Biométrie, le visage totalitaire du libéralisme

« Par moi les rois règnent, et les souverains décrètent la justice ! » (Pr 8.15)
Christian
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Charles,

Je ne veux pas polémiquer avec vous, mais vous donner un conseil. Cela vous aiderait de lire les messages auxquels vous répondez.
Et si [l’entreprise] a glané mon adresse à mon insu, je peux ignorer ses sollicitations.
Mais, Charles, puis-je ignorer les hommes de l’Etat ?

C'est tout le problème.



[align=center]The single clenched fist lifted and ready,
Or the open asking hand held out and wanting.
Choose.
For we meet by one or the other.

Choose, Carl Sandburg, Chicago Poems, 1916[/align]
Charles
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Message non lu par Charles »

Non, vous pouvez les ignorer en théorie, mais en réalité, cela se passe différemment. Parce que les entreprises raisonnent en termes de masse, et que la société de consommation est un système de masse. Vous vous satisfaites d'une liberté théorique, mais en réalité vous êtes traité dans le système en tant que masse.

L'avantage de l'homme d'Etat, quand celui-ci n'est pas totalitaire, est qu'il est soumis à des limites. Quand vous, votre idéologie et votre entreprise n'acceptez aucune limite, et êtes prêts à violer les libertés individuelles si vous en avez la possibilité et du moment que vous êtes libres de le faire. Vous vous moquez du bien de la société comme du bien individuel.

Et votre critère absurde que la liberté individuelle justifie tout, se retourne contre elle. Vous dites que vous ne pouvez pas ignorez l'homme d'Etat et que c'est tout le problème, mais c'est une façon puérile de penser la politique. C'est une sorte de contestation adolescente de l'autorité, complètement immature et irrationnelle.

Le problème n'est pas que nous ne puissions ignorer l'Etat et les nécessités de la vie sociale, c'est que vous soyez prêts à admettre des violations absolument arbitraires des libertés individuelles. Ce ne sont pas des limitations légales que vous admettez, mais des violations arbitraires. C'est-à-dire des atteintes qui dépassent ce que l'on peut demander à des hommes vivant en société au nom du bien commun. Vous justifiez par le sentiment subjectif que votre conscience est violée par la loi, la violation objective des libertés individuelles par des entreprises dépourvues de toute légitimité politique. Vraiment, Girard a raison, vous êtes dans le ressentiment.

Le problème donc, n'a jamais été que nous ne puissions ignorer les nécessités de la vie sociale, mais c'est celui de la justice, du respect de la dignité de la personne, de la perversion ou non des systèmes politiques, de la liberté individuelle s'exprimant dans le cadre des rapports sociaux... puisque nous parlons ici de politique et non des émotions que nous avons pu vivre en notre adolescence ni du ressentiment que nous avons pu concevoir envers toute autorité.

PS : je vois que vous recourrez aussi au slogan en guise d'argumentation. Vous commencez à m'effrayer : je me demande combien de temps reste-t-il avant que votre bord n'ait acquis la panoplie totalitaire au complet. Vous avez l'idéologie, les slogans, les médias, avec la biométrie, vous aurez bientôt la police qui vous manquait... Et même la religion, avec l'angélus et le bénédicité du CAC 40 sur France Info, en latin et que personne ne comprend, mais seule compte la dévotion...
Dernière modification par Charles le mer. 30 mai 2007, 19:31, modifié 2 fois.
Charles
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Message non lu par Charles »

A l'instant même, je viens de recevoir un appel téléphonique sur ma ligne fixe, d'une société qui m'informe qu'elle va ouvrir un magasin près de chez moi ! La fille me dit "Bonjour, Société XXXX, je voudrais parler à Monsieur ou Madame YYYY", "C'est moi-même", "Nous voulons vous informer que nous allons ouvrir prochainement un magasin près de chez vous...", "Cela ne m'intéresse pas, au revoir." Sur ma ligne fixe, en m'appelant par mon nom... Génial comme exemple ! Comment ont-ils eu mon nom, mon adresse et mon numéro de téléphone ? En plus, une ligne que je n'utilise presque pas et dont je ne donne le numéro que très très rarement ?

Je regrette, je n'aurais pas du raccrocher aussi vite mais lui demander comment elle avait eu ces informations et de les effacer.
Christian
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Message non lu par Christian »

J’entends quotidiennement que des Tchétchènes sont massacrés sur l’ordre d’un homme politique décoré de la Légion d’Honneur, que des prisonniers politiques sont détenus sans jugement dans des bases militaires, et sans doute torturés, que des gouvernements condamnent à mort des apostats, que d’autres laissent leur population littéralement mourir de faim …

et la violation des libertés individuelles qui suscite toute votre indignation est de recevoir un appel téléphonique d’une aimable jeune fille vous annonçant l’ouverture d’un nouveau magasin.

Restons en là, voulez-vous.

Christian
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Message non lu par Charles »

Que viennent faire les Tchétchènes ici ? Vous ne savez plus quoi trouver. Si les moyens de police biométrique qui sont actuellement en phase de test sont rendus obligatoires, si les enfants pour qui porter un bracelet d'identification est la normalité et les adolescents pour qui porter des implants de puces électroniques est la normalité, vous imposent dans un futur proche cette normalité... vous n'aurez plus à faire ainsi diversion.
Dernière modification par Charles le mer. 30 mai 2007, 20:05, modifié 1 fois.
Charles
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Message non lu par Charles »

Christian a écrit :J’entends quotidiennement que des Tchétchènes sont massacrés sur l’ordre d’un homme politique décoré de la Légion d’Honneur, que des prisonniers politiques sont détenus sans jugement dans des bases militaires, et sans doute torturés, que des gouvernements condamnent à mort des apostats, que d’autres laissent leur population littéralement mourir de faim …
Finalement, vous faites de l'Etat le bouc-émissaire des misères de l'humanité ? Comme d'autres ont fait de la bourgeoisie ou des Juifs les boucs-émissaires de leur propres misères. Cela vous dispense sans doute de faire oeuvre de charité, personnellement, concrètement... C'est une vieille méthode, si éprouvée, si patinée... que de reporter sur une cause lointaine une responsabilité qu'on se dispense ainsi d'exercer soi-même.

Mais surtout vous essayer de faire peur, c'est une sorte de terrorisme intellectuel : si vous n'acceptez pas d'être marqués et surveillés, réduits à l'état de ressource humaine, de matériau humain du système libéral, vous subirez les pires souffrances physiques... C'est l'alternative que vous proposez naïvement et sans le moindre scrupule intellectuel : la violation des libertés individuelles en échange de l'assurance de ne pas être mollesté ?

Désolé, mais nous n'en sommes tous pas déjà réduits à votre mollesse physique, le cocooning n'a pas encore fait de nous cette masse prête à tout accepter pour continuer de vivre dans la molle perspective de consomer toujours plus, jusqu'à notre auto-destruction par excès de cholestérol.
Dernière modification par Charles le lun. 04 juin 2007, 22:18, modifié 4 fois.
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Christophe
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Message non lu par Christophe »

Bref, que ce soit de la part des Etats ou des entreprises, les technologies biométriques et numériques posent des problèmes de libertés publiques.
Que peut-on faire ?
« N'ayez pas peur ! » (365 occurrences dans les Écritures)
FMD
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Christophe a écrit :Que peut-on faire ?
Partir n'étant probablement qu'un moyen de repousser le problème, j'avoue ne pas savoir. Parier sur un réveil spontané et généralisé des consciences? Espérer vivre les temps derniers? Dans tous les cas, nous sommes condamnés à être les spectateurs passifs de la disparition progressive des libertés individuelles.
Charles
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Message non lu par Charles »

- Obtenir de personnalités politiques qu'elles se saisissent du dossier et imposent l'interdiction des expérimentations et de l'usage des moyens de police biométrique.

- Casser. Ce qu'on fait des lycéens français avec les bornes biométriques de leur cantine mais si l'on veut se soustraire physiquement à la surveillance, attention : "L’installation de bornes biométriques pour simplifier la gestion du self service lycée de la Vallée de la Chevreuse à Gif-sur-Yvette a suscité une vive polémique, mise en lumière en février dernier à l’occasion du procès de trois étudiants. Ils entendaient dénoncer les dangers de la biométrie lors de l’opération au cours de laquelle les bornes de contrôle ont été endommagées"... C'est la police qui arrive et la prison qui menace. Parce que la biométrie n'est qu'une extension de la réalité policière et carcérale concrète et physique. Mais comme c'est de la surveillance et de la coercition électronique, on ne le voit pas immédiatement. Derrière les caméras, les fichiers, les bornes biométriques, c'est la prison en dur et la police en personne qui sont juste là.

- Comprendre et alerter. Nous sommes catholiques, nous avons l'esprit critique, sommes revenus de tous les enthousisames pour les sytèmes et idéologies politiques et ne craignons pas pour notre niveau de vie, nous n'aurons donc pas peur de dénoncer le système totalitaire qui vient.
Charles
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Message non lu par Charles »

Notez la débilité récurrente des raisons invoquées pour justifier les procédés de police biométrique :

- "L’installation de bornes biométriques pour simplifier la gestion du self service lycée de la Vallée de la Chevreuse à Gif-sur-Yvette"

- dans le cas du passeport biométrique on nous disait que c'était "pour passer plus vite à la douane".

- dans le cas des implants dans le corps humain, c'est pour "entrer en boite de nuit"

- dans le cas des bracelets pour bébés, c'est "pour donner l'alerte quand ils se font kidnapper par leurs parents"

- dans le cas des bracelets GPS c'est "pour retrouver pépé qui s'est perdu à cause de son Alzheimer" ou "pour permettre aux criminels de faire leur temps de prison chez eux" (sans que personne ne relève l'horreur qu'un chez soi puisse être ainsi carcéralisé, les journalistes qui annonçaient la nouvelle dans les grands médias s'étant sans doute plus préoccupé de la couleur de la cravate de Pascal Clément).

A chaque fois, une raison débile nous est servie, et à chaque fois les journalistes ne font pas leur travail.

Mais du côté des professionnels de la biométrie, le discours est plus clair :

"La sécurité est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une atteinte aux libertés individuelles. Il faut donc faire accepter par la population les technologies utilisées et parmi celles-ci la biométrie, la vidéosurveillance et les contrôles. Les méthodes pour faire accepter la biométrie devront être accompagnées d’un effort de convivialité : dès l’école maternelle, les enfants utilisent cette technologie pour entrer dans l’école, en sortir, déjeuner à la cantine, etc...."
Dernière modification par Charles le mar. 05 juin 2007, 15:25, modifié 1 fois.
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Geronimo
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Re: Traçage numérique

Message non lu par Geronimo »

Christophe a écrit :
Tu as eu raison de dénoncer les risques de dérive possible dans l'utilisation des technologies numériques, car le sujet est grave et ne mérite certainement pas d'être abaissé au rang d'une vaine polémique sur l'emploi du terme "libéralisme"...
;-)
Le moyen terme entre les dérives biométriques et le libéralisme, c'est la mondialisation.

Car ce sont bien les libéraux qui ont voulu la mondialisation, la libéralisation du marché du "village planétaire".

Ça a commencé par la mondialisation des échanges, mondialisation du commerce. Ensuite, il a fallu assurer la sécurité de ces échanges très profitables à certains, les intermédiaires entre les producteurs et les consommateurs.

On en est donc arrivé à la mondialisation de la sécurité et du fichage afin de protéger ces profits.


Comme le montre Charles, les mondialistes libéraux dénoncent l'état, protecteur de la nation et
des individus . L'état pourrait effectivement restreindre la liberté du commerce.

Ce qui les préoccupe c'est la liberté du commerce pas la liberté du consommateur qui est fiché et ou manipulé et conditionné à acheter.

Ce qui les préoccupe c'est la liberté des entreprises, des grandes compagnies, des flux financiers,.Or il y a des gens à la tête de ces organismes.
Ce qui les préoccupe donc finalement, c'est la liberté des plus forts.

Fatalement la compétition libérale, le libre marché devait déboucher sur la victoire du plus fort sur le plus faible, le looser.



On peut comprendre qu'un état rebelle gêne ces profits, mais en quoi un individu pourrait-il être préjudiciable ?

Les individus sont devenus dangereux pour la société libérale, car ils peuvent compromettre les profits en devenant mentalement déviant.

Les individus sont dangereux à cause des effets de masse. La biométrie permettra de localiser les leaders intellectuellement déviants et de les "isoler".

Les projets de biométrie sont des projets mondiaux comme l'a montré Charles.

Il faut assurer la sécurité des profits des plus forts, il faut la biométrie.
Voilà comment la biométrie est généralisée dans le monde entier par les libéraux

De même que dans la société communiste la personne était au service de la collectivité et la collectivité avait une dignité plus importante que la personne. De même dans la société libérale, la personne est au service de la société et du profit. Le but de la société libérale est de se survivre à elle-même quelque soit le coût humain.

Pourquoi cette communauté dans l’erreur. Parce que communisme et libéralisme, sont deux idéologies matérialistes qui ignorent la transcendance divine chez l’homme
Dans la vision chrétienne (personnalisme de Jean-Paul II), la société est faite pour l'homme et non pas l'inverse.

C'est ainsi que contrairement à son idéologie de départ, la société libérale survit en sacrifiant les libertés individuelles.

Dans la société libérale parvenue à son comble, c'est la liberté du marché qui est sacrée pas la liberté de l'individu.


;-)
"Tant la concurrence au sens du LIBERALISME économique que la lutte des classes dans le sens marxiste sont contre nature et opposées à la conception chrétienne de la vie." Bienheureux Jean XXIII, encyclique Mater et Magistra n. 24

"Si les élections changeaient vraiment les choses, le vote serait interdit" Coluche
vive les sacrifices humains !
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Charles
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Re: Traçage numérique

Message non lu par Charles »

Que dire ? Merci pour ces brillantes réflexions... :loveletter: Vraiment brillant...
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Biométrie : le Comité d’éthique tire la sonnette d’alarme

Message non lu par Charles »

Trois jours après CITE-CATHOLIQUE.ORG, le Figaro ouvre le dossier et rappelle un avis du Comité consultatif national d'éthique du 26 avril alertant des dangers de la biométrie :

"Biométrie : le Comité d’éthique tire la sonnette d’alarme
Laurent Suply (lefigaro.fr). Publié le 31 mai 2007

Cette instance consultative réclame un « contre-pouvoir » face à ces méthodes d’identification.
« Subrepticement, notre société, au nom du paradigme sécuritaire, s'habitue à l'usage de ces marqueurs biométriques », constate le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) dans un avis rendu jeudi. Une habitude dangereuse, estime le comité : « chacun accepte finalement et même avec quelque indifférence d'être fiché, observé, repéré, tracé, sans souvent même en avoir conscience ».
ADN, sang, urine, iris…
En cause, la biométrie, une technique en plein boom, qui consiste à identifier des individus par leurs caractéristiques physiques : repérage de « suspect » par identification faciale, contrôle aux frontières grâce au passeport biométrique, démarrage d’un ordinateur grâce aux empreintes digitales. Il est aussi possible d’identifier quelqu’un grâce à son ADN, son sang, son urine, sa rétine, son iris, sa voix, ou même sa façon de taper sur un clavier.
Au-delà des failles de sécurité révélées notamment par le Guardian au sujet du passeport biométrique, le CCNE pointe les dérives qui guettent. Il critique sévèrement « une loi qui fait du refus de se soumettre à ce prélèvement un délit », qui revient à faire fi du consentement, condition sine qua non de la biométrie. Autre danger : le détournement des données et leurs croisements qui « permet un contrôle étroit et multiforme des personnes, de leurs déplacements et de leurs activités ». « On imagine aisément l'utilisation aux fins de stigmatisation, d'exclusion sinon d'élimination que des régimes totalitaires auraient pu faire ou pourraient faire de tels instruments », ajoute le texte.
« Le prix à payer »
Face à ces doutes, le Comité d’éthique s’interroge : « quel est le prix à payer pour rendre la vie plus sûre ? ». Pour éviter les dérives, l’avis préconise la mise en place d’un vaste « débat public » sur la question et d’un « réel contre-pouvoir à la généralisation excessive de la biométrie ». Elle propose que la Cnil soit chargée de cette tâche, après lui en avoir donné « le statut et les moyens ». "

:arrow: http://www.lefigaro.fr/sciences/2007053 ... larme.html

:arrow: http://www.ccne-ethique.fr/francais/pdf/avis098.pdf

"une loi qui fait du refus de se soumettre à ce prélèvement un délit », qui revient à faire fi du consentement" : c'est une double violation de la liberté individuelle, par la technique biométrique elle-même, et par l'obligation de s'y soumettre.

La contradiction du journaliste est remarquable : " qui revient à faire fi du consentement, condition sine qua non de la biométrie" puisque de toute façon, la biométrie est un moyen de police, c'est-à-dire de contrôle et de coercition , et que ceux qui souhaitent mettent en oeuvre ce moyen souhaitent précisément contrôler et obliger ceux à qui ils veulent l'appliquer : nous tous. Un moyen de contrôle se passe par définition du consentement de ceux qui sont contrôlés.

Enfin, on retrouve comme un air des problématiques traitées dans ce sujet, ce qui est encourageant.
Dernière modification par Charles le mar. 05 juin 2007, 15:20, modifié 1 fois.
Charles
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Re: Traçage numérique

Message non lu par Charles »

Geronimo a écrit :Le moyen terme entre les dérives biométriques et le libéralisme, c'est la mondialisation. (...)
Ça a commencé par la mondialisation des échanges, mondialisation du commerce. Ensuite, il a fallu assurer la sécurité de ces échanges très profitables à certains, les intermédiaires entre les producteurs et les consommateurs. On en est donc arrivé à la mondialisation de la sécurité et du fichage afin de protéger ces profits.
Les projets de biométrie sont des projets mondiaux (...)
Je suis assez admiratif de la première proposition, que le moyen terme entre biométrie et libéralisme est la mondialisation.
Parce que le libéralisme est une idéologie totalitaire, il a une prétention universaliste. Il suppose pour fonctionner, que le monde entier lui soit soumis. C'est exactement le même discours que les mouvements totalitaires du XX° siècle : il y avait toujours une excuse à leurs échecs - quelque part, une existence réfractaire au système, le menaçant, l'entravant, l'empêchant d'être pleinement lui-même, du seul fait de son existence indépendante.

C'est bien ce que nous disent aujourd'hui les libéraux : que l'Etat quel qu'il soit ou la Russie ou n'importe quel individu échappant à sa surveillance, menacent le système libéral. Il faut donc détruire les Etats, asservir la Russie et surveiller tous les individus, pour que le libéralisme puisse être pleinement lui-même.

Et l'on comprend pourquoi la mondialisation nous est autant présentée autant comme un projet que comme un état de fait. La mondialisation des échanges, c'est-à-dire du libéralisme doit être comprise pour ce qu'elle est : non pas une sorte d'évolution inévitable, mais une nécessité de l'idéologie libérale, et un symptôme de ce que cette idéologie est totalitaire.

Personne ne doit pouvoir vivre en dehors du système libéral, il est essentiel que l'on boive du Coca-Cola en Corée du Nord, dans les tribus de Mato Grosso, dans l'espace ou dans les maternelles.

Un autre symptôme du totalitarisme et de la violence du libéralisme, c'est qu'il se pose en alternative exclusive à la violence ainsi que l'a fait Christian plus haut : "des Tchétchènes sont massacrés sur l’ordre d’un homme politique décoré de la Légion d’Honneur, que des prisonniers politiques sont détenus sans jugement dans des bases militaires, et sans doute torturés, que des gouvernements condamnent à mort des apostats, que d’autres laissent leur population littéralement mourir de faim". Il ne laisse donc ainsi aucun véritable choix : il assimile toute opposition à une menace violente et justifie par là-même l'usage de violence envers les opposants. C'est précisément le discours des totalitarismes du XX° siècle : si l'on n'était pas fasciste, c'est qu'on était forcément communiste et si l'on n'était pas communiste, c'est qu'on était forcément fasciste. Tous ceux qui refusent d'adhérer au mouvement totalitaire sont perçus comme complices d'une menace violente. Christian ne disait rien d'autre. Ceci est un très sérieux symptôme de la dérive totalitaire du libéralisme.

En résumé : comme toute idéologie totalitaire, le libéralisme est universaliste, il a besoin pour être lui-même de dominer universellement ; tout ce qui prétend se passer de lui, Etats ou individus, est perçu par lui comme menace et agression du seul fait de son existence ; contre les Etats il emploie la déstabilisation ou la guerre préventive, contre les individus, la biométrie ; la mondialisation des échanges est la même chose que l'universalisme spécifique de l'idéologie libérale, elle découle de l'idéologie totalitaire elle-même et a pour conséquence la mise en oeuvre de moyens de conquête et de contrôle des espaces encore non-libéraux : guerre préventive, révolutions orange manipulées par Soros en consorts, police biométrique... et dans le cas de l'espace irréductible au libéralisme - la pauvreté endémique du Tiers-Monde - d'un moyen de destruction massive : la dénatalité.
Dernière modification par Charles le lun. 04 juin 2007, 22:12, modifié 1 fois.
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Ruth de Saint Jean
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Mesure de bonheur?

Message non lu par Ruth de Saint Jean »

Un article sur le site de la Fondation pour l'Innovation Politique analyse les "indicateurs de bonheur" qui sont pertinents pour la France. Curieux; le problème de la biometrie dont vous discutez inquiète presque 60% des français, qui considèrent que la libérté n'est pas un acquis définitif et qu'elle est menacée par cette surveillance...
Raphaël Wintrebert cite une étude de la Sofres de janvier 2006, selon laquelle 94 % des Français se disent heureux, grâce à leur famille, à leurs enfants, à leur bonne santé. Ce qui leur manque le plus pour être heureux : l'argent pour 36 % d'entre eux, plus de temps disponible pour 22 %... C'est donc la sphère privée qui semble constituer le socle d'une vie heureuse car les critères « collectifs » que sont la richesse, la sûreté, la liberté et la solidarité laissent à désirer. 62 % des Français sont préoccupés par leur pouvoir d'achat, dont ils affirment ressentir la diminution. Le niveau de chômage les préoccupe à 58 %.

Sensibles à la liberté, 59 % estiment qu'elle n'est pas un acquis définitif, menacée par le croisement des fichiers informatiques personnels, les interdictions de fumer, les caméras dans les lieux publics ou la multiplication des contrôles d'identité. Dans le domaine de la « sûreté », si le système de santé ne les inquiète pas, les Français se sentent menacés par l'insécurité professionnelle liée au niveau de chômage, et manquent de confiance dans un des piliers de la société : le système judiciaire, la justice étant le service public dont ils ont la moins bonne opinion (seulement 32 % d'opinions favorables contre 46 % à la police).
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