Se laisser regarder pour son physique

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Re: Se laisser regarder pour son physique

Message non lu par cmoi » jeu. 28 janv. 2021, 20:21

Merci à vous Kerygme, d’avoir si bien complété mon propos que c’est plutôt le mien qui complète le vôtre ! Car il n’y a pas que votre exemple qui est factuel, mais toute votre présentation « historique et pragmatique ».
Le mien était à dessein plus décousu, il débordait de tous les côtés, je craignais sinon d’attirer une fois encore ici les foudres des tradis, qui bien sûr n’ont pas adopté cette pratique et en ont dénoncé les « abus » – encore que s‘ils l’avaient fait correctement par devoir et charité, les autres en auraient profité et le mal ne se serait pas étendu, mais passons...
De fait, le « ho » de ces personnes est éloquent : il aura suffit d’un péché mortel, et toutes leurs communions ultérieures étaient sacrilèges (avec certes une part d’ignorance).
Je crois qu’elles ne pensaient en cela pas qu’à elles, qui avaient la chance de suivre cette formation...

Je me souviens très bien de la première de ces « célébrations préparatoires communautaires » qui avait été annoncée en chaire et pour laquelle nous avions été instamment priés de participer dans ma paroisse. « L’ambiance » avait été extraordinaire, en sortant de là j’avais eu envie d’enlacer tout le monde... Plein de personnes s’étaient à la fin précipitées vers les confessionnaux, il y en avait au moins 6 mais de toute évidence pas assez pour tous.
Il est vrai que mon sentiment à moi avait été à l’opposé : pas besoin, et j’aurais même perdu de la chaleur et de l’esprit de communion ressenti s’il avait fallu en passer par une démarche individuelle ensuite. Ce qui peut expliquer comment d’autres ont ultérieurement « compris » la chose. J’aurais voulu rester dans l’Eglise, sans savoir pour quoi faire, y vivre... Un fabuleux besoin de partage m’habitait.

Il faut reconnaitre que de la part de clercs, une « mauvaise interprétation » comme vous le dites peut prêter à sourire et faire supposer une mauvaise volonté ou une volonté « progressiste » (suivez mon regard). Quand cela se passe sur une telle échelle, c’est tout de même alarmant. Ceci, très vite apparu, 3 ans après la fondation d’Ecône, n’a fait que en renforcer la structure et creuser davantage la rupture.
A la remarque près que j’ai faite ci-dessus, difficile de leur donner tort. Curieusement d’ailleurs (je le réalise maintenant) leur excommunication s’est faite en 88, donc après la correction apportée par le synode que vous évoquez...
Voilà. Restons lucides et objectifs... Même si ce n’est qu’un tout petit aspect des choses et qui n’a entrainé en lui-même aucune décision ni aucun changement de position... Car quand même, avec ce sacrement, entrait en jeu quelque chose d’assez fondamental pour la vie chrétienne.
Comme pour beaucoup de nouveautés, l’idée de départ était excellente mais sa mise en œuvre fut sans doute trop hâtive et mal organisée.
J’espère que vous ne m’en voudrez pas de prendre pour une fois leur défense (enfin, presque et pas vraiment... il n’est pas dit non plus qu’ils se confessent très souvent pour autant !)

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Kerygme
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Re: Se laisser regarder pour son physique

Message non lu par Kerygme » jeu. 28 janv. 2021, 23:32

cmoi a écrit :
jeu. 28 janv. 2021, 20:21
Je crois qu’elles ne pensaient en cela pas qu’à elles, qui avaient la chance de suivre cette formation...
...
J’espère que vous ne m’en voudrez pas de prendre pour une fois leur défense (enfin, presque et pas vraiment... il n’est pas dit non plus qu’ils se confessent très souvent pour autant !)
Je n'en veux pour rien à personne, il est légitime de prendre la défense de quiconque face à ce qui peut sembler injuste.

Mais j'avoue que ce fait m'a alarmé car il touche au Salut. Et c'est bien pour cela que j'interviens (ça doit bien être la 4ème fois) car il n'est jamais trop tard pour tenter de corriger ce qui aurait du l'être plus fermement il y a plus de 30 ans.
J'ai une grande confiance dans la Miséricorde divine mais du point de vue sotériologique je pense que les deux parties peuvent se retrouver dans la prudence face au Salut facile.
« N’aimons pas en paroles ni par des discours, mais par des actes et en vérité. » (1Jean 3,18)

Marie2964
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Re: Se laisser regarder pour son physique

Message non lu par Marie2964 » ven. 29 janv. 2021, 10:09

cmoi a écrit :
jeu. 28 janv. 2021, 15:01
Marie2964 a écrit :
jeu. 28 janv. 2021, 14:11
Il est vrai qu'à vous demander trop de précisions, je vais finir par me mêler les pinceaux mais étant de nature curieuse j'aimerais, s'il vous plaît, que vous m'expliquiez pourquoi la confession individuelle a été critiquée et remplacée par des confessions collectives (ce que je trouve tout à fait "étrange").
Pas remplacée totalement, mais un peu trop supplantée. La période la plus faste des confessions précède Pâques, car il y a obligation de se confesser et de communier au moins une fois l’an (cf. les commandements de l’Eglise) et que c’est le moment idéal. Donc le clergé, qui n’était plus assez nombreux (à moins que ce ne soit qu’un prétexte à paresse ou autre chose que je vais développer...), a mis en place des cérémonies pénitentiaires en période de carême et avec absolution collective.
Une autre raison : beaucoup qui ne se confessaient plus, seraient peut-être attirés par cette nouvelle formule !
La confession devenait une sorte de rite de passage presque ludique et qui ne prenait pas au sérieux le salut.
Par ailleurs, les protestants ne se confessent pas, et c’était la mode de se rapprocher d’eux... Les prêtres ne semblaient plus « au fait » des discours psy. Et ne savaient plus trop comment répondre à certaines « objections » : le côté collectif leur facilitait la tâche !
Je pourrais continuer pas mal, je pense que c’est assez pour vous en donner une idée, non ?

Mais ce n’était pas que cela, qui n’expliquerait pas la disparition de beaucoup de confessionnaux dans les églises, qui étaient de fait très inconfortables et pas que pour les pénitents ! De fait, l’inconfort physique pour « ascétique » qu’il soit nuisait à la réflexion qui demandait un certain confort physique, du coup la confession prenait une tournure de catalogue au lieu d‘être l’occasion d’approfondir sa foi et de se corriger de ses péchés. La mentalité avait évoluée...
Alors en vrac ou pour approfondir un peu : le côté calfeutré et secret finalement nuisait à la conversion, les gens se confessaient et puis re-chutaient sans vergogne. Les « obliger » (c’était libre...) à une confession publique, stimulerait la charité et pourrait les inciter à mieux respecter la condition dite du « ferme propos » (ne plus recommencer et s’en donner les moyens), à chasser l’hypocrisie.
De fil en aiguille la partie « aveu » disparut (revendiquée par les adeptes les plus purs de cette « pratique » et qui en faisait la valeur) et fut noyée dans des considérations de type « sermon » ou « implorations ».

Car le moment me semble venu de vous dire que en cas de péché grave, l’absolution individuelle a toujours été prescrite (ce qui fut très « oublié »), celle donnée collectivement n’étant qu’un apéritif en somme ou conditionnelle. Car seule la confession individuelle permet aussi que soit donnée une pénitence adaptée.
Par exemple, quand des soldats allaient sous le feu en 14-18, on leur en donnait une, mais s’ils en revenaient et avaient eu de gros péchés sur la conscience, il leur fallait se confesser...
Marie2964 a écrit :
jeu. 28 janv. 2021, 14:11
J'ai une autre question: qu'appelez-vous "charisme"? Je crois plus ou moins savoir que dans la langue courante, il s'agit d'une sorte de "don naturel de séduction" (l'expression est certainement mal choisie). Je ne parle pas forcément de séduction liée au domaine affectif mais une sorte d'aura qui attire l'attention.
Puisque vous me faites « travailler », nous allons partager : je vous invite à lire le chapitre 12 de l’épître aux romains, ainsi que les chapitres 12 13 et 14 de la première épitre aux corinthiens. Vous aurez une meilleure réponse que si je vous l’expliquais et découvrirez que cela mène à tout d’être chrétien, jusqu’à découvrir l’origine du sens dévoyé des mots !
Marie2964 a écrit :
jeu. 28 janv. 2021, 14:11
Qu'entendez-vous par "(...) attendez-vous à ce qu'un vrai directeur ait quelque chose de spécial et d’un peu... comment dire... surprenant, excessif parfois !)"? Excessif, c'est-à-dire?
C’est à dire que c’est nécessaire pour « faire bouger les lignes ». C’est vrai en psycho, cela l’est encore plus pour ceux qui se complaisent dans un péché dont ils refusent de voir la laideur
Bonjour Cmoi,

J'espère que vous avez passé une bonne soirée. J'ai lu et re-lu votre réponse et comme d'habitude elle est intéressante et éclairante.

Attribuez-vous ces pratiques pénitentielles aux changements de mentalité liés à mai 68? Uniquement?

Il est vrai que j'accapare votre temps et que je vous fais travailler, je vais donc me plonger dans la lecture des chapitres que vous m'indiquez. Merci de m'aiguiller ainsi!

Bonne journée.

Cordialement,

Marie.

Marie2964
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Re: Se laisser regarder pour son physique

Message non lu par Marie2964 » ven. 29 janv. 2021, 10:15

Kerygme a écrit :
jeu. 28 janv. 2021, 16:28
Bonjour Marie,
Il est vrai qu'à vous demander trop de précisions, je vais finir par me mêler les pinceaux mais étant de nature curieuse j'aimerais, s'il vous plaît, que vous m'expliquiez pourquoi la confession individuelle a été critiquée et remplacée par des confessions collectives (ce que je trouve tout à fait "étrange").
Bien que la question ait été posée à Cmoi, permettez-moi de vous donner une réponse historique, pragmatique et suivie d'un exemple factuel.

En 1973, c'est une célébration préparatoire communautaire ( appelée "célébration pénitentielle") qui a été mise en place. Sa vocation était le pardon des fautes vénielles ... de la communauté; et non individuelles. C'est le mot préparatoire qui a toute son importance car la norme a toujours été, pour le pardon des péchés autres que véniels : la confession individuelle avec absolution individuelle.
Alors préparatoire à quoi ? Et bien à la confession individuelle ! C'est pour cela qu'il y a plusieurs prêtres présents à la fin.

Plus d'informations ici : Célébration pénitentielle et absolution collective
Le CEC : articles 1480 à 1484
Exhortation Apostolique post-synodale de saint Jean Paul II : Reconciliatio et Paenitentia (les formes de la clélbration).

Ce qu'il s'est passé - ne l'oublions pas il y a eu la période "flower power" et nous ne sommes que 5 ans après mai 68 - c'est qu'il y a eu une mauvaise interprétation faite par certains clercs de l'époque qui ont transformé cela en confession collective avec absolution collective. Il est nécessaire de dire que celle-ci existe mais n'est applicable qu'en cas de danger de mort imminente : guerre, bateau qui coule ...
A leur décharge (?) cette interprétation a été pour certains de mettre en avant la Miséricorde de Dieu; selon leurs explications.

En 1987, suite au synode des évêques de 1983 et face aux dérives, la Conférence des Évêques de France a publié un rappel à la norme et formellement condamné ces absolutions collectives. Pour rappel, la célébration pénitentielle n'a pas valeur sacramentelle alors qu'une absolution collective en cas de danger de mort : oui.
Et encore, depuis 1987 et en réaction aux abus, c'est l'évêque qui en définit les conditions, pas le prêtre.

Pour second rappel, le prêtre reçoit par délégation de son évêque le droit de confesser et d'absoudre. C'est une prérogative de l'évêque, car apostolique et non presbytérale, et sans cela le sacrement n'est pas valide.
Un prêtre qui ne reçoit pas cette délégation ou qui se la voit enlever ne peut ni recevoir une confession ni donner l'absolution.

Cependant, l'absolution collective est restée un habitus chez ceux qui y ont recours de longue date. Je me suis retrouvé, lors de mes études théologiques, en présence de messalisant(e)s qui ne s'étaient pas confessé(e)s individuellement depuis 30 ans. Et il a fallut ce module sur les sacrements (dont le sacrement de la Réconciliation) pour qu'ils se rendent compte de leur erreur, car ils continuaient à ne plus pratiquer le sacrement dans sa forme individuelle. Pour l'anecdote, je me souviens des "ho !" qui ont jaillit dans l'amphi à ce moment et qui étaient des plus explicites.

Donc, non la confession individuelle n'a pas été remplacée par la confession collective, c'est une erreur d'interprétation de la préparation liturgique pénitentielle qui en a été la cause. Je vais me répéter volontairement car l'erreur a été d'importance : la préparation pénitentielle n'a de valeur que pour les péchés véniels de la communauté et est une préparation au sacrement de réconciliation individuelle; elle ne le remplace aucunement.

Bonjour Kerygme,

Je vous remercie pour vos précisions, elles m'aident beaucoup à y voir plus clair!

Bonne journée.

Cordialement,

Marie.

cmoi
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Re: Se laisser regarder pour son physique

Message non lu par cmoi » ven. 29 janv. 2021, 12:09

Marie2964 a écrit :
ven. 29 janv. 2021, 10:09
Attribuez-vous ces pratiques pénitentielles aux changements de mentalité liés à mai 68? Uniquement?
Bonjour Marie,
J’ai l’impression que vous avez parfaitement bien compris pourquoi mes propos ressemblaient plus à des chatouilles qu’à un exposé clair : vous êtes une fine mouche !
En effet, je ne « les attribue pas uniquement », loin de là !, je les attribue au Saint-Esprit qui fut très puissant et audacieux, et je ne mésestime pas qu’il y eut une force opposée, sans aller jusqu’à lui donner l’importance que lui ont prêté et lui prêtent toujours alors qu’elle s’est fort amoindrie, les traditionalistes.

Pour moi cette pratique dérive de ce qui se fait depuis longtemps derrière les enclos monastiques. Au cours de ce qui s’appelle notamment les « chapitres » et qui comportaient des enseignements du père supérieur, mais pas seulement.
Ainsi ceux qui fréquentent des abbayes auront remarqué des pratiques étranges lors des Laudes, vêpres, etc. Ainsi le retardataire ne va pas s‘assoir à sa place comme si de rien n’était, il y a un cérémonial et il doit attendre le pardon du supérieur, sous forme de bénédiction. Ainsi parfois un moine s’incline sans raison : il s’excuse d’une distraction.
Cette façon de reconnaître et « confesser » en toute simplicité ses manquements, publiquement et en en appelant à la prière et la charité communautaire, avait des extensions.
Il s’agissait là de fautes extérieures anodines, certes, mais pourquoi ne pas en étendre la pratique à celles « cachées » et pour mieux les combattre ? A vrai dire, en la matière, certaines choses étaient à la discrétion du supérieur et variables d’un monastère à l’autre et d’une congrégation ou ordre à un autre.

L’idée de s’en inspirer pour mener des cérémonies pénitentielles « dans le monde » était excellente. En revanche elle aurait dû être testée plus à fond dans ces mêmes monastères, en tenant compte des difficultés propres à une vie dans le monde : possibilité de la présence d’un intrus qui s’en servirait, de médisances, de calomnies ultérieures, voire de procès !
On aurait dû étudier davantage le nombre de participants requis et les possibilités offertes en fonction, la durée et l’organisation. Préciser le cadre et ses limites, voire en instituer plusieurs différents.

Car/Or cela s’inspirait aussi des groupes de thérapie divers et variés qui fleurissaient et donnaient la preuve d’une certaine efficacité.
Transposés en mode spirituel, il fallait donner la place à une analyse, un décodage/une anamnèse qui permette d’aller, en cas d’aveu, non seulement jusqu’au rejet du mal et au ferme propos, mais au blanchiment, incorporer l’idée que nous ne serons pardonnés qu’autant que nous aurons pardonné, etc.
L’idée était audacieuse autant que périlleuse, elle aurait mérité d’être semée d’abord dans ces lieux clos qui auraient servi de test. Elle supposait aussi un ou des maîtres de cérémonies réellement dotés de ce don spirituel qu’est le charisme, une préparation, un protocole.

Je ne veux retenir de cette pratique qui a échoué que son meilleur. Je crois profondément qu’elle peut être très efficace mais qu’elle suppose une foi forte et solide, authentique, sinon de chacun des participants du moins de leur majorité. Elle n’entre pas en contradiction avec la confession individuelle ni le secret de confession, elle est complémentaire. Leurs frontières doivent être bien défnies.
Si elle avait « réussie », les diverses questions qui se posent aujourd’hui face à certains scandales (prêtre pédophiles etc.) auraient été pour la plupart déjà résolues et nous aurions des outils de résolution qui nous manquent encore.

Je ne suis pas en train d’inventer un monde de bisounours, car l’exclusion de la communauté ainsi que le préconise St Paul, les actes des apôtres et les évangiles est une issue toujours ouverte et partie prenante, et pas seulement symbolique ou pour faire peur.
Bref, soit il faut aller au bout de l’idée, soit la laisser tomber, soit la requalifier en quelque chose de beaucoup plus soft, ce qui finalement a été ce qui a gagné – mais certains ont voulu le beurre, l’argent du beurre et... - comme on l’y ajoute désormais à cette métaphore, - la crémière (ou l’absolution gratos) !
Je crois que si cela a échoué c’est que dès le départ nous (à commencer par les évêques, les prêtres... les initiateurs) n’y avons pas vraiment cru. Nous avons voulu faire un test en grandeur nature et improviser, alors qu’au contraire, il fallait progresser pas à pas et petitement. Par exemple isoler les thèmes de péchés et/ou leur gravité, etc. Mais je me contente de répondre ici à votre question en toute franchise, au risque de paraître utopiste (alors que c’est très réaliste, il suffit de voir les résultats de l’équivalent en version profane), pas de déterminer ce qu’il faudrait faire et comment.
Depuis il y a d’ailleurs et déjà dans l’Eglise des approches qui sont proches du but et qui utilisent des compétences (professionnelles ou non) laïques...
De même qu’il y a des formations pour regagner des points à son permis, on pourrait imaginer des groupes pour « pénitences » N’était-ce pas le cas des pèlerinages autrefois ? C’est cela, faire vivre la Tradition !
Voilà : j’ai encore débordé...

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Stéphane Pautrot
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Re: Se laisser regarder pour son physique

Message non lu par Stéphane Pautrot » dim. 07 févr. 2021, 14:54

Bonjour Marie,

Bien que j’ai très peu de connaissances théoriques en matière de morale et d'éthique, et bien que votre premier message date d'il y a déjà trois semaines, je me permets de vous apporter une réponse pratique car la sincérité de votre question m’a touché.

Nous ne sommes pas responsable de ce que nous ressentons mais nous sommes responsables de ce que nous en faisons. Par exemple, si la nuit, dans une rue sombre et déserte, un homme vous menace avec un couteau et vous demande votre sac à main vous aurez peur, n’est-ce pas ? Vous ne serez pas responsable d’éprouver cette peur mais vous serez responsable de la réponse que vous apporterez à la situation (donner votre sac à main, appeler au secours, vous enfuir, vous battre…)

Le fait de vous être sentie flattée puis attirée n’est donc à mon sens pas en lui-même un péché au sens catholique du terme.

Maintenant, supposons qu’une femme soit attirée par vous alors que vous n’avez aucune tendance lesbienne. Vous sentiriez-vous flattée ? Ce ne serait pas le cas, n’est-ce pas ? J’ai ainsi le sentiment que la première partie de votre problème est due au fait que dès le départ, vous avez laissé la porte ouverte à la flatterie et à l’attirance.

Je vous suggère donc de prier et de demander à Dieu de vous libérer de l’attirance que vous éprouvez pour cet homme et de vous aider à fermer cette porte ouverte en vous. Il se peut que Dieu vous libère de manière complète. S’il choisit de ne pas le faire, nous en arrivons à la deuxième partie de votre problème : vous êtes ou serez probablement partagée entre continuer de parler à cet homme qui vous enrichit sur le plan intellectuel et amical - tout en sentant qu’il s’agit là d’une pente savonneuse - et sacrifier votre complicité, ce qui est forcément douloureux.

Si Dieu ne vous libère pas de la première partie de votre problème, je vous suggère de prier pour qu’il vous aide à prendre la décision qui soit la meilleure pour votre évolution spirituelle. Il se pourrait en effet que Dieu ait mis cet homme sur votre chemin pour vous inviter à réfléchir au sujet de votre mariage, pas forcément pour le remettre en cause mais éventuellement pour inspirer une dynamique différente au sein de votre couple. Par exemple, cet homme a-t-il quelque chose que votre futur mari n’a pas ? Pouvez-vous prier pour être libérée de l’attirance envers cette qualité ou s’agit-il d’une qualité dont l’absence serait rédhibitoire pour vous ? S’agit-il d’une qualité que vous pouvez inviter votre futur mari à développer ? Devez-vous, purement et simplement, couper tout contact avec cet homme ? Si oui, comment ? En l’évitant jusqu’à ce qu’il comprenne que vous ne voulez plus lui parler ? En le lui disant de manière ferme ? En cessant d’assister au cours où vous le rencontrez ? Vous seule pouvez trouver le comportement juste mais Dieu vous aidera à le faire si vous le lui demandez.

Marie2964
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Re: Se laisser regarder pour son physique

Message non lu par Marie2964 » lun. 08 févr. 2021, 11:19

Bonjour Stéphane (je me permets de vous appeler simplement par votre prénom),


Je vous remercie d'avoir pris le temps de me répondre.

Ai-je laissé la porte ouverte à la flatterie, oui et non car après tout il ne m'a jamais rien dit. Je l'ai juste ressenti dans son regard (qui sait, après tout je me suis fourvoyée!?) et il est vrai que je me suis sentie valorisée, flattée. Aussi superficiel que cela puisse paraître!

Trois semaines après mon message initial, je pense avoir "repris le dessus" à savoir que je me sens toujours flattée mais que j'y accorde moins d'importance (je reconnais néanmoins encore avoir encore quelques pensées impures mais elles se raréfient): l'échange intellectuel prévaut.

Je pense effectivement que cette "épreuve" (si tant est que l'on puisse qualifier ceci d'épreuve) me permet de clarifier certaines choses quant à mon futur mariage. Rien que pour cela, je remercie le Ciel de m'éprouver...

Bonne journée.

Marie.

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Re: Se laisser regarder pour son physique

Message non lu par Maxdem » ven. 12 févr. 2021, 3:08

Bonsoir Marie,
Ce regard troublant posé sur vous n'est-il troublant que parce que vous le voyez plus qu'un regard plaisant. Bien qu'étant en couple, il m'arrive de poser mes yeux sur une femme ravissante sans pour autant me poser la question du péché. Le problème serait présent, je pense, dans le cas où mon esprit en espérerait plus que qu'une vision agréable. Pareil dans le cas inverse, si une femme pose ses yeux sur moi, je ne me laisse pas aller au trouble, je reste dans la pensée simple qu'elle se plaît un instant à regarder un homme qu'elle trouve charmant, sans aller plus loin.

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Re: Se laisser regarder pour son physique

Message non lu par Marie2964 » ven. 12 févr. 2021, 11:37

Maxdem a écrit :
ven. 12 févr. 2021, 3:08
Bonsoir Marie,
Ce regard troublant posé sur vous n'est-il troublant que parce que vous le voyez plus qu'un regard plaisant. Bien qu'étant en couple, il m'arrive de poser mes yeux sur une femme ravissante sans pour autant me poser la question du péché. Le problème serait présent, je pense, dans le cas où mon esprit en espérerait plus que qu'une vision agréable. Pareil dans le cas inverse, si une femme pose ses yeux sur moi, je ne me laisse pas aller au trouble, je reste dans la pensée simple qu'elle se plaît un instant à regarder un homme qu'elle trouve charmant, sans aller plus loin.
Bonjour Maxdem,

A vrai dire ce qui me "troublait" au fond, c'était de me demander si à travers ses regards et ses attitudes parfois maladroites, il n'y avait pas plus que ce que vous dites à savoir un homme qui trouve une femme jolie. J'en venais à m'en flatter voire à me sentir attirée, d'autant qu'à côté de ça il y a ce que je ressens être comme une connivence.

Mais bref, j'ai décidé depuis quelques temps déjà de ne plus m'apesantir là-dessus.

Merci en tout cas pour votre intervention.

Cordialement,

Marie.

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Re: Se laisser regarder pour son physique

Message non lu par Maxdem » ven. 12 févr. 2021, 12:03

Ravi que cette situation ne vous ai pas troublée beaucoup plus qu'une simple réflexion.
Dsl pour avoir réagi avec retard mais le sujet m'interpellait.

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Re: Se laisser regarder pour son physique

Message non lu par Marie2964 » ven. 12 févr. 2021, 12:07

Maxdem a écrit :
ven. 12 févr. 2021, 12:03
Ravi que cette situation ne vous ai pas troublé beaucoup plus qu'une simple réflexion.
Dsl pour avoir réagit avec retard mais le sujet m'interpellait.
Re-bonjour Maxdem,

Il n'y a pas de souci à vrai dire je me suis vraiment questionnée et d'ailleurs j'ai voulu approfondir le pourquoi de ce sentiment de flatterie, etc. Grâce aux interventions de certains forumeurs, j'ai pu prendre du recul... même si le sujet me passionne encore! :D


Marie.

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Re: Se laisser regarder pour son physique

Message non lu par Maxdem » ven. 12 févr. 2021, 12:55

Etre vu, regardé et sentir une envie de l'autre est un sentiment agréable mais qui doit rester à sa place. Ce sujet est complexe et n'a pas fini de faire débattre. Le principal est de toujours créer ces envies à l'être aimé avec le temps. :)

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Re: Se laisser regarder pour son physique

Message non lu par Marie2964 » ven. 12 févr. 2021, 13:05

Maxdem a écrit :
ven. 12 févr. 2021, 12:55
Etre vu, regardé et sentir une envie de l'autre est un sentiment agréable mais qui doit rester à sa place. Ce sujet est complexe et n'a pas fini de faire débattre. Le principal est de toujours créer ces envies à l'être aimé avec le temps. :)

Effectivement, il est toujours flatteur de susciter "l'intérêt" (mais lequel) du sexe opposé.

"Entretenir la flamme" chez son conjoint n'est pas toujours évident avec les années mais c'est le plus beau défi qui soit... :amoureux:

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Re: Se laisser regarder pour son physique

Message non lu par Maxdem » ven. 12 févr. 2021, 13:18

Susciter l'intérêt est effectivement flatteur et permets aussi de renforcer sa confiance mais il faut y poser des limites. Jouer un jeu dangereux est souvent synonyme de problèmes futurs. Quand à créer l'envie chez sa moitié, il faut, de par mon expérience, passer par le jeu, la surprise et les artifices tout en respectant les envies de chacun

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Re: Se laisser regarder pour son physique

Message non lu par Marie2964 » ven. 12 févr. 2021, 13:25

Maxdem a écrit :
ven. 12 févr. 2021, 13:18
Susciter l'intérêt est effectivement flatteur et permets aussi de renforcer sa confiance mais il faut y poser des limites. Jouer un jeu dangereux est souvent synonyme de problèmes futurs. Quand à créer l'envie chez sa moitié, il faut, de par mon expérience, passer par le jeu, la surprise et les artifices tout en respectant les envies de chacun
La surprise? C'est compliqué de créer la surprise après de longues années...

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