Le Pape devenu enfant.

« J'enlèverai votre cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. » (Ez 36.26)
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Laurent L.
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Le Pape devenu enfant.

Message non lu par Laurent L. »

Voici un article du journaliste du Figaro Jean-Marie Guénois :http://blog.lefigaro.fr/religioblog/201 ... nfant.html.
13 mai 2010 a écrit :
FATIMA

(Portugal)

Dans le sanctuaire marial de Fatima, j'ai eu la chance, mercredi après-midi, de me trouver à quelques mètres de Benoît XVI et de le voir longuement se recueillir devant la statue vénérée de la Vierge. Rien de plus banal que de voir un pape prier. Il fait son métier penseront certains.

Il se trouve que j'ai déjà pu observer plusieurs situations similaires mais j'ai rarement constaté un tel recueillement chez un homme. C'est d'ailleurs impressionnant et difficile à décrire. Est-ce lié à l'émotion ? A un manque d'objectivité ? Je ne le crois pas. Il y a comme cela, des situations humaines « extrêmes » qui sont des signes de souffrance, de joie intense, d'extériorité fabuleuse ou ... d'intériorité unique. Intimes, elles n'en sont pas moins des faits.

Que s'est-il passé ? Benoît XVI s'est approché de la statue pour y déposer un présent, une rose en or et argent, symbole d'action de grâce. Il venait de lire une prière où il évoquait son prédécesseur Jean-Paul II, son attentat, et les souffrances de l'Eglise (voir l'article publié dans le quotidien ce jeudi). Il était là dans son rôle de pape.

Puis, il s'est comme transformé au moment où son assistant lui a remis le fameux présent pour qu'il le dépose au pied de la statue. Et là, ce n'était plus un pape mais un enfant. Il s'est avancé avec le sourire d'un petit le jour de la fête des mères. A la fois trop content de ce qu'il va offrir, trop ému par le poids de la reconnaissance et trop intimidé par ce geste, il donne ce jour là, alors qu'il est plutôt habitué à recevoir.

Benoît XVI a déposé ce cadeau au pied de la Vierge puis s'est mis à prier d'un bloc, les yeux mis clos, presque physiquement aspiré vers la statue. Longues minutes paradoxales où se lient l'absence, une étonnante présence et le silence. Autour, près de 300 000 personnes vibraient au diapason. De temps en temps l'homme en blanc ouvrait les yeux et fixait le visage de la statue en un regard mêlé de tendresse et de détresse. Un regard qui à la fois demandait et disait merci. Son maître des cérémonies est alors venu lui prendre délicatement le bras. L'enfant est redevenu pape.

Certains railleront une extase mystique, voire le délire mystique. Je proposerais au contraire le plein respect pour la prière de l'homme. Quel qu'il soit. Ce dialogue secret de l'âme. Où chacun déroule une propre alchimie. Mais où l'on devine, justement à travers l'expression du visage, la « vérité » de ces moments.

Tout comme, quelques instants plus tard, j'ai été frappé par le regard aux larmes d'un vieux paysan portugais, le teint cuivré de labeur, qui venait de croiser celui du pape. Le vieil homme était bouleversé. Il avait visiblement honte de pleurer mais il apparaissait comme un exemple de dignité.

Oui, de l'émotion pure. En cela la religion est très humaine et ces sanctuaires sont des lieux vifs, de hautes tensions spirituelles.

J'ai alors pensé à la difficulté de décrire des phénomènes spirituels. Comme journaliste, mais d'autres professions y sont aussi confrontées. Il y a sans nul doute une objectivité de l'expression religieuse. Ce n'est pas parce qu'elle est « qualifiée » de subjective qu'elle n'est pas, en soi, objective. Précisément comme "fait factuel" oserais-je écrire.

J'ai aussi médité sur ce que l'on appelle le « combat spirituel » qui semble palpable en ce genre d'endroit, notamment quand des milliers de personnes prient d'un seul cœur.

Je suis enfin revenu sur ce que j'avais pu écrire, par le passé à propos de la distance supposé de Benoît XVI vis-à-vis des questions mariales. C'était, en tout cas, sa réputation à Rome.

Je me suis alors rendu compte que j'avais confondu deux choses : son approche extrêmement rationaliste des faits surnaturels et sa dévotion personnelle. Jean-Paul II était un pape polonais, amoureux de la Vierge Marie et ne s'en cachait pas. Benoît XVI vit la même passion mais ce grand timide ne le montre pas.

Quant à son approche plutôt rationaliste des phénomènes d'apparitions, le pape en a parlé lors de la conférence de presse dans l'avion vers Lisbonne. Il a expliqué l'importance pour l'Eglise de distinguer les conditionnements psychologiques, culturels, historiques, des personnes qui ressentent, voient ou entendent des manifestations surnaturelles, de l'essentiel du message véhiculé. Qui, une fois dépouillé de ses conditionnements humains (d'où l'importance du temps pour le discernement ) déploie son sens le plus profond qui peut alors revêtir une portée universelle et traverser l'histoire.
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Laurent L.
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Re: Le Pape devenu enfant.

Message non lu par Laurent L. »

Acte d'abandon et de consécration des prêtres au Cœur Immaculé de Marie :
Image


Mère Immaculée,Coeur Immaculé de Marie
en ce lieu de grâce,
convoqués par l'amour de ton Fils Jésus,
Grand et Eternel Prêtre,
nous, fils dans le Fils et ses prêtres,
nous nous consacrons à ton Cœur maternel,
pour accomplir fidèlement la Volonté du Père.



Nous sommes conscients que, sans Jésus,
nous ne pouvons rien faire de bon (cf. Jn 15, 5)
et que, seulement par Lui, avec Lui et en Lui,
nous serons pour le monde
des instruments de salut.



Épouse de l'Esprit Saint,
obtiens-nous l'inestimable don
d'être transformés dans le Christ.
Par la puissance même de l'Esprit qui,
étendant sur Toi son ombre,
t'a rendue Mère du Sauveur,
aide-nous afin que le Christ, ton Fils,
naisse aussi en nous.
Que l'Église puisse ainsi
être renouvelée par de saints prêtres,
transfigurée par la grâce de Celui
qui fait toutes choses nouvelles.

Mère de Miséricorde,
c'est ton Fils Jésus qui nous a appelés
à devenir comme Lui :
lumière du monde et sel de la terre
(cf. Mt 5, 13-14).



Aide-nous,
par ta puissante intercession,
à ne jamais trahir cette sublime vocation,
à ne pas céder à nos égoïsmes,
aux séductions du monde
et aux suggestions du Malin.



Préserve-nous par ta pureté,
garde-nous par ton humilité
et enveloppe-nous de ton amour maternel,
qui se reflète en de nombreuses âmes
consacrées à toi,
devenues pour nous
d'authentiques mères spirituelles.



Mère de l'Église,
nous, prêtres,
nous voulons être des pasteurs
qui ne paissent pas pour eux-mêmes,
mais qui se donnent à Dieu pour leurs frères,
trouvant en cela leur bonheur.
Non seulement en paroles, mais par notre vie,
nous voulons répéter humblement,
jour après jour,
notre « me voici ».



Guidés par toi,
nous voulons être des Apôtres
de la Miséricorde Divine,
heureux de célébrer chaque jour
le Saint Sacrifice de l'Autel
et d'offrir à tous ceux qui nous le demandent
le Sacrement de la Réconciliation.



Avocate et Médiatrice de la grâce,
Toi qui es entièrement immergée
dans l'unique médiation universelle du Christ,
demande à Dieu, pour nous,
un cœur complètement renouvelé,
qui aime Dieu de toutes ses forces
et serve l'humanité comme toi-même tu l'as fait.



Redis au Seigneur
cette parole efficace :
« ils n'ont pas de vin » (Jn 2, 3),
afin que le Père et le Fils répandent sur nous,
comme dans une nouvelle effusion
l'Esprit Saint.



Plein d'émerveillement et de gratitude
pour ta présence continuelle au milieu de nous,
au nom de tous les prêtres,
moi aussi je veux m'exclamer :
« Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ? » (Lc 1, 43)



Notre Mère depuis toujours,
ne te lasse pas de « nous visiter »,
de nous consoler, de nous soutenir.
Viens à notre secours
et libère-nous des dangers
qui nous menacent.
Par cet acte d'abandon et de consécration,
nous voulons t'accueillir de façon
plus profonde et radicale,
pour toujours et pleinement,
dans notre existence humaine et sacerdotale.



Que ta présence fasse refleurir le désert
de nos solitudes et briller le soleil
sur nos obscurités,
qu'elle fasse revenir le calme après la tempête,
afin que chaque homme voie le salut
du Seigneur,
qui a le nom et le visage de Jésus,
réfléchi dans nos cœurs,
pour toujours unis au tien !


Ainsi soit-il !



Benoît XVI à Fatima
12 mai 2010
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Anne
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Re: Le Pape devenu enfant.

Message non lu par Anne »

Merci Laurent d'avoir partagé ces deux messages!

J'ai trouvé extrêmement touchante la description de ce moment de grâce telle qu'écrite par ce journaliste.

Et la photo est superbe...
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
2 Co 4, 8-10
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Re: Le Pape devenu enfant.

Message non lu par cracboum »

Un enfant disait avant de mourir d'un cancer : "Mon coeur m'émerveille". Dans nos coeurs d'enfants de Dieu qu'Il inonde de sa grâce, dans le coeur de Benoît XVI et de bien d'autres, dans le coeur de ceux qui le cherchent, dans notre coeur, dans tous les coeurs de bonne volonté, nous voyons Dieu et c'est d'une grande douceur.
L'unité de la souffrance et de la béatitude est le secret de Dieu, comme le don de sagesse surpasse celui d'intelligence. P. Varillon
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Re: Le Pape devenu enfant.

Message non lu par Théophane »

Puis, il s'est comme transformé au moment où son assistant lui a remis le fameux présent pour qu'il le dépose au pied de la statue. Et là, ce n'était plus un pape mais un enfant. Il s'est avancé avec le sourire d'un petit le jour de la fête des mères. A la fois trop content de ce qu'il va offrir, trop ému par le poids de la reconnaissance et trop intimidé par ce geste, il donne ce jour là, alors qu'il est plutôt habitué à recevoir.
C'est drôle, mais j'ai eu exactement le même sentiment. En voyant le Saint-Père à la chapelle des apparitions, je me suis dit qu'il ressemblait à un petit garçon qui regarde sa mère ; et tout le monde sait que dans le cœur d'un enfant, il n'y a de place que pour sa mère. Sa mère est tout pour lui. J'aimerais aussi regarder Marie avec le même regard. Bien souvent je ne trouve rien d'autre à lui dire que ces paroles : Mère, ma Mère...
Sans doute le Pape veut nous dire que l'amour pour la Vierge Marie est le grand secret de la sainteté. Avec Marie, OK ; sans Elle, catastrophe !

Tout comme, quelques instants plus tard, j'ai été frappé par le regard aux larmes d'un vieux paysan portugais, le teint cuivré de labeur, qui venait de croiser celui du pape. Le vieil homme était bouleversé. Il avait visiblement honte de pleurer mais il apparaissait comme un exemple de dignité.
Il n'y a pas de honte à pleurer de joie, c'est humain... Même les hommes pleurs, ce n'est pas un manque de virilité.
Je me reconnais bien dans ce paysan portugais. Chaque fois que j'ai eu l'occasion de voir le Pape, j'ai toujours été saisi d'une profonde émotion, difficile à contenir. À Rome, même en pleine basilique, lorsque le Saint-Père passe, tout le monde monte sur les chaises et se met à crier et à applaudir. Moi, qui d'habitude suis plutôt réservé, je n'ai pas pu m'empêcher de faire de même.
Il y a des souvenirs qui sont gravés au fond de mon cœur. En 2007, au moment où le Pape quittait l'autel après la veillée pascale, je me trouvais à deux ou trois mètres de lui, et je l'ai interpelé très fort : "Santo Padre ! Santo Padre...". Le Saint-Père s'est alors tourné vers moi avec un sourire discret et plein de simplicité et de gentillesse, comme il a l'habitude de le faire. L'an dernier, au moment où le Pape quittait la place Saint-Père après l'audience du mercredi matin, j'étais perché sur une chaise et j'ai fait de même. À nouveau le Saint-Père a regardé dans ma direction et mon émotion était si grande qu'il m'était impossible de parler pendant quelques minutes.
« Être contemplatifs au milieu du monde, en quoi cela consiste-t-il, pour nous ? La réponse tient en quelques mots : c’est voir Dieu en toute chose, avec la lumière de la foi, sous l’élan de l’amour, et avec la ferme espérance de le contempler face à face au Ciel. »
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Re: Le Pape devenu enfant.

Message non lu par Théophane »



Observez attentivement le regard du Pape. :)
« Être contemplatifs au milieu du monde, en quoi cela consiste-t-il, pour nous ? La réponse tient en quelques mots : c’est voir Dieu en toute chose, avec la lumière de la foi, sous l’élan de l’amour, et avec la ferme espérance de le contempler face à face au Ciel. »
Bienheureux Álvaro del Portillo (1914-1994)
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