Propagande à l'école

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Suliko
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Re: Propagande à l'école

Message non lu par Suliko » dim. 04 oct. 2020, 14:23

Mais la très grande majorité des Catholiques mettent leurs enfants en Ecole privée sous contrat ou en école laique ! Une minorité les met en écoles privées hors contrat et une infime minorité les éduque à la maison. Les catholiques ne sont pas concernés.
Bien sûr que si que cela vise également les catholiques, puisque la transmission de la foi se fait bien mieux dans les écoles hors contrat ou par l'éducation à la maison que dans les écoles sous contrat ou publiques. Ce genre de lois va rendre encore plus difficile aux catholiques traditionnels d'élever leurs enfants dans la foi !
Autrement dit, poser un regard lucide sur le projet politico-religieux totalitaire islamiste, contrecarrer leur projet par des mesures concrètes, favoriser le travail des hommes de bonne volonté dans l'islam qui défendent d'autres valeurs.
Si le gouvernement français avait vraiment voulu lutter contre une certaine éducation islamique, il aurait fortement réduit, voire stoppé l'immigration en provenance de pays musulmans. Accueillir une forte minorité musulmane pendant des décennies, puis s'étonner du communautarisme et du séparatisme d'une partie de ces populations, voilà qui est absurde ! Par ailleurs, à ma connaissance, les terroristes ayant perpétré des attentats sur le territoire français et éduqués en France ne l'ont pas été dans des écoles hors contrat ou à domicile : ils sont allés à l'école publique. Cela ne les a pas empêché d'adopter des idées fondamentalistes...

Je conseille à tous de lire ou relire l'encyclique Divini Illius Magistri de Pie XI, datée du 31 décembre 1929, dont je citerai un extrait :
De là il ressort nécessairement que l'école dite neutre ou laïque, d'où est exclue la religion, est contraire aux premiers principes de l'éducation. Une école de ce genre est d'ailleurs pratiquement irréalisable, car, en fait, elle devient irréligieuse. Inutile de reprendre ici tout ce qu'ont dit sur cette matière Nos Prédécesseurs, notamment Pie IX et Léon XIII, parlant en ces temps où le laïcisme commençait à sévir dans les écoles publiques. Nous renouvelons et confirmons leurs déclarations et, avec elles, les prescriptions des sacrés canons: La fréquentation des écoles non catholiques, ou neutres ou mixtes (celles à savoir qui s'ouvrent indifféremment aux catholiques et non-catholiques, sans distinction), doit être interdite aux enfants catholiques ; elle ne peut être tolérée qu'au jugement de l'Ordinaire, dans des circonstances bien déterminées de temps et de lieu et sous de spéciales garanties.
Il ne peut donc même être question d'admettre pour les catholiques cette école mixte (plus déplorable encore si elle est unique et obligatoire pour tous) où, l'instruction religieuse étant donnée à part aux élèves catholiques, ceux-ci reçoivent tous les autres enseignements de maîtres non catholiques, en commun avec les élèves non catholiques.
Ainsi donc, le seul fait qu'il s'y donne une instruction religieuse (souvent avec trop de parcimonie) ne suffit pas pour qu'une école puisse être jugée conforme aux droits de l'Eglise et de la famille chrétienne et digne d'être fréquentée par les enfants catholiques.
Pour cette conformité, il est nécessaire que tout l'enseignement, toute l'ordonnance de l'école, personnel, programmes et livres, en tout genre de discipline, soient régis par un esprit vraiment chrétien sous la direction et la maternelle vigilance de l'Eglise, de telle façon que la religion soit le fondement et le couronnement de tout l'enseignement, à tous les degrés, non seulement élémentaire, mais moyen et supérieur: " Il est indispensable, pour reprendre les paroles de Léon XIII, que non seulement à certaines heures la religion soit enseignée aux jeunes gens, mais que tout le reste de la formation soit imprégné de piété chrétienne. Sans cela, si ce souffle sacré ne pénètre pas et ne réchauffe pas l'esprit des maîtres et des disciples, la science, quelle qu'elle soit, sera de bien peu de profit; souvent même il n'en résultera que des dommages sérieux. "
Et qu'on ne dise pas qu'il est impossible à l'Etat, dans une nation de croyances diverses, de pourvoir à l'instruction publique autrement que par l'école neutre ou par l'école mixte, puisqu'il doit le faire pour être plus raisonnable, et qu'il le peut plus facilement en laissant la liberté et en venant en aide par des subsides appropriés à l'initiative et à l'action de l'Eglise et des familles.
Que cela soit réalisable à la satisfaction des familles et pour le bien de l'instruction, de la paix et de la tranquillité publiques, l'exemple de certains peuples, divisés en plusieurs confessions religieuses, le démontre. Chez eux l'organisation scolaire sait se conformer aux droits des familles en matière d'éducation pour tout l'enseignement (spécialement en accordant des écoles entièrement catholiques aux catholiques), mais ils observent encore le respect de la justice distributive, l'Etat donnant des subsides à toute école voulue par les familles.
En d'autres pays de religion mixte, les choses se passent autrement, mais là au prix d'une lourde charge pour les catholiques. Ceux-ci, sous les auspices et la direction de l'épiscopat, avec le concours infatigable du clergé séculier et régulier, soutiennent complètement à leurs frais l'école catholique pour leurs enfants, telle que l'exige d'eux un grave devoir de conscience. Avec une générosité et une constance dignes de tout éloge, ils persévèrent dans leur résolution d'assurer entièrement (comme ils l'expriment dans une sorte de mot d'ordre): " L'éducation catholique, pour toute la jeunesse catholique, dans des écoles catholiques. "
Pareil programme, si les deniers publics ne lui viennent pas en aide, comme le demanderait la justice distributive, du moins ne pourra pas être entravé par le pouvoir civil qui a vraiment conscience des droits de la famille et des conditions indispensables de la légitime liberté.
Mais là aussi où cette liberté élémentaire est empêchée ou contrecarrée de différentes manières, les catholiques ne s'emploieront jamais assez, fût-ce au prix des plus grands sacrifices, à soutenir et à défendre leurs écoles, comme à obtenir des lois justes en matière d'enseignement. Ainsi, tout ce que font les fidèles pour promouvoir et défendre l'école catholique destinée à leurs fils est œuvre proprement religieuse, et partant devient un devoir essentiel de l'" Action catholique ". Elles sont donc particulièrement chères à Notre cœur paternel et vraiment dignes d'une haute approbation toutes ces associations spéciales qui, chez différentes nations, s'appliquent avec tant de zèle à une œuvre si nécessaire.
Qu'il soit donc proclamé hautement, qu'il soit bien entendu et reconnu par tous que, en procurant l'école catholique à leurs enfants, les catholiques de n'importe quelle nation ne font nullement œuvre politique de parti, mais œuvre religieuse indispensable à la paix de leur conscience; qu'ils ne cherchent pas du tout à séparer leurs fils du corps et de l'esprit de la nation, mais bien au contraire à leur donner l'éducation la plus parfaite et la plus capable de contribuer à la prospérité du pays. Un bon catholique, en effet, en vertu même de la doctrine catholique, est le meilleur des citoyens, attaché à sa patrie, loyalement soumis à l'autorité civile établie, sous n'importe quelle forme légitime de gouvernement.
C'est pourquoi elle seule, prédestinée avant les générations et annoncée par les prophètes, la Mère du Créateur de tout l'univers, non seulement n'a participé en rien à la tache originelle, mais elle est toujours demeurée pure comme le ciel et toute belle. (extrait du règlement pour le monastère de Biélokrinitsa (1841)

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Re: Propagande à l'école

Message non lu par Carolus » dim. 04 oct. 2020, 14:31

Kerniou a écrit :
dim. 04 oct. 2020, 11:26
Kerniou :

Ne faut-il pas, un jour, sortir du cocon familial ?
Vous posez une bonne question, chère Kerniou. :)
Pr 22, 6 Instruis l'enfant selon la voie qu'il doit suivre ; et, même lorsqu'il sera vieux, il ne s'en détournera pas.
Tout dépend du genre de cocon familial, n’est-ce pas ? :(
Jn 14, 6 Jésus lui dit : " Je suis le chemin, la vérité et la vie ; nul ne vient au Père que par moi.
Il faut que nos enfants trouvent la voie resserrée qui mène à la vie, n’est-ce pas ? 🙏

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Re: Propagande à l'école

Message non lu par Fleur de Lys » mer. 07 oct. 2020, 0:37

Sur Le Figaro:
https://www.google.fr/amp/s/amp.lefigar ... s-20201005

"Emmanuel Macron l’a dit: «nous formons les consciences»."
Ces propos rappellent à ceux qui l’auraient oublié que la République n’est pas la Démocratie...
[+] Texte masqué
Le fait de supprimer l’école à la maison pourrait cristalliser ces tensions car, en même temps qu’il réaffirme la domination républicaine sur l’autonomie individuelle, il vient opérer un renversement de perspective: alors que la liberté doit être la règle et la restriction l’exception, il propose de faire de l’interdiction la norme et de la liberté un privilège octroyé par l’État.
Un commentaire de lecteur:
Ctoche
le 06/10/2020 à 11:24
il a contraint 99% des enfants à l'enseignement à domicile pendant 3 mois, et désormais, il l'interdit ..
:s tout va bien...

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Re: Propagande à l'école

Message non lu par Kerniou » mer. 07 oct. 2020, 19:45

"L'enseignement contraint" à la maison est une mesure de protection sanitaire ... pour une fois que le gouvernement se soucie de la santé de la population ...
S'il n'avait rien fait on le lui reprocherait son indifférence face à la santé de la population ...
Il n'est pas facile de prendre des décisions de cette importance quand on n'a pas connaissance de tous les élément relatifs à la pandémie ...
je dirais que, dans le doute, mieux vaut prendre "trop" de précautions que pas assez ...
la république on peut, certes, en critiquer le système, n'est sans doute pas la seule possibilité de démocratie mais elle vaut mieux, à mon avis, que le pouvoir absolu ... Elle garantit, en France, des élections programmées qui se déroulent pacifiquement ... Il est dommage que la participation aux élections se restreigne au fil du temps ...
Les états parfaits, les régimes politiques parfaits, les gouvernements parfaits, les institutions parfaites et les citoyens parfaits n'existent pas ...alors faisons avec notre réalité imparfaite ... l'imperfection n'est-elle pas la caractéristique de notre humanité? ...
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Re: Propagande à l'école

Message non lu par Honorat » jeu. 08 oct. 2020, 16:41

En lui-même, un système politique importe peu, pourvu qu'il ne contrevienne pas à la doctrine et à la morale catholiques. Le problème survient lorsque l'État promeut une morale ou une doctrine qui s'oppose à l'enseignement de l'Église catholique, et c'est ce que nous observons dans les écoles françaises avec la promotion de l'avortement. À cela, nous pouvons ajouter la légalisation de l'usure, le mariage des invertis, etc. La question n'est donc pas de savoir si le système politique français est meilleur qu'un autre, ou moins pire, mais seulement de savoir s'il est bon.
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Re: Propagande à l'école

Message non lu par Kerniou » ven. 09 oct. 2020, 1:49

La suppression de la clause de conscience des médecins face à la pratique d'avortements votée, hier, au parlement me paraît beaucoup plus grave ...
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Re: Propagande à l'école

Message non lu par Suliko » ven. 09 oct. 2020, 13:04

Kerniou a écrit :
ven. 09 oct. 2020, 1:49
La suppression de la close de conscience des médecins face à la pratique d'avortements votée, hier, au parlement me paraît beaucoup plus grave ...
J'ai toujours trouvé que ces clauses de conscience n'étaient pas du tout satisfaisantes. En somme, si un médecin ne veut pas pratiquer un avortement, il est à ma connaissance néanmoins obligé de rediriger la patiente vers un confrère qui lui, le pratiquera. Idem pour les pharmaciens ne voulant pas vendre de pilules (contraceptives ou du lendemain). De graves problèmes de conscience demeurent, puisqu'on demande toujours au catholique concerné de participer à un péché grave ! C'est comme si, pendant une guerre, on disait à un soldat qu'il n'est pas obligé de tuer lui-même les civils capturés, mais qu'il doit les livrer à quelqu'un qui s'en chargera... Vous voyez bien l'absurdité de la situation !
J'en ai aussi plus qu'assez de ces pseudo conservateurs qui commencent toujours prudemment leur discours par des formules telles que "il n'est évidemment pas question de remettre en cause le droit à l'avortement...". Et bien si, sa remise en cause est fondamentale et heureusement que dans certains pays, on est moins frileux pour oser en parler. Je pense notamment aux USA, où des militants pro-vie ont le courage de remettre en cause à la fois l'avortement et la contraception hormonale. C'est une chose que j'admire dans ce pays (qui ne m'est pourtant guère proche) : les chrétiens conservateurs osent appeler un chat un chat.
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Re: Propagande à l'école

Message non lu par Kerniou » sam. 10 oct. 2020, 11:17

J'entends votre point de vue; mais, maintenant, les médecins vont être OBLIGES de pratiquer l'avortement.
Alors même que certains qui y sont favorables disent qu'il leur est pénible d'en pratiquer souvent ...
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Re: Propagande à l'école

Message non lu par Suliko » sam. 10 oct. 2020, 13:33

J'entends votre point de vue; mais, maintenant, les médecins vont être OBLIGES de pratiquer l'avortement.
Non, ils ne seront pas obligés et s'ils sont catholiques, ils ne le feront pas, mais devront en subir les conséquences. Mais ce que je voulais dire, c'est que déjà auparavant, on demandait à des catholiques de diriger leurs patientes vers des avorteurs. C'était déjà en soi moralement très problématique et je suis étonnée que cela n'ait apparemment pas vraiment posé de problèmes aux catholiques concernés. A force de tout accepter, on se dirige vers des pratiques toujours plus extrêmes. Il fallait dire non possumus dès le début, à une époque où la majorité des médecins et pharmaciens étaient encore soit catholiques, soit marqués par la morale catholique. Il est tout à fait évident que plus les catholiques font de concessions à la partie adverse, plus ils se retrouvent dans des situations moralement intenables. Prenons un exemple tout à fait caractéristique : le divorce. De nos jours, la très grande majorité des catholiques, y compris conservateurs, qualifie de mari et femme n'importe quel couple marié civilement, alors que d'un point de vue religieux, on ne peut pas séparer le sacrement du contrat civil et que par conséquent, les mariés civilement et les divorcés-remariés ne devraient pas être appelés ainsi. Lorsqu'une loi immorale rentre dans les mœurs, elle finit par refaçonner toute la société. C'est la même chose avec l'avortement : beaucoup de gens se qualifiant de conservateurs en viennent sincèrement à penser que la loi Veil était un bon accommodement et que c'est à présent que la société va trop loin, alors que d'un point de vue catholique, la loi Veil est intrinsèquement immorale et indéfendable. Je ne serais pas étonnée que dans 10 ans, nos chers conservateurs en viennent à considérer que l'avortement jusqu'à 14 semaines était un accommodement raisonnable et que ce sont les revendications auxquelles ils auront à faire face (avortement jusqu'à 16 semaines, ou sans délais) qui sont une rupture déraisonnable.
Cela fait des décennies, et même plus, que les catholiques se voient affirmer qu'ils leur faut faire des concessions pour sauver l'essentiel. Un essentiel qui ne cesse de se réduire comme peau de chagrin... Et si nous cessions d'adopter cette attitude passive qui ne nous a rien apporté ? Adopter un langage clair serait déjà un très bon début. Je ne sais plus quel ancien empereur de Chine avait déclaré que la première chose qu'il ferait une fois au pouvoir, c'est restaurer le véritable sens des mots.

P.S. : Je me demande même s'il est possible à l'heure actuelle d'être gynécologue-obstétricien dans le respect de la foi catholique. C'est une question ouverte que je pose, car j'ai effectivement du mal à imaginer qu'un tel médecin, même indépendant, puisse refuser de prescrire ou de poser des moyens de contraception ou de pratiquer des avortements, ou même de rediriger une éventuelle patiente vers un collègue prêt à le faire. Est-ce que je me trompe ? J'imagine que la situation varie d'un pays à un autre...
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Re: Propagande à l'école

Message non lu par Gaudens » sam. 10 oct. 2020, 18:53

Je suis pour une fois assez en accord avec vous Suliko: il se passe chez les catholiques la même chose, avec cependant un réel décalage dans l'acceptation des novations anthropologiques et morales qui affectent nos sociétés , que dans le public moyen, vaguement baigné d'un reste de culture chrétienne mais acquis pour l'essentiel au primat de quelques idées forces : primat de l'égalité sur toute autre notion, refus de toute discrimination quelle qu'elle soit - et donc de tout discernement des situations- , féminisme idéologique allant jusqu'à la théorie du genre, etc... Et de la même façon, tendance à exercer peu ou pas de résistance à ce que des lobbys puissants adossés au pouvoir des média dominants et de l'argent, infusent avec méthode dans le corps social, jour après jour, mois après mois, année après année.
Cela dit je n'ai pas honte de dire que si la loi Veil eût été un point d'arrivée définitif et intouchable, non pollué par des décrets successifs modifiant chaque fois quelque peu son esprit et par des lois ultérieures plus radicales (processus dont on voit bien qu'on n'en touche jamais le bout) , j'aurais accepté la situation née de cette loi. Les hommes (dont les femmes) et les sociétés ne sont pas parfaits et l'esprit de compromis peut aussi accompagner l'esprit de compassion. Mais en constatant l'évolution que l'on sait, dont les toutes dernières dérives de ces semaines -ci, je deviens de plus en plus critique voire radica . Loi ou pas loi, je souhaite qu'on puisse vivre à l'avenir dans un pays où on n'avorte plus. Rien de plus et rien de moins . Alors évidemment, il faut se battre et en particulier obtenir une clause de conscience générale sans obligation de désigner un autre tueur comme l'indique Suliko. Le combat ne fait que commencer.

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Re: Propagande à l'école

Message non lu par Suliko » sam. 10 oct. 2020, 23:05

Cela dit je n'ai pas honte de dire que si la loi Veil eût été un point d'arrivée définitif et intouchable, non pollué par des décrets successifs modifiant chaque fois quelque peu son esprit et par des lois ultérieures plus radicales (processus dont on voit bien qu'on n'en touche jamais le bout) , j'aurais accepté la situation née de cette loi. Les hommes (dont les femmes) et les sociétés ne sont pas parfaits et l'esprit de compromis peut aussi accompagner l'esprit de compassion.
C'est inadmissible d'un point de vue catholique et cela montre que nous ne sommes pas sur la même longueur d'onde. Il ne s'agit pas ici d'une politique du moindre mal, comme beaucoup le pensent, puisque le choix s'est fait entre un mal (légaliser l'avortement) et un bien (ne pas le légaliser). Par ailleurs, j'aimerais rappeler que dans beaucoup de pays, la légalisation de l'avortement à la demande durant le premier trimestre (grosso modo) a été précédée par une légalisation de l'avortement dit thérapeutique (sauf erreur, en 1955 en France et encore plus tôt dans d'autres pays). La ligne rouge avait donc déjà été franchie avant Simone Veil ! Il était donc dès lors déjà possible de se douter que la loi n'en resterait pas là. Et à chaque nouvelle étape, nombre de conservateurs nous assurent que ce n'est pas si grave, que l'essentiel n'est pas encore touché... A la fin du XIXe siècle en France, l'essentiel, c'était le refus du divorce. Aujourd'hui, je suis presque certaine que si je faisais un sondage sur ce forum, la grande majorité des catholiques ne pourrait même envisager que ce droit soit aboli et le principal argument serait que tant que la loi ne force pas les catholiques à en user, ce n'est pas si grave, et que de toute façon, la majorité de la population n'est plus croyante et qu'on ne saurait lui imposer la morale catholique.
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Re: Propagande à l'école

Message non lu par Altior » dim. 11 oct. 2020, 6:46

Bonjour, Suliko!
Par ailleurs, j'aimerais rappeler que dans beaucoup de pays, la légalisation de l'avortement à la demande durant le premier trimestre (grosso modo) a été précédée par une légalisation de l'avortement dit thérapeutique (sauf erreur, en 1955 en France et encore plus tôt dans d'autres pays). La ligne rouge avait donc déjà été franchie avant Simone Veil ! Il était donc dès lors déjà possible de se douter que la loi n'en resterait pas là.
Je note simplement que les intervalles entre les étapes de l'agenda des ennemis de Dieu se raccourcissent. Soit ils ont perdu la patience, soit ils ont constaté que ça passe de plus en plus facilement. Il y a seulement quelque mois, la période dans laquelle on pouvait tuer son enfant légalement avait était prolongée en invoquant le virus de la grippe chinoise et l'état d'urgence associé: c'était une exception due au fait que les médecins ont été amenés à repporter leurs interventions. Maintenant, cela est introduit dans la loi de la «bioétique». L'exception devenue règle, l'accident devenu coutume...

le principal argument serait que tant que la loi ne force pas les catholiques à en user, ce n'est pas si grave,
Petit à petit (pourtant de plus en plus vite, voir plus haut), nous y arrivons. Déjà les pharmaciens avaient perdu la liberté de conscience, puisqu'ils étaient obligés de délivrer des médicaments abortifs si le patient se présentait avec une ordonnance. La loi avait commencé à obliger les catholiques à en user. Maintenant, ça devient pareil pour les médecins. Demain, l'avortement ne sera plus ni «droit», ni «choix», comme en Chine communiste.
Hier, les parents avaient le droit d'introduire leurs enfants dans la machine à écerveller de l'école dès 3 ans. C'était «mon gosse, mon choix». Eh bien, cela est devenu obligatoire.
Aujourd'hui encore, les parents ont le droit (déjà sous condition) de faire l'école à la maison. Vite cela va changer, ils n'auront plus d'alternative.
Jusqu'en 2018 il y avait 3 vaccins obligatoires. Pour les autres, c'était «ma cuisse, mon choix». Les autres étaient recommandés. Eh bien, ils sont devenus obligatoires.

Le schéma devient visible par répétition. On passe de l'exception à l'exception devenue coutume, de l'exception devenue coutume à la recommandation et de là, à l'obligation.

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Re: Propagande à l'école

Message non lu par Fleur de Lys » dim. 11 oct. 2020, 7:57

Kerniou a écrit :
mer. 07 oct. 2020, 19:45
"L'enseignement contraint" à la maison est une mesure de protection sanitaire ... pour une fois que le gouvernement se soucie de la santé de la population ...
Je ne remets pas en cause cet enseignement contraint par des mesures sanitaires. Mais cela ne vous interpelle pas qu'un an plus tard cela soit le contraire qui soit contraint? C'était sans doute prévu depuis longtemps mais tout de même ça arrive dans une drôle de période.

Quant au médecin refusant l'avortement est obligé malgré tout de renseigner sa patiente, au moins cela lui permettait de se dire contre. C'était bien peu mais c'était déjà ça!
L'avortement est un drame et plus personne n'a le droit de proposer une alternative.

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Re: Propagande à l'école

Message non lu par Gaudens » lun. 12 oct. 2020, 13:36

Bonjour Suliko,
Je ne vais pas entrer dans un débat un peu vain : savoir s'il s'agit toujours radicalement de choisir entre un bien et un mal sans aucune place à la notion de moindre mal.Une notion qui ,de toutes façons, variera d'un jugement moral à un autre, d'une situation particulière à une autre, d'une personne à une autre enfin.Vous et moi ne coinciderions pas nécessairemnt en tout cela.
Je souhaite seulement pointer du doigt deux réalités:
-avec votre jusqu'au boutisme systématique,comment voulez-vous gagner si peu que ce soit la bataille de l'opinion que nous avons complètement perdue? En réclamant hic et nunc l'interdiction de tout avortement* ? En pétitionnant dès aujourd'hui pour l'interdiction du divorce et aussi d'autres choses(mariage entre personnes du même sexe - ce en quoi ,je vous suivrais cependant totalement malgré l'évolution des esprits en 6 ans ) ,du PACS ,etc ... ?
-vous semblez quelques uns à ne pas comprendre que nous sommes sortis définitivement d'un monde où l'Enseignement de l'Eglise si saint et bienfaisant soit-il,n'est plus le presque équivalent de la charia du monde musulman . Le défi qui est le nôtre aujourd'hui est que les catholiques l'intégrent et y adhèrent sincèrement afin de l'infuser autant qu'ils le pourront dans la société voire la législation des pays où ils vivent;rien de plus et rien de moins.Tout le reste est du pur rêve d'une restauration impossible et conduit à laisser le monde à sa misère actuelle.

* votre exemple de l'avortement thérapeutique me parait une autre illustration de votre jusqu'auboutisme:j'ignorais qu'il fut introduit dès 1955 mais je doute qu'il ait été à cette époque l'équivalent de ce qu'on entend par là aujourd'hui . Ne s'agissait-il pas des cas extrêmes où la vie de la mère était clairement en danger? Je sais que longtemps l'Eglise privilégia dans ce cas la vie de l'enfant à naitre et non celle de la mère :le cas est par exemple central dans le livre un peu oublié maintenant de l'américain John Morton Robinson:"Le Cardinal" , inspiré romanesquement de la vie du cardinal Spelmann ,, me semble-il.

Thurar
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Re: Propagande à l'école

Message non lu par Thurar » lun. 12 oct. 2020, 19:57

Gaudens, vous nous expliquez qu'il faut mettre de l'eau dans son vin, si j'ai bien compris ?
Ce n'est pas du tout ce que nous a dit Jésus-Christ : la loi ne changera pas d'un iota et il ne faut faire aucune concession, quitte à tout perdre dans cette vie (celui qui voudra sauver sa vie la perdra). Il faut s'attendre à être haï et persécuté par le monde, voire même tué (ce que je ne souhaite pas du tout ! ).

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