Quand j'étais petite, je rêvais d'être sainte...

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Théo d'Or
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Quand j'étais petite, je rêvais d'être sainte...

Message non lu par Théo d'Or »

Quand j'étais petite, je rêvais d'être sainte.

Je suis toujours petite et je rêve toujours d'être sainte.

Mais je me suis toujours méticuleusement protégée contre ce risque. Comment peut-on avoir de telles aspirations et être aussi barricadée à l'Amour?

Ma vie est remplie de grandioses fausses extases, de superbes faux-amours qui me maintiennent en vie dans ce bas-monde. Et je sais que ça ne me sert à rien de pouvoir vivre ici et de ne pas pouvoir vivre dans le monde promis pour après.

Mais l’illusion est puissante et je suis prise dedans!

Je suis totalement dévoyée et je le sais.

Ceci dit sans aucun désespoir, c'est juste une triste constatation.

En plus, je me protège bien d'être sûre que Jésus était bien Dieu et je ne supporte pas ce qui ressemble de près ou de loin à une messe.

C'est vraiment mal barré pour la sainteté!

Mais je garde espoir.

En fait, sur mon avatar, c'est moi le bébé et je ne veux pas naître.

Et je rencontre des tas d'autres petits qui ne veulent pas naître non plus!

J'ai une vie surréaliste qui ne brille pas par sa cohérence!

Vous pouvez prier pour moi,

Merci,

Théo d'Or
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Anne
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Re: Quand j'étais petite, je rêvais d'être sainte...

Message non lu par Anne »

Faut vraiment pas désespérer, Théo d'Or !

Votre message est très touchant. Mais peut-être devriez-vous maintenant vous souvenir que nombre de saints et de saintes ont connu des jeunesses totalement dévoyées, mais ils ont réussi, éventuellement, à se rapprocher de Dieu au-delà non seulement de leurs espérances (qui étaient souvent bien nulles en la matière ;) ) mais aussi au-delà de ce qui constitue l'entendement humain...

Donc, gardez le cap.

Gardez courage.

Gardez la Foi et l'Espérance ! :paix!

Votre rêve peut encore se réaliser...
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
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stephlorant
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Re: Quand j'étais petite, je rêvais d'être sainte...

Message non lu par stephlorant »

Dieu vous rejoindra au moment qu'Il aura choisi, je n'ai pas le moindre doute à ce sujet... et je n'ai pas attendu la demande de prière pour prier pour vous !
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http://www.youtube.com/watch?v=WDV94Iti5ic&feature=related (Philippe Herreweghe)
C.-J.
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Re: Quand j'étais petite, je rêvais d'être sainte...

Message non lu par C.-J. »

Théo d'Or a écrit :Quand j'étais petite, je rêvais d'être sainte.

Je suis toujours petite et je rêve toujours d'être sainte.
Chère Théo d'Or,

j'espère que vous accepterez de partager avec moi ce témoignage me concernant.

Je suis issue d'une famille de 9 enfants.
Il y avait énormément de vie autour de moi lorsque j'étais enfant. C'est beau, c'était bon !
Notre mère attachait beaucoup d'importance (même si elle ne parle jamais de foi) à ce que nous fassions notre communion solennelle.
Je sais pour quelle raison c'était aussi important pour elle.
Vers l'âge de 8 ans, et allez savoir pourquoi, je me voyais en religieuse. Lorsque je ne pouvais me rendre à l'église, pour la messe, je branchais le poste de télévision et je regardais la messe, ceci vers l'âge de 10 ans. Allez encore savoir pourquoi.
Nos désirs, souhaits, étant enfant nous dépassent me semble-t'il ! Je le pense, parce qu'à l'heure d'aujourd'hui, je ne parviens toujours pas à m'expliquer pourquoi j'avais ce désir d'être religieuse, pourquoi j'éprouvais ce besoin de regarder la retransmission de la messe, alors que les autres membres de ma famille s'en désintéressaient totalement.

J'ai toujours aimé la famille. Je prends soin de mes frères et soeurs, encore aujourd'hui, même s'ils sont adultes. Ils ont ce besoin que je leur témoigne de l'amour. Mon besoin à moi est de leur en donner. Il y a bien des façons de témoigner de son amour.

Ceci pour en arriver à dire que je ne suis pas religieuse (je n'étais pas faite pour cela) mais que l'amour tient une grande place dans ma vie, le partage, l'attention à l'autre, le soutien, l'aide......

Ce qui est important pour moi c'est d'être de plus en plus moi-même. Je me suis donnée et me donne les moyens pour y parvenir.
Je ne m'impose rien, rien qui puisse m'amener à ressentir du mal être.
Je fais ce pourquoi je suis destinée. Comment je peux savoir ce pourquoi je suis destinée me direz-vous ! La réponse est toute simple : ce que Dieu veut pour moi, me rend très heureuse, c'est ainsi que je détecte mon chemin.
Dieu est amour.

Voilà pour ce premier partage, si vous le souhaitez, nous pouvons poursuivre toutes les deux.

Bien fraternellement,
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Griffon
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Re: Quand j'étais petite, je rêvais d'être sainte...

Message non lu par Griffon »

Théo d'Or a écrit :Je suis toujours petite et je rêve toujours d'être sainte.
Ca tombe bien ! Vous êtes sur le bon chemin.
Notre Seigneur a dit : " Si vous voulez être grand dans le royaume, devenez comme ce petit enfant. "
Donc, voilà déjà le principal qui est fait.

Ste Thérèse de Lisieux nous dit que " pour arriver au sommet de la montagne de l'amour, Jésus ne demande pas de grandes choses.
Il suffit de la confiance et de la reconnaissance.
"

On n'est pas chrétien tout seul !
Prions les uns pour les autres.

Moi aussi, j'ai déjà commencé !

Cordialement,

Griffon.
Jésus, j'ai confiance en Toi,
Jésus, je m'abandonne à Toi.
Mon bonheur est de vivre,
O Jésus, pour Te suivre.
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Xavi
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Re: Quand j'étais petite, je rêvais d'être sainte...

Message non lu par Xavi »

Comment ne pas penser au psaume 139 (138) ?

Voici une belle traduction trouvée sur internet :

http://cursillos.ca/priere/psaumes/psaume139.htm


Père, tu vois clair en moi; tu me connais bien;
tu sais quand je me lève et quand je me couche;
d'avance, tu devines mes projets;
tu me regardes aller sur la route; tu vois mes arrêts;
mes va-et-vient te sont tous familiers.
Un mot n'est pas encore arrivé sur ma langue
et, déjà, tu le connais.
Derrière et devant, tu m'enveloppes.
Ta main est toujours sur mon épaule.
C'est une connaissance mystérieuse qui me dépasse;
elle est telle que je ne puis la posséder !
Où aller pour ne pas sentir ton souffle dans mon cou ?
Où m'enfuir pour ne plus voir ta face?
Si je monte dans les nuages, je t'y retrouve,
si je m'enfonce au creux de la terre, tu es là !
Je demande au soleil de m'amener au bout du monde,
encore là ta main me conduit,
ta force est avec moi.
Ant. Dieu qui scrute les reins et les coeurs,
tu rends à chacun selon ses oeuvres.
J'ai dit: " Au moins que les ténèbres m'engloutissent,
que la lumière autour de moi soit la nuit !"
Même les ténèbres ne sont pas ténèbres pour toi
et la nuit devient lumineuse comme le jour:
les ténèbres sont comme la lumière !
C'est toi qui m'as créé de la tête aux pieds;
tu m'as tissé dans le sein de ma mère.
Je suis une véritable merveille,
ton ouvrage est extraordinaire:
oui, je le reconnais facilement.
Rien de mon corps ne t'a échappé
pendant que j'étais construit
dans le secret du sein maternel !
Je n'étais qu'un projet et tes yeux déjà m'ont vu:
tu pouvais les décrire tous, ces jours de ma vie
quand aucun d'eux n'existait encore.
Père, que tes projets sont difficiles pour moi,
leur richesse me dépasse infiniment;
je voudrais les analyser tous,
mais ils sont plus nombreux que le sable.
Je m'épuise à les étudier
et quand je m'arrête, il en reste toujours; à la fin,
je me retrouve encore avec toi.
Père, je t'en supplie, protège-moi du Malin;
que ses messagers s'éloignent de moi.
Ils simulent ton amour pour me tromper;
ils font tout pour me nuire.
Père, comment aimer les gens qui te haïssent ?
Comment respecter les gens qui te combattent ?
Donne-moi la capacité de les aimer
comme toi, tu les aimes,
en te priant de les convertir en amis pour toi.
Père, scrute-moi et connais mon cœur;
donne-moi de me voir en vérité dans mes épreuves.
Protège-moi de marcher sur de fausses routes;
conduis-moi sur le chemin qui mène à toi.
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Théo d'Or
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Re: Quand j'étais petite, je rêvais d'être sainte...

Message non lu par Théo d'Or »

Griffon a écrit :
Théo d'Or a écrit :Je suis toujours petite et je rêve toujours d'être sainte.
Ca tombe bien ! Vous êtes sur le bon chemin.
Notre Seigneur a dit : " Si vous voulez être grand dans le royaume, devenez comme ce petit enfant. "
Donc, voilà déjà le principal qui est fait.

Ste Thérèse de Lisieux nous dit que " pour arriver au sommet de la montagne de l'amour, Jésus ne demande pas de grandes choses.
Il suffit de la confiance et de la reconnaissance.
"

On n'est pas chrétien tout seul !
Prions les uns pour les autres.

Moi aussi, j'ai déjà commencé !

Cordialement,

Griffon.
Qui sait, un jour, c'est moi qui prierai pour vous (en fait, c'est déjà le cas, mais comme je suis encore en grosse résistance - l'illusion de liberté est tenace - ça prie tout seul, comme si on le faisait à ma place parce qu'on a compris que je n'en étais pas capable)!

Chère C.-J.,

C'est impressionnant ce que nous avons en commun.

Nous sommes aussi 9 frères et soeurs et même si la vie familiale quand j'étais gosse était loin d'être l'extase, le fait est là: on s'aime tous aujourd'hui d'un amour inconditionnel, même si on l'exprime mal parfois.

Au même âge que vous, j'avais le même désir que vous. Je voulais d'abord être prêtre, mais j'ai appris que les filles ne pouvaient pas. Je me souviens avoir harcelé l'un des curés pendant une séance de catéchisme pour essayer de comprendre pourquoi. D'ailleurs je n'ai toujours pas compris pourquoi, mais bon, ce n'est pas actuellement mon souci principal.

Du coup, je voulais être soeur!

Et puis par après, j'ai été rattrapée par la colère et la rage pour quelque chose qui s'est mal passé dans mon enfance au sein d'une famille qui aurait du être plus qu'attentive (du moins c'est que je pensais) au vu de ses grands idéaux chrétiens, d'autant que la chose a laissé beaucoup de traces. Et comme ça touche au corps, j'ai évidemment évolué vers une rage envers tout ce qui possède le corps, notamment le mariage. Et quand je dis une rage, le mot est faible. Mais la rage a toujours été à la hauteur de ma fascination pour ce don de soi prônée dans le catholicisme. Et le fait de ne pas m'être sentie autorisée à louper des messes malgré mes problèmes physiques (surtout urinaires à l'époque) et d'avoir persisté année après année à y aller presque contre mon gré (finalement de moi-même, forcée par moi-même!), j'en ai nourri une violente aversion pour la messe et ça n'est pas prêt de guérir!

Il y a quelques années, j'ai rencontré une femme, qui a été ma patronne, et qui était très violemment anti-cléricale. Elle me faisait très forte impression et était un peu un exemple pour moi. Je lui avais même confié la blessure de mon enfance. J'ai donc nourri ma colère et gonflé ma rage. J'ai quitté ce travail il y a deux ans avec l'impression que je me libérais autant de cette entreprise malade que du poids familial quelques années plus tôt! C'est dire l'impact que ça a eu dans mon cheminement!

Mais j'ai gardé ma rage anti-cléricale et je n'en suis pas guérie! Heureusement, j'ai aussi gardé la fascination, l'attirance... C'est pour ça que j'ai tendance naturellement à prendre la défense des anti-cléricaux: ils peuvent juste vouloir la reconnaissance d'une blessure (avec tous les aspects vains que ça peut avoir). Et ce n'est pas la violence de chrétiens blessés qui vont leur suggérer le contraire! L'important est qu'ils s'y intéressent finalement.

Depuis peu, je postule que je me suis peut-être faite avoir sur tous les plans et que ça continue! Et il semble que ça ne soit pas une fausse piste, mais je suis toujours en résistance...

Mais le constat est là: je suis toujours petite et je désire toujours être sainte! Et je cherche à débusquer les illusions, mais ce n'est pas évident!

C'est naturellement avec plaisir que j'échangerais avec vous... D'autant que je vois que vous êtes belge comme moi!

Je vous embrasse tous,

Théo d'Or

PS : Merci pour le psaume, Xavi !
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C.-J.
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Re: Quand j'étais petite, je rêvais d'être sainte...

Message non lu par C.-J. »

Théo d'Or a écrit :
C'est naturellement avec plaisir que j'échangerais avec vous...

Je me sens proche de vous Théo d'Or, ceci, parce que j'ai toujours été proche de la souffrance. Vous êtes touchante.

Je vous ai lue, attentivement.
Comme vous, j'aurais pu me détourner de l'Eglise. J'explique : ma grand-mère maternelle a été élevée par des religieuses. Education très stricte.
Nombre de fois, ma mère m'a raconté les épreuves vécues par ma grand-mère. Je ne m'attarderai pas sur celles-ci (épreuves causées par les religieuses qui avaient pour mission de l'élever dans l'amour du Christ), cependant, j'entendais, mais cela n'a eu aucune répercussion quant à ma foi. Les révélations de ma mère m'ont ouvert les yeux c'est certain.
Cependant, comme je viens de le dire, ma foi n'a jamais été ébranlée, toujours intacte, toujours grandissante.
Pour moi, il y a toujours eu Dieu et les hommes.
Je me suis toujours sentie bien dans une église et quand je vous lis, je me dis que vous faites un lien entre ce que vous avez vécu enfant (obligation des parents d'aller à la messe avec les problèmes que vous deviez surmonter à ce moment là) et l'Eglise.

Je viens de vous relire et j'ai le sentiment que votre foi est grande. Finalement, les attitudes de vos proches lorsque vous étiez enfant, vous ont éloignée des églises, mais pas de Dieu.

Lorsque vous écrivez :
"Depuis peu, je postule que je me suis peut-être faite avoir sur tous les plans et que ça continue! Et il semble que ça ne soit pas une fausse piste, mais je suis toujours en résistance...", je ne comprends pas bien ce que vous souhaitez dire. Ce que vous exprimez est clair, mais quelques précisions me permettraient de saisir votre pensée.

Je vis dans les Ardennes françaises chère Théo d'Or. Vous n'avez pas tort car les Ardennes belges existent.
Pour Dieu, les frontières n'existent pas. Pour moi non plus.
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Théo d'Or
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Re: Quand j'étais petite, je rêvais d'être sainte...

Message non lu par Théo d'Or »

En fait, c'est simple, la dernière étape de mon histoire actuelle consiste à avoir pris conscience que je me suis faite avoir par le Diviseur, visiblement.

Depuis toute petite, il a utilisé ce problème, l'a aggravé à mon insu, je suis devenue enragée, souffrante, rebelle, repliée sur moi, avec des problèmes de ventre (colopathie et autres) psychiques (obsessionnels et autres), puis j'ai exploré, pour ne pas mourir de "dépression", j'ai exploré diverses philosophies, spiritualités, ésotérismes et chamanismes. Je me suis émancipée de la morale catholique et je me suis sentie mieux, d'une certaine façon, puisque je pouvais enfin faire des choix sans m'astreindre à une morale que je ne comprenais pas et que je vivais comme une agression envers mon corps blessé.

Je pouvais être davantage en accord avec moi-même et mes souffrances, avec l'impression d'être enfin authentique avec moi-même. J'avais l'impression que ma vie était presque devenue belle malgré mes problèmes et malgré cette façon de m'isoler et de me protéger. J'avais toujours l'envie de faire de belles choses et dans les moments où j'arrivais à m'ouvrir, j'en ai eu des extases, des vécus incroyablement forts, dans lesquels l'humanité semblait briller d'amour.

Je déteste toujours autant la morale incompréhensible, assenée de plein fouet, destructrice, violente, bien que malgré tout, elle ait probablement contribué à me construire. Une construction de travers à cause de mes problèmes et mes résistances.

Mais le fait est là, je découvre maintenant que mes extases et mes amours, qui ont la large apparence du sublime et que je recherche à rendre sublimes, sont la plupart du temps des faux par le simple fait que je ne donne que de façon calculée et recherche ma propre émancipation à moi et c'est là que le bât blesse. Même si le vrai Amour guette toujours malgré tout, prêt à me prendre dès que je sors de mon délire.

Ce n'est pas facile. Prenons l'exemple de mes hommes: aussi libérés de la peur de l'engagement que moi dans ces moments de rencontres calculées, de gros paquets humains sortent. Ceux de deux petits qui ne peuvent ou ne veulent pas naître. Des gros paquets blessés. C'est beau, c'est affreux, c'est touchant. Dernièrement, j'ai fait part de mes questions actuelles au plus "fidèle" d'entre eux. Surprise (ou pas), il avait les mêmes questions, la même brouille, les mêmes inquiétudes. Notre rencontre n'en a été que plus intense, belle, mais illusoire quand même. C'est qu'on peut savoir qu'on est dans une forme d'illusion mais en sortir, c'est encore tout autre chose!

Et les liens se créent, malgré moi et malgré tout. Lui régresse et cherche l'amour maternel et moi, j'imagine, celui du paternel. Deux bébés qui s'occupent l'un de l'autre pour se sentir vivants. Un jour, il va peut-être falloir grandir, mais ça n'est pas évident de quitter l'enfance! Tant de peurs, tant de résistances...

Et pour un instant de lucidité, mille instants de brouille. Mais l'instant de lucidité, je ne l'oublie pas!

En fait, j'ai parfois l'impression de m'entraîner à la vie sans vivre encore. Je m'entraîne avec une matière dangereuse et souvent blessante, qui se fait passer pour la vie elle-même mais qui ne l'est pas. Finalement, choisir l'enfer, c'est définitivement ne pas oser vivre, je le sais maintenant. Enfin, je n'ai pas encore tout compris, mais je suis convaincue que c'est quelque chose de cet ordre-là!

J'espère un jour oser vivre pour de vrai!

Amicalement,

Théo d'Or
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C.-J.
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Re: Quand j'étais petite, je rêvais d'être sainte...

Message non lu par C.-J. »



Est-ce que je me trompe, chère Théo d'Or, si j'ai le sentiment, en vous lisant, que votre éducation a été castratrice.
Dieu nous veut libre.

L'éducation castratrice est destructrice.
Le rôle des parents consistent à inculquer le sens des valeurs, à guider, à aimer, pas à castrer, surtout pas.
Castrer un enfant, c'est nier son existence.

Je ne vois rien de condamnable dans ce que vous exprimez et il ne me revient, comme à aucun autre, le droit de condamner.
Vous vivez des expériences et ce sont les expériences qui nous permettent d'apprendre, d'avancer, de grandir donc.
Il n'y a rien de pire qu'un homme (homme ou femme) qui ne vit pas sa vie, qui ne suit pas son chemin et le chemin qui est le nôtre est jalonné d'expériences.
Vous êtes sur la bonne voie.
C.-J.
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Re: Quand j'étais petite, je rêvais d'être sainte...

Message non lu par C.-J. »


P.S. : Qui appelez-vous le diviseur ?
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Griffon
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Re: Quand j'étais petite, je rêvais d'être sainte...

Message non lu par Griffon »

C.-J. a écrit :
P.S. : Qui appelez-vous le diviseur ?
Diabolos = le diviseur, alias le diable.

Cordialement,

Griffon.
Jésus, j'ai confiance en Toi,
Jésus, je m'abandonne à Toi.
Mon bonheur est de vivre,
O Jésus, pour Te suivre.
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Re: Quand j'étais petite, je rêvais d'être sainte...

Message non lu par C.-J. »

Théo d'Or,
Une réflexion me vient et je vous la fais partager : aujourd'hui, vous sentez-vous prête à exprimer toute la souffrance que vous avez tue jusqu'à présent, souffrance notamment liée au fait que vous étiez contrainte de vous rendre à la messe étant enfant, ceci, malgré les douleurs qui étaient les vôtres. Ce n'est pas une question que je pose, c'est une réflexion que je me fais.

D'autre part, vos parents sont-ils en mesure d'accepter d'entendre cette douleur.

Même si le chemin est long parfois, au bout il y a la lumière.
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Re: Quand j'étais petite, je rêvais d'être sainte...

Message non lu par stephlorant »

Théo d'Or a écrit :J'espère un jour oser vivre pour de vrai!
Théo d'Or
C'est un processus lent et difficile, mais qui finira par s'accélérer parce qu'il y a véritablement Quelqu'un au bout de cette recherche douloureuse. Je me souviens très clairement du matin de ma conversion. J'avais passé une nuit entre la joie de la découverte que j'avais faite (je m'étais égaré dans une philosophie de la réussite et j'avais réalisé que cette théorie procédait d'un "immense mensonge" sur "la nature réelle de l'être humain")... et le regret du temps perdu. Mais à mon réveil, je me sentais de nouveau tout déboussolé. J'avais besoin, cette fois, non d'une conviction, mais d'une vraie personne, d'une personne qui incarne cette vérité nouvelle - une Personne que je puisse aimer, voilà tout. Et à ce moment précis, j'ai ouvert les yeux et j'ai vu le crucifix de ma communion solennelle. Je ne reprends pas ici le détail de ce qui s'est passé, mais le fait est que le visage de plâtre de ce Christ n'était plus penché sur le côté dans l'abandon de la mort, s'était redressé - et qu'un regard s'était posé sur moi et me fixait avec une intensité inimaginable. Mais bref, après ce moment, ma vie a véritablement recommencé et j'ai dit: "Je viens de renaître, je suis comme un tout petit enfant qui doit réapprendre à marcher".

Si cela m'est arrivé à moi, il n'y a aucune raison que cela ne vous arrive à vous (je veux dire : sous une autre forme, bien sûr, mais ce sera une délivrance pour toujours).

Confiance !
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Théo d'Or
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Re: Quand j'étais petite, je rêvais d'être sainte...

Message non lu par Théo d'Or »

C.-J. a écrit :Théo d'Or,
Une réflexion me vient et je vous la fais partager : aujourd'hui, vous sentez-vous prête à exprimer toute la souffrance que vous avez tue jusqu'à présent, souffrance notamment liée au fait que vous étiez contrainte de vous rendre à la messe étant enfant, ceci, malgré les douleurs qui étaient les vôtres. Ce n'est pas une question que je pose, c'est une réflexion que je me fais.

D'autre part, vos parents sont-ils en mesure d'accepter d'entendre cette douleur.

Même si le chemin est long parfois, au bout il y a la lumière.
Aujourd'hui, mes parents regrettent de ne pas avoir fait attention à mon problème. A leur décharge, ils étaient jeunes et devaient gérer une famille nombreuse. Pour ce qui était de la messe, ce n'était pas une option, c'était comme l'école: je n'aurais jamais eu l'idée de remettre ça en question, même avec mon problème (qui touchait à la sphère intime, avec la peur qu'on y mette les pattes!)

Je crois que j'ai beaucoup absorbé de leur aspiration à la sainteté... Mais ça allait un peu loin, assez clivé avec le monde extérieur plein d'"immoralité", ce qui nous laissait peu d'espace pour questionner cette réalité. Comme mes problèmes m'ont beaucoup isolée pendant l'adolescence, je me demande parfois si je n'ai pas perpétué inconsciemment mes symptômes pour être sûre de ne pas être tentée de me plonger dans ce monde frelaté et inquiétant.

Disons que mes parents étaient des fous de Dieu. Ils le sont toujours, mais de façon plus équilibrée maintenant, heureusement! C'est plus calme, c'est plus doux et moins fermé au monde, ils ont beaucoup évolué! Et j'en suis ravie, c'est aussi leur adoucissement qui me permet de ré-envisager beaucoup plus tranquillement les choses.

Et puis il y a chez moi actuellement une envie de dépasser le stade de l'expression de la douleur et de la colère, parce que je me suis beaucoup enfermée dedans et que je dois constater que ça me sabote spirituellement.

Cordialement,

Théo d'Or
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