En suivant Maître Eckhart
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Forum d'échanges et de partage sur la spiritualité chrétienne
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etienne lorant
- Pater civitatis

- Messages : 13130
- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
En suivant Maître Eckhart
En ce début d'année, ayant retrouvé un ouvrage sur Maître Eckhart, j'ai décidé de mettre en pratique ses recommandations. Je n'en aurais pas eu besoin, j'en suis sûr, si je pouvais trouver, dans les parages, un monastère où me rendre très tôt le matin - comme j'en ai eu l'habitude durant des années, afin de célébrer l'office de Laudes. Peu importe le type de prière, ce qui compte c'est le recueillement. Car il est impossible de rencontrer Dieu dans le bruit et l'agitation. C'est d'ailleurs ainsi que commence mon petit ouvrage.
La première chose à entreprendre, dit Eckhart, c'est de savoir abandonner toute préoccupation du monde:
"N'ayez plus de soucis: le Seigneur est tout près et il est proche. Il faut nécessairement, pour que l'âme se réjouisse dans le Seigneur, qu'elle laisse tout souci, tout au moins dans l'heure où elle s'adonne à Dieu. C'est pourquoi l'apôtre Paul dit: "n'ayez pas de soucis (car) le Seigneur est tout près, proche de nous, c'est-à-dire au plus intime de nous-mêmes, quand il nous trouve chez nous et quand l'âme n'est pas sortie pour badiner avec les cinq sens. L'âme doit être chez elle dans ce qu'elle a de plus intime et de plus élevé, et de plus pur, et demeurer en tout temps à l'intérieur sans regarder au-dehors: là, Dieu est tout près et Dieu est tout proche. "
Il s'agit d'une certitude acquise par la foi. Sentir une présence, cela peut venir (j'en ai fait l'expérience), mais dans l'idée de l'auteur, le principal est une mise en présence de Dieu par une forme de "lâcher-prise" du Moi. Et le seul fait de savoir Dieu proche, tout près de nous, nous aidera dans ce parcours. Il faut bien se dire que cette présence ne se situe pas dans les puissances de l'âme (intelligence, mémoire, volonté), mais dans le centre de l'âme. Nous laissons donc à Dieu non seulement nos soucis et nos préoccupations, mais notre être tout entier tel que nous le percevons.
Je vais essayer de vivre cela, car j'ai la conviction que l'on peut "donner rendez-vous au Seigneur" en choisissant une heure fixe dans la journée ou la soirée, où nous abandonnerons, pour Lui, tout souci et toute obligation. Je suis d'ailleurs convaincu qu'il y aurait plus de conversions si nous laissions à Dieu une chance de venir à notre rencontre. Si ceux qui ne croient pas s'accordaient de faire cette tentative d'un "rendez-vous" avec Dieu, ne serait-ce que durant trente minutes par jour durant une semaine - c'est-à-dire: trois heures trente sur toute une vie... je suis certain que Dieu viendrait, car Il n'attend que cela.
La première chose à entreprendre, dit Eckhart, c'est de savoir abandonner toute préoccupation du monde:
"N'ayez plus de soucis: le Seigneur est tout près et il est proche. Il faut nécessairement, pour que l'âme se réjouisse dans le Seigneur, qu'elle laisse tout souci, tout au moins dans l'heure où elle s'adonne à Dieu. C'est pourquoi l'apôtre Paul dit: "n'ayez pas de soucis (car) le Seigneur est tout près, proche de nous, c'est-à-dire au plus intime de nous-mêmes, quand il nous trouve chez nous et quand l'âme n'est pas sortie pour badiner avec les cinq sens. L'âme doit être chez elle dans ce qu'elle a de plus intime et de plus élevé, et de plus pur, et demeurer en tout temps à l'intérieur sans regarder au-dehors: là, Dieu est tout près et Dieu est tout proche. "
Il s'agit d'une certitude acquise par la foi. Sentir une présence, cela peut venir (j'en ai fait l'expérience), mais dans l'idée de l'auteur, le principal est une mise en présence de Dieu par une forme de "lâcher-prise" du Moi. Et le seul fait de savoir Dieu proche, tout près de nous, nous aidera dans ce parcours. Il faut bien se dire que cette présence ne se situe pas dans les puissances de l'âme (intelligence, mémoire, volonté), mais dans le centre de l'âme. Nous laissons donc à Dieu non seulement nos soucis et nos préoccupations, mais notre être tout entier tel que nous le percevons.
Je vais essayer de vivre cela, car j'ai la conviction que l'on peut "donner rendez-vous au Seigneur" en choisissant une heure fixe dans la journée ou la soirée, où nous abandonnerons, pour Lui, tout souci et toute obligation. Je suis d'ailleurs convaincu qu'il y aurait plus de conversions si nous laissions à Dieu une chance de venir à notre rencontre. Si ceux qui ne croient pas s'accordaient de faire cette tentative d'un "rendez-vous" avec Dieu, ne serait-ce que durant trente minutes par jour durant une semaine - c'est-à-dire: trois heures trente sur toute une vie... je suis certain que Dieu viendrait, car Il n'attend que cela.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
- Kerniou
- Mater civitatis

- Messages : 5207
- Inscription : mer. 21 oct. 2009, 11:14
- Localisation : Bretagne
Re: En suivant Maïtre Eckhart
Merci pour ces conseils apaisants; j'ai bien besoin de retrouver de la sérénité, ces temps-ci.
" Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu , car Dieu est Amour " I Jean 4,7.
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papillon
- Barbarus

Re: En suivant Maïtre Eckhart
Bonjour,etienne lorant a écrit :Il s'agit d'une certitude acquise par la foi. Sentir une présence, cela peut venir (j'en ai fait l'expérience), mais dans l'idée de l'auteur, le principal est une mise en présence de Dieu par une forme de "lâcher-prise" du Moi. Et le seul fait de savoir Dieu proche, tout près de nous, nous aidera dans ce parcours. Il faut bien se dire que cette présence ne se situe pas dans les puissances de l'âme (intelligence, mémoire, volonté), mais dans le centre de l'âme. Nous laissons donc à Dieu non seulement nos soucis et nos préoccupations, mais notre être tout entier tel que nous le percevons.
j'ai gardé parmi mes notes des paroles de Maître Eckhart qui s'accordent si bien à ce que vous venez d'écrire . Les voici:
"Mon être dépend du fait que Dieu est 'près' de moi et qu'il est présent pour moi. Il est près aussi d'une pierre ou d'une pièce de bois, mais elles n'en savent rien. Je suis plus heureux dans la mesure où je sais que Dieu est présent, et mois heureux dans la mesure où je l'ignore. Ce n'est pas que Dieu est 'près' de moi ou que je le possède qui me donne le bonheur, mais parce que je connais sa proximité et que je suis éveillé à sa présence"
"Videz-vous de votre égo et de toutes choses et de tout ce que vous êtes en vous-même et considérez ce que vous êtes en Dieu, c'est cela le vrai vous"
"Laissez Dieu être Dieu en vous"
"Jamais une personne n'a désiré quelque chose autant que Dieu désire amener une personne à le connaître. Dieu est près de nous, mais nous sommes très loin de lui."etienne lorant a écrit :Je vais essayer de vivre cela, car j'ai la conviction que l'on peut "donner rendez-vous au Seigneur" en choisissant une heure fixe dans la journée ou la soirée, où nous abandonnerons, pour Lui, tout souci et toute obligation. Je suis d'ailleurs convaincu qu'il y aurait plus de conversions si nous laissions à Dieu une chance de venir à notre rencontre. Si ceux qui ne croient pas s'accordaient de faire cette tentative d'un "rendez-vous" avec Dieu, ne serait-ce que durant trente minutes par jour durant une semaine - c'est-à-dire: trois heures trente sur toute une vie... je suis certain que Dieu viendrait, car Il n'attend que cela.
"Un seul pas fait avec abandon vaut mieux qu'un pèlerinage outre-mer sans abandon. Notre bonheur ne vient pas de nos réalisations mais de notre réceptivité vis-à-vis de Dieu. Recevoir est donc votre accomplissement le plus important."
"Se tenir tranquille aussi longtemps que possible est la meilleuere chose que nous puissions faire. Nous ne pouvons être d'un plus grand service à la Parole que par la tranquilité et le silence."
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papillon
- Barbarus

Re: En suivant Maïtre Eckhart
@ Kierniou
A parcourir ce forum, je crois que nous sommes plusieurs à avoir besoin d'un peu de sérénité.
Moi aussi, après un automne difficile, je sens le besoin de me recentrer, de me retrouver, de retrouver Dieu.
Pourtant Il est toujours là, si près. Pourquoi s'éloigne-t-on si facilement?
UdP
A parcourir ce forum, je crois que nous sommes plusieurs à avoir besoin d'un peu de sérénité.
Moi aussi, après un automne difficile, je sens le besoin de me recentrer, de me retrouver, de retrouver Dieu.
Pourtant Il est toujours là, si près. Pourquoi s'éloigne-t-on si facilement?
UdP
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antioche
- Barbarus

Re: En suivant Maïtre Eckhart
Bonjour
Si le sujet vous intéresse, nous avions travaillé, sur le fil "le détachement, une vertue" ces idées de Maître Eckart, il y a moins d'un an.
Bonne journée.
Si le sujet vous intéresse, nous avions travaillé, sur le fil "le détachement, une vertue" ces idées de Maître Eckart, il y a moins d'un an.
Bonne journée.
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papillon
- Barbarus

Re: En suivant Maïtre Eckhart
Merci, Antioche!
Oui, cela m'intéresse, bien sûr. Je vais lire ce fil.
J'ai lu davantage sur le détachement (en survol, tout de même) dans d'autres spiritualités (vedanta-Arnaud Dejardins que j'ai beaucoup aimé-, bouddhisme)
Ça me réjouis qu'il y ait un fil ici à ce sujet.
Merci encore
Oui, cela m'intéresse, bien sûr. Je vais lire ce fil.
J'ai lu davantage sur le détachement (en survol, tout de même) dans d'autres spiritualités (vedanta-Arnaud Dejardins que j'ai beaucoup aimé-, bouddhisme)
Ça me réjouis qu'il y ait un fil ici à ce sujet.
Merci encore
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etienne lorant
- Pater civitatis

- Messages : 13130
- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Re: En suivant Maïtre Eckhart
Dieu est donc proche, au plus intime de nous-mêmes. C'est là qu'il faut le chercher afin d'adhérer à cette présence de Dieu en nous - même si nous ne pouvons la percevoir sans avoir gagné en profondeur. Comme il est écrit dans les Actes des Apôtres : c'est en Lui que nous avons la vie, le mouvement et l'être. Nous devons demander, un peu à la manière de saint Augustin: "Recueille-moi, Seigneur, et je serai recueilli". C'est ainsi et ainsi seulement que nous pourrons entendre ce que l'Esprit Saint nous suggère au plus profond. Ce verbe "entendre", je l'emploie dans le même sens que Jésus l'emploie, lorsqu'Il appuie son propos par : "Celui qui a des oreilles, qu'il entende !". Entendre l'Esprit-Saint en nous, c'est le comprendre aussi, c'est "saisir" ce qu'il nous pousse à vivre, dans l'instant. Si nous pouvons atteindre ce degré d'attention (Simone Weil en avait eu l'intuition), nous entrerons dans le Royaume aussitôt. Car, dit Eckhart: Quand le Verbe entre dans l'âme et que l'âme répond dans le Verbe vivant, le Fils devient vivant dans l'âme(Sermon 18)
Beaucoup se demanderont si c'est seulement possible... Dans le sermon "Le Royaume de Dieu est proche, Maître Eckhart se désole:
Dieu est prêt à tout moment, mais nous ne le sommes pas du tout. Dieu est près de nous, mais nous sommes loin de lui. Dieu est dedans et nous sommes dehors. Dieu en nous est chez lui, et nous sommes des étrangers. Quand ai-je entendu ? Je crois pouvoir affirmer que la réconciliation que j'ai vécue avec une personne de ma famille, me vient directement du fait qu'au moment où tous les griefs anciens ont failli exploser, comme une bombe à retardement, ma prière s'est faite plus attentive et j'ai SU qu'au lieu de parler il fallait me taire. Plus tard, j'ai aussi senti combien j'étais faillible moi-même, et c'est ainsi que tout s'est arrangé.
Beaucoup se demanderont si c'est seulement possible... Dans le sermon "Le Royaume de Dieu est proche, Maître Eckhart se désole:
Dieu est prêt à tout moment, mais nous ne le sommes pas du tout. Dieu est près de nous, mais nous sommes loin de lui. Dieu est dedans et nous sommes dehors. Dieu en nous est chez lui, et nous sommes des étrangers. Quand ai-je entendu ? Je crois pouvoir affirmer que la réconciliation que j'ai vécue avec une personne de ma famille, me vient directement du fait qu'au moment où tous les griefs anciens ont failli exploser, comme une bombe à retardement, ma prière s'est faite plus attentive et j'ai SU qu'au lieu de parler il fallait me taire. Plus tard, j'ai aussi senti combien j'étais faillible moi-même, et c'est ainsi que tout s'est arrangé.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
- Pater civitatis

- Messages : 13130
- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Hier soir, après la fermeture de la boutique, je me suis rendu au "Lunch" du supermarché pour un léger repas. J'avais toujours en tête cette pensée que Dieu est présent à nous, mais que nous demeurons étrangers à Lui, car les choses extérieures nous motivent incroyablement plus que les choses intérieures, c'est-à-dire: notre être même - notre âme et son devenir. Je priais pour mieux comprendre. Quand j'ai éteint les phares et serré le frein à main, j'ai fermé les yeux une minute.
Lorsque je suis sorti, je faisait attention à plaque de glace qui recouvrait le parking, mais quelque part j'étais toujours en méditation et je demandais: qui suis-je ? A un moment, mon pied a heurté un objet devant la double porte du restaurant: c'était un GSM de marque, non pas un petit comme le mien, mais du genre machine à calculer portable, avec un grand écran. Une fois mon repas avalé, je regarde de plus près l'instrument et je commence à me demander que je vais faire de ma trouvaille... Hors de question de le déposer dans une boîte aux lettres lorsque tout le monde avait encore confiance aux employés du service public... et quant à me rendre au bureau de police, un soir à vingt heures, merci pour l'attente, la paperasse et la soirée fichue. Finalement, je dépose le téléphone à la caisse du Lunch. Le temps de remonter en voiture, j'avais déjà oublié l'incident. J'avais toujours en tête ce rapport à Dieu tel qu'Eckhart l'avait décrit. Je me suis dit que si Dieu est présent en nous, il faut être logique: si je veux accomplir un geste de miséricorde, ce n'est plus vers l'extérieur que je dois me tourner, mais vers l'intérieur. Mon témoignage sera meilleur s'il sort de Dieu-en-moi, plutôt que de moi-en-Dieu. La formule me plaît et je me suis mis à l'explorer. Comme je sortais la voiture de la rangée, j'aperçois un homme pas très bien vêtu qui marche de droite et de gauche sur le parking: "Tiens, encore un malheureux qui cherche une piécette pour boire un verre"... mais au deuxième regard, je vois que l'homme porte ce qui est visiblement un tablier gris adapté pour le travail en atelier. Et là, d'un seul coup, ça me sort sans y penser : je baisse ma vitre et je lance : "N'auriez pas perdu quelque chose par hasard ?" C'était bien le propriétaire du portable, qui m'explique à quel point l'objet lui est nécessaire dans son boulot... encore faut-il que ce soit le bon appareil : Je l'accompagne à la caisse du Lunch et il dévérouille immédiatement l'écran avec son numérod de code. Il est très content, veut m'offrir quelque chose, mais je me suis éclipsé. Car quant à moi, j'ai fait mieux que de retrouver un portable égaré, mais j'ai eu confiramtion immédiate que c'est la vie intérieure qui doit présider à la vie "extérieure"... Mais allez dire cela à un athée, comment lui expliquer cette joie ?
Lorsque je suis sorti, je faisait attention à plaque de glace qui recouvrait le parking, mais quelque part j'étais toujours en méditation et je demandais: qui suis-je ? A un moment, mon pied a heurté un objet devant la double porte du restaurant: c'était un GSM de marque, non pas un petit comme le mien, mais du genre machine à calculer portable, avec un grand écran. Une fois mon repas avalé, je regarde de plus près l'instrument et je commence à me demander que je vais faire de ma trouvaille... Hors de question de le déposer dans une boîte aux lettres lorsque tout le monde avait encore confiance aux employés du service public... et quant à me rendre au bureau de police, un soir à vingt heures, merci pour l'attente, la paperasse et la soirée fichue. Finalement, je dépose le téléphone à la caisse du Lunch. Le temps de remonter en voiture, j'avais déjà oublié l'incident. J'avais toujours en tête ce rapport à Dieu tel qu'Eckhart l'avait décrit. Je me suis dit que si Dieu est présent en nous, il faut être logique: si je veux accomplir un geste de miséricorde, ce n'est plus vers l'extérieur que je dois me tourner, mais vers l'intérieur. Mon témoignage sera meilleur s'il sort de Dieu-en-moi, plutôt que de moi-en-Dieu. La formule me plaît et je me suis mis à l'explorer. Comme je sortais la voiture de la rangée, j'aperçois un homme pas très bien vêtu qui marche de droite et de gauche sur le parking: "Tiens, encore un malheureux qui cherche une piécette pour boire un verre"... mais au deuxième regard, je vois que l'homme porte ce qui est visiblement un tablier gris adapté pour le travail en atelier. Et là, d'un seul coup, ça me sort sans y penser : je baisse ma vitre et je lance : "N'auriez pas perdu quelque chose par hasard ?" C'était bien le propriétaire du portable, qui m'explique à quel point l'objet lui est nécessaire dans son boulot... encore faut-il que ce soit le bon appareil : Je l'accompagne à la caisse du Lunch et il dévérouille immédiatement l'écran avec son numérod de code. Il est très content, veut m'offrir quelque chose, mais je me suis éclipsé. Car quant à moi, j'ai fait mieux que de retrouver un portable égaré, mais j'ai eu confiramtion immédiate que c'est la vie intérieure qui doit présider à la vie "extérieure"... Mais allez dire cela à un athée, comment lui expliquer cette joie ?
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Re: En suivant Maïtre Eckhart
Voici un extrait d'Attente de Dieu, de Simone Weil.etienne lorant a écrit :Si nous pouvons atteindre ce degré d'attention (Simone Weil en avait eu l'intuition), nous entrerons dans le Royaume aussitôt. Car, dit Eckhart: Quand le Verbe entre dans l'âme et que l'âme répond dans le Verbe vivant, le Fils devient vivant dans l'âme(Sermon 18)
"Prier, c'est d'abord être attentif; et inversément: être attentif, c'est prier"... "L'attention est le plus grand des efforts, peut-être, mais c'est un effort négatif. La pensée doit être vide, en attente, ne rien chercher, mais être prête à recevoir dans sa vérité nue l'objet qui va y pénétrer. Tous les contresens dans les versions, les défectuosités dans l'enchaînement des idées dans l'écriture..., tout cela provient de ce que la pensée s'est précipitée hâtivement sur quelque chose et étant ainsi prématurément remplie, n'a plus été disponible pour la vérité. Les biens les plus précieux, ne doivent pas être cherchés mais attendus" (AD 119-123)
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Re: En suivant Maître Eckhart
Pour nous aider à entrer plus aisément dans l'intimité divine, qu'il appellera "intériorité" Maître Eckhart fait ressortir l'universalité de la figure de Jésus-Christ. L'homme-Dieu, qui a semblé être enfermé dans les frontières de la Palestine en un temps précis (sous l'occupation romaine) est en réalité de tout temps et partout. Un Christ local est forcément extérieur comme un modèle qui poserait devant nous. Mais les choses vont plus loin: tous les gestes accomplis par Jésus, sont "autant de gestes que le Verbe accomplit dans les consciences." Une formule que je traduis pour moi-même en recourant à d'autres auteurs. dont saint Augustin qui s'exclame : "Tu étais plus intérieur à moi que moi-même" et dans un autre passage "Je te cherchais dehors et tu étais dedans !"
Les textes de saint Jean sont d'ailleurs remplis de ces d'appel à l'intériorisations : il y a, bien sûr, l'image fantastique de ce "petit livre" qu'il faut manger, qui "brûle aux entrailles, mais dans la bouche est comme du miel". Il y a encore la vocation des deux disciples. Ils demandent à Jésus, non de pouvoir le suivre, mais de savoir où le trouver - n'est-ce pas frappant ? (Jn 1:38- Jésus se retourna et, voyant qu'ils le suivaient, leur dit : " Que cherchez-vous ? " Ils lui dirent : " Rabbi - ce qui veut dire Maître -, où demeures-tu ? " Il leur dit : " Venez et voyez. " Ils vinrent donc et virent où il demeurait, et ils demeurèrent auprès de lui de jour-là.)
Telle est l'intériorité. C'est un monde nouveau qui nous est offert où la Rencontre peut déjà se produire. Le Christ ne dit-il pas: "Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole et mon Père l'aimera, et nous viendrons en lui, et nous ferons chez lui notre demeure" ? Eckhart, avec son goût des phrases-choc dit dans son sermon "Justi vivent in aeternum":
C'est pourquoi le Père céleste est véritablement mon Père, car je suis son fils et j'ai de lui tout ce que j'ai
Les textes de saint Jean sont d'ailleurs remplis de ces d'appel à l'intériorisations : il y a, bien sûr, l'image fantastique de ce "petit livre" qu'il faut manger, qui "brûle aux entrailles, mais dans la bouche est comme du miel". Il y a encore la vocation des deux disciples. Ils demandent à Jésus, non de pouvoir le suivre, mais de savoir où le trouver - n'est-ce pas frappant ? (Jn 1:38- Jésus se retourna et, voyant qu'ils le suivaient, leur dit : " Que cherchez-vous ? " Ils lui dirent : " Rabbi - ce qui veut dire Maître -, où demeures-tu ? " Il leur dit : " Venez et voyez. " Ils vinrent donc et virent où il demeurait, et ils demeurèrent auprès de lui de jour-là.)
Telle est l'intériorité. C'est un monde nouveau qui nous est offert où la Rencontre peut déjà se produire. Le Christ ne dit-il pas: "Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole et mon Père l'aimera, et nous viendrons en lui, et nous ferons chez lui notre demeure" ? Eckhart, avec son goût des phrases-choc dit dans son sermon "Justi vivent in aeternum":
C'est pourquoi le Père céleste est véritablement mon Père, car je suis son fils et j'ai de lui tout ce que j'ai
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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