Ancien et Nouvel Israël

« Assurément, il est grand le mystère de notre religion : c'est le Christ ! » (1Tm 3.16)
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Xavid
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Re: Ancien et Nouvel Israël

Message non lu par Xavid » lun. 01 avr. 2024, 11:06

Xavi a écrit :
mer. 13 mars 2024, 22:04
Cher Gaudens,

Il n’est en aucun cas question d’une équivalence entre le judaïsme et le christianisme. Le Christ est le chemin, la vérité et la vie. Il n’a ni équivalent, ni alternative.

À cet égard, même si des obstacles demeurent par ailleurs, il y a tout ce qu’il faut dans l’Ancien Testament pour permettre aux Juifs de le reconnaître et de dépasser la pierre d’achoppement de l’idée d’un royaume messianique qui serait seulement ou principalement corporel, terrestre. Pour le reste, il m’est difficile de suivre vos craintes et d’imaginer une prise en charge par les Juifs de « l’aspect terrestre de la rédemption » comme si l’homme était divisible, ce qu’il n’est pas. L’être humain est corporel et spirituel.

Pour le surplus, merci pour votre évocation historique des événements des environs l’an 135 qui cependant ne semblent plus guère influencer l’Église actuelle.
Il est indéniable que le judaïsme et le christianisme sont deux religions distinctes, avec des croyances et des doctrines différentes. Le Christ occupe une place centrale dans la foi chrétienne, comme étant le chemin, la vérité et la vie. Cependant, certains estiment qu'il existe des éléments dans l'Ancien Testament qui pourraient permettre aux Juifs de reconnaître le Christ et de dépasser certaines divergences doctrinales. Néanmoins, il est important de respecter les convictions et les enseignements propres à chaque tradition religieuse, tout en favorisant le dialogue interreligieux et la compréhension mutuelle.

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Xavi
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Re: Ancien et Nouvel Israël

Message non lu par Xavi » lun. 01 avr. 2024, 12:23

@Xavid

Bonjour Xavid,

Vous exprimez bien les différences qui peuvent se cacher dans les mots que chacun utilise.

Il est en effet indéniable, parce que manifeste, que les pratiques religieuses du judaïsme et du christianisme sont différentes, de même que l’enseignement de la foi chrétienne en ce que, comme vous l’écrivez, « Le Christ occupe une place centrale dans la foi chrétienne, comme étant le chemin, la vérité et la vie ».

Vous insistez aussi de manière justifiée sur le fait qu’il est important « de respecter les convictions et les enseignements propres à chaque tradition religieuse, tout en favorisant le dialogue interreligieux et la compréhension mutuelle ».

Mais, par contre, lorsque vous utilisez le mot « distinctes » pour distinguer ces deux religions que sont le judaïsme et le christianisme, ce mot laisse dans l’ombre une partie du réel à laquelle nous réfléchissons ici : le fait que la religion juive est le berceau ou la racine du christianisme.

À cet égard, vous pensez que « certains estiment qu'il existe des éléments dans l'Ancien Testament qui pourraient permettre aux Juifs de reconnaître le Christ et de dépasser certaines divergences doctrinales ».

Jésus et ses apôtres se référaient en effet aux Écritures de l’Ancien Testament et à la religion juive qu’ils pratiquaient. Après sa résurrection, c’est bien au moyen des écritures de l’Ancien Testament que Jésus s’est fait reconnaître aux disciples juifs d’Emmaüs. C’est toujours vrai aujourd’hui. L’Ancien Testament n’a rien perdu de sa pertinence. Bien au contraire du fait de la lumière du Christ.

@Gaudens

Bonjour Gaudens,

Il me semble que l’avis du pasteur protestant que vous partagez aurait davantage sa place en apologétique tant il se fonde sur un point de vue différent de celui de l’Église.

Pour lui, la révélation, les prophéties et l’incarnation sont figées dans le temps et déjà accomplies entièrement dans un passé révolu. Alors qu’au contraire, par le Christ, il nous est révélé que Dieu se rend présent dans sa création. Par Jésus, avec Lui et en Lui, Dieu se rend présent pleinement, à 100 % et cette présence incarnée demeure avec nous tous les jours jusqu’à la fin des temps.

C’est une terrible perte pour ce pasteur de ne pas s’en rendre compte. Dieu n’a pas fait qu’un petit passage de quelques dizaines d’années.

Pour l’Église, l’action de Dieu s’exerce sans cesse à travers le temps et il n’y a pas de division entre son action hier, aujourd’hui et demain. Il est toujours celui qui est, qui était et qui vient. L’Incarnation se prolonge dans le corps du Christ qu’est l’Église universelle conduite par le successeur de Pierre et par l’Eucharistie. L’Alliance conclue avec les patriarches juifs se prolonge sans rupture dans le temps présent.

Hélas, ce pasteur ne renvoie les Juifs qu’à des « églises locales » puisqu’il ne reconnaît pas la réalité concrète de l’Église conduite par le successeur de Pierre.

Toute la compréhension de ce pasteur est un point de vue personnel construit sans attention au point de vue de l’Église et les mots qu’il utilise en ont dès lors un sens modifié qui peut embrouiller le lecteur.

Dans ces conditions, il est très difficile de dialoguer parce que le sens donné aux mots est différent et c’est particulièrement le cas pour cette déclaration en 15 points d’un protestant dont le point de vue est très différent de celui de l’Église.

Nous pouvons certes, comme le fait ce pasteur, tout lire avec des lunettes infrarouges chrétiennes, depuis le premier verset de la Genèse jusqu’au jugement dernier, et y voir partout et en tout l’action du Christ, Celui par lequel seul nous pouvons être sauvés et qui n’a qu’un seul peuple dans la vie éternelle comme dans toutes les générations se succédant sur la terre.

Tout le mal sera extirpé et aucun mensonge ne subsistera dans la pleine lumière du Christ.

On peut tout confondre avec un tel point de vue et déclarer qu’Abraham et Moïse étaient des « chrétiens » et que le peuple d’Israël sortant d’Égypte est « l’Église », ou considérer de même qu’il n’y a « aucune » bénédiction en dehors du Christ et que les chrétiens sont les descendants spirituels d’Abraham. C’est vrai, mais ce n’est qu’un point de vue partiel sur le réel.

Mais, n’est-ce pas là notre regard d’aujourd’hui que parfois nous plaquons sur le Christ ? Ne serait-il pas plus vrai de comprendre davantage que Jésus de Nazareth utilisait les mots de l’Ancienne Alliance, ceux qu’ils partageait avec les Juifs de son époque, pharisiens, sadducéens, mais aussi galiléens, voire grecs convertis ?

Même s’ils ont évolué et changé, les Juifs d’aujourd’hui restent des témoins vivants du langage et de la religion de Jésus et des apôtres dont l’Église s’est éloignée pour annoncer l’Évangile jusqu’au bout de la terre.

Faut-il pour autant oublier le rôle persistant des Juifs qui n’ont pas ou pas encore reconnu le Christ dont parle saint Paul aux Romains ? Faut-il pour autant oublier les racines qui nous portent ?

Peut-on déduire d’un manque de foi au Christ que le judaïsme d’aujourd’hui aurait un « dieu » différent que le judaïsme des patriarches bibliques ? L’expression de prétendus « dieux différents » manifeste déjà un manque d’attention à l’inexistence des dieux. Les convictions, les religions ou les appellations humaines ne peuvent en rien changer « Celui qui est, qui était et qui vient ».

Il nous faut, particulièrement, éviter de confondre les mots par lesquels nous exprimons notre foi catholique avec la vérité elle-même dont l’Église est certes le témoin authentique mais dont, individuellement, nous ne sommes que des témoins plus ou moins bons.

N’oublions jamais que le réel échappe largement aux mots humains.

Il nous faut éviter de croire que nous sommes nous-mêmes les « possesseurs » de la vérité et, a fortiori de « toute » la vérité ou que les autres n’y auraient aucun accès et qu'ils ne pourraient en rien nous éclairer.

Il n’y a pas d’un côté les purs et de l’autre les impurs, d’un côté les spirituels et de l’autre les charnels. Il y a partout des hommes pécheurs en marche vers Dieu qu’un jour chacun rencontrera face à face.

Il n’y a pas d’un côté des prophéties matérielles déjà accomplies ou non et de l’autre des prophéties spirituelles. Ce pasteur que vous citez est téméraire lorsqu’il se croit maître de l’interprétation des prophéties, déclarant certaines complètement réalisées et terminées dans le passé. C’est d’autant moins fiable lorsqu’on prétend pouvoir interpréter seul en marge de l’Église.

La vérité nous est partagée de manière authentique par les mots de l’Église dans une continuité que nous assurent la succession apostolique, la Tradition et l’Écriture sainte.

Mais, nous n’aurons jamais fini, sur cette terre, d’avoir besoin d’améliorer notre compréhension personnelle et nos mots pour l’exprimer.

Et c’est en cela que les Juifs, quels que soient leurs défauts ou leurs déviances, nous sont et nous restent indispensables.

Xavid
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Re: Ancien et Nouvel Israël

Message non lu par Xavid » lun. 01 avr. 2024, 14:37

En effet, l'Ancien Testament, avec ses prophéties et ses enseignements, éclaire notre compréhension de l'âme et de son lien avec le divin. Tout comme Jésus et ses apôtres se sont appuyés sur ces écritures pour transmettre des vérités spirituelles, nous pouvons aussi puiser dans ces textes pour nourrir notre propre cheminement intérieur et comprendre notre relation avec Dieu et notre propre âme.

Gaudens
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Re: Ancien et Nouvel Israël

Message non lu par Gaudens » lun. 01 avr. 2024, 20:11

Bonsoir Xavi,
Il m ' a semblé que la position extrême du pasteur en question risquait d'être partagée à quelques nuances près par bien des catholiques (encore aujourd'hui,bien que je n'ai pas voulu creuser,une personne de ma connaissance ,tradi-lefebvriste, m'a paru avoir ce genre d'attitude...).
La question (comme bien d'autres actuellement) transcende dons les séparations confessionnelles à l'intérieur du christianisme et ne me parait pas relever d'une apologétique face au protestantisme spécifiquement.
Pour le reste, d'accord avec vous .

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