Silica,
Tout d'abord, ne vous laissez pas berner par le sinistre individu qui a posté avant vous, vous ne m'agacez absolument pas! Je ne roule pour personne et la discussion avec vous m'intéresse même si sur certains sujets (comme par exemple ce qui est choquant ou pas) rien ne sert d'épiloguer 500 ans, autant passer au sujet suivant. Si cela me déplaisait, je ne taperai pas des pavés longs comme mon bras pour vous répondre

A vrai dire, je ne vous répondrais même pas!
Le seul point que je n'apprécie pas c'est qu'on me prête des pensées que je n'ai pas formulé. C'est (dans un verbiage pompeux) du procès d'intention et je trouve que cela fait bien souvent dévier les débats et déformer les propos.
Maintenant que les choses sont clarifiées, revenons à ce notre discussion.
Je ne comprends pas très bien ce passage :
James a écrit:
quel est l'intérêt d'élever le niveau de d'esprit critique et de connaissances scientifiques d'une population (qui visiblement ne s'élève pas particulièrement dans la société) si ce n'est pour l'amener à douter du bien fondé de ce qu'elle considère comme indiscutable?
Cette question rhétorique vous interpelle sur l'utilité initiale de l'école. Les républicains ont bien dû y trouver une utilité pour la placer "gratuite" et des défauts pour la placer "laïque". A quoi bon prodiguer un enseignement laïque alors que l'écrasante majorité de la population était chrétienne? Pourquoi avoir attendu 1 siècle pour la placer "obligatoire" si la volonté initiale n'était que d'instruire tout le peuple et les sortir des champs? Et en dernière analyse, un "prolétaire" étant resté un "prolétaire", l'école n'a pas aidé à une ascension sociale des couches populaires : à quoi donc a t'elle bien pu servir? Il n'y a pas 36 réponses à toutes ces questions...
Et alors ? Jacques Bompard qui est député et à participé au débat sur l'IVG a bien dit "la femme pourra avorter comme elle prend un cachet d’aspirine".
Les communistes par exemple n'ont jamais caché qu'ils étaient contre la religion. C'est interdit ? Pourtant il y en a plein qui sont pour, pourquoi finalement le contraire serait-il automatiquement monstrueux ?
Non, vous déviez du sujet : mon affirmation initiale est que l'école est athée.
J'ai cité comme exemple (entre autres) le fait qu'elle se réfère à la loi de 1905 qui a été rédigée par une personne farouchement anti-religieuse, qui notamment a aussi exercé de son rôle de député dans l'éducation populaire. On ne parle pas ici de monstruosité ni de gentillesse...
Au sujet des médailles : je voulais juste vous faire remarquer que ce genre de signe était toléré (beaucoup de mes copines portaient leur médaille de baptême en bijou sans se poser de questions et sans que quiconque vienne leur en poser) parce que discret ce qui est évidemment impossible comme quelque chose comme le voile ou la kippa.
A titre personnel je désapprouve ces intentions d’extension du port de signes religieux ostentatoires à l'université ; ce n'est qu'une façon supplémentaire masquée de casser les pieds aux musulmanes (qui seraient majoritairement visés par cette extension). Il est de plus complètement normal que les représentants de la république que vous citez se plient aux impératifs de laïcité. Un fonctionnaire n'est pas au travail pour représenter une religion mais pour représenter l’État.
Oui "était toléré"... seulement ça ne l'est plus!
Pour ma part, je trouve fort dommageable que l'école laïque qui se dit ouverte d'esprit interdise aux enfants d'exprimer ce qu'ils sont (hors prosélytisme bien sûr) parce que gardez à l'esprit que parallèlement à cela TOUT SAUF LA RELIGION est encouragé : l'expression artistique, l'expression de l'identité sexuelle, l'expression de la classe sociale... C'est fort de café!
De plus, je vois pas en quoi poster un voile, quand on est une employée de mairie par exemple, porte atteinte à qui que ce soit...
Comme vous l'avez dit, ce sont des façons de casser les pieds aux croyants (surtout aux musulmans) qui ne constituent en rien une quelconque nuisance à la base.
On retombe sur le problème de ce qui choque et de ce qui ne choque pas : je suis choqué qu'on parle de sexualité aux jeunes en primaire, et vous êtes choquée par un enseignant avec une médaille de baptême au dessus de son pull... 2 mondes différents... Inutile d'aller plus loin sur ce sujet.
Vous reprochiez à l'école de ne pas parler de religion. Je vous dit que c'est au programme et vous me rétorquez alors qu'on n'en parle pas de la bonne façon. Que voulez-vous que je vous dise ?
Oui ma formulation n'était pas tout à fait exacte seulement si vous m'aviez bien lu, vous auriez pu comprendre, regardez :
- L'école évite soigneusement tout texte (en littérature, en histoire ou dans d'autres matières) ayant un rapport de près ou de loin avec la religion ;
- Ai-je besoin de vous rappeler le tableau que l'école fait du Moyen Age et de l'Ancien Régime? L’Église y est dépeinte essentiellement de manière négative et comme source de tous les maux de cette période...
Ce n'est pas très clair et je m'en excuse mais mon propos premier était bien de dire que l’Église n'est abordée à l'école que pour en dire du mal la plupart du temps. Analyser objectivement son implantation et ses interactions avec les sociétés ce serait reconnaitre bon nombre de ses atouts... ce que beaucoup n'aimerait pas que l'on dise!
Évidemment les cours dépendent de chaque enseignant et de son approche de sa matière, mais je dirais que cette vision du Moyen-Âge est en grande partie une orientation idéologique qu'on doit à la Renaissance (rien que ce nom...) qui voulait se définir comme une période de lumière après l'obscurité. Ce ne sont pas les ministres de l'EN de la 5e qui ont inventé ça. Ne serais-ce que l'appellation « Moyen-âge » n'a pas de sens tant ça couvre une période longue. L'inquisition a eu lieu pendant la Renaissance...
100% 1000% 10000% d'accord!
SAUF que tout ce travail de propagande ne s'est pas arrêté avec les penseurs de la Renaissance, la République a été très prolifique à ce sujet en continuant ses attaques sur la période cette fois-ci de l'Ancien Régime. N'oublions pas non-plus la crise du darwinisme (qui est du 19e siècle), la "libération sexuelle", l'avortement, la contraception, le divorce et l'homosexualité, etc... Et la myriade d'auteurs qui se sont empressés de taper sur l’Église sur chacun de ces sujets. Tout cela ce sont des thèmes qui ont couru depuis (même s'il y en a encore beaucoup d'autres) et qui, dés qu'un croyant s'exprime, font qu'on le taxe de "moyen-ageux"... Notez l'utilisation du terme!
Comment voulez-vous, avec toutes les idées reçues sur l'Histoire héritées de la Renaissance et de la République, que l'exposé ne soit pas aussi terne à l'école pour les religions?
Je n'y peux rien si vous avez eu un prof de philo qui a mal fait son boulot ; il n'est pas sensé donner son avis mais pousser ses élèves à la connaissance et à la réflexion.
Je sais bien que vous n'y pouvez rien, et je tiens à préciser que ce n'est pas qu'UN prof mais PLUSIEURS profs, et ça ne concerne pas que moi mais bien d'autres croyants qui ont aussi été témoins de ce genre de réflexions à l'école...
Seulement, c'est de la religion, donc on laisse courir... Ça aurait été une réflexion sexiste, même pour plaisanter, ça aurait fait scandale et le prof aurait été sommé de présenter des excuses et compagnie... Vous qui baignez comme moi dans le milieu de l'éducation, vous le savez parfaitement!
Mais encore une fois vous donnez l'impression de penser que ce qui n'est pas pour la religion est contre, elle, que le simple fait de ne pas en parler c'est l'attaquer... C'est parano !
Absolument pas!
Vous voyez quand je vous disais d'éviter de me prêter des intentions
En effet, je ne côtoie pas de croyants et même quand c'est le cas on ne parle pas de croyances. C'est pour ça que je viens ici !
CA c'est intéressant!
Il faudrait que je crée un autre sujet de conversation pour que vous m'en parliez plus en détail...
Vous faites vraiment une déformation : pourquoi irait-on parler de religion quand on étudie le big bang, l'évolution ou la géologie ? Les événements scientifiquement prouvés sont arrivés et les différentes façon d'y accoler de la spiritualité n'entrent pas en ligne de compte.
Allez donc demander aux profs qui le font, pas à moi!
En ce qui me concerne, je ne leur ai jamais demandé quoique ce soit que d'autre que de se limiter aux cours... Mais ce que je vous dis c'est qu'autour de moi je l'ai constaté et dans divers écoles, formations et cours de surcroit!
Ce que je vois surtout dans ce lien c'est que les familles en question veulent échapper à certaines écoles publiques de ZEP ce qui peut parfaitement se comprendre tant les conditions scolaires y sont difficiles. On peut voir ce type de choix dans d'autres cas de figure : l'école publique prend très mal en charge les handicaps divers et les parents d'enfants handicapés (mentaux le plus souvent) se tournent vers les établissements privés/confessionnels pour cette raison.
Là je ne peux que vous accusez de mauvaise foi!
Vous n'omettez pas tous ces parents musulmans qui vont dans le privé catholique pour la transmission de valeurs qu'ils ne trouvent pas dans le public, le témoignage d'une mère qui parle de dérision du fait religieux dans le public, des familles musulmanes qui craignent l'athéisme avec le public?
Je n'invente rien...
Ah non, parce que je le répète laïque ne veut pas dire athée : je serais contradictoire si je plaçait mes gamins dans une école athée
Tout ce que j'annonce et qu'encore une fois je n'invente pas prouve bien qu'il s'agit d'une école athée pourtant... Elle peut s'appeler comme vous voulez : l'essentiel ce qui y est fait! Si on demande aux gens en son sein de ne pas parler de religion, de ne pas afficher une religion, et si les seules choses qu'on en dit sont factuels, ironiques ou négatifs, c'est un parti-pris très fort! La laïcité c'est demander aux gens de ne surtout pas paraitre religieux ET DONC de paraitre athée CQFD
Par contre, pouvez-vous m'expliquer ce que vous voulez dire par là : "je serais contradictoire si je plaçait mes gamins dans une école athée" ?
Je ne sais pas trop quoi ajouter... En fait ce qui vous gêne apparemment (mais détrompez-moi s'il le faut) c'est que le religieux soit relégué à la sphère privée : c'est votre droit mais pas la position d'une république laïque comme la France.
Ah oui, ça c'est un fait!
C'est une véritable honte pour la France d'ailleurs qui ose se prétendre pays de la liberté! Il faut d'ailleurs être aveugle pour ne pas reconnaitre que nos libertés quel quelles soient sont en train de s'étioler au fur et à mesure que le temps passe... Quoiqu'il en soit, l'opinion religieuse est dans l'absolu une opinion comme n'importe quelle autre et n'a pas à subir d'opprobre pour ça.