Raistlin a écrit : A mon avis, c'est gravement ignorer le poids de l'image sur les consciences. Prenez quelqu'un qui ne connaît rien de l'Église que ce qu'il a vu dans les séries Borgia, Inquisitio et Ansi soient-ils, pensez-vous vraiment qu'il fera l'effort de se demander où est la part de vérité ? Ben non, il s'en fichera probablement mais ses préjugés seront marqués par les seules "sources" qu'il ait sur la vie de l'Église. Surtout que ces sources se donnent un air faussement historique.
Je me rappelle ainsi d'un ami - loin d'être idiot et manipulable - qui venait de terminer le Da Vinci Code, et qui en concluait sereinement que Jésus était probablement marié.
Qui a dit ça ? Personne. Mais il y a une nuance entre ne pas cacher le péché dans l'Église, et ne montrer que ça. C'est comme pour les News au JT : il y a une différence entre ne pas cacher ce qui se passe dans le monde, et ne montrer que ce qui déraille (les guerres, les violences, etc.).salésienne05 a écrit :Par ailleurs, il faut aussi arrêter de penser que le monde catholique est un monde de bisounours... Ah bon, il n'y aurait pas de magouilles au sein de l'Eglise ? Ah bon, il n'y aurait pas de luttes de pouvoir ? Ah bon, il n'y aurait pas de péché contre la charité chez les clercs ?
Le problème avec ces séries, c’est que systématiquement, elles ne montrent que le péché des hommes. Et en plus, elles l’exagèrent bien souvent, elles ne sont pas objectives.
Bref, peut-être arrivez-vous à faire aisément la part des choses. Moi pas. Quand on ne me montre que des choses laides, j’ai tendance à ne plus voir que ça. Et j’ose penser qu’il en va de même pour beaucoup de mes frères et sœurs en humanité.
Fraternellement,
Merci beaucoup Raistlin d'avoir exprimé la réponse que j'aurais faite. Je voudrais ajouter que le côté bisounours existe aussi dans le fait de vouloir croire en l'innocence totale de ces fictions, que tout est laissé au hasard etc. .
L'Eglise n'est pas une association de bisounours, moi aussi j'y vis, j'en suis une petite part bien réelle avec toute ma misère bien réelle et avec l'Amour infini de DIeu pour moi qui est bien réel. J'aime notre sainte Mère l'Eglise, et la connais un peu plus chaque jour, bien que mon esprit ne pourra jamais comprendre la grandeur de son mystère.
Moi aussi j'ai pu constater le péché des membres qui la compose, parfois même, à ma grande peine, mais jamais à ma grande surprise puisqu'elle est constituée de pécheurs (on se sait tous capable du meilleur comme du pire).
Non, la différence est entre ceux qui l'aiment et ceux qui ne l'aiment pas. La disposition d'esprit. Celui qui l'aime connait cette couche extérieure de péché, mais va plus loin en acceptant de la dépasser (comme on fait avec les gens pris individuellement). Ceux qui ne l'aiment pas se délectent de cette croûte en ne voyant qu'elle, même si la lumière filtre beaucoup par endroit.
Ce n'est pas être bisounours mais réaliste de considérer la réalité de la vie surnaturelle (la vie de la grâce) qui est le moteur et le but final de chacun et de l'Eglise : "ce que nous sommes ne parait pas encore". Ce n'est pas ajusté de ne mentionner que le visage humain de l'Eglise (et de chacun).
[quote="Raistlin] Quand on ne me montre que des choses laides, j’ai tendance à ne plus voir que ça. Et j’ose penser qu’il en va de même pour beaucoup de mes frères et sœurs en humanité
Raistlin a écrit : Courage ! le regard de la foi rend aux choses leur vrai visage, avec leur beauté aussi.
En histoire de l'art on apprend que dans une oeuvre tout est voulu. Il me semble qu'ici et ensemble, c'est précisément le but "caché" derrière cette oeuvre (cette série) que nous cherchons à découvrir à travers nos observations complémentaires.
Le méli-mélo ici, c'est que éléments vrais et réalistes (le fameux plausible) côtoient des déformations, exagérations (fines ou grossières, suggérées ou vraiment énormes). Pour ma part, je trouve que c'est justement très proche de la technique du démon pour embrouiller.
Et pourquoi je me sens bien en regardant Don Camillo et pas en regardant Ainsi soient-ils ?
Parce qu'on veut faire du bon esprit ou du mauvais esprit.






