Le traditionalisme et l'intégrisme

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Re: Le traditionalisme et l'intégrisme

Message non lu par Ephraim » mer. 22 déc. 2021, 11:35

C'est qui "vous"?
Vous lancez le sujet sur Don Camillo et les "curés qui se retroussent les manches" qui d'après vous, on fait fuir les fidèles, plus que les réformes liturgiques, je vous réponds sur ce point, en précisant clairement ma préférence pour ce type de curés " à l'ancienne".
On est dans le sujet, personne ne tue le débat.
Vous avez lancé ce sous-sujet, et vous venez pleurer quand les réponses ne vous conviennent pas.

Gaudens
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Re: Le traditionalisme et l'intégrisme

Message non lu par Gaudens » mer. 22 déc. 2021, 12:29

En fait, c'est Relief qui a amené Don Camillo sur ce fil,photo à l'appui .Où peut mener la mention de la barrette ,quand même !
Je ne lui aurais jamais cru un tel pouvoir de mobilisation ...
Le sujet ,outre le titre général (pris par défaut), c'est pourtant le" combat" entre deux motu prioprios de deux papes successifs.

Ephraim
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Re: Le traditionalisme et l'intégrisme

Message non lu par Ephraim » mer. 22 déc. 2021, 12:54

Au temps pour moi. :)
Cela dit, réjouissons-nous de la capacité de Don Camillo a avoir un tel pouvoir de mobilisation.
Mais il me semble que c'est justement une part du sujet : la représentation du prêtre d'avant le Concile et celle d'après. Il me semble que la figure de Don Camillo est bien plus à l'honneur du Catholicisme que celle du curé de "la vie est une long fleuve tranquille" avec son célèbre "Jésus reviens". Ce sont les deux illustrations, pas toujours si caricaturales de deux types de prêtres.

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Re: Le traditionalisme et l'intégrisme

Message non lu par ademimo » mer. 22 déc. 2021, 21:37

[du calme SVP. La modération]

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Re: Le traditionalisme et l'intégrisme

Message non lu par Cinci » jeu. 23 déc. 2021, 13:49

Gaudens a écrit :
En fait, c'est Relief qui a amené Don Camillo sur ce fil,photo à l'appui .Où peut mener la mention de la barrette ,quand même !
Je ne lui aurais jamais cru un tel pouvoir de mobilisation ...
Je penserais pouvoir comprendre un peu votre surprise. Gaudens.

:)

Je me suis trouvé moi-même surpris, il y a quelque temps, découvrant combien l'auteur du petit monde de Don Camillo ne semblait pas du tout avoir été un chaud partisan de l'aggiornamento dans l'Église; à vrai dire, il n'était fan d'aucune des réformes impulsées en principe par le bon pape Roncalli. Aujourd'hui, l'on nous le classerait sans mal parmi les «réactionnaires». Graine d'extrémiste de droite, en parlant de Guareschi.

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Re: Le traditionalisme et l'intégrisme

Message non lu par Cinci » sam. 25 déc. 2021, 23:18

Présentation d'un «traditionaliste et intégriste» d'un autre siècle, au Canada français, l'abbé Elzéar Delamarre (1854-1926), fondateur du sanctuaire au lac Bouchette :

https://crc-canada.net/eglise-au-canada ... hette.html

[...]

Il a tout cependant pour retenir notre intérêt [le sanctuaire] et attirer notre dévotion puisqu’il a participé à l’endiguement du libéralisme pendant plusieurs décennies, grâce à son fondateur, l’abbé Elzéar DeLamarre

[...]

Au bout de quatre ans de ce régime, épuisé, il doit aller se reposer en Floride. Mais, à l’encontre des noirs pronostics des médecins, il se remet et en profite pour prendre contact avec les Franco-américains, ce qui affermit encore ses convictions nationalistes.

[...]

À ses yeux, la religion est un amour de Jésus et de Marie, et donc un combat multiforme contre le démon. Or, ici, il est clair que le protestantisme est l’auxiliaire du Malin, l’ennemi extérieur de l’Église, tandis que le libéralisme en est l’ennemi intérieur. Son séjour aux États-Unis lui fait voir la puissance du catholicisme contre le protestantisme, à condition que sa foi, sa morale et sa discipline soient vécues sans compromis



à Lourdes, il rencontre le Père Marie-Antoine de Lavaur, le saint religieux, promoteur des pèlerinages à la grotte de Massabielle. Sa prédication tonitruante, sa dévotion triomphaliste, sa confiance absolue dans le triomphe de l’Immaculée, ses dénonciations des erreurs modernes, l’enthousiasment et lui donnent à jamais une grande admiration des capucins.

[...]

SAINT ANTOINE AU SAGUENAY

De retour au pays, l’abbé DeLamarre n’allait pas tarder à faire preuve de son ardente dévotion pour celui qu’on nomma “ le marteau des hérétiques ” aussi bien que “ le père des pauvres ”.

[saint Antoine, le marteau des hérétiques ...]

[...]


“ LE MARTEAU ” DU LIBÉRALISME

En 1898, avec l’abbé Eugène Lapointe, le futur fondateur du premier syndicat catholique au Canada, il lance le journal La Défense pour défendre les intérêts religieux et nationaux des Canadiens-français. Comme dans Le Messager, l’abbé DeLamarre y pourchasse l’indifférentisme et l’impiété des doctrines tendancieuses répandues par les journaux protestants ou libéraux, que ce soit « l’Américanisme accommodant » ou bien le « modernisme pernicieux qui tend, par une adaptation odieuse des dogmes et de la morale catholique, au paganisme actuel ».

[on note : ... pour défendre les intérêts religieux et nationaux ... et nationaux des Canadiens-français ... l'abbé pourchasse les doctrines tendancieuses répandues par les journaux protestants et libéraux ... l'américanisme et le modernisme ... l'adaptation odieuse des dogmes et de la morale catholique ...

[...]

Il s’en prend à la franc-maçonnerie, « l’église de Satan », aussi bien qu’aux grands principes révolutionnaires : « Liberté, égalité, fraternité. Tout ce que contenaient ces trois mots a fait la plus évidente banqueroute. La liberté a produit l’asservissement de l’homme ; l’égalité a donné le monopole et l’impôt écrasant ; la fraternité a enfanté les massacres et les boucheries qu’on appelle la guerre ». Nombre de ses réflexions restent d’actualité, par exemple : « Le mal n’est pas dans le progrès même. Il est dans ceux qui se font contre Dieu une arme de ce progrès. Dieu hors du monde, c’est le règne de l’or et du fer, de la sensualité et de la brutalité ».

[note : l'enseignement répercuté par l'abbé Delamarre correspond, point par point, à une position globale la plus contraire à celle de la hiérarchie de notre Église catholique d'aujourd'hui.]


Cependant, les épreuves ne lui sont pas épargnées. En particulier, il est la cible de critiques de plus en plus acerbes, quoique voilées. Il faut savoir que dans ce diocèse de Chicoutimi, où les intérêts économiques sont aux mains de grandes familles anglo-protestantes, le clergé est en partie libéral. L’incessante polémique que soutient l’abbé DeLamarre en indispose plus d’un, même parmi ses confrères du Séminaire, inquiets de son emprise sur les jeunes clercs qui lui sont très attachés.

Sa dévotion à saint Antoine catalyse les critiques. Elle déchaîne les esprits forts, on parle de superstition, on l’accuse « d’exploiter la crédulité populaire ».


L’abbé fit contre mauvaise fortune bon cœur. Considérant qu’il valait mieux se tenir éloigné un temps de Chicoutimi, il se construisit une modeste résidence avec l’aide de sa famille, et en particulier de son neveu, Victor DeLamarre, le fameux homme fort. Il la baptisa Ermitage San Antonio. Il y adjoignit une petite chapelle dédiée à saint Antoine, que son ami, le peintre nationaliste Charles Huot, décora entièrement de belles peintures représentant les scènes les plus marquantes de la vie du grand thaumaturge.

Comme l’abbé DeLamarre ne peut rester insensible à la moindre détresse, il accueille les visiteurs, les fait prier, les confesse, les console. Et c’est ainsi que chaque été, car l’ermitage n’est pratiquement pas habitable l’hiver, le pèlerinage s’étoffe malgré l’austérité des lieux. À ses sœurs qui avaient voulu les aménager plus confortablement, l’abbé avait répondu : « Ce n’est pas un lieu de luxe, c’est un lieu de prière et de pénitence ! »


Voici ce qu'est devenu son lieu de «prière et pénitence» depuis l'an 2000 ...

https://st-antoine.org/fr/

https://st-antoine.org/fr/visiter/attra ... activites/

Un centre de villégiature, loisir, délassement, repos pour la petite famille, un coin nature pour se ressourcer et se sensibiliser également à une spiritualité plurielle, écologique, tolérante et tout.

La dernière fois que je lisais le programme des activités (il y a deux ans) : l'animateur invité qui assurait une série de conférences pour la saison était un ex-jésuite ayant ni plus ni moins rompu les amarres avec la foi catholique, un écrivain de style new age désormais (ouvert à toutes les spiritualités) pour entretenir les visiteurs de yoga, méditation de pleine conscience, etc. Pour survivre, les capucins du cru auront dü s'adapter au marché il faut croire. Le marché du tourisme spirituel.

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Re: Le traditionalisme et l'intégrisme

Message non lu par Perlum Pimpum » mer. 29 déc. 2021, 21:20

.
Dernière modification par Perlum Pimpum le mar. 14 juin 2022, 11:37, modifié 1 fois.
« L’âme bavarde est vide intérieurement. Il n’y a en elle ni vertus fondamentales ni intimité avec Dieu. Il n’est donc pas question d’une vie plus profonde, d’une douce paix, ni du silence où demeure Dieu. L’âme qui n’a jamais goûté la douceur du silence intérieur est un esprit inquiet et elle trouble le silence d’autrui. J’ai vu beaucoup d’âmes qui sont dans les gouffres de l’Enfer pour n’avoir pas gardé le silence. »

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Re: Le traditionalisme et l'intégrisme

Message non lu par Toto2 » jeu. 30 déc. 2021, 12:48

Bonjour,

La question serait plutôt : pourquoi certains évêques (ou prêtres) veulent-ils à tout prix concélébrer et forcer des prêtres à concélébrer alors que ceux-ci ont mieux à faire?
Voir ici un très long fil : viewtopic.php?f=149&t=42849 où ma conclusion personnelle est que la concélébration n'apporte strictement rien, et je n'ai pas trouvé un seul argument en faveur de l'extension au-delà de ce que prévoyait le missel de 1962.

Bonne journée

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Re: Le traditionalisme et l'intégrisme

Message non lu par Cinci » jeu. 30 déc. 2021, 16:00

Relief a écrit :Le pape François veut des prêtres à l'image de Don Camillo
... à l'image de la personnalité apparemment frustre, spontanée ou impliquée en bras de chemise du personnage. Oui. Pour l'image certainement !

Pas convaincu, par contre, si je considère le cléricalisme dont le Don Camillo de Guareschi fait preuve, ainsi que les superstitions ou fétichismes accompagnant son ministère : le crucifix géant, les trop nombreux cierges, les processions publiques, le Saint Sacrement, etc. Si Don Camillo avait pu voir Mgr Bergoglio invité des danseurs de tango à performer devant l'autel, en pleine messe, je pense qu'il aurait pu lui briser un cierge pascal sur le dos.

:)

Cinci
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Re: Le traditionalisme et l'intégrisme

Message non lu par Cinci » jeu. 30 déc. 2021, 16:47

En fait, le point de vue que le pape François adore : c'est sans doute, bien davantage, celui que le réalisateur français du film de 1951, Julien Duvivier, faisait exprimer au Christ du maître-autel, et avec qui Don Camillo échange souvent. Dans Le Petit monde de Don Camillo, le Christ qui s'exprime est un «bon gars», modéré, compréhensif envers Pepponne, toujours prêt à excuser les faiblesses des habitants de la commune.

C'est le Christ de la série de films qui enchante le Souverain Pontife actuel en rétrospective, je croirais. Je fais abstraction ici du bagout des acteurs


... le Christ du maître-autel apparaît comme l’interlocuteur privilégié de Don Camillo, puisque dans le deuxième film de la série (Le Retour de Don Camillo), celui-ci, exilé dans une petite paroisse de montagne où le Christ ne lui répond pas, retourne dans son ancienne église afin d’y prendre le crucifix du maître-autel pour le ramener avec lui. Également, dans le quatrième film de la série (Don Camillo monseigneur), Don Camillo, évêque à Rome, parle au Christ sans que celui-ci ne lui réponde. C’est à l’occasion d’un retour dans son ancienne paroisse qu’il peut reprendre ses conversations avec le Christ, en parlant à nouveau avec celui du maître-autel.

https://www.cairn.info/revue-reseaux-2013-4-page-13.htm

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