Dans le monde hellénistique, le corps était perçu comme une prison. Les Grecs faisaient un jeu de mots avec soma et sema; ils aimaient dire ceci : « Le corps (soma) est un monument funéraire (sema), une prison pour l’âme ! ».
Le discours de saint Paul à l’Aréopage (Actes 17, 31-34) nous montre bien cette hostilité païenne à toute idée de résurrection du corps. L'aréopage, la colline de Arès-Mars, était le tribunal suprême des affaires religieuses : les "aréopagites", ses membres, étaient dans tout l'Empire romain, sans doute les plus experts des cultes en tous genres qui fourmillaient à Athènes.
Deux figures messianiques étaient attendues :
- Le Messie royal
- Le Messie sacerdotal
Aucune figure du serviteur souffrant n’était attendue dans le monde juif. Dans la pensée juive, l’idée de résurrection des morts collective existe bien (cf les paroles de Marthe résurrection de Lazare) mais pas de Résurrection intermédiaire du Messie.
"La dernière des choses qu'un Hébreu pouvait attendre du Messie était de devoir souffrir, mourir et puis ressusciter. La dernière des choses que nous pouvions attendre, aux temps messianiques, était la Croix, suivie d'un sépulcre vide lancé dans l'Histoire." (Charles Schubert, spécialiste de l'Hébreu à l'université de Vienne)
Le chapitre d'Isaïe 53 sur le "Serviteur souffrant", dit encore Schubert, "ne donna lieu à aucune interprétation messianique dans le judaïsme pré-chrétien. Le caractère christologique de ce serviteur souffrant apparaît pour la première fois (en milieu juif) dans la première lettre aux Corinthiens, de Paul."
"La prédication chrétienne du début, quant à la Résurrection de Jésus, avec un intervalle de temps le séparant de la résurrection universelle de tous les morts, est pour le judaïsme d'une nouveauté absolue. Et non seulement pour lui, mais pour toute l'histoire des religions." (Joachim Jeremias, exégète, théologien luthérien et universitaire allemand, spécialiste du Nouveau Testament et du Proche-Orient ancien.)
"Pour affirmer la Résurrection de la personne de Jésus, il faut bien admettre que ce sont les apparitions qui ont contraint à une telle affirmation. La pensée juive ne l'autorisait aucunement". (Rudolf Schnackenburg, prêtre et bibliste catholique)
Bien sûr, il existe des exemples de résurrection dans l'AT (et dans le NT) mais aucune ne s'applique au Messie. De plus, comme le fait remarquer Joachim Jeremias : "Ce qu'on ne trouve jamais dans la littérature juive, où rien du tout ne peut se comparer à la Résurrection de Jésus, c'est une résurrection "glorieuse", avec une nouvelle forme de vie éternelle. Toutes les résurrections dont il est question, y compris les trois, prodigieuses, attribuées à Jésus, sont seulement, et chacune d'entre elles des retours, provisoires, à la vie ordinaire de la terre."
La Palestine était la seule nation de l'Empire romain où la divinisation d’un Homme était impossible et puni de mort.
La croyance en la Résurrection et en la divinité de Jésus-Christ, attestées dès les débuts du christianisme, sont totalement incompréhensibles si l’on refuse la Résurrection. Une doctrine aussi exogène au milieu dans lequel elle est apparue et professée si soudainement après les faits ne peut s’expliquer autrement que si les apôtres ont vraiment assisté à quelque chose qui a bouleversé leurs schémas de pensée.
Et comme vous l’avez fait remarquer, Enyo, la possibilité que les disciples aient été victimes d’hallucinations est ridicule et impossible. Seule la Résurrection permet d’expliquer le mystère du christianisme naissant, rien d’autre. C’est là un simple constat rationnel.
Bien à vous,






