Les propositions de l'extrême droite sûrement ! Et, ici, je vais penser à ma propre définition de l'extrême droite : nazi, néo-nazis, hooligans britanniques «casseurs de juifs ou de nègres», assassins de Martin Luther King ou d'Oscar Romero, escadrons de la mort sud-américain, Ku Klux Klan raciste, anti-catholique, etc. Pour moi, le mot «extrême» veut dire quelque chose.Malek Boutih a raison, les propositions de l'extrême droite sont d'une grande violence pour une grande partie des Français et intolérable pour de nombreux chrétiens. Cela fait d'ailleurs des décennies que les évêques de France mettent en garde les personnes contre les idées du Front National.
Mais ...
L'idée de faire du FN une véritable organisation d'extrême droite me paraîtrait chose assez discutable. Personnellement, je n'y crois pas tellement.
Je sais bien
Il est vrai que le père Le Pen et ses associés n'auront pas manqué souvent, par le passé, de cultiver l'ambiguité d'une manière, en se refusant à fermer la porte [au contraire : on ouvre !] à tous les solliciteurs, militants, colleurs de timbres ou copain du copain, quand même le copain aura pu lui-même faire un stage quelques mois parmi des miliciens au passé trouble d'une autre époque, quand ce n'est pas carrément un des lieutenants du parti qui aura pu être un ancien de la LVF, etc.
Un exemple :
Ce parti aura toujours eu le don de s'associer symboliquement avec nombre de défenseurs du Vichysme; ce qui est assez incompréhensible vue de l'extérieur.«Le 6 février 1995, la salle de la Mutualité à Paris se remplit à l'appel du journal Présent pour une réunion présidée par Maurice Bardèche. Double anniversaire : celui du 6 février 1934, la manifestation antiparlementaire de la Concorde, et celui, surtout, de la mort de Robert Brasillach, fusillé le 6 février 1945 au fort de Montrouge après avoir été reconnu coupable d'intelligence avec l'ennemi.
Quelques personnalités en vue du Front National sont à la tribune : Bernard Anthony, alias Romain Marie, fondateur du mouvement chrétien-solidarité et de Présent, François Brigneau, ancien membre de la Milice, Jean Madiran, directeur de la revue intégriste Itinéraires, oblat bénédictin et éditorialiste à Présent. Celui-ci déclare dans son allocution : Il faut que la flamme soit transmise de génération en génération. Jeunes gens et jeunes filles qui êtes ici ce soir, nous remettons entre vos mains la mémoire de la Révolution nationale, nous vous remettons la mémoire de la France qui attend, qui espère et qui veut sa libération.
Les mots de Jean Madiran sont choisis : fidélité à la Révolution nationale - l'oeuvre du maréchal Pétain - et véritable libération opposée à la pseudo-libération de 1944-1945. En mémoire de l'écrivain [Brasillach] qui avait préconisé en 1942 de «se séparer des juifs en bloc» et écrit que «rien ne se fera sans la révolution totalitaire. Dans l'Europe fasciste que soude en ce moment l'agression américaine, [...] il n'y a de place que pour une France fasciste» [cf. Je suis partout, 20 novembre 1942], sa biographe, Anne Brassié, lance de l'estrade ce cri d'admiration : Plus le siècle approche de sa fin, plus l'oeuvre de Brasillach, comme les bons instruments de musique, résonne et rayonne.»
Le comble de l'émotion est atteint quand François Brigneau, après avoir évoqué les derniers jours du condamné à mort dont il avait partagé la cellule à Fresnes, regagne sa place et serre affectueusement Maurice Bardèche [beau-frère de Brasillach] en larme contre lui».
Source : Michel Winnock, professeur à l'Institut d'études politiques de Paris dans L'Histoire, mars 1998, no 219
A priori, j'aurais tendance à penser qu'il serait "juste" pas possible, en France, de vouloir créer un parti de droite, pour y tenir un discours se voulant plus ou moins en résonance avec tout le patrimoine historique et ancien de la droite politique française, sans se retrouver tôt ou tard en contact avec des anciens racistes ou des gens ayant pu les côtoyer d'assez près. C'est comme le parti socialiste qui pourrait difficilement éviter de rencontrer à l'occasion des anciens communistes, trotskistes ou maoïstes.




