure ! C'est Jésus qui la relever en "jeune fille" - faits sur lesquels la psychologue Françoise Dolto avait très finement raisonné. D'une part, le désir du père de garder un enfant dans l'enfance, peut très bien être à l'origine de troubles sévères. Et comment se fait-il que dans ce récit, la mère de l'enfant n'est que citée, mais n'a pas présentée comme ayant un mot à dire ? Elle était demeurée soumise à l'autorité de son "Baal", son maître...
Quant à l'autre guérison, celle de la femme aux hémorragies, elle est rendue un peu comique du fait des propos (très 'modernes, pourrait-on dire) de l’Évangéliste Marc : elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans aucune amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré —"... Allons, ces mots-là, qui ne les a jamais entendus dans la vie courante !
Ils soulignent d'autant plus combien la foi en Jésus est fondée et qu'il faut exercer sa foi dans toutes les circonstances contraires de la vie. La maladie en fait partie; la dépression en fait partie; la solitude aussi, évidemment ! Toutes ces circonstances difficiles de la vie peuvent être permises par Dieu, non de manière "sadique", mais afin de procéder à une "nouvelle création" dans la même personne. "Pourquoi donc les religieux et religieuses changent-il de nom, sinon pour signifier la nouvelle orientation de leurs vies ?" Les hémorragies de cette seconde femme, devenue impure du point de vue de la Loi, impliquaient pour elle un surcroît de peine, une forme de sanction sociale qui surajoute à la maladie. Dans les deux cas, outre que l'on y voit le Christ se préoccuper - aussi, de la situation des femmes de son époque, c'est toujours la foi qui vient à bout de tout, y compris des préjugés de chaque époque .
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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Entre désobéissance et miséricorde
Entre désobéissance et miséricorde
Le mardi de la 14e semaine du temps ordinaire
Livre d'Osée 8,4-7.11-13.
Ainsi parle le Seigneur : Les fils d’Israël ont établi des rois sans me consulter, ils ont nommé des princes sans mon accord ; avec leur argent et leur or, ils se sont fabriqué des idoles. Ils seront anéantis. Je le rejette, ton veau, Samarie ! Ma colère s’est enflammée contre tes enfants. Refuseront-ils toujours de retrouver l’innocence ? Ce veau est l’œuvre d’Israël, un artisan l’a fabriqué, ce n’est pas un dieu ; ce veau de Samarie sera mis en pièces.Ils ont semé le vent, ils récolteront la tempête. L’épi ne donnera pas de grain ; s’il y avait du grain, il ne donnerait pas de farine ; et, s’il en donnait, elle serait dévorée par les étrangers. Éphraïm a multiplié les autels pour expier le péché ; et ces autels ne lui servent qu’à pécher. J’ai beau lui mettre par écrit tous les articles de ma loi, il n’y voit qu’une loi étrangère. Ils offrent des sacrifices pour me plaire et ils en mangent la viande, mais le Seigneur n’y prend pas de plaisir. Au contraire, il y trouve le rappel de toutes leurs fautes, il fait le compte de leurs péchés. Qu’ils retournent donc en Égypte !
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,32-38.
En ce temps-là, voici qu’on présenta à Jésus un possédé qui était sourd-muet. Lorsque le démon eut été expulsé, le sourd-muet se mit à parler. Les foules furent dans l’admiration, et elles disaient : « Jamais rien de pareil ne s’est vu en Israël ! » Mais les pharisiens disaient : « C’est par le chef des démons qu’il expulse les démons. » Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant l’Évangile du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité.Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux.
Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »
Cy Aelf, Paris
Lorsqu'il ne récrimine pas, le peuple de la première alliance agit à l'imitation des peuples qu'il croise sur le chemin de la terre promise. Certes, à chaque veillée, on fait mémoire d'Abraham, ainsi que des prodiges qui ont permis de fuir l'esclavage en Égypte et de traverser la mer à pieds secs. On relit la loi chaque jour de sabbat, on sacrifie tant et plus d'animaux sur les autels en invoquant le nom de Dieu, etc. Mais pour tout le reste, un homme peut bien être trouvé blessé au bord du chemin, il existe aussi de multiples motifs de ne pas le secourir; une veuve se retrouve sans ressource, on ne fait pas de collecte pour lui assurer le nécessaire; qu'un couple soit surpris en adultère: c'est la femme tentatrice qui est lapidée, etc.
En effet, pourquoi ne pas renvoyer tout ce peuple indocile en Égypte ! Ce dernier mot a rappelé à notre prêtre une explication d'un rabbin concernant les quarante années qu'a duré l'errance du peuple dans le désert, avant de pouvoir le Jourdain: "Il faut bien quarante ans avant qu'un peuple esclave apprenne la liberté".. mais est-ce bien un apprentissage de la liberté, ce que rapportent les textes, ou bien un ancrage dans la désobéissance ?
Il est bien là, le lien entre ces deux textes proposés par la Liturgie aujourd'hui. Tout comme son Père avait délivré les juifs de l'esclavage en Égypte, Jésus poursuit en chassant les démons - mais aussitôt les pharisiens se récrient : « C’est par le chef des démons qu’il expulse les démons. » Or, le simple bon sens ne permet-il pas de reconnaître un bienfait accompli en toute gratuité ?
Le prêtre a conclu par une mise en garde contre notre propre promptitude aux jugements: parce que nous ne connaissons pas le secret des cœurs. Par contre un acte de pure miséricorde se propose-t-il à nous ? N’hésitons pas un instant à l'accomplir, car : ton Père, qui voit dans le secret, te le revaudra.
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Le mardi de la 14e semaine du temps ordinaire
Livre d'Osée 8,4-7.11-13.
Ainsi parle le Seigneur : Les fils d’Israël ont établi des rois sans me consulter, ils ont nommé des princes sans mon accord ; avec leur argent et leur or, ils se sont fabriqué des idoles. Ils seront anéantis. Je le rejette, ton veau, Samarie ! Ma colère s’est enflammée contre tes enfants. Refuseront-ils toujours de retrouver l’innocence ? Ce veau est l’œuvre d’Israël, un artisan l’a fabriqué, ce n’est pas un dieu ; ce veau de Samarie sera mis en pièces.Ils ont semé le vent, ils récolteront la tempête. L’épi ne donnera pas de grain ; s’il y avait du grain, il ne donnerait pas de farine ; et, s’il en donnait, elle serait dévorée par les étrangers. Éphraïm a multiplié les autels pour expier le péché ; et ces autels ne lui servent qu’à pécher. J’ai beau lui mettre par écrit tous les articles de ma loi, il n’y voit qu’une loi étrangère. Ils offrent des sacrifices pour me plaire et ils en mangent la viande, mais le Seigneur n’y prend pas de plaisir. Au contraire, il y trouve le rappel de toutes leurs fautes, il fait le compte de leurs péchés. Qu’ils retournent donc en Égypte !
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,32-38.
En ce temps-là, voici qu’on présenta à Jésus un possédé qui était sourd-muet. Lorsque le démon eut été expulsé, le sourd-muet se mit à parler. Les foules furent dans l’admiration, et elles disaient : « Jamais rien de pareil ne s’est vu en Israël ! » Mais les pharisiens disaient : « C’est par le chef des démons qu’il expulse les démons. » Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant l’Évangile du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité.Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux.
Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »
Cy Aelf, Paris
Lorsqu'il ne récrimine pas, le peuple de la première alliance agit à l'imitation des peuples qu'il croise sur le chemin de la terre promise. Certes, à chaque veillée, on fait mémoire d'Abraham, ainsi que des prodiges qui ont permis de fuir l'esclavage en Égypte et de traverser la mer à pieds secs. On relit la loi chaque jour de sabbat, on sacrifie tant et plus d'animaux sur les autels en invoquant le nom de Dieu, etc. Mais pour tout le reste, un homme peut bien être trouvé blessé au bord du chemin, il existe aussi de multiples motifs de ne pas le secourir; une veuve se retrouve sans ressource, on ne fait pas de collecte pour lui assurer le nécessaire; qu'un couple soit surpris en adultère: c'est la femme tentatrice qui est lapidée, etc.
En effet, pourquoi ne pas renvoyer tout ce peuple indocile en Égypte ! Ce dernier mot a rappelé à notre prêtre une explication d'un rabbin concernant les quarante années qu'a duré l'errance du peuple dans le désert, avant de pouvoir le Jourdain: "Il faut bien quarante ans avant qu'un peuple esclave apprenne la liberté".. mais est-ce bien un apprentissage de la liberté, ce que rapportent les textes, ou bien un ancrage dans la désobéissance ?
Il est bien là, le lien entre ces deux textes proposés par la Liturgie aujourd'hui. Tout comme son Père avait délivré les juifs de l'esclavage en Égypte, Jésus poursuit en chassant les démons - mais aussitôt les pharisiens se récrient : « C’est par le chef des démons qu’il expulse les démons. » Or, le simple bon sens ne permet-il pas de reconnaître un bienfait accompli en toute gratuité ?
Le prêtre a conclu par une mise en garde contre notre propre promptitude aux jugements: parce que nous ne connaissons pas le secret des cœurs. Par contre un acte de pure miséricorde se propose-t-il à nous ? N’hésitons pas un instant à l'accomplir, car : ton Père, qui voit dans le secret, te le revaudra.
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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Dieu fidèle en toutes ses oeuvres
Livre d'Osée 10,1-3.7-8.12.
Israël était une vigne luxuriante, qui portait beaucoup de fruit. Mais plus ses fruits se multipliaient, plus Israël multipliait les autels ; plus sa terre devenait belle, plus il embellissait les stèles des faux dieux. Son cœur est partagé ; maintenant il va expier : le Seigneur renversera ses autels ; les stèles, il les détruira. Maintenant Israël va dire : « Nous sommes privés de roi, car nous n’avons pas craint le Seigneur. Et si nous avions un roi, que pourrait-il faire pour nous ? » Ils ont disparu, Samarie et son roi, comme de l’écume à la surface de l’eau. Les lieux sacrés seront détruits, ils sont le crime, le péché d’Israël ; épines et ronces recouvriront leurs autels. Alors on dira aux montagnes : « Cachez-nous ! » et aux collines : « Tombez sur nous ! » Faites des semailles de justice, récoltez une moisson de fidélité, défrichez vos terres en friche. Il est temps de chercher le Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne répandre sur vous une pluie de justice.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10,1-7.
En ce temps-là, Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité. Voici les noms des douze Apôtres : le premier, Simon, nommé Pierre ; André son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère; Philippe et Barthélemy ; Thomas et Matthieu le publicain ; Jacques, fils d’Alphée, et Thaddée ; Simon le Zélote et Judas l’Iscariote, celui-là même qui le livra. Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : « Ne prenez pas le chemin qui mène vers les nations païennes et n’entrez dans aucune ville des Samaritains.
Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. »
Cy Aelf, Paris
L'austérité en religion peut sembler un risque potentiel pour la qualité de foi de ceux qui adhèrent à la religion. Comment admettre un mode de vie exempt de distractions, au milieu d'un monde qui en regorge ? Et cependant, pour notre prêtre, le péché qu'Israël a commis aux temps de sa prospérité a pour parfait équivalent celui qu'il a commis aux temps de l'exode, de la traversée du désert, ou de l'exil à Babylone.
Comment expliquer ce paradoxe ?
En vue d'une authentique vie spirituelle, l'âme bien établie se reconnaît au fait qu'elle n'est pas liée aux conditions de l'existence, lesquelles peuvent changer d'un jour à l'autre. Rien ne peut ni la distraire, ni la désorienter, ni la plonger dans le doute.
Cependant, dans les carnets intimes de grands saints et de saintes, on trouve "passages-à-vide" de l'âme, tels qu'il leur semblait avancer comme "mécaniquement" dans un couloir sombre jusqu'à l'opacité complète - mais avec, comme recours, le respect absolu des règles établies. Jusqu'au moment où tout un coup, la Joie rejaillit et ne cesse d'irriguer la vie de l'âme.
Et donc, le seul message que les premiers apôtres ont a diffuser autour d'eux, c'est que le temps qui vient est celui du soulagement, de l'allégresse, de la rencontre avec Dieu. Car le Royaume est tout proche en Jésus-Christ.
Si le témoignage des premiers apôtres est d'abord destiné aux "brebis perdues de la maison d'Israël", c'est du fait que Dieu est fidèle en toutes ses œuvres. Le message de la miséricorde divine est donc d'abord destiné au peuple de l'Alliance. Mais il ne tardera pas à déborder largement au-delà des frontières historiques : c'est bien l'humanité tout entière et de tous les temps à qui le message de la bonne nouvelle est adressé.
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Israël était une vigne luxuriante, qui portait beaucoup de fruit. Mais plus ses fruits se multipliaient, plus Israël multipliait les autels ; plus sa terre devenait belle, plus il embellissait les stèles des faux dieux. Son cœur est partagé ; maintenant il va expier : le Seigneur renversera ses autels ; les stèles, il les détruira. Maintenant Israël va dire : « Nous sommes privés de roi, car nous n’avons pas craint le Seigneur. Et si nous avions un roi, que pourrait-il faire pour nous ? » Ils ont disparu, Samarie et son roi, comme de l’écume à la surface de l’eau. Les lieux sacrés seront détruits, ils sont le crime, le péché d’Israël ; épines et ronces recouvriront leurs autels. Alors on dira aux montagnes : « Cachez-nous ! » et aux collines : « Tombez sur nous ! » Faites des semailles de justice, récoltez une moisson de fidélité, défrichez vos terres en friche. Il est temps de chercher le Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne répandre sur vous une pluie de justice.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10,1-7.
En ce temps-là, Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité. Voici les noms des douze Apôtres : le premier, Simon, nommé Pierre ; André son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère; Philippe et Barthélemy ; Thomas et Matthieu le publicain ; Jacques, fils d’Alphée, et Thaddée ; Simon le Zélote et Judas l’Iscariote, celui-là même qui le livra. Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : « Ne prenez pas le chemin qui mène vers les nations païennes et n’entrez dans aucune ville des Samaritains.
Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. »
Cy Aelf, Paris
L'austérité en religion peut sembler un risque potentiel pour la qualité de foi de ceux qui adhèrent à la religion. Comment admettre un mode de vie exempt de distractions, au milieu d'un monde qui en regorge ? Et cependant, pour notre prêtre, le péché qu'Israël a commis aux temps de sa prospérité a pour parfait équivalent celui qu'il a commis aux temps de l'exode, de la traversée du désert, ou de l'exil à Babylone.
Comment expliquer ce paradoxe ?
En vue d'une authentique vie spirituelle, l'âme bien établie se reconnaît au fait qu'elle n'est pas liée aux conditions de l'existence, lesquelles peuvent changer d'un jour à l'autre. Rien ne peut ni la distraire, ni la désorienter, ni la plonger dans le doute.
Cependant, dans les carnets intimes de grands saints et de saintes, on trouve "passages-à-vide" de l'âme, tels qu'il leur semblait avancer comme "mécaniquement" dans un couloir sombre jusqu'à l'opacité complète - mais avec, comme recours, le respect absolu des règles établies. Jusqu'au moment où tout un coup, la Joie rejaillit et ne cesse d'irriguer la vie de l'âme.
Et donc, le seul message que les premiers apôtres ont a diffuser autour d'eux, c'est que le temps qui vient est celui du soulagement, de l'allégresse, de la rencontre avec Dieu. Car le Royaume est tout proche en Jésus-Christ.
Si le témoignage des premiers apôtres est d'abord destiné aux "brebis perdues de la maison d'Israël", c'est du fait que Dieu est fidèle en toutes ses œuvres. Le message de la miséricorde divine est donc d'abord destiné au peuple de l'Alliance. Mais il ne tardera pas à déborder largement au-delà des frontières historiques : c'est bien l'humanité tout entière et de tous les temps à qui le message de la bonne nouvelle est adressé.
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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Vivre en disciple, est-ce possible ?
Le vendredi de la 14e semaine du temps ordinaire
Livre d'Osée 14,2-10.
Ainsi parle le Seigneur : Reviens, Israël, au Seigneur ton Dieu ; car tu t’es effondré par suite de tes fautes. Revenez au Seigneur en lui présentant ces paroles : « Enlève toutes les fautes, et accepte ce qui est bon. Au lieu de taureaux, nous t’offrons en sacrifice les paroles de nos lèvres. Puisque les Assyriens ne peuvent pas nous sauver, nous ne monterons plus sur des chevaux, et nous ne dirons plus à l’ouvrage de nos mains : “Tu es notre Dieu”, car de toi seul l’orphelin reçoit de la tendresse. » Voici la réponse du Seigneur : Je les guérirai de leur infidélité, je les aimerai d’un amour gratuit, car ma colère s’est détournée d’Israël. Je serai pour Israël comme la rosée, il fleurira comme le lis, il étendra ses racines comme les arbres du Liban. Ses jeunes pousses vont grandir, sa parure sera comme celle de l’olivier, son parfum, comme celui de la forêt du Liban. Ils reviendront s’asseoir à son ombre, ils feront revivre le froment, ils fleuriront comme la vigne, ils seront renommés comme le vin du Liban. Éphraïm ! Peux-tu me confondre avec les idoles ? C’est moi qui te réponds et qui te regarde. Je suis comme le cyprès toujours vert, c’est moi qui te donne ton fruit. Qui donc est assez sage pour comprendre ces choses, assez pénétrant pour les saisir ? Oui, les chemins du Seigneur sont droits : les justes y avancent, mais les pécheurs y trébuchent.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10,16-23.
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Voici que moi, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et candides comme les colombes.
Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues. Vous serez conduits devant des gouverneurs et des rois à cause de moi : il y aura là un témoignage pour eux et pour les païens. Quand on vous livrera, ne vous inquiétez pas de savoir ce que vous direz ni comment vous le direz : ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là. Car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous. Le frère livrera son frère à la mort, et le père, son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mettre à mort. Vous serez détestés de tous à cause de mon nom ; mais celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. Quand on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre. Amen, je vous le dis : vous n’aurez pas fini de passer dans toutes les villes d’Israël quand le Fils de l’homme viendra. »
Les temps messianiques - que nous vivons encore en ce jour - ne sont pas exactement à l'image de la félicité tranquille prophétisée dans le Livre d'Osée ! Et c'est une occasion qui m'est donnée de reconnaître qu'au cours de mon adolescence, à un moment donné, j'ai remis en question le discours du prêtre qui nous avait fait suivre le catéchisme. J'étais pourtant en accord profond avec l'essentiel, ce qui m'a permis de recouvrer la foi et de revenir à l’Église doué d'une foi plus mûre et plus assurée. Ce qui m'est arrivé ensuite, c'est que je me suis véritablement retrouvé en conflit avec l'autre enseignement : celui du monde, celui de Mammon, l'esprit des richesses.
Il me semble que ce peut être une illustration toute actuelle des difficultés et des souffrances rencontrées par les premiers disciples, et dès lors : je raconte ce que j'ai vécu.
Lors de mon premier engagement, au sein du Service des Travaux de ma ville, je me suis étonné ouvertement à mon supérieur direct : "Je suis étonné que mon travail consiste à envoyer des demandes de dossiers de devis à des entrepreneurs - puisque j'entends dire chaque jour: pour la construction de cette piscine, nous allons travailler avec la firme Untel, c'est excellent !" Alors, pourquoi adresser des devis à une dizaine d'autres entreprises ?" Eh bien, je me suis fait reprendre sévèrement : ce n'étaient pas mes oignons !
Dans l'usine où j'ai travaillé ensuite, mon chef direct a tout fait pour saborder une première promotion. Comme ce fut facile ! Il m'avait dit avec gentillesse: "Reste près du téléphone, je t'appellerai quand ce sera ton tour de parole !" J'étais spécialisé dans la recherche de clientèles outre-Atlantique. Vous devinez ce qui s'est passé: je ne fus jamais appelé et j'ignorais jusqu'au local où se déroulait la réunion ! Ensuite, il y eut une compagnie d'assurances, des examens pour tel et tel services de l’État - devenir fonctionnaire nommé est toujours très recherché - mais ici encore, il était très "recommandé" de se politiser, mais c'était contraire à mes idées - et ça l'est toujours.
J'ai finalement trouvé ma voie dans l'achat et la vente de livres d'occasion qui m'a permis de mettre en œuvre toutes mes capacités. Je n'envie certes pas d'anciennes connaissances qui sont déjà à la pension, retraités de l'administration publique, mais qui m'ont dit : "Travailler fut m'ennuyer huit heures pas jour en regardant l'horloge durant toutes ces années...". Ils ont confirmé sans le savoir le mot de Coluche à ce sujet (des dossiers peuvent disparaître, mais l'horloge jamais: tout le monde la regarde !")
Ma compréhension est celle-ci : moi non plus, je n'ai pas eu à parcourir toutes les villes d'Israël avant que tout soit accompli - et dans une Joie intérieure très profonde.
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Livre d'Osée 14,2-10.
Ainsi parle le Seigneur : Reviens, Israël, au Seigneur ton Dieu ; car tu t’es effondré par suite de tes fautes. Revenez au Seigneur en lui présentant ces paroles : « Enlève toutes les fautes, et accepte ce qui est bon. Au lieu de taureaux, nous t’offrons en sacrifice les paroles de nos lèvres. Puisque les Assyriens ne peuvent pas nous sauver, nous ne monterons plus sur des chevaux, et nous ne dirons plus à l’ouvrage de nos mains : “Tu es notre Dieu”, car de toi seul l’orphelin reçoit de la tendresse. » Voici la réponse du Seigneur : Je les guérirai de leur infidélité, je les aimerai d’un amour gratuit, car ma colère s’est détournée d’Israël. Je serai pour Israël comme la rosée, il fleurira comme le lis, il étendra ses racines comme les arbres du Liban. Ses jeunes pousses vont grandir, sa parure sera comme celle de l’olivier, son parfum, comme celui de la forêt du Liban. Ils reviendront s’asseoir à son ombre, ils feront revivre le froment, ils fleuriront comme la vigne, ils seront renommés comme le vin du Liban. Éphraïm ! Peux-tu me confondre avec les idoles ? C’est moi qui te réponds et qui te regarde. Je suis comme le cyprès toujours vert, c’est moi qui te donne ton fruit. Qui donc est assez sage pour comprendre ces choses, assez pénétrant pour les saisir ? Oui, les chemins du Seigneur sont droits : les justes y avancent, mais les pécheurs y trébuchent.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10,16-23.
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Voici que moi, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et candides comme les colombes.
Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues. Vous serez conduits devant des gouverneurs et des rois à cause de moi : il y aura là un témoignage pour eux et pour les païens. Quand on vous livrera, ne vous inquiétez pas de savoir ce que vous direz ni comment vous le direz : ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là. Car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous. Le frère livrera son frère à la mort, et le père, son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mettre à mort. Vous serez détestés de tous à cause de mon nom ; mais celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. Quand on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre. Amen, je vous le dis : vous n’aurez pas fini de passer dans toutes les villes d’Israël quand le Fils de l’homme viendra. »
Les temps messianiques - que nous vivons encore en ce jour - ne sont pas exactement à l'image de la félicité tranquille prophétisée dans le Livre d'Osée ! Et c'est une occasion qui m'est donnée de reconnaître qu'au cours de mon adolescence, à un moment donné, j'ai remis en question le discours du prêtre qui nous avait fait suivre le catéchisme. J'étais pourtant en accord profond avec l'essentiel, ce qui m'a permis de recouvrer la foi et de revenir à l’Église doué d'une foi plus mûre et plus assurée. Ce qui m'est arrivé ensuite, c'est que je me suis véritablement retrouvé en conflit avec l'autre enseignement : celui du monde, celui de Mammon, l'esprit des richesses.
Il me semble que ce peut être une illustration toute actuelle des difficultés et des souffrances rencontrées par les premiers disciples, et dès lors : je raconte ce que j'ai vécu.
Lors de mon premier engagement, au sein du Service des Travaux de ma ville, je me suis étonné ouvertement à mon supérieur direct : "Je suis étonné que mon travail consiste à envoyer des demandes de dossiers de devis à des entrepreneurs - puisque j'entends dire chaque jour: pour la construction de cette piscine, nous allons travailler avec la firme Untel, c'est excellent !" Alors, pourquoi adresser des devis à une dizaine d'autres entreprises ?" Eh bien, je me suis fait reprendre sévèrement : ce n'étaient pas mes oignons !
Dans l'usine où j'ai travaillé ensuite, mon chef direct a tout fait pour saborder une première promotion. Comme ce fut facile ! Il m'avait dit avec gentillesse: "Reste près du téléphone, je t'appellerai quand ce sera ton tour de parole !" J'étais spécialisé dans la recherche de clientèles outre-Atlantique. Vous devinez ce qui s'est passé: je ne fus jamais appelé et j'ignorais jusqu'au local où se déroulait la réunion ! Ensuite, il y eut une compagnie d'assurances, des examens pour tel et tel services de l’État - devenir fonctionnaire nommé est toujours très recherché - mais ici encore, il était très "recommandé" de se politiser, mais c'était contraire à mes idées - et ça l'est toujours.
J'ai finalement trouvé ma voie dans l'achat et la vente de livres d'occasion qui m'a permis de mettre en œuvre toutes mes capacités. Je n'envie certes pas d'anciennes connaissances qui sont déjà à la pension, retraités de l'administration publique, mais qui m'ont dit : "Travailler fut m'ennuyer huit heures pas jour en regardant l'horloge durant toutes ces années...". Ils ont confirmé sans le savoir le mot de Coluche à ce sujet (des dossiers peuvent disparaître, mais l'horloge jamais: tout le monde la regarde !")
Ma compréhension est celle-ci : moi non plus, je n'ai pas eu à parcourir toutes les villes d'Israël avant que tout soit accompli - et dans une Joie intérieure très profonde.
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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
- Pater civitatis

- Messages : 13130
- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Lutter pour demeurer dans la grâce
Le samedi de la 14e semaine du temps ordinaire
Livre d'Isaïe 6,1-8.
L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur qui siégeait sur un trône très élevé ; les pans de son manteau remplissaient le Temple. Des séraphins se tenaient au-dessus de lui. Ils avaient chacun six ailes : deux pour se couvrir le visage, deux pour se couvrir les pieds, et deux pour voler. Ils se criaient l’un à l’autre : « Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur de l’univers ! Toute la terre est remplie de sa gloire. » Les pivots des portes se mirent à trembler à la voix de celui qui criait, et le Temple se remplissait de fumée. Je dis alors : « Malheur à moi ! je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures : et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur de l’univers ! » L’un des séraphins vola vers moi, tenant un charbon brûlant qu’il avait pris avec des pinces sur l’autel. Il l’approcha de ma bouche et dit : « Ceci a touché tes lèvres, et maintenant ta faute est enlevée, ton péché est pardonné. » J’entendis alors la voix du Seigneur qui disait : « Qui enverrai-je ? Qui sera notre messager ? » Et j’ai répondu : « Me voici : envoie-moi ! »
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10,24-33.
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Le disciple n’est pas au-dessus de son maître, ni le serviteur au-dessus de son seigneur. Il suffit que le disciple soit comme son maître, et le serviteur, comme son seigneur. Si les gens ont traité de Béelzéboul le maître de maison, ce sera bien pire pour ceux de sa maison. Ne craignez donc pas ces gens-là ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu. Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux. Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. »
Cy Aelf, Paris
Avant que lui soit confiée la mission de parler aux Juifs de la part de Dieu, le prophète a besoin d'être délivré de ses fautes. Or, en tant que chrétiens baptisés et confirmés, nous avons nous aussi à prendre conscience de nos fautes et y remédier. Pratiquement, du fait d'un manque de prêtres, il n'est plus si simple de se confesser - et encore moins de se faire guider par lui dans sa vie spirituelle. Pour ma part, durant des années, j'ai eu la chance de pouvoir visiter régulièrement un prêtre âgé, lequel avait reçu, le premier, le témoignage de ma conversion.
Ce que l'on peut conseiller, c'est de communier le plus régulièrement possible, se confesser à l'occasion de Pâques, et invoquer régulièrement l'Esprit Saint en de nombreuses occasions de la vie quotidienne. Tout récemment, j'ai dû "élever la voix" car je ne veux pas que ma mère, âgée de 93, se retrouve, dans la maison de repos, à l'étage où sont confinés les cas d’Alzheimer. J'ai demandé qu'on la change d'étage. Comme je voyais les infirmières détourner l'entretien, je me suis rendu chez le directeur de l'établissement. Eh bien, les arguments que j'ai avancés, non je n'ai pas eu à les préparer avant d'entrer dans son bureau - car ils me sont "tombés dans la bouche" sur le moment-même. Et il en a été de même lorsqu'il est passé à une contre-argumentation. Parce que je me connais facilement timide, je suis certain d'avoir été inspiré dans ma foi.
Ce qui est un signe - sûr pour moi, que je bénéficie toujours de la grâce. J'en suis heureux dans une époque qui m'apparaît de plus en plus malheureuse, violente, une époque où les démons sont acharnés à la perte des âmes. Invoquons la miséricorde divine - c'est le bon moment !
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Livre d'Isaïe 6,1-8.
L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur qui siégeait sur un trône très élevé ; les pans de son manteau remplissaient le Temple. Des séraphins se tenaient au-dessus de lui. Ils avaient chacun six ailes : deux pour se couvrir le visage, deux pour se couvrir les pieds, et deux pour voler. Ils se criaient l’un à l’autre : « Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur de l’univers ! Toute la terre est remplie de sa gloire. » Les pivots des portes se mirent à trembler à la voix de celui qui criait, et le Temple se remplissait de fumée. Je dis alors : « Malheur à moi ! je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures : et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur de l’univers ! » L’un des séraphins vola vers moi, tenant un charbon brûlant qu’il avait pris avec des pinces sur l’autel. Il l’approcha de ma bouche et dit : « Ceci a touché tes lèvres, et maintenant ta faute est enlevée, ton péché est pardonné. » J’entendis alors la voix du Seigneur qui disait : « Qui enverrai-je ? Qui sera notre messager ? » Et j’ai répondu : « Me voici : envoie-moi ! »
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10,24-33.
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Le disciple n’est pas au-dessus de son maître, ni le serviteur au-dessus de son seigneur. Il suffit que le disciple soit comme son maître, et le serviteur, comme son seigneur. Si les gens ont traité de Béelzéboul le maître de maison, ce sera bien pire pour ceux de sa maison. Ne craignez donc pas ces gens-là ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu. Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux. Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. »
Cy Aelf, Paris
Avant que lui soit confiée la mission de parler aux Juifs de la part de Dieu, le prophète a besoin d'être délivré de ses fautes. Or, en tant que chrétiens baptisés et confirmés, nous avons nous aussi à prendre conscience de nos fautes et y remédier. Pratiquement, du fait d'un manque de prêtres, il n'est plus si simple de se confesser - et encore moins de se faire guider par lui dans sa vie spirituelle. Pour ma part, durant des années, j'ai eu la chance de pouvoir visiter régulièrement un prêtre âgé, lequel avait reçu, le premier, le témoignage de ma conversion.
Ce que l'on peut conseiller, c'est de communier le plus régulièrement possible, se confesser à l'occasion de Pâques, et invoquer régulièrement l'Esprit Saint en de nombreuses occasions de la vie quotidienne. Tout récemment, j'ai dû "élever la voix" car je ne veux pas que ma mère, âgée de 93, se retrouve, dans la maison de repos, à l'étage où sont confinés les cas d’Alzheimer. J'ai demandé qu'on la change d'étage. Comme je voyais les infirmières détourner l'entretien, je me suis rendu chez le directeur de l'établissement. Eh bien, les arguments que j'ai avancés, non je n'ai pas eu à les préparer avant d'entrer dans son bureau - car ils me sont "tombés dans la bouche" sur le moment-même. Et il en a été de même lorsqu'il est passé à une contre-argumentation. Parce que je me connais facilement timide, je suis certain d'avoir été inspiré dans ma foi.
Ce qui est un signe - sûr pour moi, que je bénéficie toujours de la grâce. J'en suis heureux dans une époque qui m'apparaît de plus en plus malheureuse, violente, une époque où les démons sont acharnés à la perte des âmes. Invoquons la miséricorde divine - c'est le bon moment !
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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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