Divinité de Jésus dans l'Évangile selon Saint-Luc

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Carolus
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Re: Divinité de Jésus dans l'Évangile selon Saint-Luc

Message non lu par Carolus » lun. 09 nov. 2020, 21:40

Invité a écrit :
lun. 09 nov. 2020, 19:23
Invité :

Mais je pense avoir le droit, de poser une réflexion sur la pertinence de la divinité de Jésus et de la Trinité à partir de l'étude de l'Évangile selon Saint-Luc et des Actes des Apôtres.

Sans doute, cher Invité. :)

Vous avez ce droit.
Invité a écrit :
lun. 09 nov. 2020, 19:23
Invité :

Sur quels versets s'appuyer pour "défendre" ce point central de la foi quand l'évangéliste établit une distinction bien réelle entre Dieu et l'homme Jésus?
Tous les évangélistes établissent une « une distinction bien réelle entre Dieu et […] Jésus ».

DIEU LE PÈRE n’est pas DIEU LE FILS.
Lc 1, 35 L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu.
Cependant, le Fils (majuscule) de Dieu est DIEU LE FILS.

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Re: Divinité de Jésus dans l'Évangile selon Saint-Luc

Message non lu par gerardh » lun. 09 nov. 2020, 21:53

__

Bonsoir Invité,

J’ai précédemment montré par 3 exemples que Jésus est Dieu. Il est aussi Fils de Dieu, c'est-à-dire Dieu. En effet, nous lisons en Jean 5:18 : « À cause de cela donc les Juifs cherchaient d'autant plus à le faire mourir, parce que non seulement il violait le sabbat, mais aussi parce qu'il disait que Dieu était son propre Père, se faisant égal à Dieu ». Par contre on ne verra pas, sauf erreur, dans la Bible, l’expression « Dieu le Fils ». Mais nous comprenons bien ce que cela signifie.

Voici dans l’évangile selon Saint Luc et dans les Actes des apôtres quelques versets qui indiquent, au moins indirectement, la divinité de Jésus :

Luc 1:32 Il sera grand et sera appelé le Fils du Très-haut ; et le *Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ;
Luc 1:35 Et l'ange, répondant, lui dit : L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-haut te couvrira de son ombre ; c'est pourquoi aussi la sainte chose qui naîtra sera appelée Fils de Dieu.
Luc 3:38 d'Énos, de Seth, d'Adam, de Dieu.
Luc 4:34 disant : Ha ! qu'y a-t-il entre nous et toi, Jésus Nazarénien ? Es-tu venu pour nous détruire ? Je te connais, qui tu es : le Saint de Dieu.
Luc 4:41 Et les démons aussi sortaient de plusieurs, criant et disant : Tu es le Fils de Dieu. Et, les tançant, il ne leur permettait pas de parler, parce qu'ils savaient qu'il était le Christ.
Luc 4:41 Et les démons aussi sortaient de plusieurs, criant et disant : Tu es le Fils de Dieu. Et, les tançant, il ne leur permettait pas de parler, parce qu'ils savaient qu'il était le Christ.
Luc 8:28 Et ayant aperçu Jésus, et s'étant écrié, il se jeta devant lui, et dit à haute voix : Qu'y a-t-il entre moi et toi, Jésus, Fils du Dieu Très-haut ? Je te supplie, ne me tourmente pas.
Luc 17:21 et on ne dira pas : Voici, il est ici ; ou, voilà, il est là. Car voici, le royaume de Dieu est au milieu de vous.
Luc 18:19 Et Jésus lui dit : Pourquoi m'appelles-tu bon ? Nul n'est bon, sinon un [seul], Dieu.
Luc 22:70 Et ils dirent tous : Toi, tu es donc le Fils de Dieu ? Et il leur dit : Vous dites vous-mêmes que je le suis.
Actes 2:33 Ayant donc été exalté par la droite de Dieu, et ayant reçu de la part du Père l'Esprit Saint promis, il a répandu ce que vous voyez et entendez.
Actes 7:56 et il dit : Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l'homme debout à la droite de Dieu.

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Re: Divinité de Jésus dans l'Évangile selon Saint-Luc

Message non lu par Milla » lun. 09 nov. 2020, 21:54

Invité a écrit :
lun. 09 nov. 2020, 19:23
Je renouvelle donc ma question: quels versets de l'Évangile selon Saint-Luc et des Actes des apôtres accréditent non pas l'existence de Jésus comme Fils de Dieu (tellement évident à la lecture!) mais comme Dieu le Fils? Une distinction que soulève (malheureusement) la lecture des écrits de Saint-Luc.
Bonsoir Invité,

je comprends le « D’où me vient que la mère de mon Seigneur vienne à moi ? » d’Élisabeth à Marie comme une marque de la divinité de l'enfant à naître (commentant ce passage, saint Ambroise décrit la Vierge comme "féconde du Verbe, pleine de Dieu").
Ceci dit, je ne lis pas le grec. J'imagine qu'on peut entendre Seigneur de différentes façons.
Dire que Dieu se détourne des méchants revient à dire que le soleil se cache des aveugles.
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Re: Divinité de Jésus dans l'Évangile selon Saint-Luc

Message non lu par Fée Violine » lun. 09 nov. 2020, 22:01

Ceci dit, je ne lis pas le grec. J'imagine qu'on peut entendre Seigneur de différentes façons.
En effet.
Dans le texte c'est le mot "kurios", qui sert à la fois pour Dieu (le Seigneur) ou pour parler poliment à n'importe qui. En grec moderne on l'utilise toujours, dans ce dernier sens. Pour dire à quelqu'un Monsieur on dit Kyrié, et Madame, Kyria.
Cela dit, quand Élisabeth appelle Marie "la mère de mon Seigneur", ce n'est évidemment pas pour parler poliment à sa petite cousine.

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Re: Divinité de Jésus dans l'Évangile selon Saint-Luc

Message non lu par Invité » lun. 09 nov. 2020, 22:49

Merci pour vos réponses. Néanmoins, je continue de m'interroger, à partir de Saint-Luc, dans quelle mesure être Fils de Dieu implique-t-il nécessairement d'être Dieu le Fils.

Je développe de nouveau mon raisonnement car j'ai l'impression de ne pas réussir à me faire comprendre : Dieu a établi Jésus dès sa naissance comme Christ et Seigneur. Il lui a tout remis, c'est-à-dire que Dieu règne par son Fils Jésus. C'est la raison pour laquelle Jésus a l'autorité d'expulser les démons, d'enseigner la voie de Dieu en vérité, de pardonner les péchés, de contrôler les éléments naturels, d'être reconnu comme Seigneur (Roi), etc.

Cependant, cette souveraineté du Fils de Dieu sur toutes choses ne me semble pas en faire pour autant Dieu le Fils puisque l'évangéliste, par la bouche de Pierre, déclare que Dieu a réalisé lui-même les miracles à travers Jésus, l'a ressuscité, l'a élevé, l'a fait assoir à sa droite, lui a remis l'Esprit-Saint promis aux hommes. Dans l'Évangile, le Fils de Dieu lui-même parle de son Père comme du Seigneur du ciel et de la terre, il prie Dieu et parle de Dieu comme d'une "entité" distincte de sa condition de Fils de Dieu.

Si pour Saint-Jean, le Fils de Dieu est Dieu par essence, je n'ai pas l'impression qu'il en soit de même dans la théologie de Saint-Luc. Le Père est Dieu, Jésus est le Fils à qui Dieu donne de régner sur toutes choses, en l'élevant. Il le "divinise" en quelque sorte (certes l'expression est fort maladroite mais uniquement destinée à faire comprendre le fond de ma pensée). Cette fois, je pense avoir réussir à clarifier mon hérésie développée à partir de Saint-Luc uniquement. Scripturairement parlant, n'est-ce pas ce qu'il enseigne?

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Re: Divinité de Jésus dans l'Évangile selon Saint-Luc

Message non lu par Suliko » lun. 09 nov. 2020, 23:19

Voyant leur foi, il dit : " Homme, tes péchés te sont remis. "
Alors les Scribes et les Pharisiens se mirent à raisonner et à dire : " Qui est celui-ci qui profère des blasphèmes ? Qui peut remettre les péchés, si ce n’est Dieu seul ? "
C'est pourquoi elle seule, prédestinée avant les générations et annoncée par les prophètes, la Mère du Créateur de tout l'univers, non seulement n'a participé en rien à la tache originelle, mais elle est toujours demeurée pure comme le ciel et toute belle. (extrait du règlement pour le monastère de Biélokrinitsa (1841)

Carolus
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Re: Divinité de Jésus dans l'Évangile selon Saint-Luc

Message non lu par Carolus » mar. 10 nov. 2020, 3:06

Invité a écrit :
lun. 09 nov. 2020, 22:49
Invité :

Merci pour vos réponses.
Je vous en prie, cher Inité. :)
Invité a écrit :
lun. 09 nov. 2020, 22:49
Invité :

Néanmoins, je continue de m'interroger, à partir de Saint-Luc, dans quelle mesure être Fils de Dieu implique-t-il nécessairement d'être Dieu le Fils.
Notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ n’a pas de père biologique humain.

Notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ est le FILS UNIQUE de DIEU.

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Re: Divinité de Jésus dans l'Évangile selon Saint-Luc

Message non lu par gerardh » mar. 10 nov. 2020, 9:55

__

Bonjour Invité,

Jésus est appelé, directement et indirectement, d’un grand nombre d’appellations, au premier rang desquelles « Fils de Dieu ». Mais l’expression « Dieu le Fils », ne figure ni dans les écrits de Saint Luc, ni dans l’ensemble de la Bible. Mais il n’y a qu’une nuance entre « Dieu le Fils » et « Fils de Dieu », ayant été montré par ailleurs que Jésus était Dieu, et ce, de toute éternité.

Le nom lui-même de Jésus signifie l’Éternel Sauveur. L’ange dit à Joseph : « Tu appelleras son nom Jésus (forme grecque de l’hébreu Joshua), car c’est lui qui sauvera son peuple de leurs péchés » (Matt. 1:21). Il est « le Christ, qui est sur toutes choses Dieu béni éternellement » (Rom. 9:5). Il est « Dieu manifesté en chair » (1 Tim. 3:16). « Quant au Fils », il est dit : « Ton trône, ô Dieu, est aux siècles des siècles » (Héb. 1:8). Il est aussi écrit du Fils qu’il est « le resplendissement de la gloire de Dieu et l’empreinte de sa substance » ; « l’image du Dieu invisible » (Héb. 1:3 ; Col. 1:15). « En Lui », dit encore Paul, « habite toute la plénitude de la Déité corporellement » (Col. 2:9). L’apôtre Jean nous dit aussi de Christ : « Il est le Dieu véritable et la vie éternelle » (1 Jean 5:20). Le Seigneur, l’Éternel des armées, le Roi qu’a vu Ésaïe, et dont les séraphins proclament la sainteté et la gloire, est le Seigneur Jésus, car l’évangile dit : « Ésaïe dit ces choses, parce qu’il vit sa gloire et qu’il parla de lui » (Ésaïe 6:1-7 ; Jean 12:41). Quand il vient dans le monde, c’est l’Éternel, c’est notre Dieu qui vient (És. 40:3 ; comp. Jean 1:23 et Luc 3:4-6). Et lorsqu’il reviendra, ce sera « l’apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus Christ » (Tite 2:13). Par ailleurs Jésus est le Créateur, ayant créé les mondes.

Cela ressortit aussi de la notion de Trinité, laquelle n’est pas biblique au point de vue textuel, mais résulte d’un contexte indiscutable.

En fin, la Bible est un tout, à considérer dans son entièreté et non isolément livre par livre. C’est pourquoi il n’est pas correct, à mon sens, de parler de « la théologie de Saint Luc ».

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Vincent
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Re: Divinité de Jésus dans l'Évangile selon Saint-Luc

Message non lu par Vincent » mar. 10 nov. 2020, 10:28

Invité a écrit :
dim. 08 nov. 2020, 20:12
Que dites-vous ?
Disons que la réponse se trouve peut-être dans le mystère de l'Incarnation.
Le Verbe s'est fait chair et Il a habité parmi nous. Dieu s'est fait homme, et Jésus est à la fois pleinement homme et pleinement Dieu. Rien d'étonnant dès lors que les Écritures insistent tantôt sur son humanité, tantôt sur sa divinité. Votre focalisation sur l'humanité de Jésus est pleinement légitime, puisque Jésus est pleinement homme. Mais il est aussi pleinement Dieu, et les Écritures dans leur ensemble le démontrent pleinement.
« Nous serons pauvres et nous souffrirons la misère aussi longtemps qu’il le faut, comme une ville assiégée qui n’entend pas capituler, mais nous montrerons que nous sommes quelque chose. »
Vincent Van Gogh.

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Re: Divinité de Jésus dans l'Évangile selon Saint-Luc

Message non lu par Kerygme » mar. 10 nov. 2020, 11:11

Bonjour Invité,
Invité a écrit :
lun. 09 nov. 2020, 19:23
Vous me prêtez de mauvaises intentions, c'est regrettable.
Disons que la rubrique Apologétique ne me sied pas, elle est hyper chronophage (vous n'imaginez pas tout ce que j'ai effacé en reprenant point par point) pour que tout soit juste balayé de la main. Certaines réponses se trouvaient dans la lecture proposée, les approfondir seraient une suite logique, les reposer me font penser que vous ne vous êtes pas donné la peine d'en prendre connaissance. C'est donc un échange fermé et l'impatience exprimée est encore celle contre ma propre crédulité. Mais je n'ai pas la prétention de convaincre, juste de dire ce qui doit être dit.

Prenons un exemple que j'abordais avant d'avoir effacé l'ensemble.
Vous dites que Dieu fait des miracles par Jésus. Pour moi c'est une fausse allégation. Pourquoi ?
Parce que contrairement aux prophètes qui invoquent, qui en appellent à la puissance divine pour effectuer des miracles (Moise par son bâton, Elie qui revivifie laborieusement le fils de la veuve ...), Jésus dispose de l'autorité et de la puissance pour les faire par lui-même.
Lors de la tempête il ordonne aux éléments, à Lazare il ordonne de se lever et de sortir ... Si Jésus dispose de cette puissance par lui-même voilà qui plaide encore en faveur de sa divinité puisque les miracles sont la prérogative de Dieu.
Vous partez donc d'un élément erroné pour en tirer une conclusion qui sera également erronée.
Ma démarche ne vise aucunement à remettre en cause des dogmes qui sont professés depuis bientôt deux millénaires par des centaines de millions de fidèles à travers le monde et qui sont le fondement même du christianisme, au côté de la réalité de la résurrection du Christ.
Cela n'est pas cohérent. Etre catholique c'est accepter l'ensemble et non picorer dans ce qui plait ou ne plait pas. La confiance (la foi) n'implique pas forcément la compréhension. C'est ce que Dieu enseigne à Isaïe : "Si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez pas" (Is 7,9) et que développe saint Augustin : "Je vous avais dit pour ma part : si quelqu’un croit, et j’avais donné ce conseil : Si tu n’as pas compris, crois. La compréhension est en effet la récompense de la foi. Ne cherche donc pas à comprendre pour croire, mais crois afin de comprendre, parce que, si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez pas."

Il y a suffisamment d'obscurité dans l'Écriture pour égarer le sceptique, et suffisamment de Lumière pour guider celui qui a la foi (la confiance). L'Ecriture n'est pas un exposé pour convaincre mais une invitation à croire.
Sur quels versets s'appuyer pour "défendre"...
Donc exit la Tradition de l'Eglise ? Je ne vais pas répéter ce qui a déjà été dit. Parce que c'est tout le contraire qu'enseigne l'Eglise, ses nombreux saint, docteurs, Pères de l'Eglise .... en plus d'être contraire à nombres de versets.

C'est ce même Pierre qui a dit en Matthieu 16,16 : "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Jésus, reprenant la parole, lui dit: Tu es heureux, Simon, fils de Jonas; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais c'est mon Père qui est dans les cieux.…".

Le sanhédrin lui-même ne s'y est pas trompé dans cet extrait de Luc 22 (votre référence donc) : "Désormais le Fils de l'homme sera assis à la droite de la puissance de Dieu. Tous dirent: Tu es donc le Fils de Dieu? Et il leur répondit: Vous le dites, je le suis." Ils n'y a pas eu besoin d'interpréter, pour eux Jésus blasphémait car en disant qu'il était Fils de Dieu ou Dieu le Fils (puisque vous ergotez sur ce détail), il disait qu'il était Dieu lui-même.

Tout comme quand Jésus dit qu’il jugera les vivants et les morts, pour un juif de l’époque, c’est s’approprier une réalité réservée à Dieu.

Je crois que vous avez été troublé et qu'une confusion touchant à la nature humaine et divine de Jésus s'est installée. Je vous invite à éventuellement lire le 4° Concile œcuménique, celui de Chalcédoine en 451, pour comprendre que l'ensemble de la chrétienté enseigne la divinité de Jésus.
... autant je pense qu'il peut être pertinent de s'interroger dans le cadre de l'étude globale d'un Évangile et des Actes. Au moins, le sens global du texte est entièrement préservé et nous ne tombons pas dans des raisonnements absurdes.
Si vous souhaitez redéfinir également les règles de l'exégèse ...
Je renouvelle donc ma question: quels versets de l'Évangile selon Saint-Luc et des Actes des apôtres accréditent non pas l'existence de Jésus comme Fils de Dieu (tellement évident à la lecture!) mais comme Dieu le Fils? Une distinction que soulève (malheureusement) la lecture des écrits de Saint-Luc.
Nous sommes Fils et Filles de Dieu par adoption de par notre baptême, nous sommes même appelés à être divinisé(e)s un jour. Nous ne serons pas pour autant Dieu le Fils, qui est unique.
Pour ma part ce qui devait être dit l'a été, je n'ai rien d'autre à ajouter. Ce que vous en faites est votre liberté.

J'ai tout de même une question qui me taraude. Si pour vous Jésus est "Fils de Dieu" mais pas "Dieu le Fils" alors qui donc est ce dernier ?
Dernière modification par Kerygme le mar. 10 nov. 2020, 11:43, modifié 2 fois.
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Re: Divinité de Jésus dans l'Évangile selon Saint-Luc

Message non lu par Kerygme » mar. 10 nov. 2020, 11:22

Bonjour Carolus,
Carolus a écrit :
mar. 10 nov. 2020, 3:06
Notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ est le FILS UNIQUE de DIEU.
Le mot important - par rapport à l'ensemble des échanges - est ” unique “, il est à ce point unique qu’il est Dieu lui-même : Dieu le Fils.
C’est d’une manière juste qu’on confesse ” Jésus est Dieu ” car un être est appelé par ce qui fait sa réalité la plus profonde. Jésus possède parfaitement la nature divine et la nature humaine, mais son être le plus profond, sa personne, est Dieu.
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Re: Divinité de Jésus dans l'Évangile selon Saint-Luc

Message non lu par Invité » mar. 10 nov. 2020, 12:13

Bonjour Kerygme,

Kerygme a écrit :
mar. 10 nov. 2020, 11:11
Vous dites que Dieu fait des miracles par Jésus. Pour moi c'est une fausse allégation. Pourquoi ?
Il ne s'agit pas d'une allégation de ma part dans le cas présent mais d'une affirmation d'Actes 2,22 :

"Il s’agit de Jésus le Nazaréen, homme que Dieu a accrédité auprès de vous en accomplissant par lui des miracles, des prodiges et des signes au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes."
Kerygme a écrit :
mar. 10 nov. 2020, 11:11
Parce que contrairement aux prophètes qui invoquent, qui en appellent à la puissance divine pour effectuer des miracles (Moise par son bâton, Elie qui revivifie laborieusement le fils de la veuve ...), Jésus dispose de l'autorité et de la puissance pour les faire par lui-même.
Lors de la tempête il ordonne aux éléments, à Lazare il ordonne de se lever et de sortir ... Les miracles sont la prérogative de Dieu, si Jésus dispose de cette puissance par lui-même voilà qui plaide encore en faveur de sa divinité puisque les miracles sont la prérogative de Dieu.

La puissance et l'autorité ont été remises par le Père à son Fils. En conséquence, il a le pouvoir de réaliser des miracles sans devoir invoquer la puissance divine.

Parce que Dieu donne au Fils l'Esprit sans commune mesure, Jésus peut réaliser des œuvres. C'est donc le Père qui rend le Fils participant à sa divinité et non le Fils qui agit en sa propre qualité comme s'il était Dieu par essence. C'est en tout cas la conclusion que je retire de l'Évangile selon Saint-Luc et des Actes.
Kerygme a écrit :
mar. 10 nov. 2020, 11:11
C'est ce même Pierre qui a dit en Matthieu 16,16 : "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Jésus, reprenant la parole, lui dit: Tu es heureux, Simon, fils de Jonas; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais c'est mon Père qui est dans les cieux.…".

Dieu révèle à Pierre que Jésus est Christ et Fils de Dieu. La profession de foi de Pierre, validée par Jésus ne consiste pas à affirmer "tu es Dieu le Fils", nuance.
Kerygme a écrit :
mar. 10 nov. 2020, 11:11
Le sanhédrin lui-même ne s'y est pas trompé dans cet extrait de Luc 22 (votre référence donc) : "Désormais le Fils de l'homme sera assis à la droite de la puissance de Dieu. Tous dirent: Tu es donc le Fils de Dieu? Et il leur répondit: Vous le dites, je le suis." Ils n'y a pas eu besoin d'interpréter, pour eux Jésus blasphémait car en disant qu'il était Fils de Dieu ou Dieu le Fils (puisque vous ergotez sur ce détail), il disait qu'il était Dieu lui-même.

La figure du Fils de Dieu a une dimension divine ainsi que je le souligne ci-dessus dans la mesure où le Père rend le Fils participant à sa divinité et que le Fils partage le mystère de la connaissance de Dieu.

Mais vous dites "il disait qu'il était Dieu lui-même" alors que le texte ne le dit pas. Le chapitre 5 de l'Évangile de Saint-Jean déclare : "il disait que Dieu était son propre Père, et il se faisait ainsi l’égal de Dieu". L'égal ne signifie pas nécessairement qu'il l'était.

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Re: Divinité de Jésus dans l'Évangile selon Saint-Luc

Message non lu par Carolus » mar. 10 nov. 2020, 14:52

Kerygme a écrit :
mar. 10 nov. 2020, 11:22
Kerygme :
Bonjour Carolus,
Bonjour, cher Kerygme. :)
Kerygme a écrit :
mar. 10 nov. 2020, 11:22
Kerygme :
Carolus a écrit :
mar. 10 nov. 2020, 3:06
Carolus :

Notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ est le FILS UNIQUE de DIEU.
Le mot important - par rapport à l'ensemble des échanges - est ” unique “, il est à ce point unique qu’il est Dieu lui-même : Dieu le Fils.
C’est d’une manière juste qu’on confesse ” Jésus est Dieu ” car un être est appelé par ce qui fait sa réalité la plus profonde. Jésus possède parfaitement la nature divine et la nature humaine, mais son être le plus profond, sa personne, est Dieu.
En effet, le mot clé est « UNIQUE ». 👍

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Re: Divinité de Jésus dans l'Évangile selon Saint-Luc

Message non lu par Foxy » mar. 10 nov. 2020, 20:16

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Re: Divinité de Jésus dans l'Évangile selon Saint-Luc

Message non lu par Invité » mer. 11 nov. 2020, 8:58

Milla a écrit :
lun. 09 nov. 2020, 21:54
je comprends le « D’où me vient que la mère de mon Seigneur vienne à moi ? » d’Élisabeth à Marie comme une marque de la divinité de l'enfant à naître (commentant ce passage, saint Ambroise décrit la Vierge comme "féconde du Verbe, pleine de Dieu").
Ceci dit, je ne lis pas le grec. J'imagine qu'on peut entendre Seigneur de différentes façons.
L'exclamation d'Élisabeth doit être interprétée à la lumière de l'Annonciation qui précède, où il est question de la messianité de l'enfant à naître : il recevra de Dieu la royauté et régnera éternellement sur la maison de Jacob, accomplissant ainsi la prophétie de Nathan. Selon moi, Élisabeth l'appelle Seigneur non parce qu'elle le considère comme divin mais parce qu'elle sait qu'il est le Roi d'Israël annoncé par les prophètes et que le peuple attend. Pierre, dans les Actes des Apôtres, après l'effusion de l'esprit-Saint déclarera de la même manière que Dieu l'a fait Christ et Seigneur, c'est-à-dire Roi. Par extension, il ne me paraîtrait pas déraisonnable de reconnaître un caractère divin au Seigneur mais non par lui-même (par essence) mais parce que Dieu le rend participant à sa divinité.

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