Le point sur la pornographie

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VexillumRegis
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Message non lu par VexillumRegis » mer. 07 sept. 2005, 17:52

Christian a écrit :« Tant que le morphinomane ne devient pas un criminel, cela ne regarde personne »

(Extrait du Journal d’Hannah Arendt, publié dans le Monde des Livres, daté du 2 septembre)
[align=justify]Ce sont là des propos scandaleux, contraires à la charité chrétienne et à la simple humanité. Plus prosaïquement, on appelle aussi cela de la non assistance à personne en danger.

Suis-je le seul à penser ainsi ?[/align]

- VR -

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Christophe
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Pornomanie

Message non lu par Christophe » mer. 07 sept. 2005, 20:24

Bonsoir Thomas
VexillumRegis a écrit :Suis-je le seul à penser ainsi ?
Non, tu n'es pas le seul. Et puisque le sujet porte sur la pornographie, mentionnons au passage l'existence de la pornomanie, addiction à la pornographie. Tous comme les toxicomanes, les personnes qui en sont atteintes doivent ( comme tu le soulignes ) être soutenus et tout chrétien digne de ce nom ne peut rester indifférent à la détresse de son prochain. Hannah Arendh, toute pertinente qu'elle soit dans son analyse des systèmes totalitaires, ne jouit d'aucun charisme d'infaillibilité...

Dans la série "Faut-il interdire...", Christian peut, s'il le souhaite, ouvrir un sujet sur les drogues.


Bien amicalement
Christophe
Dernière modification par Christophe le mer. 07 sept. 2005, 22:09, modifié 1 fois.
« N'ayez pas peur ! » (365 occurrences dans les Écritures)

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Réponse aux arguments libéraux

Message non lu par Christophe » mer. 07 sept. 2005, 21:41

Bonsoir MB, Bonsoir Christian ! :-D


Quelque soit la solution politique que l'on propose pour résoudre un problème identifié, il y aura toujours un libéral pour sortir des fourrés et s'écrier : " Vous savez, il existe un risque que... " En soit, bien souvent, ils n'ont pas complétement tord et ont parfois même le mérite de pointer du doigt de vrais carences. Mais l'abus du principe de précaution conduit à un immobilisme qui constitue, pour le coup, la pire des solutions.

La qualification d'oeuvre pornographique est suffisament précise ( cf. la classification des oeuvres cinématographiques et les interdictions aux mineurs de moins de 16 ans ou de 18 ans ) pour éviter tout risque de voir Winnie l'Ourson ou d'autres innocents spectacles bannis des ondes hertziennes.
Nous revendiquons pour les parents le droit de pouvoir efficacement faire respecter ces interdictions de principe : à quoi sert que le législateur fixe des limites d'âge s'il autorise la diffusion sans restriction de ces "oeuvres" dans les foyers et sans donner aucun moyen de contrôle aux parents sur le contenu de ce que vont visionner leurs enfants ? Halte à l'hypocrisie !
:-x

Vous parlez de censure et des risques de la censure. Ces risques me semblent bien exagérés sinon totalement infondés comme je l'ai expliqué. Néanmoins, je me suis contenté d'énoncer le principe suivant : " Aucun contenu pornographique ne pourra être exposé à quiconque n'en aura pas explicitement formulé le souhait. La publicité en faveur de produits à caractère pornographique sera interdite dans les mêmes conditions. " La censure est une solution technique pour réaliser ce principe, mais elle n'est pas la seule envisageable : la technologie pourrait offrir d'autres solutions pour que les parents puissent avoir la liberté de soustraire leurs enfants de l'influence de la pornographie, de la télé-réalité ou même... pour les plus anti-cléricaux d'entre nos concitoyens ( que Dieu leur pardonne ), des émissions religieuses.

L'argument culpabilisateur de Christian me semble erroné : à l'écouter, il faudrait défendre "bec et ongles" le pseudo-droit à abuser de sa liberté, de peur que les libertés publiques légitimes ne soient par la suite menacées. Si les pouvoirs publics peuvent effectivement pêcher par autoritarisme, n'oublions pas qu'ils peuvent également pêcher par laxisme. En la matière comme en d'autres, in medio stat virtus... Perpétuer une injustice sous prétexte qu'il existe un risque qu'un jour puisse être commis une injustice en sens inverse, voilà qui un raisonnement qui me semble cruellement manquer de discernement moral.

Pour paraphraser Oscar Wilde, la meilleure façon de ne pas succomber à la tentation et de ne pas y être soumis. Concernant le pêché de chair, la vie offre suffisamment de tentations en elle-même pour que la télévision ne vienne pas en rajouter !

Je regrette que Christian ne montre pas autant de zèle à protéger nos enfants contre la pollution mentale et spirituelle provoquées par les pornographes abusant de leur liberté d'expression qu'il en montre à défendre "nos poumons et nos jardins" contre les pollutions écologiques causées par des industriels abusant de leur liberté d'entreprendre...

Au départ de la discussion, j'étais défavorable à l'interdiction totale de la pornographie pour les raisons que j'ai expliquées ci-dessus. Mais je dois bien avouer que les arguements de Franck et de VexillumRegis me font réfléchir et douter.


Amicalement
Christophe

PS : Quant aux Fleurs du Mal, voici une végétation qui semble depuis longtemps avoir déserté l'espace du PAF.
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Message non lu par Christian » jeu. 08 sept. 2005, 10:18

Bonjour Christophe,

Je cite ici des passages de votre dernière intervention, mais je pense répondre en même temps à MB et VR, que je salue aussi. :)
L'argument culpabilisateur de Christian me semble erroné : à l'écouter, il faudrait défendre "bec et ongles" le pseudo-droit à abuser de sa liberté, de peur que les libertés publiques légitimes ne soient par la suite menacées.
L’extrémisme en matière de défense de la liberté (dans le respect du Droit) n’est jamais coupable. En parlant de toxicomanies, la soif du pouvoir en est une dans laquelle on tombe vite, et son pire effet est qu’elle ne détruit pas seulement ceux qui sont accros, mais aussi les innocents qui subissent ce pouvoir. Je pense ici à une remarque de Charles à propos du ‘péché véniel’. De mémoire, il notait qu’on pratique le péché véniel dans un petit confort spirituel en se disant que ‘ce n’est pas grave’, sans voir l’accoutumance au mal que cette tolérance sécrète.

De même, en cessant de défendre notre autonomie, de petites limitations en petits grignotages, nous finirons par la perdre. Tous les péchés, véniels ou mortels, sont également des menaces pour notre vie spirituelle, toutes nos acceptations des interventions de l’Etat (pire encore, lorsque nous les réclamons), hors la stricte défense du Droit, dégradent notre responsabilité d’hommes libres et donc de chrétiens.
l'abus du principe de précaution [en matière de censure] conduit à un immobilisme qui constitue, pour le coup, la pire des solutions.
On peut dire beaucoup de choses à propos des interventions de l’Etat, mais certainement pas que la non-intervention conduit à l’immobilisme de la société. Or s'il existe un problème et que les hommes de l'Etat n'étouffent pas la créativité des gens en imposant leur solution, les gens trouveront eux-mêmes, avec le conseil des sages, la bonne solution, comme vous l'indiquez ci-dessous:
La censure est une solution technique pour réaliser ce principe, mais elle n'est pas la seule envisageable : la technologie pourrait offrir d'autres solutions pour que les parents puissent avoir la liberté de soustraire leurs enfants de l'influence de la pornographie, de la télé-réalité ...
Oui, voilà la bonne approche !! Non pas quémander de maman-Etat qu’elle nous protége contre les méchants pornographes, mais prendre, nous, les mesures non violentes pour vivre et pour élever nos enfants selon nos valeurs — et la technologie nous offrira de plus en plus de moyens d’autonomie

(et incidemment, vous avez tout à fait raison, Christophe, la porno à la télévision, pour lamentable qu’elle soit, à cause de son outrance même, me paraît un danger moins pernicieux que le décervelage des émissions de variétés (je ne saurais en dire plus, je ne possède pas de téléviseur).
Pour paraphraser Oscar Wilde, la meilleure façon de ne pas succomber à la tentation et de ne pas y être soumis. Concernant le pêché de chair, la vie offre suffisamment de tentations en elle-même pour que la télévision ne vienne pas en rajouter !
Ce sont justement ceux qui n’ont pas de tentation dans la vie réelle ou sont incapables d’y succomber qui ont recours à la pornographie, m’est avis. ;-)

Cordialement
Christian

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Sophia
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Message non lu par Sophia » ven. 09 sept. 2005, 10:28

Je suis évidemment pour l'interdiction totale de la pornographie, y compris la pornographie déguisée.
Il faut sanctionner les personnes participant à l'industrie pornographique ("acteurs", producteurs, photographes, etc) et les consommateurs. Mais avec internet ce serait difficile.

Christian
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Message non lu par Christian » ven. 09 sept. 2005, 14:52

Je le dis parce que je l’ai remarqué ailleurs que sur ce forum, je suis surpris d’un matérialisme de comptable parmi tant de chrétiens. Il semble (mais sans doute me trompe-je !) que pour eux, seul compte le résultat. Les militaires, les politiciens, les flics, raisonnent ainsi, mais les chrétiens ?

Du moment que la liste des bonnes actions serait cochée chaque soir, peu importerait qu’un chrétien les ait réalisées sous la lumière des miradors plutôt que par amitié pour Dieu.

Etre chrétien est exigeant (ne le savons-nous pas ?). Ce qui rend cette exigence admirable à mon sens est d’être remplie librement, même si douloureusement parfois et toujours imparfaitement. Cependant, que vaudrait une société de chrétiens sous surveillance ? Ne serait-ce pas un bien piètre moine celui qui entrerait au couvent en pensant : « Une fois cloîtré, je ne verrai plus de pornographie ni de vendeurs de dope, mon salut est en bonne voie. » ?

Jésus dit : « Si ton œil est une occasion de scandale, arrache-le. » Il ne commande pas, Lui, de voiler les femmes. Il n’ordonne pas de cacher ces seins qu’un chrétien ne saurait voir. Formidable déplacement de la source du péché — en soi, non pas hors de soi. Voilà pourquoi on peut être pleinement chrétien dans une société qui ne l’est pas du tout. L’évangélisation de la société est pour faire grandir les autres, s’ils le souhaitent, pas pour se rendre à soi la vie plus facile. Tel est à mon humble sens le projet purement pédagogique du christianisme : Fortifier l’être humain, pas châtrer le monde.

Christian

elisseievna
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Message non lu par elisseievna » dim. 11 sept. 2005, 13:27

Christian, vous écrivez :

"L’extrémisme en matière de défense de la liberté (dans le respect du Droit) n’est jamais coupable"

J'ai envie de vous répondre que l'extrémisme est toujours bête et borgne. La liberté des uns s'arrête où commence celles des autres : c'est pourquoi l'"extrémisme" dans ce domaine est antinomique avec l'idée même de liberté.

Je suis pour la liberté de produire à certaines conditions et de voir de la pornographie, mais je suis aussi pour l'interdiction d'imposer sa vue à autrui, et surtout aux enfants , pour deux raisons :
- imposer la vision de scènes sexuelles à une personne, c'est une agression sexuelle, c'est incestueux à l'égard des enfants. Or la pornographie à la télé (sauf à prendre des précautions techniques) et sur les kiosques, c'est de la pornographie "exhibée" et imposée,
- la diffusion de la pornographie a un effet "normalisateur", elle fait passer le message que la "normalité" est ce qu'elle montre, - je vous signale entre autres qu'elle est utilisée par les incestueurs pour faire croire à des enfants que ce qu'ils font est "normal" -

Quant au lien entre pornographie et violence, il me parait manifeste, même s'il n'est pas toujours présent ( ne pas exagérer non plus dans ce sens). La pinup sur le lieu de travail : c'est quoi pour les collègues féminines ? Les hommes qui demandent aux femmes de faire ce qu'ils lisent et qui est violent : c'est quoi d'autre ? Le mépris e certains musulman-e-s convaincus que les femmes occidentales sont des "putes" parce que la pornographie les montrent quasi animalisées, c'est quoi d'autre ?


Christophe , vous écrivez :
« l'avis de saint Augustin ( cité par saint Thomais ) qui écrivait : " Ôtez des affaires humaines les filles publiques, et vous aurez troublé tout par le déchaînement des passions ".
Saint Augustin estimait donc normal d'imposer l'existence de femmes pour "épancher" les passions (des hommes) : qu'est ce là d'autre qu'IMPOSER, l'horreur pour les autres, au profit de la bestialité des uns... Cette phrase est vraiment a-bo-mi-na-ble.

Nb: J'ai mis un message dans le sujet sur la prostitution, qui parle aussi de l'aspect pornographie dans le SM.

MB
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Message non lu par MB » lun. 12 sept. 2005, 2:12

Bonsoir !

La question de l'interdiction de la pornographie n'est vraiment pas simple à traiter... bien sûr on a envie de l'interdire purement et simplement, mais cette mesure en tant que telle, prise sans batterie d'autres mesures (ex. éducation sexuelle authentique permettant d'éviter la misère sexuelle et affective de certains clients, politique économique qui, par ses heureux effets sur la réduction de la pauvreté, rend inutile le "recours" financier à ce genre d'activité, etc.), n'arrange rien. Une mesure toute seule génère des effets pervers.

Le sujet est d'ailleurs proche de la question de l'interdiction de la prostitution. Supprimez-en le principe, rendez-la punissable par la loi ; alors l'exercice de cette activité deviendra d'autant plus dangereux, donc plus cher ; alors les différentes mafias auront davantage intérêt à la pratiquer. Sans parler de tous les autres individus qui pourraient en profiter. On a vu cela à Cuba, récemment : la prostitution y est, depuis qqs années, passible de 20 ans de prison. Plus exactement, ce sont les prostituées qui sont passibles de cette peine. Résultat évident : les keufs du coin les font chanter et jouent aux maquereaux (ce qui laisse penser que la mesure a été faite exprès pour leur permettre d'arrondir leurs maigres fins de mois sans grever les comptes publics). Il y aurait des comportements semblables, je pense, si l'on interdisait la pornographie.

- On peut évidemment préciser la question en militant pour l'interdiction de l'affichage au tout-venant des productions pornographiques. Le problème existe souvent, il faut bien l'avouer, il suffit de passer à côté d'un kiosque à Paris.
Souci : à partir de quel degré peut-on parler de pornographie ? On sait quand on est en plein dans le porno ; mais on ne sait pas toujours quand on est à sa limite. Les actes sexuels eux-mêmes ne sont pas montrés explicitement au tout-venant, ou alors c'est rare ; mais, par exemple, une femme dévêtue dans une position vulgaire, appelant visiblement à certaines contorsions. Mais comment faire la différence avec une pub de yaourt ? Avec les pubs Baccarat, qui avaient un contenu érotique très affirmé, mais qui n'étaient pas terriblement vulgaires ? Avec les affiches d'Opium d' YSL d'il y a qqs années ? (etc., etc., vous voyez que je m'en souviens bien...). Il faudrait faire un cahier des charges très strict, et ce ne serait pas une mince affaire (faut-il mesurer les centimètres carrés de peau dévêtue ? les types de positions ? Ce cahier est facile à dresser pour certaines pratiques, mais pour le reste ?). Chacun a une réaction différente vis-à-vis de ce qu'il/elle définit comme étant de la "pornographie". Comment faire le lien entre subjectivité et objectivité ? Ou peut-être est-ce plutôt la vulgarité qu'il faudrait proscrire ; mais où commence-t-elle ? A quoi s'applique-t-elle ? A voir, donc.

Bien sûr, on peut parler de la violation de l'intimité des personnes représentées. Certes, mais que dire alors des vrais modèles ? Et que dire de toute personne passant en studio devant un pro de la photo, dont c'est le métier de vous dévisager totalement et de tout savoir sur vous en quelques regards ? (enfin... problème annexe)

Que penser, donc ?
MB

PS : Ah, au fait, Elisseievna (ravi de vous lire, ça faisait longtemps) : je comprends que vous réagissiez très négativement à la phrase de St Augustin. Ce n'est pas ce qu'il a fait de mieux. Mais il a dit beaucoup de choses, et on peut trouver des bêtises chez tous les grands penseurs. Je ne sais pas si ce qu'il a dit sur ce sujet en particulier engage l'Eglise tout entière, ceux des clercs qui ont écrit avant lui, et ceux d'après...

elisseievna
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Message non lu par elisseievna » lun. 12 sept. 2005, 6:32

MB bonjour :
je vous répponds dans le sujet "prostitution"

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La position de l'Eglise dans le débat...

Message non lu par Christophe » mer. 14 sept. 2005, 7:59

[ Je reproduis ci-dessous la position exprimée par l'Eglise dans son Catéchisme ( et je remercie Hélène pour la référence ). L'Eglise ayant arrêtée sa position, je supprime le sondage attaché à ce fil. | Bien à vous Christophe ]

" La pornographie consiste à retirer les actes sexuels, réels ou simulés, de l’intimité des partenaires pour les exhiber à des tierces personnes de manière délibérée. Elle offense la chasteté parce qu’elle dénature l’acte conjugal, don intime des époux l’un à l’autre. Elle porte gravement atteinte à la dignité de ceux qui s’y livrent (acteurs, commerçants, public), puisque chacun devient pour l’autre l’objet d’un plaisir rudimentaire et d’un profit illicite. Elle plonge les uns et les autres dans l’illusion d’un monde factice. Elle est une faute grave. Les autorités civiles doivent empêcher la production et la distribution de matériaux pornographiques. "

Catéchisme de l'Église Catholique, §2354, p. 479.

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Pornographie, une crise de santé publique

Message non lu par Fée Violine » mer. 18 juin 2014, 16:17

Du site Aleteia:

http://www.aleteia.org/fr/sante/article ... 1059181568
Loin d’être un exutoire permettant une catharsis, la pornographie est source de violences sexuelles. (...)Plus les garçons sont exposés tôt à la pornographie, plus ils sont susceptibles de commettre des actes sexuels non consentis, et pour les filles, plus elles en voient, plus elles sont susceptibles d'en être les victimes.

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Re: Pornographie, une crise de santé publique

Message non lu par James » mar. 24 juin 2014, 3:57

Article très intéressant, merci Fée Violine!

Les combats, les massacres, l'exploitation, la misère,... tout cela a (malheureusement) toujours existé.
La pornographie, par contre, n'a jamais eu autant d'importance qu'à notre époque...

Étant donné l'impact qu'elle a sur la vie quotidienne, et ce quasiment dans le monde entier, il est vraiment temps de prendre ce problème à bras le corps!

J'ignore quelles sont les initiatives qui existent dans le domaine actuellement : quelqu'un est au courant?

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Kolia Karamazov
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Le point sur la pornographie

Message non lu par Kolia Karamazov » jeu. 28 mai 2015, 21:31

Il me semble nécessaire d’aborder le sujet de la pornographie pour plusieurs raisons.
Premièrement, la consommation de pornographie est massive, elle concerne forcément, si ce n’est nous-même, au moins certains de nos proches. Deuxièmement, la pornographie évolue constamment et devient de plus en plus ignoble. Qu’une telle ignominie soit consommée aussi massivement doit nous préoccuper. Troisièmement, la pornographie a une influence profonde et dévastatrice sur les hommes et les femmes qui en consomment. Elle est à l’origine de phénomènes d’addiction. Elle a un impact considérable sur la sexualité, la famille, les enfants et la société en général.

Pour espérer vaincre un ennemi, il faut le connaître, c’est pourquoi je veux informer sur le sujet. Ce qui suit est basé sur mon expérience de consommateur ainsi que sur les recherches que j’ai effectuées et dont je livre les résultats.

I. Aspects quantitatifs

Tout d’abord revenons sur le caractère massif de la consommation de pornographie. Enormément de gens en ont déjà consommé et beaucoup de gens en consomment en quantité importante de façon régulière. La question de la pornographie doit donc préoccuper chacun d’entre nous, même si nous n’en consommons pas à titre personnel, car il ne fait aucun doute qu’un bon nombre de personnes de notre entourage sont consommatrices. Il peut s’agir de nos enfants, de nos voisins, de nos collègues, de nos amis ou tout simplement d’anonymes que nous croisons quotidiennement dans la rue, dans les transports, dans les commerces, etc.

Afin d’illustrer le caractère massif du phénomène pornographique, j’ai mené une petite enquête. Voici le nombre de résultats renvoyé par Google.com pour un certain nombre de mots clés :

Sex : 1,650,000,000 resultats

Porn : 415,000,000 resultats

Islam : 408,000,000 resultats

Obama : 508,000,000 resultats

Cela prouve que le nombre de pages Web proposant du contenu pornographique est très important.
N’oublions pas, toutefois, que le nombre de pages consacrées à un sujet donné ne nous renseigne pas sur l’intérêt des internautes pour ce sujet. « Obama » donne plus de résultats que « porn » dans Google, néanmoins ce pauvre Barrack fait l’objet d’infiniment moins de recherches. Voyez plutôt :

https://www.google.com/trends/explore#q ... &cmpt=q&tz

Même la coupe du monde de football ne parvient plus à rivaliser avec la pornographie :

https://www.google.com/trends/explore#q ... &cmpt=q&tz


II. Aspects qualitatifs

Maintenant que nous avons établi que la consommation de pornographie est massive, il reste à savoir s’il faut s’en inquiéter. Pour répondre à cette question, il faut savoir ce qui se cache derrière le mot « pornographie ». Ceux qui, comme moi, en ont consommé pendant de longues années savent de quoi il s’agit, les autres n’ont sans doute pas une idée très précise de la réalité de la pornographie. Je vais tâcher, sans trop entrer dans les détails, d’expliquer ce en quoi consiste la pornographie.

Il faut bien comprendre que la pornographie est évolutive. La pornographie de 2015 n’est pas la même que celle de 1995, ni que celle de 1975. La pornographie est à la fois la cause et la conséquence d’un vaste processus de perversion sexuelle, qui s’est traduit par l’importation dans la sexualité mainstream de pratiques issues de l’homosexualité et des bordels (fellation, sodomie, etc.) C’est ainsi qu’aujourd’hui, en 2015, un hebdomadaire français réputé se permet de publier un dossier intitulé « Toutes les questions que vous n'osez pas poser sur le sexe anal ». Ce genre de chose aurait été impensable il y a seulement quinze ans.

Cela fait longtemps que la pornographie a dépassé le stade des photos de femmes légèrement vêtues qui posent lascivement sur une plage à l’heure du coucher du soleil. Pornographie rime de plus en plus avec scatophilie, sadisme, masochisme, adultère, inceste, etc.
Le meilleur moyen pour s’en rendre compte consiste à faire une descente dans les égouts pornographiques, c’est à dire à se rendre sur des sites pornographiques pour constater par soi-même l’ignominie de leur contenu. Evidemment, je ne conseille à personne de faire cela. Restez plutôt ici et lisez la suite.

Afin que vous puissiez mesurer l’abjection que représente la pornographie, j’ai sélectionné des mots-clés sur l’une des principales plates-formes de vidéos pornographiques (un site parfaitement représentatif). Il y a des dizaines de mots-clés différents, je n’en ai sélectionné que quelques-uns. Ils sont en anglais mais en général ils sont parfaitement compréhensibles. Dans le cas où ils ne le sont pas, j’ai mis quelques mots d’explication. Entre parenthèse après chaque mot-clé, j’ai mis le nombre de vidéos disponibles en rapport avec ce mot-clé.

:!: Attention : Les termes apparaissant ci-dessous sont choquants en eux-mêmes. Vous n’êtes pas obligé de les lire. Néanmoins, c’est une occasion de savoir ce que produit réellement l’industrie pornographique et donc ce que consomment certains de vos voisins et certains de vos collègues.

Pour voir les mots cliquez sur afficher.
[+] Texte masqué
Le mot-clé renvoyant le plus grand nombre de vidéos est hardcore (4,900,000).

Interracial = hommes noirs et femmes blanches (1,000,000)

Mom (1,200,000)

Anal (1,950,000)

Oral (3,500,000)

Lesbian (1,100,000)

Threesome = triolisme (1,000,000)

Ass-to-mouth = fellation après une sodomie (210,000)

Asslick (175,000)

Adultery (33,600)

Cuckold = cocu, ça consiste essentiellement à mettre en scène un homme noir baisant une femme blanche sous les yeux de son mari blanc (221,768)

Cum (=sperme) in mouth (840,000)

Double penetration (260,000)

Fetish (4,500,000)

Gangbang = sorte de viol collectif (475,000)

Grandma (150,000)

Orgy (920,000)

Pissing (99,000)

Pregnant = femme enceinte (29,000)

Slave (640,000)

Transsexual (490,000)

Gay (1,000,000)

BDSM = sadomasochisme (980,000)

Torture (133,000)
On se rend compte que l’industrie pornographique fait dans l’extrême perversion et dans l’abject. Elle est l’une des causes principales de la massification de la perversion sexuelle qui caractérise notre époque (cf. l’article de l’Express cité plus haut).

III. Impact social de la pornographie

L‘industrie pornographique a malheureusement un impact important sur la société. Je peux en parler puisque je fais partie de la première génération à avoir eu accès à l’internet haut-débit au début de l’adolescence. L’arrivée et la généralisation de l’ADSL entre 2000 et 2005 ont marqué un changement d’ère en ce qui concerne internet. C’est à partir de ce moment là que les foyers français ont été connectés en permanence et qu’internet est vraiment entré dans notre quotidien (et notamment dans celui des enfants et des ados).
Les parents ne s’en rendaient en général pas compte, mais mettre en place une connexion à haut-débit, revenait à installer un robinet à pornographie dans la maison. J’avais tout juste quatorze ans quand le robinet a été installé chez moi. Nombre de mes amis ont vécu la même expérience, sauf que leurs parents étaient nuls en informatique. Mon père, qui s’y connaissait, avait installé des filtres et était capable de déterminer quel usage j’avais fait de l’ordinateur même lorsque j’effaçais l’historique. Il m’a pincé plusieurs fois, mais malheureusement ça ne m’a jamais empêché de consommer. Je contournais les filtres, parce que j’étais malin et de toutes façons, chez mes copains, la pornographie était en libre service.
Je retiens de mon expérience qu’il est très difficile, voire presque impossible de protéger des enfants contre la pornographie. C’est encore plus vrai à l’heure des Smartphones et de la 4G. Pourtant les enfants et les jeunes sont les plus vulnérables aux effets de la consommation de pornographie. Leur cerveau est en pleine formation et les expériences qu’ils font à ce moment là les marquent profondément, beaucoup plus qu’elles ne marquent des adultes dont le cerveau est achevé.

Peut-être l’ignorez-vous, mais la pornographie associée à la masturbation et à l’orgasme qui s’ensuit constitue une drogue aux effets dévastateurs. Cette combinaison pornographie-masturbation-orgasme entraine la sécrétion de substances chimiques dans le cerveau auxquelles beaucoup d’hommes (et un certain nombre de femmes) deviennent dépendants.
Bien sûr, la réalité de l’addiction à la pornographie est contestée par certains, mais en général, ceux qui en nient l’existence n’ont même pas essayé d’arrêter. Il faut leur accorder autant de crédit qu’à un alcoolique qui vous expliquerait, une bouteille de pinard à la main, que la dépendance à l’alcool est une vue de l’esprit et que son goût pour la vinasse ne l’empêche pas d’être un bon père de famille et de ne battre sa femme que quand elle le mérite.
Plus sérieusement, les réticences à reconnaître la réalité de l’addiction à la pornographie et plus largement de l’addiction sexuelle ont plusieurs causes. Une cause idéologique d’abord. La dépendance au sexe ternit l’image d’une des idoles de notre époque : la fameuse libération sexuelle. Les tenants de l’idéologie soixante-huitarde ne veulent pas reconnaître qu’au lieu de la libération promise, c’est l’asservissement à nos pulsions, à nos désirs, à l’onanisme et à la pornographie qui est au rendez-vous. Si très peu de voix se font entendre au sujet de l’addiction à la pornographie, c’est aussi parce qu’elle fait les affaires des élites et du pouvoir. Elle transforme les hommes en loques et leur rend « supportable » une existence qui normalement devrait les conduire à faire la révolution. Le pouvoir a tout intérêt à ce que les Français aient les couilles aussi vides que la tête, il en va de sa survie (cf. Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley).

Pour en savoir plus sur l’addiction à la pornographie, le mieux est de visiter un forum d’entraide pour dépendants tel que celui-ci : http://www.pornodependance.com/

Conclusion

L’industrie pornographique produit des contenus abjects qui sont massivement consommés en France et dans le monde. C’est la combinaison de ces deux caractéristiques, qualitative pour la première et quantitative pour la seconde, qui rend le phénomène pornographique inquiétant. La lutte contre la pornographie doit nous préoccuper. J'espère vous avoir au moins convaincu de cela. Comme je le disais en préambule cette lutte, pour être victorieuse, suppose une bonne connaissance de l’ennemi. Il reste des choses à dire sur l’ennemi et tout particulièrement sur les pornographes eux-mêmes. J'ai mené l'enquête et j'ai quelques révélations à faire à leur sujet mais ça sera pour plus tard. A suivre...
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Re: Le point sur la pornographie

Message non lu par Cinci » ven. 29 mai 2015, 18:25

Merci pour le dossier à suivre.

Le phénomène mondial de la pornographie prend peut-être des proportions inédites en effet. Il peut valoir la peine de s'arrêter pour réfléchir là-dessus à l'occasion.

On a pu déjà évoquer le commerce international de l'armement, mais c'est à se demander si la pornographie ne représenterait pas un chiffre d'affaire dépassant de loin celui de l'autre industrie. Avec un tableau, ce pourrait être instructif. Genre : recettes de l'industrie de la porno en Californie versus le chiffre d'affaire des 5 plus grands producteurs de jeux vidéo, de sucre ou de café. Les profits des studios de cinéma "mainstream" à Hollywood versus ceux du studio X, etc.

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Kolia Karamazov
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Re: Le point sur la pornographie

Message non lu par Kolia Karamazov » ven. 29 mai 2015, 21:36

Selon Kassia Wosick, professeur assistante de sociologie à l'université du Nouveau Mexique, l'industrie pornographique pèse 97 milliards de dollars.

A tire de comparaison, le box office mondial représenterait environ 30 milliards de dollars et l’industrie des jeux-vidéo générerait un chiffre d’affaire de l’ordre de 100 milliards de dollars.

Ces chiffres ne nous renseignent qu’à moitié sur le succès réel que rencontrent les jeux-vidéo, les films ou les films X dans la mesure où chacun de ces produits peut faire l’objet de piratage. En ce qui concerne les films pornos, presque tout est gratuit et directement accessible sur des plates-formes comparables à Youtube. Les pornographes pleurnichent régulièrement à ce sujet, mais je doute que cela nuise vraiment à leurs affaires. La gratuité de la pornographie et le fait qu’elle soit très facile d’accès favorise grandement le développement des addictions notamment chez les plus jeunes. S’il fallait systématiquement débourser 30€, les ados et les étudiants n’en consommeraient pas autant, voire pas du tout.

A retenir : 97 milliards de dollars quand tout est gratuit, ça fait beaucoup.
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