Mortification, pénitence corporelle et ascèse

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Griffon
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Re: Mon carême 2012

Message non lu par Griffon »

Bien dit, Papillon !

Et dire que notre religion est la religion de l'amour.
L'amour seul devrait nous motiver.

Cordialement,

Griffon.


PS:
Vous vous faites bien rare, Papillon.
J'espere que tout va bien pour vous.
:fleur:
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Griffon
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Mortification?

Message non lu par Griffon »

coeurderoy a écrit :Je connais une dame de 70 ans qui m'a raconté l'histoire (bizarre !) du directeur spirituel qui lui imposait le port du cilice (elle avait 18 ans) et exigeait qu'elle lui montre les effets de la chose sur sa chair... vraiment malsain non ?
Vraiment malsain, OUI !

Cher Coeurderoy,

J'aurais espéré que c'était une histoire inventée.
Mais ce serait trop beau,... et oui,... je suis obligé de croire que c'est possible.

On s'étonne apres de l'immense dégoût de nos contemporains pour les hommes d'église.
C'est à pleurer.

Heureusement, cette dame se n'est bien sorti.

Cordialement,

Griffon.
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Timothée
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Re: Mon carême 2012

Message non lu par Timothée »

merci Coeurderoy .... on ne peut qu'adhérer à tes propos ...
Isabelle47
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Re: Mon carême 2012

Message non lu par Isabelle47 »

Merci Coeurderoy et Griffon.
Le dolorisme est, hélas, une déviance présente dans le catholicisme et qui demeure encore vivace.
Comment peut-on aller dans de telles confusions, si ce n'est par le besoin de domination et la perversion de certains sur d'autres? Votre histoire Coeurderoy, le démontre bien.
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A propos de la souffrance… et du dolorisme.

Message non lu par Père Luc MEYER »

Merci, pour cette réflexion intéressante sur la souffrance ! On sent bien en effet qu'il y a quelque chose de mal posé dans le "dolorisme. Je ne sais pas si vous connaissez Pierre-Marie HOOG.

C'est un Jésuite, qui a été frappé à 55 ans par une paralysie. Il a plongé alors dans l'univers des malades pendant dix mois, sans savoir ce qui allait se passer... Au fil des notes griffonnées durant dix mois sur des petits bouts de papier, il a partagé ses réflexions, des cris aussi sur le handicap, le corps souffrant et humilié.

Voici deux ou trois choses qu'il dit :

Nous avons chacun dans notre entourage ou parmi les personnes que nous accompagnons des personnes atteintes dans leur chair. Comment leur vie nous parle-t-elle ? A quelles conversions nous sentons-nous appelés ?

Exil. La présence de corps humilié, anarchique, tyrannique est devenue démesurément encombrante, comme un objet posé là, contre quoi je me heurte. Vêtement qui n’est plus à la bonne mesure, je m’y empêtre. Ennemi. Je ne l’habite plus, il ne m’abrite plus. Je me sens comme chassé de mon corps, mais lui n’est pas chassé de moi et mène une guerre de harcèlement.

Plusieurs m’invitent à “offrir ma souffrance”. Ce langage, bien ancré dans la tradition, me gêne.
D’abord parce que l’on ne peut offrir à Dieu que ce qui fait plaisir à Dieu, et l’on ne me fera pas croire que la souffrance… Et puis, pour l’heure, je ne suis capable d’offrir que ma protestation contre cette souffrance déshumanisante, mon incapacité à souffrir en beauté, mon maigre désir plein de résistances d’être rendu un peu plus pauvre. Ce n’est pas parce qu’il souffre que Jésus est sauveur, mais parce que, jusque dans la souffrance et malgré la souffrance, il est fidèle.


Je ne sais pas si cela vous éclaire…

cf. Au fil des jours blessés, Vie chrétienne n°540, 147 pages.
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Re: Mon carême 2012

Message non lu par Isabelle47 »

C'est très beau, merci.
Et c'est aussi très juste!
La souffrance nous envahit, nous harcèle, prend toute la place.
En ce sens, c'est le contraire de la disponibilité, du "vide", de la pauvreté nécessaire et indispensable pour accueillir Dieu.
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Re: Mon carême 2012

Message non lu par Griffon »

Merci Père Luc pour ces réflexions.

Évidemment, il y a une énorme différence entre la souffrance subie sans moyen d'y échapper, et celle qu'on s'inflige.

Quand on est exposé à une telle souffrance, on passe par plusieurs phases qui vont de la révolte à l'acceptation.
Ces phases psychologiques sont connues et identifiées.

Notre religion propose une voie mystique, la voie de l'amour : la souffrance comme moyen de s'unir à Jésus sur la croix, être avec Lui, en Lui, juste pour Lui.
D'autres que moi pourraient en témoigner ici.

Cordialement,

Griffon.
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Re: Mon carême 2012

Message non lu par Isabelle47 »

La souffrance tant psychologique que physique fait partie de notre humanité mais la rechercher est une perversion.
Il y a-t-il une parole dans les Evangiles qui dit de donner une valeur surajoutée à la souffrance en tant que telle? (je veux dire la souffrance gratuite, la souffrance pour la souffrance, quitte à la provoquer avec un cilice ou autre moyen)?
Voyez-vous, nous sommes dans une telle configuration mentale, des phrases comme:
- Il faut souffrir pour être belle,
- accoucher dans la douleur,
nous sont hélas trop familières et même dans une société athée, cela fonctionne très bien; voyez, par exemple, les douleurs engendrées par la chirurgie esthétique, c'est épouvantable!
Et les privations et douleurs que s'infligent certain(e)s pour rester "en forme"! Mais la valeur de leur comportement augmente en fonction de la douleur ressentie!

Je me permets un exemple personnel afin d'illustrer cette dérive:
Quand j'étais enfant, je fréquentais une école privée chez les soeurs dominicaines. Et, (comment cela s'était-il passé?) : je me souviens avoir mis des graviers dans mes chaussures pour me faire mal afin d' offrir mes souffrances à Jésus pour certaines camarades orphelines, comme nous l'avait dit notre institutrice, voyez-vous, j'avais sept ou huit ans, ne me dites pas qu'il ne s'agissait pas d'une conduite induite par une leçon de catéchisme mal conduite ou mal comprise. Ou par une déviance sadique de cette institutrice (soeur dominicaine, je le rappelle)
Il est vrai que c'était dans les années soixante et que les choses ont sûrement changé!

Ceci dit, je ne vois aucune raison de valoriser la souffrance comme nous le faisons encore trop souvent.
La souffrance déshumanise, elle nous coupe de Dieu.
Ce n'est pas s'aimer comme nous devons aimer notre prochain que de se faire souffrir. Ou de se complaire dasn la souffrance.
Pardonnez moi d'être aussi abrupte mais ayant cotoyé la souffrance de près, j'ai du mal à entendre des arguments tels que : la souffrance nous rapproche de Dieu, offrir ses souffrances à Dieu, etc...


-
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Re: Mon carême 2012

Message non lu par Griffon »

Chère Isabelle,

J'ai du mal à comprendre votre intervention.

La petite fille à voulu offrir sa souffrance à Jésus pour son amie.
Je trouve sa touchant. Et je ne comprends pas ce que vous reprochez à l'histoire.

Notre Seigneur à souffert et a été méprisé.
Il a choisi cette voie en toute conscience, et par amour.
Il nous demande de Le suivre.
Se mettre à la suite de Jésus, c'est accepter de souffrir et d'être meprisé.

Non ?

Cordialement,

Griffon.
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Re: Mon carême 2012

Message non lu par Isabelle47 »

Cher Griffon,

La petite fille dont je parle, c'est moi-même, vous l'aurez compris mais voici la suite de l'histoire:

Lorsque ma mère a vu ce que je faisais (graviers dans les chaussures pour me blesser volontairement afin d'offrir mes souffrances, etc...) elle s'en est indignée et m'a expliqué que ce n'était pas ça l'amour du prochain.
A la place de telle vanité, m'a-t-elle dit, nous allions inviter cette fillette le jeudi (jour de congé de l'école à l'époque) et les jours de vacances.

Je me souviens qu'elle est allée parler à la directrice de l'école pour lui faire part de mon comportement (graviers); celle-ci a évacué le problème sans prendre position.

Ma mère a dû ensuite batailler ferme avec les soeurs responsables pour obtenir l'autorisation de recevoir cette fillette durant les jours de congé; elle y est finalement arrivé. Cette fillette a partagé nos jeudis et nos vacances et nous sommes toujours amies, même éloignées géographiquement.

Il me semble que l'amour du prochain se manifeste plus dans cette attitude que dans le fait de se faire souffrir tout seul dans son coin en croyant qu'on est une petite sainte!

Pour finir, et malgré cette saine intervention de ma maman, cette fillette aux graviers (moi-même, donc) a eu toute sa vie à lutter contre des tendances intérieures profondes (probablement induites par cette déviance doloriste inculquée par ses éducatrices) à accepter la douleur tant physique que psychique comme allant de soi, comme étant normale, légitime et, pourquoi pas, valorisante.
Ce qui est foncièrement mauvais.
Nous devons nous respecter et nous aimer, comme nous devons aimer les autres, n'est-ce-pas?

Pour ce qui est de tendre la main aux autres, j'ai suivi le pragmatisme de ma mère et je persiste à croire que c'est la meilleure voie.
Je serais étonnée que vous, toujours si bienveillant, puissiez me dire le contraire.
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Re: Mon carême 2012

Message non lu par Père Luc MEYER »

Merci, Isabelle, pour ce complément sur votre histoire. Je trouve que votre réflexion est vraiment intéressante, avec ce recul et cette relecture après tant d'années.

Bonne continuation à tous.
Isabelle47
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Re: Mon carême 2012

Message non lu par Isabelle47 »

Merci, Père Luc.
"Aussi, croyez-moi, vous pratiquerez beaucoup mieux la vertu en considérant les perfections divines, qu'en tenant le regard fixé sur votre propre limon"
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Re: Mon carême 2012

Message non lu par Isabelle47 »

Griffon,

Certes, la passion du Christ a amené la rédemption.
Mais le sacrifice du Christ est suffisant, il a été fait une fois pour toute.

Si le Christ a traversé toutes ces souffrances, c'est pour prendre et récapituler en lui notre mal (péché) et aussi pour apporterr la résurrection.

La souffrance est un passage vers la transformation radicale, ce n'est pas une fin en soi.
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Re: Mon carême 2012

Message non lu par Griffon »

Isabelle47 a écrit :Cher Griffon,

La petite fille dont je parle, c'est moi-même, vous l'aurez compris mais voici la suite de l'histoire:

Lorsque ma mère a vu ce que je faisais (graviers dans les chaussures pour me blesser volontairement afin d'offrir mes souffrances, etc...) elle s'en est indignée et m'a expliqué que ce n'était pas ça l'amour du prochain.
A la place de telle vanité, m'a-t-elle dit, nous allions inviter cette fillette le jeudi (jour de congé de l'école à l'époque) et les jours de vacances.

Je me souviens qu'elle est allée parler à la directrice de l'école pour lui faire part de mon comportement (graviers); celle-ci a évacué le problème sans prendre position.

Ma mère a dû ensuite batailler ferme avec les soeurs responsables pour obtenir l'autorisation de recevoir cette fillette durant les jours de congé; elle y est finalement arrivé. Cette fillette a partagé nos jeudis et nos vacances et nous sommes toujours amies, même éloignées géographiquement.

Il me semble que l'amour du prochain se manifeste plus dans cette attitude que dans le fait de se faire souffrir tout seul dans son coin en croyant qu'on est une petite sainte!

Pour finir, et malgré cette saine intervention de ma maman, cette fillette aux graviers (moi-même, donc) a eu toute sa vie à lutter contre des tendances intérieures profondes (probablement induites par cette déviance doloriste inculquée par ses éducatrices) à accepter la douleur tant physique que psychique comme allant de soi, comme étant normale, légitime et, pourquoi pas, valorisante.
Ce qui est foncièrement mauvais.
Nous devons nous respecter et nous aimer, comme nous devons aimer les autres, n'est-ce-pas?

Pour ce qui est de tendre la main aux autres, j'ai suivi le pragmatisme de ma mère et je persiste à croire que c'est la meilleure voie.
Je serais étonnée que vous, toujours si bienveillant, puissiez me dire le contraire.
Chère Isabelle,

Le sujet est délicat.
Il y a eu de réels abus d'une part, et d'autre part la souffrance est une question lancinante et qui blesse notre humanité (forcément).

Aussi, pour moi, il est hors de propos d'arriver vers vous et vous dire comment vous devez vivre la souffrance.
Vous prônez le pragmatisme. Pourquoi pas ?
J'aurais aimé que votre histoire soit arrivée à l'un de mes enfants et que je puisse avoir une si belle réaction.

Maintenant, j'ai pris la parole que pour affirmer qu'il y avait aussi un autre point de vue.
Et malgré toute la bienveillance que vous vous montrez à mon égard, vous n'arriverez pas à me forcer à un choix.
Faire un choix, c'est oublier le plus important: le Christ.
Et, franchement, je ne vois pas pourquoi il faudrait déclarer certaines voies interdites, surtout qu'il s'agit réellement de voies de l'amour.

Malgré le risque, je vais me risquer à parler de la petite fille au gravier.
Je compte sur vous pour pouvoir passer du subjectif à l'objectif.

Cette petite fille... a-t-elle mal agi ?
Elle s'est laissé touchée par la souffrance de petites camarades.
Elle a fait une prière à Jésus. La prière est un acte d'amour.
Elle a voulu donner à cette prière, une dimension bien concrète de solidarité.
N'était-ce pas de l'amour ?

Je ne sais pas.
Peut-être une maîtresse sadique a-t-elle suggéré qqch aux enfants ?
Peut-être a-t-on forcé cette enfant à mettre des graviers dans ses chaussures ?

Je pars du point de vue que c'est une démarche personnelle et libre, et dans ce cas...
Si tous les lecteurs peuvent être touchés par la démarche de cette petite fille, notre Seigneur aurait-il pu y rester insensible ?
Eh bien, non !
Comme le dit l'Ecriture, le Seigneur est intervenu "sans attendre".
Et le soir-même, votre maman a pris les choses en main.
Avec sa capacité de maman.

Ah oui !
Pour votre mère, mettre des graviers dans ses chaussures, cela aurait été une erreur.
Car elle, elle pouvait avoir une action.
(Et vraiment, c'est péché que de prier pour son frère qui a faim, tout en restant assis sur son petit pain à soi.)

Mais la petite fille avait bien compris l'amour.
Elle est passée à l'acte, et elle a été exaucée.
C'est la seule leçon que personnellement, je tire de votre expérience.

C'est intéressant aussi, car cette démarche est vraiment une démarche mystique.
Et, pour moi, ce n'est pas un hasard de la rencontrer chez une enfant.

Quoique vous puissiez m'en vouloir de penser ainsi,
laissez-moi vous remercier d'avoir rapporté cette expérience et
saluer encore la démarche de votre maman.

Cordialement,

Griffon.
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lmx
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Mortification?

Message non lu par lmx »

Se mettre à la suite de Jésus, c'est accepter de souffrir et d'être meprisé.
ce n'est pas rechercher la souffrance. Louis Bouyer dans son "Introduction à la vie spirituelle" explique comment l'ascèse qui était d'abord effort sur soi visant à la purification et au dépouillement culminant dans l'apatheia la libération des passions, la paix du coeur, en est venu en occident a être détourné de son sens premier en devenant une fin en soi, ou parfois même une démarche auto-punitive.
Pour moi une mystique exclusivement centrée sur la souffrance décrédibilise complètement la mystique chrétienne en conduisant du fait de certains aspects glauques à son rejet. De plus, elle ampute la voie chrétienne de sa finalité car après l'étape de la croix, il y a la résurrection, la renaissance. Et le but dans le christianisme ce n'est pas de souffrir mais de renaître d'en haut : c'est la divinisation de l'homme.
La souffrance tant psychologique que physique fait partie de notre humanité mais la rechercher est une perversion.
Voilà ce que disait la bienheureuse Elisabeth de la Trinité qui allait à l'encontre de toute démarche doloriste.


je crois que le secret de la paix et du bonheur, c'est de s'oublier, de se désoccuper de soi-même. Cela ne consiste pas à ne plus sentir ses misères physiques ou morales; les saints eux-mêmes ont passé par ces états si crucifiants. Seulement eux ne vivaient pas là; à tout instant ils quittaient ces choses; lorsqu'ils se sentaient touchés par elles, ils ne s'en étonnaient pas, car ils savaient de " quelle argile ils étaient faits "…
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