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Re: Les livres d'inspiration chrétienne qui vous ont plu

Publié : mar. 27 févr. 2018, 17:09
par Cinci
Cette nuit-là, j'ouvris la porte et hurlai dans le couloir : "M'man, viens voir ce que j'ai trouvé !"

Il faut dire que Maman ne faisait jamais d'histoires, elle prenait tout comme ça venait. Bossy, le chat que j'ai ramené un soir, le chien Patch, Carol, le fille de dix-huit ans qui est restée deux ans, et Danny qui venait du Canada, et a passé trois ans chez nous. Certains font collection de timbres ou d'étiquettes, Maman collectionnait les épaves, chats, chiens, grenouilles et gens, sans compter la pléiade de petites créatures auxquelles elle croyait. Si je lui avais ramené un lion ce soir-là, sa réaction aurait été la même.

- Pauvre chou ! A peine passé le seuil, un regard lui suffit : "Pauvre chou, s'écria-t-elle, qu'est-ce qu'ils t'ont fait ?"

[...]

Au bout de quelques minutes de "Ooh !" et de "Aah !" les choses commencèrent à s'organiser. Maman se rétablit sur ses pieds, me lança : "Enlèves-moi ces nippes trempées à c't enfant !", ouvrir d'une bourrade la porte de la cuisine en criant : Stan, Carol, venez tout de suite ! Stan est mon frère, de deux ans plus jeune, et Carol, une des épaves de passage.

La cuisine et le cellier entrèrent en éruption : une baignoire apparut, des bouilloires d'eau sur le gaz, des serviettes, du savon. La cuisinière bourrée de charbon jusqu'à la gueule; et moi, m'escrimant à tirer de leurs oeillets les agrafes des habits d'Anna. Soudain, la voici, nue comme un nouveau-né, assise, jambes croisées, sur la table. "Les salauds !", dit Stan, et Carol cria : "Mon Dieu !", Maman serra les lèvres. Un instant, la petite cuisine bouillit de haine contre X : ce petit corps était bourré de bleus, meurtri. Nous autres, les vieux, serions les poings, envoûtés par notre colère. Mais Anna restait assise-là, et souriait d'un immense sourire. Comme une apparition merveilleuse, elle était là, et pour la première fois de sa vie, je crois, parfaitement heureuse.

p. 29


Maman et Anna avaient beaucoup de choses en commun, la principale et la plus belle étant, à mon avis, leur attitude envers Mister God. La plupart des gens que je connaissais évoquaient Dieu pour chercher une excuse à leurs échecs. "Il aurait dù faire ci !" ou "Pourquoi Dieu m'a t-il fait ça ?" Mais Maman et Anna voyaient dans les épreuves une occasion d'agir. La laideur ? Une occasion de faire de la beauté. La tristesse ? Une occasion de susciter la joie. Mister God était ainsi toujours de leur côté. Un étranger aurait été excusé de croire que Mister God habitait chez nous, mais Maman et Anna, quant à elles, en étaient sûres; d'ailleurs, il était rare que nous ne faisions pas participer Mister God à nos conversations.

Après souper, quand tout était rangé, Anna et moi nous asseyions pour faire ce qu'elle avait choisi. Pas question de contes de fées, la vie était une réalité [...]

Crois-tu en Dieu ?
Oui.
Sais-tu ce qu'est Dieu ?
Oui,
Qu'est-ce que c'est alors ?
Il est Dieu.
Vas-tu à l'église ?
Non.
Pourquoi pas ?
Parce que je sais tout ça.
Qu'est-ce que tu sais ?
Je sais aimer Mister God, aimer les gens, et les chats et les chiens, et les araignées et les fleurs, et les arbres ..." Le catalogue n'avait pas de fin. "... de tout mon coeur".

Carole me sourit, Stan fit la grimace, et moi, je me piquai vite une cigarette aux lèvres en déguisant mon rire en une quinte de toux. Anna avait dépassé tout l'accessoire et résumé l'essence de toute connaissance en une phrase. "Et Dieu dit : Aime-moi, aime-les, aime tout, et n'oublie pas de t'aimer toi-même."

p. 40

Fynn, Anna et Mister God, Éditions du Seuil, 1974 (1976 pour la traduction française), 250 p.

Re: Les livres d'inspiration chrétienne qui vous ont plu

Publié : ven. 16 mars 2018, 17:03
par Cinci
(suite du feuilleton)

La mort d'Anna

C'était une journée ensoleillée, splendide. La rue retentissait des jeux d'enfants. Ici au moins les rires couvaient le bruit des armées en marche. Quand soudain le monde tomba en miettes. Un seul crie tua le rire. C'était Jackie. Je me retournai à temps pour la rattraper comme elle se précipitait sur moi. Son visage était un masque livide de terreur.

"Fynn ! Mon Dieu. C'est Anna. Elle est morte ! Elle est morte !"

Ses ongles me rentraient dans la chair des épaules. Une vague de peur, glacée, passa sur moi. Je descendis la rue en courant. Anna gisait sur la rambarde, agrippant de ses mains le sommet du mur. Je la soulevai dans mes bras. Ses yeux se rétrécirent sous le coup de la douleur.

"J'ai glissé de l'arbre, murmura-t-elle.
- D'accord, Pitch'. Tiens bon. Je m'occupe de toi."

Et tout à coup une terrible nausée me saisit. Du coin de l'oeil j'avais vu quelque chose, une chose qui me parut, par une étrange distorsion, plus horrible encore que l'enfant blessée que j'avais dans mes bras. Sa chute avait cassé le sommet d'un balustre. Moignon de fer brisé. Quelques années plus tôt, personne ne l'avait vu, et maintenant il crevait les yeux. Le moignon métallique, les montagnes cristallines rougissaient à présent de honte, de dégoût, du rôle qu'ils avaient ici tenu.

Je transportai Anna à la maison et la couchai dans son lit. Le médecin vint la panser et me laissa seul avec elle.

Je lui tenais les mains, scrutais son visage. La souffrance qui la faisait ciller céda sous le sourire qui, lentement, envahit ses traits. Le sourire triomphait. La souffrance s'était retranchée quelque part à l'intérieur. Dieu merci, elle guérirait. Dieu merci.

"Fynn, Princesse va bien ? chuchota Anna.
- Très bien, répondis-je. Je n'en savais bougre rien.
"Elle était dans l'arbre, elle pouvait pas redescendre. Moi, j'ai glissé, dit Anna.
- Elle va bien.
- Elle avait très peur. C'est un tout petit chaton.
- Elle va très bien, très bien. Repose-toi. Je reste avec toi. N'aie pas peur, dis-je à Anna.
J'ai pas peur, Fynn. J'ai pas peur.
- Dors, Pitch'. Dors un petit peu. Je suis là.

Ses yeux se fermèrent et elle s'endormit. Elle guérirait. Je le savais au fond de moi-même. Pendant deux jours, le sentiment que tout allait s'arranger domina ma peur. Son sourire, ses conversations passionnées au sujet de Mister God me le confirmaient. En moi l'angoisse se dénouait. J'étais à la fenêtre quand elle m'appela :
"Fynn !"
- Oui, Pitch, qu'est-ce que tu veux ? J'allai à elle.
"Fynn, c'est comme si je me retournais à l'envers !" Elle semblait frappée d'un immense étonnement.
Une poignée glacée m'aggripa le coeur et le serra. Je me souvins de Mémé Harding.
"Pitch ..." ma voix était trop forte "Pitch', réponds-moi !"
Son regard réapparut. Elle sourit. Je courus à la fenêtre, l'ouvris. Cory était dehors.
"Va chercher le docteur, vite."
Elle fit oui de la tête et parti en courant. D'un seul coup, je sus ce qui allait arriver. Je retournai à Anna. Ce n'était pas le moment de pleurer. Ce n'est jamais le moment. Autour de mon coeur, le froid gelait mes larmes. Je pris la main d'Anna. Dans mon esprit tournait l'idée que "quoi que vous demandiez en mon nom ..." Je demandai, je suppliai.
"Fynn, murmura-t-elle, le sourire l'illuminant, Fynn, je t'aime.
- Moi aussi, je t'aime, Pitch'

- Fynn, j'parie que Mister God n'laissera entre au Ciel à cause de ça.
- Tu parles, je parie qu'il t'attend.

J'aurais voulu en dire plus, beaucoup plus, mais elle n'écoutait plus. Il ne restait d'elle que son sourire.

Les jours se consumèrent comme des cierges, le temps fondit, coula et se figea en caillots hideux et vains. Deux jours après l'enterrement, je retrouvai le sac à semences d'Anna. Au moins, cela m'occupa. J'allai au cimetière et m'y attardai un peu. Cela aggravait les choses, elles étaient plus vides encore. Si seulement j'avais été plus près d'elle ce jour-là ... si seulement j'avais su ce qu'elle faisait ... si seulement ... si seulement ... Je vidai les graines sur la terre nouvellement fouillée et jetai la sacoche loin de moi.

J'aurais voulu haïr Dieu, le bannir de mon univers, mais il ne voulait pas. Je le trouvais plus réel, étrangement plus réel qu'avant. La haine ne venait pas, mais le mépris. Dieu était un crétin, un pauvre type. Il aurait pu sauver Anna, mais rien. Il avait laissé faire la pire absurdité. Cette enfant, cette merveilleuse enfant, cueillie, coupée, retranchée, alors qu'elle n'avait même pas huit ans ... et juste au moment où ... Saloperie !

[...]

Les années de guerre m'arrachèrent à l'East End. La guerre traîna ses bottes sanglantes sur la face du monde jusqu'à la fin de l'accès de folie. Des milliers d'autres enfants étaient morts, des milliers mutilés, sans foyers. La démence guerrière se métamorphosa en folie victorieuse. La Victoire ? Cette nuit-là, je me saoulai à mort. Meilleure manière de s'évader.

On m'avait donné, quelque temps auparavant, un paquet de livres, mais je ne les avais même pas déballés. A quoi bon ? Je me sentais désoeuvré, encombré de moi-même. Ils n'avaient pas l'air bien intéressants. Rien n'avait l'air bien intéressant. Je feuilletai, et ne retins la page qu'en tombant sur le nom de Coleridge. Pour moi, c'était un très grand poète. Je lus :

"J'adhère d'une foi entière à la théorie d'Aristote selon laquelle la poésie, en tant que poésie, est essentiellement idéale, elle échappe et se soustrait à tout ce qui est accidentel, c'est à dire ..."

Je revins quelques pages en arrière et me remis à lire. Voici qu'entre les lignes réapparaissaient le vieux Woody.

"Le procédé du mécanisme poétique est illustré par Coleridge à l'aide des vers suivants :

C'est ainsi que, des particulières,
Par abstraction, elle monte aux essences,
Qui, déguisées de mille noms et manières,
En nos esprits s'insinuent par les sens.

Je nous revoyais : le vieux Woody, Bill le forçat, Anna et moi. Quelques lignes plus loin, un mot m.accrocha l'oeil, le mot "violence".

"Le jeune poète, dit Goethe, doit se faire une sorte de violence pour échapper à la banale idée générale. Sans doute est-ce difficile, mais c'est l'art même de la vie."

Voilà que les choses prenaient un sens, tout se mettait en place. Ce qui se produisait en moi me donnait envie de pleurer et, pour la première fois depuis longtemps, je pleurai. Les nuages semblaient s'écarter. Une idée, doucement, entrait dans ma tête. On n'avait pas coupé court à la vie d'Anna; loin de là, elle était pleine, parfaitement accomplie.

Le lendemain, je retournai au cimetière. Je mis du temps à retrouver la tombe. Je me souvenais qu'elle était tout au fond, qu'il n'y avait pas de pierre tombale, mais une simple croix de bois avec un nom dessus : Anna. Au bout d'une heure, je la trouvai. J'étais venu dans une sensation de paix, comme si, le livre refermé, l'histoire avait été celle d'un triomphe. Mais je ne m.attendis pas à ce que je vis. C'était là. La petite croix penchée, comme un peu saoule, sa peinture écaillée, et le nom : Anna.

J'aurais voulu rire, mais ça ne se fait pas dans un cimetière. Non seulement j'aurais voulu, mais je ne pus m'en empêcher. Je ne pouvais me contenir. Les larmes me coulaient sur les joues.

"D'accord, Mister God, dis-je en riant toujours, je suis convaincu. Bon vieux Mister God. Vous êtes quelque fois un peu lambin, mais pour finir, vous réussissez quand même pas mal. "

La tombe d'Anna était un tapis rutilant de coquelicots. Derrière, il y avait des lupins. Deux arbres se penchaient l'un vers l'autre pour chuchoter, et une famille de souris courait dans l'herbe haute. Anna était bien chez elle. Elle n'aurait pas eu besoin d'une stèle. Que lui apporterait un fourmillion de tonnes de marbre fin ? Je restai encore un peu, puis je lui dis au revoir, pour la première fois depuis cinq ans.

En retournant la grille principale, je croisai des légions d'angelots, de chérubins de pierre [...] Quant à l'ange de quatre mètres, après tant d'années, il essayait toujours de déposer sa gerbe de fleurs de marbre.

"Salut, mon pote ! lui fis-je. Tu n'y arrivera pas, tu sais."

En repoussant la grille, je criai dans le cimetière :
- La réponse est "Au milieu de moi !"

Un frisson me parcourut l'échine. J'avais cru entendre sa voix dire :
De quoi est-ce la réponse, Fynn ?
- Facile. La question est : Où est Anna ?

Je l'avais retrouvée. Au milieu de moi.

Et j'étais sûr que, quelque part, Anna et Mister God riaient aux éclats.

Quand je mourrai
(par Anna)

Quand je mourrai,
Je ferai ça moi-même.
Personne à ma place,
Quand je serai prête,
Je dirai :
Fynn, redresse-moi.
Et je rirai
De joie
Si je retombe,
C'est que je suis morte.

Re: Les livres d'inspiration chrétienne qui vous ont plu

Publié : sam. 31 mars 2018, 10:18
par Fleur de Lys
Ah, Cinci, c'est malin vous m'avez fait pleurer!
C'est un très beau texte et je vous remercie de l'avoir partagé.
J'ai hâte de me procurer ce livre.

Re: Les livres d'inspiration chrétienne qui vous ont plu

Publié : mer. 04 avr. 2018, 1:12
par Cinci
Je suis content que l'extrait vous ait plu.

:fleur:

Re: Les livres d'inspiration chrétienne qui vous ont plu

Publié : mer. 01 mai 2019, 11:37
par Vincentius
J'ai trouvé très intéressant :

Lettre à un religieux

de Simone Weil (à ne pas confondre avec la française Simone Veil).

Les livres d'inspiration chrétienne qui vous ont plu

Publié : mer. 21 août 2019, 10:17
par Jean-Mic
Mes lectures de l'été :
Vézelay, un chemin de lumière, dans la collection La grâce d'une basilique / La grâce d'une cathédrale, ouvrage collectif,
Architecture et liturgie au XVIIIe siècle, offrir avec et pour le peuple, de Gilles Drouin, directeur de l'Institut supérieur de liturgie à la Catho de Paris, ou comment les intuitions du Concile de Trente ont quand même mis près d'un siècle et demi à se traduire dans l'aménagement des églises nouvelles,
Réordonner le cosmos, itinéraires érigéniens à Cluny, d'Arnaud Montoux (686 p. !), ou comment la cosmologie de Jean Scot Érigène a irrigué l'architecture et l'iconographie clunisiennes.

Pour changer un peu :
Dialogues des carmélites, de Georges Bernanos, (je regrette de ne pas l'avoir lu plus tôt, d'autant que ça se lit en une soirée),
Le vray mistere de la passion, d'Arnaud Greban, version brève, 1800 octosyllabes en vieux français,
et Le mistere de saint Théobald, d'André Lardier, deux tous petits ouvrages dialogués, sur le mode des mystères médiévaux,

L'été n'est pas fini, j'attends la livraison de :
Mistere de saint Austremoine en cinq tableaux, d'Édouard Éverat, acheté sur internet,
Manuel pour comprendre la signification symbolique des cathédrales et des églises, de Guillaume Durand de Mende, édition (très) abrégée d'un ouvrage de référence du 13ème s., commandé chez mon libraire,

Décidément, les voyages en livre finissent par coûter aussi cher que les voyages en avion !
Mais bon, comme l'écrit Jules Renard : "Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux."

Re: Les livres d'inspiration chrétienne qui vous ont plu

Publié : mar. 27 août 2019, 10:15
par zelie
Serait-il possible qu'en citant un livre, un auteur, vous citiez aussi un passage du livre qui vous a marqué, un moment particulièrement beau, ou particulièrement pertinent? Quelque chose qui pourrait nous éclairer ou nous accrocher sur tel ou tel livre?
Merci pour nous, vos lecteurs!

Et merci à Cinci, qui a bien compris qu'un livre accrocherait d'autant plus qu'on en partagerait quelques pages! Merci d'avoir la patience de ne pas seulement citer, de "faire passer" aussi!

Re: Les livres d'inspiration chrétienne qui vous ont plu

Publié : mer. 28 août 2019, 15:27
par Suliko
Un récit très beau et d'inspiration chrétienne : "Reliques vivantes" de Tourguéniev, dans son livre "Récits/mémoires d'un chasseur". Je n'en donne pas d'extraits, car il est de toute façon assez court et vite lu. Il serait inspiré d'un personne réel rencontré par l'auteur dans la campagne russe.

Re: Les livres d'inspiration chrétienne qui vous ont plu

Publié : sam. 05 oct. 2019, 2:33
par Nanimo
Notre-Dame de Paris, Ô Reine de douleur, de Sylvain Tesson

L'auteur est ce casse-cou qui non seulement escaladait les parois les plus difficiles, mais qui depuis son adolescence se livrait à une escalade improbable… celle des cathédrales. Après un accident c'est pourtant Notre-Dame de Paris qui l'aidera à se remettre, car il montera les escaliers jusqu'aux combles et en redescendra pendant des mois. Il abandonnera l'escalade des cathédrales par reconnaissance.

Ce livre est un hommage aux cathédrales, ces vaisseaux de charge disait Péguy, mais c'est l'hommage d'un non-croyant et c'est ce qui rend le livre encore plus émouvant : " (...) je crois plus que jamais (...) en la chance de la France d'être une fille chrétienne. Je n'irai plus gaudrioler sur le toit des églises. A présent, les mécréants de mon type doivent pousser leurs portes, s'avancer sous les voûtes et se dire ceci : même si le ciel est vide, il est heureux ques des Hommes aient inventé cette religion, plus lumineuse que les autres."

...et aussi : "Notre-Dame n'est pas rancunière et ne discrimine pas, car elle n'est pas laique. Puisse le sourire de la Bonne Vierge continuer à veiller sur les hommes qui croient en elle et sur ceux qui n'y croient pas".

Re: Les livres d'inspiration chrétienne qui vous ont plu

Publié : mar. 22 oct. 2019, 9:46
par cmoi
Bonjour,

oui Suliko, cette nouvelle de Tourgueniev est un vrai petit bijou, sans doute le plus mystique et beau, parmi d'autres que contiennent ces mémoires.
La littérature Russe, depuis Pouchkine jusqu'à Gorski, outre TolstoÏ et Dostoïevski si bien connus, contient bien d'autres joyaux et auteurs de grand talent en tant que telle est insurpassable sue cette période.
Cordialement.

Re: Les livres d'inspiration chrétienne qui vous ont plu

Publié : lun. 10 févr. 2020, 16:52
par Kerygme
Un livre que je termine, qui semble s'adresser à un type de lecteurs mais qui est intéressant pour une grande majorité :

"Le diaconat dans la pensée du pape François" de Enzo Petrolino.


Ce président des diacres permanents italiens rassemble dans ce livre la pensée du pape François (mais pas que) lorsqu'il était le cardinal Bergoglio puis le pape François, mais également les avancées de l'Eglise sur l'identité du ministère de diacre permanent récemment restauré.

Là ou il est d'un intérêt plus général c'est que l'Eglise livre au travers de son pontife la vision d'une Eglise diaconale, de service. Une Église pauvre pour les pauvres.

C'est remuant, c'est déstabilisant, c'est aussi parfois troublant pour nous mêmes lorsqu'on arrive à s'y projeter à la lumière des évangiles et remettre en question nos habitus. Dans une diaconie de la miséricorde qui ne consiste pas à un moment particulier de bonté envers les autres mais conduit à créer un habitus existentiel.

Bonne lecture.


NB: Je pense qu'en complément de cette lecture, "le pacte des catacombes" peut compléter sa compréhension puisqu'il est à l'origine de cette conversion de l'Église militante.

Les livres d'inspiration chrétiennes qui vous ont plu

Publié : mar. 05 mai 2020, 13:41
par Joseph-Diego
Actuellement, je termine de lire Les apophtegmes des Pères du désert, que je vais d'ailleurs sûrement lire régulièrement.

Re: Les livres d'inspiration chrétienne qui vous ont plu

Publié : jeu. 07 mai 2020, 10:08
par Léon
Actuellement, je lis "Entrez dans l'Espérance" de Jean-Paul II, que j'ai trouvé dans la bibliothèque de mon père aujourd'hui décédé.
A l'intérieur, il y a avait un post-it sur lequel était écrit "FIAT", sans doute écrit de sa main.
C'est écrit sous forme de conversation de Jean-Paul II avec le journaliste Vittorio Messori, donc ça se lit très bien même si on n'est pas un grand lecteur habitué.
Le style de Jean-Paul II est vraiment profond, synthétique, direct, et clair comme de l'eau de roche, ça fait vraiment chaud au coeur et transmet cette fameuse espérance et cette joie chrétienne, que du bonheur !
Ce livre a été publié en 1994 mais n'a rien perdu de sa fraîcheur, profondeur et vitalité, donc je le recommande en ce temps pascal qui nous conduit vers la Pentecôte !

Dites, quel livre lisez-vous en ce moment ?

Publié : jeu. 11 juin 2020, 12:26
par Jean-Mic
En ce moment : l'intégrale des enquêtes de Frère Cadfael, d'Ellis Peters, en fait une relecture.
21 tomes ! J'avais relu les 11 premiers cet hiver, et profité des dernières semaines de confinement pour les 10 suivants.

Entre 1139 et 1145, pendant "l'Anarchie anglaise" (la guerre civile de succession entre Mathilde et Étienne) à Shrewsbury, aux frontières du Pays de Galles, les aventures de frère Cadfael, devenu bénédictin sur le tard après avoir été marin et soldat en croisade, herboriste de l'abbaye ... et détective ! Les protagonistes sont toujours les mêmes : une mort brutale, un coupable trop idéal, une très belle jeune fille, un jeune homme très courageux ... mais, malgré ce systématisme (le seul point un peu agaçant de la saga), l'intrigue est toujours bien ficelée, avec un suspens qui déroule des hypothèses successives, surprenantes, voire déroutantes ...
En bref : un bon polar comme on les aime...

En prime, des descriptions "ciselées" des personnages, du vêtement, des paysages, du bâti, des chevaux même, ... de la vie quotidienne en somme. C'est aussi l'occasion d'évoquer ... la vie pas toujours idéale d'une abbaye bénédictine, ainsi que es tiraillements de l'Église d"Angleterre dans une période compliquée qui voit la romanisation des Églises celtes, la consolidation de la domination normande, ... et la guerre civile.

Enquêtes obligent : la règle de saint Benoit subit quelques entorses (beaucoup ?) et les tomes sur le trafic de reliques sont plutôt cocasses. Mais, mine de rien, malgré quelques "vacheries" bien humaines, c'est toujours la charité, le bon sens, ... et l'amour des jeunes tourtereaux qui l'emportent.

Vous avez compris : j'apprécie vraiment !

Re: Dites, quel livre lisez-vous en ce moment ?

Publié : jeu. 11 juin 2020, 14:48
par Foxy
Quant à moi, j'essaie de me ressourcer spirituellement avec "la prière du cœur" à l'école de Marie, de Jean Khoury
La Prière du cœur est le trésor le plus cher aux chrétiens de tous les temps. De fait, elle permet d’expérimenter, dans le silence de la rencontre avec Dieu, Son Action mystérieuse qui nous transforme en son Feu Dévorant.
Ce livre expose de manière claire et pratique la Prière du cœur et son Secret. Le lecteur, en se laissant guider par la Grâce qui souffle à travers ces pages, pourra découvrir la sagesse bimillénaire qui y est cachée. Il apprendra ainsi à imprégner chacune de ses prières par cette « immersion en Dieu » et, porté par Lui, il pourra arriver plus rapidement au but du chemin entamé par le Baptême : l’Union à Dieu et la plénitude de la Charité. Clef de Bonheur, rencontre avec Dieu toujours possible, cette manière de prier se transmet ainsi de génération en génération.

Jean Khoury, Doctorant en Théologie spirituelle à l'Angelicum (Rome), diplômé en Théologie de l'Institut Catholique de Toulouse et du Teresianum (Rome). Fondateur de « l'École de Marie », il dispense une « Initiation à la vie spirituelle » pour adultes sur trois niveaux, présente dans plusieurs pays. Auteur de plusieurs livres et études en Théologie spirituelle.

Table des matières
Introduction

Première partie - Les éléments de la prière du Cœur

I - Introduction à la prière du Cœur

II - Quelques définitions de la prière qui renvoient au mouvement

III - En quoi consiste la prière du cœur ?

IV - Le but et le lieu de cette prière

V - La place centrale du Christ dans la Prière du Cœur
Le Christ seul médiateur entre Dieu et l’homme
Le Christ est la Maison du Père
Le Christ centre de la Prière du Cœur
Le Christ est l’Époux à aimer de tout notre cœur
Le Christ source de l’Esprit Saint

VI - Le secours général et le secours particulier de la grâce
Marie Reine du secours particulier

VII - Les conditions du mouvement de l’offrande de soi à Dieu
Qualités du geste d’offrande

VIII - Le oui de Marie au Christ et le nôtre
Marie, Orante parfaite

IX - Les serviteurs de la Tradition vivante de la prière

X - Fréquence et durée de l’offrande

XI - Quand l’inquiétude et l’attachement deviennent des obstacles

XII - La prière du Cœur et la pensée
La sphère du cœur est indépendante de celle du mental
Comment calmer les pensées ?

XIII - La place du corps et du souffle dans la Prière du Cœur
Quand l’humble corps prie

Deuxième partie - Le mouvement de la prière du Cœur

I - Le rôle de l’image dans la vie de prière

II - Images pour comprendre le mouvement
a) Schéma de la mer
b) Exemple pratique
c) Schéma existentiel mental-cœur
d) Schéma anthropologique
e) Exemple des enfants dans la maison
f) La mèche, le bois qui doit émerger de l’eau pour prendre feu

III - Les deux principaux schémas archétypaux
a) Le Premier Schéma archétypal
b) La Prière du Cœur, « sanctification du Nom de Dieu »
c) Le Second Schéma archétypal
d) Les deux Schémas intégrés en un

IV - Prière du Cœur et Communion
Les conditions de ce contact ?
Étapes de la Manducation du Corps du Christ
Développement
Le moment-même de la Communion
L’action de grâce
Communion et Oraison, Oraison et Communion
Sainte Thérèse d’Avila

V - Vademecum de la Prière du Coeur

Troisième partie - L’Éros de Dieu pour l’homme et notre réponse

I - Un visage de Dieu bouleversant

II - L’Éros énamouré de l’Époux

III - La Samaritaine, ou l’Éros séduit

IV - Le Dieu-éros inaugure la voie du retour à Lui

V - Qui est Dieu ?

VI - Thérèse de l’Enfant Jésus et la découverte du visage de Dieu

VII - Difficile de croire à un tel amour Jean de la Croix

VIII - La réalisation nuptiale

IX - Et que deviennent les hommes ?

X - Devenir épouse

XI - L’éros de l’apôtre

XII - L’Éros énamouré du Christ Époux

XIII - Devenir une source

XIV - « Dieu est éros »

XV - « Voilà l’homme aux songes qui arrive ! »

XVI - La grande question qui s’ouvre

XVII - Conclusion
Conclusion générale
J'ai découvert Jean Khoury quand j'ai accepté l'administration du forum Agapé ( http://agape.forumactif.com/) dont il est le fondateur, avec Claudine Bochatay : ils m'ont envoyé "entretiens sur Marie" et j'ai découvert un théologien à ma portée et facile à lire...