L'Esprit conduit Jésus au désert

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Cinci
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L'Esprit conduit Jésus au désert

Message non lu par Cinci »

Bonjour,

J'aurais une question ici à soumettre aux intéressés.

Dans la lecture de l'évangile chez Matthieu, au chapitre 4, il est mentionné que c'est l'Esprit qui conduit Jésus au désert. Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi l'Esprit aurait dû conduire Jésus à éprouver une pareille expérience ? Personnellement, c'est un de ces ''détails'' qui ne m'auront pas trop frappé jusqu'ici. Voire ... le détail pourrait quasiment me paraître hérétique sur les bords : l'Esprit qui s'amuse à venir jouer un sale tour à Jésus en le reconduisant directement dans les bras du tentateur et père du mensonge. Tu parles d'un cadeau à faire à un ami ! Gulp !
  • «Jésus après son baptême fut conduit par l'Esprit au désert pour y être tenté par le démon.» (Mt 4,1)
Enfer et damnation !

[...]

Qu'est-ce ça peut évoquer pour vous, ce passage de Matthieu ? c'est quoi l'idée ?

Vous pouvez prendre ça comme un exercice de style libre, sans bonne ou mauvaise réponse, pas de points à distribuer ni médailles. «Je comprends rien du tout», pourrait être une réponse valable aussi.

Au plaisir de découvertes potentielles ...
gerardh
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Re: L'Esprit conduit Jésus au désert

Message non lu par gerardh »

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Bonjour Cinci,

Vous ne serez pas étonné si je vous soumets quelques réflexions spirituelles issues de écrits des "frères" et reprise par le site Bibliquest [site protestant] :

Revêtu de la puissance de l'Esprit, Jésus est prêt à accomplir son ministère. Mais, comme tout serviteur de Dieu, il est nécessaire qu'il soit premièrement mis à l'épreuve. Aussi a-t-il affaire au grand ennemi. Pour faire sortir un homme de Dieu du sentier de l'obéissance, Satan utilise deux principales tactiques: Il présente des choses effrayantes dans le chemin (pour Christ ce sera tout particulièrement le combat de Gethsémané). Ou bien, au contraire, il offre des objets désirables à côté du chemin. Et c'est ce que le diable fait ici.

Ayant ainsi pris en grâce sa position comme homme sur la terre, Jésus commence sa carrière terrestre, étant conduit par l’Esprit au désert pour être tenté par le diable. L’homme juste et saint, le Fils de Dieu, jouissant comme tel de tous les privilèges qui Lui sont propres, doit subir le jugement de ces ruses par lesquelles le premier Adam est tombé. Son état spirituel est mis à l’épreuve. Il ne s’agit pas ici d’un homme innocent, jouissant de toutes les bénédictions naturelles de Dieu, et mis à l’épreuve au milieu de ces bénédictions qui auraient dû lui rappeler Dieu. Christ, près de Dieu comme son Fils bien-aimé, mais au milieu de l’épreuve ayant la connaissance du bien et du mal, et, pour ce qui est des circonstances extérieures, étant descendu au milieu de l’état de chute de l’homme, Christ doit avoir sa fidélité à cette position pleinement mise à l’épreuve quant à sa parfaite obéissance. Il devait pour s’y maintenir ne pas avoir d’autre volonté que celle de son Père, et accomplir cette volonté ou la subir, quelles qu’en fussent les conséquences pour lui-même. Il devait l’accomplir au milieu de toutes les difficultés, de toutes les privations, et dans l’isolement au désert où se trouvait la puissance de Satan. Toutes ces choses pouvaient l’engager à suivre un chemin plus doux que celui qui seul serait à la gloire de son Père. Il devait renoncer à tous les droits qui appartenaient à sa Personne, sauf à les recevoir de Dieu et à les Lui abandonner dans une confiance parfaite.

Il y a trois tentations. «Alors Jésus fut emmené dans le désert par l’Esprit pour être tenté par le diable» (Matt. 4:1). C’est là quelque chose de très remarquable. Le Seigneur était rempli de l’Esprit Saint. Cependant, il est dit qu’il fut emmené par l’Esprit de Dieu pour être tenté ! C’était évidemment une nécessité absolue sur son chemin. Autrement, comment pourrait-il nous secourir dans nos tentations ? Il a su ce que c’était que d’être tenté en toutes choses à part le péché. La tentation, comme vous allez le voir, est triple. Vous et moi n’en avons jamais connu d’aussi grandes, car les circonstances extérieures du Seigneur étaient plus difficiles que les vôtres et les miennes ne le seront jamais. Personne d’autre que Lui ne reçut jamais aussi peu de manifestations extérieures de la faveur de Dieu. Né dans l’étable d’un homme, et enseveli dans le tombeau d’un autre, Il a vraiment pu dire : «Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des demeures ; mais le fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête» (Matt. 8:20). Et lorsqu’il fut question de payer un impôt, il dit : «Montrez-moi un denier» (Luc 20:24). Pourquoi ? Parce qu’il n’avait aucun argent. Je doute qu’il y ait ici une seule personne qui n’ait pas un sou en poche. C’est pourquoi, apparemment, jamais personne ne connut l’adversité autant que Lui. Mais aussi, intérieurement, quelle joie et quelle paix Il trouvait dans l’amour du Père !

Quel contraste ! Israël, dans le désert, a tenté Dieu et a failli en toutes choses. Adam aussi. Jésus a été tenté lui-même et il est sorti vainqueur de tout.



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Peccator
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Re: L'Esprit conduit Jésus au désert

Message non lu par Peccator »

Il est très important que ce soit l'Esprit qui ait mené Jésus à ce combat : on ne choisit pas d'aller lutter avec le démon, ce serait de la présomption. On notera que c'est l'Esprit que Jésus vient tout juste de recevoir, à son baptême. C'est qu'il y a bel et bien un lien avec ce baptême. Cela a lieu avant le début de la prédication de Jésus, et c'est important aussi.

Cette péricope, contrairement à ce qu'on en dit souvent, n'est pas un enseignement de Jésus sur comment résister face à la tentation. La raison d'être est entièrement inscrite dans la mission de Jésus.

Il fallait qu'il mène ce combat afin que le démon soit vaincu, soit définitivement vaincu (c'est la dernière fois où Jésus sera tenté, à Getsémani ce n'est pas une tentation). Il fallait ce combat, cette victoire, pour que nous puissions nous aussi y avoir part. Il fallait que Jésus vainque le démon pour que le combat ait eu lieu, pour que la victoire soit acquise.

Il fallait que cette victoire soit acquise pour que Jésus puisse annoncer le Royaume. Et c'est pourquoi cela a lieu immédiatement après le baptême.


Il y a en effet 3 tentations, et plus exactement, il y en a 2 plus une : les deux premières commencent pas "Si tu es le Fils de Dieu", alors que la 3e est formulée très différemment.

Le "Si tu es Fils de Dieu" n'est pas une remise en question de cette filiation : le Père vient de déclarer que Jésus est son Fils bien aimé. Ce serait beaucoup trop gros que de le contester ! Le diable est bien plus subtil que cela. Il faut donc bien lire ces phrases dans le sens "puisque tu est Fils de Dieu"... Et alors, chercher où est le piège, où est l'astuce qui détourne de Dieu insidieusement.

La première tentation, c'est le pain. Jésus vient de jeûner pendant 40 jours et 40 nuits (mention bien précise, qui est une référence explicite à Moïse et Elie : il y a plusieurs mentions dans l'Ancien Testament de périodes de 40 jours, encore plus de 40 ans, mais Moïse et Elie sont les deux seules mentions de "40 jours et 40 nuits"), et il a faim. Littéralement en grec, il est affamé : on est sur une relation à la vie et à la mort. C'est là tout le sens du jeûne, cette privation de nourriture : nous dépendons de ce que Dieu nous donne pour pouvoir vivre.
Cette première tentation, c'est celle de décider par soi-même de sa vie et de sa mort, au lieu de s'en remettre au Père. C'est la tentation pour Jésus que de refuser de donner sa vie. Ordonner aux pierres de devenir du pain, ce serait usurper l'autorité du Père, et décider de sa propre vie au lieu de la recevoir.


J'ai souvent entendu cette semaine des gens dire que la seconde tentation serait celle du geste spectaculaire, supposé convertir les foules, spectaculaire auquel Jésus aurait renoncé. Cette interprétation ne tient pas : déjà, parce qu'on verra Jésus faire du spectaculaire, par exemple en marchant sur les eaux. Ensuite, parce que Jésus dira lui-même que le spectaculaire ne sert à rien pour ce qui est des conversions : dans la parabole du riche et de Lazare, il dira bien que quand bien même un mort reviendrait à la vie, cela ne suffirait pas à faire croire celui qui ne veut pas croire.

En lisant le texte avec attention, on voit en réalité que la seconde tentation est une tentative du diable de nier la valeur du sacrifice de Jésus. D'accord, tu as accepté de donner ta vie : vas-y, fais le ! Mais quel sens pourrait donc avoir le geste de se jeter du haut du Temple ? Si ce n'est de mettre Dieu à l'épreuve ? Ce que le diable dit, d'ailleurs : ton suicide n'en serait même pas un, tu va faire semblant de mourir, mais en réalité jamais Dieu ne te laissera mourir. C'est la tentation de nier le sens même du sacrifice de Jésus sur la Croix. Jésus ne donnera pas sa vie pour éprouver Dieu, mais pour racheter le péché. Le don de sa vie a du sens, ce n'est pas un acte absurde.
Le lecteur attentif, qui connait bien ses psaumes ou qui aura été vérifié, aura constaté au passage que le diable utilise sa stratégie habituelle : il cite le psaume hors contexte, et en tronquant la phrase. Nous voyons bien qu'il est possible de faire oeuvre diabolique en citant la Bible ! Qu'il est possible de s'appuyer sur la Bible pour détourner l'homme de Dieu.


La troisième tentation est la plus importante : le diable abat ses cartes, et joue le tout pour le tout. Il propose à Jésus de régner sur le monde. N'est-ce pas précisément là la mission du Messie ? Jésus n'est-il pas venu annoncer le Royaume ? Voilà, tu peux régner sans devoir traverser la mort. Jésus répond avec ses propres mots : "arrière, Satan !". Ce sont les mêmes mots qu'il utilisera à Césarée de Philippe, quand Pierre, qui viendra de le reconnaître comme le Messie, dira quand même que non, il ne peut pas mourir.
Jésus le sait : sa mission n'est pas de régner, mais de vaincre le péché en mourant sur la croix. C'est incontournable, et c'est librement qu'il accepte d'avancer sur cette voie, c'est librement qu'il donne sa vie.

Les trois tentations ne sont donc pas celles des sens, du spectaculaire et du pouvoir : ce sont des attaques directes et frontales sur le sens même de la mission de Jésus. C'est la tentative du diable de faire échouer le salut, d'empêcher le rachat du péché. Il fallait bien que Jésus vainque le diable : et c'est pour cela que l'Esprit l'envoie au désert.


Souvent, ce passage est présenté comme un modèle de la manière chrétienne de lutter contre la tentation. Nous l'avons vu, c'est là une lecture très réductrice. Jésus est venu pour livrer le combat et gagner, pas seulement pour nous donner un exemple.

Face à la tentation, notre devoir n'est pas de lutter avec nos propres forces, et encore moins d'aller chercher le combat (surtout pas !). Notre devoir est d'envoyer le diable au diable, parce que Jésus l'a déjà vaincu. Notre secours, notre protecteur, c'est le Christ. Notre baptême nous associe à sa victoire.

Lire ce passage comme un exemple du bon combat, c'est faire de Jésus un maître de sagesse. Etudiez ce qu'il dit, acquérir la connaissance et par là espérer gagner le salut, c'est l'erreur de la gnose.

Le chrétien n'est pas sauvé par la connaissance. Il est sauvé parce qu'il est en communion avec le Christ. Parce que, par notre baptême, il nous est donné d'avoir part à la victoire de Jésus.




Il y a quand même un enseignement que nous avons à tirer de ce passage : notre baptême nous expose directement à deux tentations qui sont proprement chrétiennes, que nous connaissons pour la seule raison d'avoir été baptisés.

La première de ces tentations, c'est le triomphalisme chrétien. Ne serait-il pas tellement mieux que tout le monde se convertisse, que tout le monde ouvre son coeur à la charité ? Plus de guerre, plus de souffrance, le Royaume serait là ! Et pourtant, Jésus nous l'a bien annoncé : notre vie de chrétien passera pas la croix. Son trône est la Croix, et la victoire contre le péché passe par la croix.
La seconde de ces tentations, c'est de croire que finalement, notre baptême ne change rien : nous ne sommes pas meilleurs, nous ne sommes pas plus fort, et d'ailleurs, nous voyons bien qu'il y a des gens qui sans être baptisés sont pourtant tellement meilleurs que nous. C'est oublier le changement radical dû à notre baptême : nous sommes enfants adoptifs de Dieu. Penser que cela ne change rien, c'est renier notre baptême, c'est refuser la grâce que Dieu nous donne.




Cette lecture de Matthieu est fruit de mes longues méditations cette semaine nourries d'une lecture très serrée du texte, mais bien plus encore est le fruit de l'enseignement du père Jean-Philippe Fabre, professeur d'Ecriture sainte au Collège des Bernardins à Paris. C'est à lui que je dois d'avoir vu le lien profond avec la mission de Jésus et avec sa mort sur la Croix.
Non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux. Mc 14, 36
Mac
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Re: L'Esprit conduit Jésus au désert

Message non lu par Mac »

Cinci a écrit :Dans la lecture de l'évangile chez Matthieu, au chapitre 4, il est mentionné que c'est l'Esprit qui conduit Jésus au désert. Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi l'Esprit aurait dû conduire Jésus à éprouver une pareille expérience ? Personnellement, c'est un de ces ''détails'' qui ne m'auront pas trop frappé jusqu'ici. Voire ... le détail pourrait quasiment me paraître hérétique sur les bords : l'Esprit qui s'amuse à venir jouer un sale tour à Jésus en le reconduisant directement dans les bras du tentateur et père du mensonge. Tu parles d'un cadeau à faire à un ami ! Gulp ! Au plaisir de découvertes potentielles ...
Tu es conduit par l'Esprit pour voir qu'il y a un truc qui colle pas dis donc. :)

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Re: L'Esprit conduit Jésus au désert

Message non lu par Cinci »

Salut gérardh,

C'est correct de ramener une idée ou deux même si c'est tiré de Bibliquest.
Il y a trois tentations. «Alors Jésus fut emmené dans le désert par l’Esprit pour être tenté par le diable» (Matt. 4:1). C’est là quelque chose de très remarquable. Le Seigneur était rempli de l’Esprit Saint. Cependant, il est dit qu’il fut emmené par l’Esprit de Dieu pour être tenté !
C'est remarquable en effet.

Déjà, la formulation - pour être tenté - semblerait incroyable à première vue. Car l'on considère généralement que Dieu ne serait pas supposé exercer des tentations sur personne. Le père Éternel ne va pas conduire qui que ce soit, tout exprès, dans la tentation.

Il y a justement une nouvelle traduction du Notre Père qui est en procès actuellement («... ne nous soumet pas à la tentation»; que cette formule serait à modifier pour éviter la confusion dans l'esprit des fidèles). Mais c'est peut-être juste la structure originale de la phrase chez Matthieu qui est ambigüe (?) le rédacteur ancien nous aurait-il opéré un raccourci stylistique pas très heureux (?)

Un tiers pourrait s'étonner quant à lui qu'une personne divine puisse être à risque réellement de se retrouver dans l'erreur, à raison d'une convoitise personnelle ou à cause de Satan. Ainsi, d'un passage comme chez Matthieu, le théologien André Gounelle en conclurait que Jésus lui-même ne serait pas Dieu. La tentation ne pourrait concerner qu'un homme, etc («A vaincre sans péril ...») Je dis ça pour illustrer comment le passage n'irait pas nécéssairement de soi pour tout le monde.

Merci pour la réponse.



Salut Peccator,
Cette lecture de Matthieu est fruit de mes longues méditations cette semaine nourries d'une lecture très serrée du texte, mais bien plus encore est le fruit de l'enseignement du père Jean-Philippe Fabre, professeur d'Ecriture sainte au Collège des Bernardins à Paris. C'est à lui que je dois d'avoir vu le lien profond avec la mission de Jésus et avec sa mort sur la Croix.
D'accord.

Alors il y aurait un lien entre l'obéissance filial et puis le coût que cette posture de fidélité entraînerait sur le plan humain. Une certaine souffrance deviendrait-elle comme une sorte de compagne obligée d'une décision libre ? il faut faire le deuil de quelque chose pour espérer atteindre le trésor recherché ?

Mais que serait l'utilité du désert dans tout ça ? Est-ce que le désert servirait à mieux mettre la personne en contact avec son identité profonde ? mieux connaître ce qui m'appartient ou pas ? pour apprendre à discerner ? Je ne sais pas si l'on pourrait dire que l'Esprit conduit Jésus dans le désert afin de purifier la connaissance que Jésus aurait de sa mission. Pour approfondir le sens de sa mission ?

Merci pour la participation



Mac

Oui, c'est la réaction humaine normale que j'illustrais plus haut.

:)
gerardh
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Re: L'Esprit conduit Jésus au désert

Message non lu par gerardh »

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Hello Cinci,

En Hébreux 4, 15 nous lisons : "nous n’avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse sympathiser à nos infirmités, mais [nous en avons un qui a été] tenté en toutes choses comme nous [ou : pareillement à nous], à part le péché".


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Mac
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Re: L'Esprit conduit Jésus au désert

Message non lu par Mac »

Bonjour gerardh, :)

Bien que ce que vous dites soit intéressant la problématique de Cinci n'est pas exactement celle à laquelle vous répondez. Tout le monde où presque sait que Jésus a été tenté au désert.

Voilà ce qui intrigue Cinci :
Déjà, la formulation - pour être tenté - semblerait incroyable à première vue. Car l'on considère généralement que Dieu ne serait pas supposé exercer des tentations sur personne. Le père Éternel ne va pas conduire qui que ce soit, tout exprès, dans la tentation.
Cinci a écrit :Mais c'est peut-être juste la structure originale de la phrase chez Matthieu qui est ambigüe (?) le rédacteur ancien nous aurait-il opéré un raccourci stylistique pas très heureux (?)
Je ne crois pas part. Bien au contraire la phrase est trop bien construite si bien que pour moi cela relève d'un très très grande intelligence, de Dieu.

Fraternellement. :coeur:
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Foxy
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Re: L'Esprit conduit Jésus au désert

Message non lu par Foxy »

Bonjour

Voici ce que le pape François a dit hier lors de l'Angelus :

« Renonçons à Satan, pour marcher sur le sentier de Dieu »

2014-03-09 Radio Vatican

« Renonçons à Satan et à ses tentations, pour marcher sur le sentier de Dieu » : c’est le cœur du message du Pape, délivré aux fidèles réunis place Saint-Pierre, sous un beau soleil printanier ; des fidèles venus en nombre, une fois encore, pour ce rendez-vous dominical.

L’Evangile de ce premier dimanche de Carême présente, comme chaque année, l’épisode de la tentation de Jésus au désert, en Saint Matthieu. Jésus vient de recevoir le baptême des mains de Jean-Baptiste au Jourdain ; l’Esprit Saint descend sur lui et le pousse à affronter ouvertement Satan au désert, après un jeûne de quarante jours, avant de commencer son ministère public.

Les trois tentations de Jésus

« Le tentateur cherche à détourner Jésus du projet du Père, du chemin du sacrifice et de l’amour, affirme le Pape, pour une voie facile, celle du succès et du pouvoir ». Le démon en effet présente à Jésus les fausses espérances messianiques : « le bien-être matériel, avec la possibilité de transformer les pierres en pains ; la dimension spectaculaire et miraculeuse, avec l’idée de se jeter du haut du Temple de Jérusalem, et d’être sauvé par des anges ; et enfin la voie du pouvoir et de la domination, en échange d’un acte d’adoration à Satan ». Des tentations que nous connaissons tous, souligne le Pape.

L'arme du Christ : la Parole de Dieu

Mais Jésus repousse ces tentations, et « réaffirme sa ferme volonté de suivre le chemin du Père, sans faire de compromis avec le péché et la logique du monde ». « « Mais vous noterez, fait remarquer le Pape, que Jésus ne dialogue pas avec le démon, parce qu’on ne peut pas dialoguer avec Satan, il est trop rusé ! ». Jésus a donc choisi son arme : la Parole de Dieu. « Souvenons-nous de cela dans nos tentations, et la Parole de Dieu nous sauvera », assure François.

Dans ses réponses à Satan, le Seigneur nous rappelle avant tout, que « l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Mt 4,4; cfr Dt 8,3); et « ceci nous donne la force, précise le Pape, nous soutient dans la lutte contre la mentalité mondaine qui abaisse l’homme à ses besoins primaires, lui faisant perdre la faim de ce qui est vrai, bon et beau : la faim de Dieu et de son amour ».

Jésus nous rappelle également qu’il est écrit : « tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu », car, observe François, « le chemin de la Foi se fait aussi dans l’obscurité, le doute, et se nourrit de la patience et de l’attente persévérante».

Jésus nous rappelle enfin qu’il écrit : « c'est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, et c'est lui seul que tu adoreras». « Autrement dit, nous devons nous défaire de nos idoles, des choses vaines, et construire notre vie sur l’essentiel », lance François.
La foi que j’aime le mieux,dit Dieu,c’est l’Espérance.
Charles Péguy
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Re: L'Esprit conduit Jésus au désert

Message non lu par gerardh »

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Bonjour,

La question de la tentation (ou des épreuves) est traitée entièrement dans le premier chapitre de Jacques. Il y a deux types de tentations : extérieure ou intérieure. Ce n'est pas Dieu qui suscite les tentations intérieures.



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Cinci
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Re: L'Esprit conduit Jésus au désert

Message non lu par Cinci »

Bonjour,
  • 15 Car nous n'avons pas un grand prêtre impuissant à compatir à nos infirmités; pour nous ressembler, il les a toutes éprouvées hormis le péché.

    (Hébreux, chapitre 4, avec la traduction du chanoine Crampon)
On comprendrait probablement que Jésus avait des limites comme tous les hommes. C'est comme souffrir de la faim qui est une limite. Et être en butte à de l'adversité serait une limite aussi.

M'apporter le texte de l'épitre aux Hébreux ici, gérardh, m'aura conduit au texte du premier Isaïe, avec à l'arrière-plan cette histoire de limite.

  • Détresse et libération

    Il passera dans le pays, accablé, affamé,
    et dans sa faim il deviendra furieux,
    maudira son roi et son Dieu.
    Il se tournera en haut, puis vers la terre il regardera,
    et voici qu'il y aura détresse et ténèbres,
    angoissante nuit.

    Mais l'obscurité sera chassée,
    car il n'y aura pas de nuit
    là où il y avait de l'angoisse.

    Dans le passé, il a avili le pays
    de Zabulon et le pays de Nephtali,
    mais dans l'avenir il glorifiera
    la route de la mer, l'au-delà du
    Jourdain, le district des nations.

    - Isaïe 8, 21
Je découvre ce passage. Je n'y avais jamais fait attention. «... dans sa faim il deviendra furieux, maudira son roi et son Dieu». Le désert apparait vraisemblablement comme le lieu propice pour se révolter, avec le manque, la pénurie. C'est comme le terrain d'élection à parti duquel le mal peut exercer une fascination, une forte séduction ou une emprise sur la personne.

Dire que l'Esprit conduit Jésus au désert pour être tenté : est-ce une façon de dire que l'Esprit conduit Jésus à la racine des choses ? les fondements du problème existentiel de l'homme, l'essentiel, avec les distractions supprimées, etc. En considérant les choses essentielles ou les grands besoins humains, la tentation ne tardera pas à surgir.

Dans le Prions en Église, pour ce dernier dimanche, il est écrit : «Le Nouveau Testament rejette l'idée que Dieu tenterait les humains. C'est l'affaire de Satan.»


Peccator,
Il est très important que ce soit l'Esprit qui ait mené Jésus à ce combat [...] Il fallait que cette victoire soit acquise pour que Jésus puisse annoncer le Royaume.
Alors il faudrait dire que l'Esprit conduit Jésus à vaincre. Jésus est conduit par l'Esprit sur le terrain du combat spirituel. Et que signifie l'être divin ? Comment s'exprime la qualité de l'individu qui serait considéré béni aux yeux du monde ?

Il est intéressant aussi de voir l'enchaînement dans les tentations.

En face des besoins matériels, il est suggéré d'exploiter la puissance divine afin d'être comblé sur ce plan. Mais à l'idée qu'il y aurait ''plus essentiel encore que la matière'' avec la parole divine, il est montré (faussement) comment la parole divine doit assurer l'élu qu'il pourra contourner les limites humaines normales justement, sans devoir tellement s'embarrasser de prudence. S'il faut rétorquer qu'il importe par-dessus tout la relation verticale vers le Très-Haut, tout en devant vivre maigrement, chichement et limitativement («Tu ne tenteras pas le Seigneur ...»), alors Satan se propose pour être ce pôle vertical mais avec qui pouvoir faire sauter toutes les limites sur la terre («Tous ces royaumes ...») Pourquoi se priver ? pourquoi souffrir ?

L'esprit trompeur propose de se construire un royaume à soi (coupé du relationnel au Père ...) au lieu de travailler à l'établissement du Royaume.

Il me semble que le passage d'Isaïe plus haut colle plutôt bien à cet épisode de la tentation au désert.
Cinci
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Re: L'Esprit conduit Jésus au désert

Message non lu par Cinci »

Mac,

Tu anticiperais que l'Esprit conduit Jésus tout exprès dans une situation pour pouvoir expérimenter la tentation ? l'expérience de la tentation pourrait présenter une face positive ?

Je ne sais pas s'il faudrait comprendre aussi, par «désert», comment Jésus doit se retrouver isolé à ce moment-là, jusqu'à être isolé du Père, seul avec lui-même quoi.
Cinci
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Re: L'Esprit conduit Jésus au désert

Message non lu par Cinci »

Peccator,
La première tentation, c'est le pain. [...] Ordonner aux pierres de devenir du pain, ce serait usurper l'autorité du Père, et décider de sa propre vie au lieu de la recevoir.
Oui.

Puis ce serait comme vouloir attacher la puissance divine à son service à soi, comme pour combler un besoin physique ou psychique propre. Le problème ne réside pas dans le fait d'éprouver des besoins légitimes ou de s'attendre à ce qu'ils soient satisfaits un jour, comme il se révèle dans le fait de vouloir attacher Dieu à son service tel un valet. Il s'y trouverait la perversion de la relation. On parlerait peut-être de la construction d'un lien dépourvu de vérité.

Lors de l'épisode de la multiplication des pains, Jésus se retire dans la montagne, afin d'éviter que la foule le proclame roi. On penserait que la manoeuvre de retrait visait à couper court à l'établissement d'une sorte de lien faux justement.
Peccator
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Re: L'Esprit conduit Jésus au désert

Message non lu par Peccator »

Cinci,

Le désert est le lieu biblique du combat spirituel : au désert, on risque sa vie. On est dans une situation où se joue la vie et la mort. Le désert est aussi par où il faut passer pour rencontrer Dieu. Les 40 jours et 40 nuits sont une référence explicite à Moïse (qui a passé 40 jours et nuits au sommet de l'Horeb en présence de Dieu, intercédant pour le salut d'Israël, peuple dur, méchant et pécheur) et aussi à Elie, qui a marché 40 jours et 40 nuits au désert en route vers l'Horeb.
Se référer à Moïse et à Elie, c'est aussi une façon de convoquer la Loi et les Prophètes, c'est à dire toute l'histoire sainte, toute l'Alliance que Dieu a donné aux hommes pour leur apporter le salut. C'est cette histoire de l'Alliance qui arrive à son accomplissement avec Jésus (les temps sont accomplis).
Bref, je m'éloigne. Le désert, donc, lieu du combat spirituel. Au désert, on est en faiblesse, et on dépend entièrement de ce que Dieu aura disposé pour nous : si le puits est à sec quand on y arrive, on meure de soif. Soit on se tourne vers Dieu, de qui l'on reçoit toute subsistance, soit on se détourne de Lui et on se fie à ses propres forces, dont on constate bien vite combien elles sont limitées.


Vous avez raison, la progression des deux tentations plus une est tout à fait significative. Et c'est bien d'une progression qu'il s'agit : les deux premières conduisent à la troisième, formulée différemment.

La première tentation n'est pas celle d'un confort matériel. Elle est celle de la nourriture, de ce qui donne la vie, alors que Jésus est affamé et aux portes de la mort. Elle est tentation de prendre, de chercher en soi les moyens de la vie, au lieu de rester dans la dépendance du Père qui connait nos besoins et nous donne ce qui est nécessaire à notre subsistance. Elle est tentation de la convoitise : prendre ce qui est donné, et par là annuler le don. Le diable dit à Jésus "ordonne". Qui ordonne, si ce n'est le maître de la maison ? Dans une maison, il y a le Père, le paterfamilias du droit romain, qui dirige tout. Et les enfants. En grec, l'enfant se dit pais, mot qui peut aussi se traduire par "serviteur" (cf Isaïe et les chants du serviteur souffrant, traduit pais dans la LII) : c'est tout dire de leur statut. Un fils qui ordonne, c'est un fils qui usurpe l'autorité du père. L'attitude filiale, c'est d'aller demander au père. C'est l'attitude de la prière, qui loue le Père justement en reconnaissant que l'homme reçoit tout de Lui, et qu'Il a la puissance de donner. La prière de supplication n'est pas une moindre attitude spirituelle, elle est au contraire manière de rendre grâce au Père.

La seconde tentation, c'est celle de mettre le Père au défi : de toute façon, jamais tu n'autoriseras que ton Fils meure... Je suis un peu gêné de lire que même le Pape y voit une tentation de spectaculaire (interprétation très courante), car je pense que l'on passe là à côté de la pointe de cette seconde tentation, qui est surtout de nier que pour le salut des hommes, il faut que Jésus meure. La première tentation, c'était "tu peux décider de ne pas mourir". La seconde, c'est "OK, tu acceptes d'offrir ta vie au Père : mais en réalité, tu n'offres rien, puisque tu ne risques pas de mourir".

La troisième tentation, la plus importante, est celle de dire qu'en fait, il y a un moyen plus simple d'arriver au Royaume, sans avoir besoin de mourir : il suffit d'un petit geste, rien qu'une petite prosternation. Tu n'as même pas besoin de renoncer au culte que tu rends à Dieu, il te suffit de faire un geste vers un autre. C'est d'ailleurs exactement la tentation que connaîtront les premiers martyrs sous la persécution romaine : allez, ne soit pas stupide, accepte de mettre rien qu'un grain d'encens pour l'empereur, et tu auras accompli ton culte public obligatoire. Après, libre à toi de prier ton Dieu chez toi, dans le secret de ta maison... D'ailleurs, tu n'es même pas obligé d'y mettre une intention religieuse réelle : il suffit de faire ton acte public d'allégeance au culte républicain. On le voit : c'est encore tentation de se détourner de sa relation exclusive au Père. Encore et toujours, ce que le diable souhaite, c'est détourner l'homme de Dieu. Tu est venu annoncer le Royaume ? Vois, je suis prêt à te l'offrir, pour autant que tu acceptes de tenir ce royaume non pas de Dieu, mais de moi.


Il est évident que ce combat est gagné d'avance (par Jésus) : en Dieu, rien ne peut séparer le Fils du Père, unis dans l'Esprit. Mais pour qu'il y ait victoire sur la tentation, il faut bien que le combat ait eu lieu ! Et donc oui, on peut dire que l'Esprit a conduit Jésus au désert pour la victoire sur la tentation.




Comme le souligne le Pape, l'arme du Christ en ce combat, c'est la Parole. On peut même aller plus loin que ce qu'il dit dans cette homélie (nécessairement simple), en allant regarder de plus près les passages cités par Jésus : ce sont toujours des passages qui concernent des hommes pécheurs. Il ne combat pas avec les armes du justes, mais avec celles du pécheur, Lui qui n'a pas connu le péché !

1e réponse :
Dt 8,3 a écrit :Il t'a humilié et t'a fait avoir faim, puis il t'a nourri de la manne, que tu ne connaissais pas et que n'avaient pas connus tes pères afin de te faire savoir que l'homme ne vit pas de pain seul, mais que l'homme vit de tout ce qui sort de la bouche de Yahvé.
Le peuple d'Israël s'est écarté de Dieu, et Dieu lui a fait connaître une expérience d'humilité pour restaurer son lien avec Dieu, dont il reçoit toute vie.

2e réponse :
Dt 6, 16 a écrit :Vous ne tenterez pas Yahvé, votre Dieu, comme vous l'avez tenté à Massa.
Ce commandement rappelle que le peuple a mis Dieu au défi, à Massa-Mériba : il s'est révolté en accusant Dieu de les laisser mourir de soif. Et Dieu a fait jaillir la source du rocher (par le geste de son serviteur Moïse). C'est là encore un commandement donné à un peuple pécheur pour restaurer sa relation à Dieu.

3e réponse :
Dt 6, 13-14 a écrit :C'est Yahvé, ton Dieu, que tu craindras, c'est lui que tu serviras, et c'est pas son nom que tu jureras. Vous n'irez pas à la suite d'autres dieux, d'entre les deux des peuples qui seront autour de vous, car c'est un Dieu jaloux, Yahvé, ton Dieu, qui est au milieu de toi.
Là encore, c'est un commandement adressé à un peuple qui s'est détourné de Dieu, allant chercher un recours aux dieux d'autres peuples. N'oublions pas que pendant même que Moïse recevait les tables de la Loi portant le Décalogue, Israël était en train de construire le veau d'or ! Que c'est à cause de cela que Moïse a jeûné sans manger et sans boire pendant 40 jours et 40 nuits, intercédant auprès de Dieu pour le salut du peuple...

Le diable tente Jésus de rompre son lien filial, sa dépendance au Père, son acceptation de la volonté du Père, acceptation qui va jusqu'au libre don de sa vie pour le salut de tous. Jésus répond avec les armes du pécheur : la Parole qui rétablit l'alliance entre Dieu et son peuple, la Parole qui rétablit l'homme dans sa dépendance à Dieu, jusqu'au don de sa vie. C'est bien pour cela qu'il nous est possible d'avoir part à cette victoire : elle est acquise précisément par les armes qui nous sont données pour que le pécheur soit rétabli dans sa relation juste à Dieu, c'est à dire qu'il soit justifié.




Ce passage d'Isaïe 8 est très beau, mais il me semble qu'il concerne tout l'évangile, et pas seulement l'épisode de la tentation au désert (même si le premier paragraphe effectivement correspond fort bien).

"L'obscurité sera chassée, car il n'y aura pas de nuit là où il y avait de l'angoisse", cela correspond tout à fait à la Passion : a Getsémanie, Jésus a tellement connu l'angoise qu'il a transpiré du sang. Et pourtant, il a vaincu la nuit de la mort, a chassé l'obscurité et y a apporté la vie et la lumière.

Quant au 3e paragraphe, on y voit tout le ministère de Jésus autour de la mer de Galilée. Le pays de Zabulon et de Nephtali, c'est précisément la région de Galilée (voir une carte des 12 tribus d'Israël). La route de la mer, c'est la via maris, cette grande route internationale qui partait d'Egypte, longeait la côte, obliquait vers l'intérieur des terres pour contourner le mont Carmel, et de là traversait la Galilée en passant tout près de Capharnaüm, ville frontière où Jésus s'était installé et d'où il rayonnait sur toute la région, y compris au-delà du Jourdain, en Décapole et jusqu'à Césarée de Philippe.
Il y a énormément à dire sur la géographie, admirablement disposée par Dieu pour préparer le salut, mais on s'écarterait trop du sujet... En tout cas, relire l'évangile avec un atlas biblique à côté, c'est fascinant...
Non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux. Mc 14, 36
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Re: L'Esprit conduit Jésus au désert

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Hello Cinci,

Je tenais à préciser certains points au sujet d'Esaïe 8, 21 et des versets environnants (source Bibliquest [site protestant]) :

Ésaïe 8 v. 1 à 22

Deux figures, deux grands sujets dominent toute la prophétie d'Ésaïe: L'un, infiniment précieux et consolant, est le Messie lui-même. L'autre au contraire est terrifiant: c'est l'Assyrien le puissant ennemi d'Israël aux derniers jours. Parce que le peuple a refusé le premier, il aura affaire au second. Parce qu'il a rejeté les eaux de la grâce de Celui qui lui était envoyé (Siloé signifie «envoyé»: Jean 9 v. 7), il va se trouver submergé en jugement par les eaux «fortes et grosses» du redoutable roi d'Assyrie. Toutefois, se souvenant qu'il s'agit du pays d'Emmanuel, Dieu brisera finalement ceux qui s'unissent pour l'envahir. Ce v. 9 nous rappelle aussi quel sera bientôt le sort des associations de nations qui aujourd'hui sont à l'ordre du jour (És. 54 v. 15).

Pour garder le fil conducteur dans ces paroles prophétiques, n'oublions pas qu'elles concernent tantôt le peuple rebelle et apostat dans son ensemble (v. 11, 14, 15, 19…) tantôt le résidu fidèle auquel l'Esprit s'adresse également ici.


La citation du v. 18 en Héb. 2 v. 13 nous permet de voir dans le prophète et ses fils (ch. 7 v. 3 et 8 v. 3) Christ se présentant devant Dieu avec ses «disciples» (v. 16). Il n'a pas honte de les reconnaître et de les appeler ses frères (voir Jean 17 v. 6; 20 v. 17).

Chapitre 8:21-9:7

Ces versets, qui constituent un appendice à cette Troisième série, nous montrent d’abord (21, 22) l’état de ceux qui n’appartiennent pas au Résidu croyant de la fin: l’affliction, la tribulation, les malédictions, sont la part de l’incrédulité contre Christ. Rien sur la terre que détresse, ténèbres, angoisse (voyez 5:30). Ils maudiront leur roi, sans doute l’Antichrist. Mais aux versets 1 à 7 du chapitre 9, un autre état est décrit. Il est question d’une obscurité qui ne sera pas, d’abord, équivalente à la détresse future qui sera sur la terre. Au commencement le Seigneur pesa légèrement sur Zabulon et Nephthali, et ce n’est que plus tard qu’il s’appesantit sur tout le pays. Vers la mer, au-delà du Jourdain, en Galilée, il y a eu un chemin, et au lieu d’obscurité une grande lumière a resplendi sur le peuple qui habitait dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort, au lieu d’être laissé, comme cela arrivera plus tard, sans espoir dans leurs ténèbres, ce que dépeint 8:21, 22. La Galilée des nations a été le théâtre sur lequel se déploya cette grande lumière, lors de la première venue de Christ.

Emmanuel a maintenant paru, cette nation est arrivée à la lumière, c’est la joie de la moisson, c’est la victoire sur l’ennemi, c’est le jugement des nations qui asservissaient les fidèles. La victoire est remportée, ou plutôt elle le sera puisqu’«un enfant nous est né», le Fils est donné à ce Résidu, la nation n’en ayant pas voulu. «On appellera son nom: Merveilleux», etc. L’accroissement de son royaume sera sans fin, ce sera le règne de justice, le triomphe de l’Éternel.


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Re: L'Esprit conduit Jésus au désert

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Bonjour,

Sur les trois tentations, nous savons qu'il y a trois catégories de péchés (celles où sont d'ailleurs tombées Adam et Eve), à savoir " la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l'orgueil de la vie" (1 Jean 2, 16). Jésus a résisté à ces trois catégories.


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