A la recherche d'un bouc émissaire

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Cinci
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Re: A la recherche d'un bouc émissaire

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Il y a des passages de Rebatet qui sont quand même «troublants» pour des raisons (au moins deux) autres que le seul racisme.

A)

«... Les Deux Étendards instruisent le procès du Dieu chrétien [...] Tout se tient, comme le rappelle à un moment le double de Lucien Rebatet : «Je tiens le fil : les vieux joudes bibliques, le Baptiste, le rabbi Jésus, demeurant tous cousins, même quand ils tirent à hue et à dia, les vaticinations de codifications de Paul, le Jean de Patmos, ce Levantin, avec ses bribes mal digérées d'idéologies grecques, et toute la procession des autres fabriquants ... Je commence à savoir comment ça s'est passé, comment ça s'explique.» Ce fil, Michel [le personnage du Roman] nous le dévoile quand il présente Jésus comme le libérateur d'Israël - «une tribu de pouilleux asiatiques»- quand il se dit las de jaspiner encore sur de telles billeversées jargonnées par quatre juifs, quand il demande au christianisme de se ressourcer à l'intransigeance des belles époques à bûcher pour «cracher sa drogue juive». Dans les dernières pages des Décombres, souvenons-nous, Rebatet avait formé le voeu que l'Église se lave des contaminations judéo-évangélico-démocratiques, pour se rapprocher du modèle qu'à ses yeux a constitué l'Église inquisitoriale des temps médiévaux.

Dans Les deux Étendards, il évoque cette nostalgie [...] pour une Église d'inspiration constantinienne déchristianisée, réduite à sa fonction de régulateur social, garante de l'ordre occidental [...] une Église militante, dressée sur une doctrine restaurée étincelant de toutes les armes spirituelles et temporelles. Elle ranimerait la règle morte, elle ramènerait à elle les grands mâles de corps et de pensée au lieu de battre le rappel des fausses couches, des rétrécis, des cuistres, des trembleurs et des cornichons insexués. Ce ne serait plus la gérante cauteleuse et décrépite d'un gigantesque patrimoine, mais une bâtisseuse robuste et fière. Elle ne se paierait plus de faux-semblants burlesques, comme son apostolat chez les Négritos. [...] L'Église redeviendrait la grande aristocrate, la restauratrice et la gardienne de l'ordre occidental.» (p. 373)


B)

«... un devoir qui le conduira naturellement, à l'élection présidentielle de 1965, à soutenir la candidature de Jean-Louis Tixier-Vignancour, son ancien patron à la radio de Vichy, lequel a choisi pour directeur de campagne un certain Jean Marie Le Pen. Et, de manière plus inattendue, à vanter les mérites du candidat au deuxième tour au profit duquel se désiste le candidat de l'extrême-droite : François Mitterand. Pour Rebatet, Mitterand est un homme intelligent qui apporte une bouffée d'air respirable. Il y a des raisons de «coeur», souligne Rebatet : le plus antigaulliste des candidats, déjà partisan de la «paix social» s'agissant du rappel des années sombres, a promis l'amnistie alors que de Gaulle «vieillard buté, cruel et chimérique», s'obstine dans le ressentiment.

Aux yeux de l'ancien fasciste, qui n'a pas perdu tous ses réflexes, de Gaulle incarne «la réaction» dans sa version sabre et goupillon. Convaincu que l'électorat gaulliste se recrute dans les populations les plus conservatrices, les plus réactionnaires de France. Il estime que voter Mitterrand c'est avant tout ne pas voter bourgeois. [...] Une autre raison, puisée elle aussi dans un registre connu, incline Rebatet à faire voter Mitterrand : c'est le souci européaniste qui n'a jamais cessé d'animer l'ancien adepte d'un certain rapprochement franco-allemand. Au nom de cette fidélité, il n'hésite pas à prendre parti pour la Communauté européenne de défense, à ses yeux le seul moyen d'endiguer le morcellement de l'Occident.

C'est avec un vieux dégoût qu'il observe la droite chauvine et bourgeoise se refuser à penser le destin de la France à l'intérieur des organismes supranationaux. «Nous nous sentons tout d'abord citoyens de l'Europe, prêts à tous les sacrifices nationaux pour l'immense et nécessaire constitution de cette Europe.», déclare-t-il dans un article consacré à la droite rivarolienne. Or, en François Mitterrand, Rebatet aime à souligner l'homme politique qui n'a cessé d'affirmer «sa fidélité à l'Europe et à l'alliance atlantiste.»

Il n'est pas inintéressant de relever que, quand il dresse en 1964 un bilan du gaullisme, le journaliste de Rivarol insiste moins sur la perte de l'Algérie française [...] que sur le fait que de Gaulle «a retardé pour la fin du siècle sans doute, l'organisation rationnelle de l'Europe unie». (L. Rebatet, «Le vaincu de Bruxelles», Rivarol, 1er janvier 1964 ) (p. 384)



Le collaborationnisme de Rebatet s'enracinait dans l'anti-nationalisme et l'anti-France (l'anti-tradition). Après 1967, ''notre'' Lucien Rebatet sera devenu un supporter de l'État israélien pour finir.
  • «... Rebatet ne veut pas cacher à ses lecteurs que son plus vif désir est de voir une correction rapide et définitive infligée à la jactance de Nasser par le grand Moshé Dayan, ce vrai chef de guerre.» Par-delà cette guerre, il justifie son attitude par une réelle admiration pour «les juifs qui ont recivilisé une Palestine sauvée de la stérilité arabe» et «sont devenus, une fois mués en Israéliens, les plus farouches patriotes, des soldats de premier ordre», formant un peuple «comme tous les autres». Sa position, qui, consent-il, «n'infirme en rien nos anciens griefs contre eux» (p. 384)

Il serait troublant de voir comment «dans le fasciste Rebatet» se trouve comme une sorte d'idolâtre de la force ou de l'efficacité, un amateur de triomphes bien ostensibles de préférence, dont le tout ne serait pas tantôt sans pouvoir partager aussi comme une frontière tout à fait commune avec beaucoup d'ambitions aperçues (comme voeu personnel, goût) même en lien avec l'Église et jusque sur le forum de cette Cité catholique parfois. Rebatet était bien un homme et nous autres pareillement.
Cinci
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Re: A la recherche d'un bouc émissaire

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Bonjour Spk,
Rebatet a été jugé à la libération, et condamné à mort. C'est en attendant son exécution qu'il a terminé Les deux étendards. Il a été gracié, peut-être parce que Brasillach a suffi pour calmer les besoins d'expiation, alors que Rebatet était sans doute plus coupable encore que Brasillach.
Oui, probable qu'il ait été plus coupable en effet. C'est vrai.

Mais Brasillach s'est livré lui-même aux autorités en février 45, alors que la guerre n'était toujours pas terminée en Europe. Il avait décidé de se livrer parce que sa propre mère avait été retenue comme otage jusque là.

Rebatet va suivre d'autres collaborateurs ''trop ciblés'' jusqu'à Sigmaringen et ne sera capturé qu'après la guerre. Vie ou mort : quelques mois de différence était chose qui avait son importance à raison du contexte. Rebatet aura tout de même fait cinq ans de prison, comme de 1946 à 1951, dont de longs mois ''dans le couloir de la mort'', à la prison de Fresnes, avec les chaînes aux pieds 24/24, en attente de savoir si la sentence de mort devrait être exécutée ou pas. Dès le départ, de Gaulle n'aurait pas été incliné à l'idée qu'un Rebatet soit fusillé (selon Belot) car estimant que c'eût été là lui faire trop d'honneur. La grâce pour Rebatet serait une meilleure marque de mépris.

[...]

Faisons remarquer au bénéfice de tous que Maurras aura pratiquement terminé sa vie en prison, à partir de la Libération jusqu'à sa mort (à quelques mois près).

Rétrospectivement, la mesure de rigueur dans le cas de Maurras pourrait paraître fort injuste (Maurras emprisonné aussi longtemps que Rebatet), tenant compte que le chef de l'Action française aura passé sa vie à redouter l'ennemi germanique, ayant toujours été hostile à l'Allemagne, dénonciateur du racisme nazi, partisan personnel d'un refus de collaborationnisme, n'ayant jamais varié, etc. Emprisonné parce que ses adversaires le tenait, lui, comme l'inspirateur informel ou officieux du régime de Vichy. Mais il aura pu bénéficier toutefois de meilleures conditions de détention qu'un Rebatet apparemment. Il aura quand même été logé dans un séjour plus confortable. Maurras aurait fini par faire la paix avec l'Église (à la différence de Rebatet), comme à la toute fin de sa vie; l'Action française avait été mise à l'Index par Pie-XI en 1926. Or Pie-XII aura fini par lever l'Index touchant les publications du mouvement en 1939. Maurras était en lien épistolaire avec les soeurs du Carmel de Lisieux (peu avant la guerre et jusqu'à la fin de sa vie) et carrément avec des soeurs au sens propre de Thérèse de l'Enfant Jésus; qui n'auront pas cessé de prier pour lui.
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spk
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Re: A la recherche d'un bouc émissaire

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Vous faites allusion à plusieurs reprises à la relation qu'entretenait Rebatet avec le catholicisme.
Quand on lit Les Deux Etendards, même si c'est un roman et pas une autobiographie, on voit clairement que la personnalité et les combats politiques de Rebatet se sont formés à partir d'un profond dégoût du christianisme. Je ne sache pas qu'il ait évolué sur ce point, mais je ne dispose pas de toutes vos informations.
Et si je maintiens que Les Deux Etendards (tout le monde saisit l'allusion du titre, je suppose) est un très grand livre, sans équivalent, néanmoins s'il y a un livre au monde dont il serait légitime de s'interdire la lecture à cause de ses dangers c'est celui-ci. Il n'y a pas de livre plus antichrétien, Voltaire à côté c'est le journal de Mickey! Et c'est un livre profondément désespéré. Soit on n'y entre pas, soit on n'en sort pas indemne.
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Re: A la recherche d'un bouc émissaire

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Au sujet de :
La qualité de la réédition des Décombres dépendra étroitement de la qualité de la préface! (et des notes).
On peut le dire.

:)
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Re: A la recherche d'un bouc émissaire

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Il n'y a pas de livre plus antichrétien, Voltaire à côté c'est le journal de Mickey!
;)

C'est un peu ce que suggère Belot également et puis toujours dans le même ouvrage. cf Itinéraire d'un fasciste.



Rebatet semblait vraiment dégoûté de la société traditionnelle, de la bourgeoisie française, du catholicisme, des valeurs «vieillotes», du conservatisme, de la démobilisation dans l'inaction dévirilisante, etc.



Une parenthèse ici :

Personnellement, j'ai déjà croisé sur l'Internet des tas d'intervenants français anonymes (et je pense ici à des athées d'un autre forum) et qui manifestaient finalement à peu près tous ces traits de caractères qui seront prêtés à l'ancien collabo : anti-catholicisme virulent, nationalistophobie, pro-Bruxellisme, vômissant la France, haïsseurs d'eux-mêmes et des autres, en réaction violente contre tout, aristocrates de coeur qui s'ignorent, plein de morgue à l'égard des crétins qui formeraient 98.9 % au moins de l'espèce humaine qui serait aussi elle-même à vômir en réalité, complaisant envers l'islam, etc*.

Fermons la parenthèse.


C'est intéressant de savoir que Charles Maurras taxait lui-même le nazisme ou l'hitlérisme d'islamisme germanique, et ce, déjà, avant même la Seconde Guere mondiale. Étonnant. J'aurais été porté à croire que l'invention du terme islamo-fasciste eût été une invention récente. Et pourtant ...

___
* note : ce que n'empêche nullement ces athées «réactionnaires» d'accuser Pie-XII de nazisme, les curés de collabos tels de par un atavisme natif, etc.
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Suliko
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Re: A la recherche d'un bouc émissaire

Message non lu par Suliko »

C'est intéressant de savoir que Charles Maurras taxait lui-même le nazisme ou l'hitlérisme d'islamisme germanique, et ce, déjà, avant même la Seconde Guere mondiale. Étonnant. J'aurais été porté à croire que l'invention du terme islamo-fasciste eût été une invention récente. Et pourtant ...
C'est en effet étonnant! Je n'étais pas du tout au courant...Sauriez-vous me dire dans quels ouvrages Maurras utilise ces termes?

Dans le même ordre d'idée, l'on entend très souvent nombre d'intellectuels particulièrement bienveillants envers l'islam depuis quelques décennies, et notamment admiratifs du monothéisme absolu de cette religion, par contraste avec le prétendu caractère moins monothéiste du christianisme, et particulièrement du catholicisme/orthodoxie. Or, l'on s'aperçoit, en lisant le journal de Dostoievski, que de tels hommes se faisaient déjà entendre au 19ème siècle, en l'occurrence en Russie (D'ailleurs, l'auteur dénonce cet état d'esprit...)

Suliko
C'est pourquoi elle seule, prédestinée avant les générations et annoncée par les prophètes, la Mère du Créateur de tout l'univers, non seulement n'a participé en rien à la tache originelle, mais elle est toujours demeurée pure comme le ciel et toute belle. (extrait du règlement pour le monastère de Biélokrinitsa (1841)
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Re: A la recherche d'un bouc émissaire

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Bonjour Suliko,

Oui, c'est Yves Chiron qui se trouve à mentionner la chose.

« ... les périls extérieurs s'intensifiaient. Le 7 mars, en violation complète du traité de Versailles et du pacte de Locarno, Hitler remilitarisait la Rhénanie. Le lendemain, L'Action Française portait une énorme manchette :«La République a assassiné la paix». Selon Maurras, ce coup d'éclat du Führer était la conséquence des concessions du gouvernement français depuis plusieurs années, et notamment la suite logique de l'évacuation anticipée de la Rhénanie intervenue six ans plus tôt et contre laquelle L'Action Française avait mené une vigoureuse campagne, nous l'avons vu. [...] Il estimait que la France aurait dû se montrer ferme quand elle avait encore le pied en Allemagne. Depuis l'évacuation de la Rhénanie et de la Sarre, il n'y avait plus une troupe française ou alliée sur le sol allemand, il était dès lors illusoire d'envisager une action contre l'Allemagne qui ne soit pas une guerre générale d'offensive.»

et

«... la position de Maurras sera toujours la même jusqu'en 1939 : éviter la guerre, nous le verrons bien au moment de Munich. En ces journées de mars 1936, il répétait dans ses articles : «D'abord et avant tout pas de guerre ! Puis armons, armons, armons-nous !» Cette hostilité à la guerre préventive et à la guerre «idéologique» n'entamait en rien son antigermanisme. Quelques jours après cet article contre la guerre, alors que Hitler allait organiser un plébiscite pour faire approuver sa politique par la population allemande, Maurras renouvellait sa mise en garde à ceux qui à travers l'Europe et même à Paris admiraient le national-socialisme et son chef : «De combien de façons faut-il redire aux Français qu'il y a là, politique et moral, un immense péril ? Quelle erreur ! Ils la payeront. Et leur enthousiasme, leur admiration, leur amitié d'esprit leur seront renvoyés en marmites de toutes formes et de tout poids.
-Mais si nous nous entendons avec lui ?
-Surtout si vous vous entendez avec lui.
[...]

Il faut comprendre Hitler comme la dernière incarnation de l'islam germanique. En d'autres circonstances, une religion naît de son docteur et prédicateur. Ici, les dogmes, la morale, la politique, ont précédé celui qui les propage. Ce mahométisme est éclos avant son mahomet, ou plutôt il l'a fait éclore. Concevoir Hitler sans le germanisme serait la plus folle illusion du cerveau et même de l'oeil.» (L'Action Française, 18 mars 1936)


Source : Yves Chiron, La vie de Maurras, Paris, Perrin, 1991, p. 382


Maurras était en désaccord avec les politiques du gouvernement français de l'époque. D'abord, il était contre l'idée de démilitariser la Rhénanie avant le terme prévu au traité de Versailles. Après ? Considérant que toute la doctrine militaire française était purement défensive depuis 1919 et tenant compte du fait que le France était insuffisamment armée à ses yeux (après 1936) pour faire face au danger à la frontière, il estimait une nécéssité de sauver la paix afin de réarmer au maximum. Son allusion intervient dans ce contexte qui est celui du 18 mars 1936. C'est à dire quand l'armée allemande vient tout juste d'occuper le terrain qui devait rester neutre. Il compare alors le germanisme à l'islamisme et Hitler à Mahomet. Pour Maurras, il y avait sous l'emploi de ce mot l'idée des persécutions dont les juifs faisaient déjà les frais en Allemagne (numerus clausus, les interdits divers de pratique, le racisme ... l'irrationnalité aussi avec laquelle se présentait la foi dans le Führer, alors que Maurras était un fervent adepte de la raison). Donc, la référence que vous cherchiez, Suliko, c'est l'article de L'Action Française du 18 mars 1936.
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Re: A la recherche d'un bouc émissaire

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En passant, j'en profite pour dire que l'on entend ''assez souvent'' parlé de la condamnation de L'Action Française par Rome en 1926. Il ne nous est pas souvent rapporté que le journal fut réhabilité par Pie-XII. Personnellement, je n'ai jamais lu ce détail dans aucun quotidien ou grands journaux.

Quand Pie-XI aura mis à l'Index le journal en question, une foule de personnalités en France se sera spontanément objecté à la décision pontificale, beaucoup de cardinaux français, un Georges Bernanos en avait profité pour s'abonner au journal, le maréchal Lyautey appuyait Maurras, le maréchal Joffre également et d'autres anciens de la Grande Guerre.

Le journal était mis à l'Index en 1926 à cause de certains livres écrits par Maurras au début du siècle, et alors des livres qui seront toujours demeurés indexés jusqu'à aujourd'hui. Rome ne sera jamais revenu sur cette décision.

Sauf, «le journal» voulait dire aussi de nombreux collaborateurs dont des catholiques parfaitement ''catholiques''. même si ce n'était pas le cas de tous les collaborateurs. Le pape Pie-XI voulait censurer le chef, sachant bien aussi que le journal ne pouvait pas se départager de la personnalité du fameux bonhomme. Maurras était en lutte avec lui-même et avec les questions de foi à ce moment-là.

Rebatet aura écrit dans L'Action Française et du temps que le journal était censuré, durant les années trente.
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Re: A la recherche d'un bouc émissaire

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Etes-vous sûr que l'Action Française ait été réhabilitée par Pie XII? Wikipedia parle seulement d'une levée de la condamnation, ce qui n'est pas la même chose et correspond à mon souvenir.
D'autre part, cette condamnation n'est-elle motivée que par quelques écrits de Maurras? Elle serait alors incroyablement disproportionnée, puisqu'elle a entraîné, rappelons-le, l'éloignement des sacrements de tout adhérent, du simple fait de son adhésion.
Je pense plutôt que ce qui a été reproché à l'Action Française, c'est d'instrumentaliser le catholicisme, de le mettre au service d'une idéologie politique. Si une comparaison peut être faite, c'est avec la théologie de la libération. Le maurrassisme est une sorte de théologie de la libération d'extrême-droite, en quelque sorte, menée par un incroyant.
Maurras, rappelons-le, est un disciple du positivisme. Son intérêt pour le catholicisme tient à ce qu'il constitue le principe d'ordre qui a accompagné et soutenu la monarchie française. Je tiens pour ma part qu'il a fait beaucoup de mal à l'intelligence française, par son aura, par son incapacité à comprendre d'autres raisonnements que le sien, et par le côté binaire de sa pensée (voir un fil ouvert récemment par Fée Violine à ce sujet, qui ne concerne pas Maurras du tout mais définit bien les dangers de la pensée binaire, pire que la prétendue pensée unique!).
Quant à Rebatet, bien sûr qu'il a pu être un compagnon de route de l'Action Française malgré sa haine du christianisme, ce n'était pas un problème! S'il s'est séparé de Maurras, ce n'est d'ailleurs pas du tout pour des raisons religieuses, mais parce qu'il ne supportait pas la germanophobie de ce dernier, lui, Rebatet, étant plutôt germanolâtre!
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