Dialogue sur le principe protestant Sola Scriptura

« Dieu leur donnera peut-être de se convertir et de connaître la vérité. » (2Tm 2.25)
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Xavi
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Re: Dialogue sur le principe protestant Sola Scriptura

Message non lu par Xavi » sam. 27 mars 2021, 17:12

Bonjour Invité,
Invité a écrit :
sam. 27 mars 2021, 8:28
Catholiques ou Protestants, les limites de la foi sont posées par la Bible elle-même :
- Elle est un ouvrage composé par des hommes qui reflète la culture et les croyances de leur époque.
- Elle est également le reflet de l'état d'esprit de ses auteurs qui sont totalement influencés par la situation politique de leur époque ; elle constitue à ce titre un ouvrage éminemment politique. La politique traverse tout l'Ancien Testament, Yahweh, le Dieu d'Israël, lui-même est et fait de la politique.
- L'archéologie et les progrès de l'exégèse parviennent à la conclusion que ses rédacteurs proposent une relecture post-exilique de l'histoire d'Israël qui offre une très grande liberté par rapport à la réalité historique et qui est de composition tardive dans sa forme finale.
- Des réalités historiques peuvent avoir inspiré les rédacteurs bibliques mais dans quelle mesure et dans quelles proportions pourraient-ils être le témoignage d'une révélation divine nous échappe.
À mon sens, l'enjeu ne réside pas dans l'interprétation à donner à ces récits mais à :
- percer le mystère des conditions de rédaction, bien que nous disposions déjà d'un fort éclairage.
Et
- mesurer, dans la mesure du possible, le degré d'historicité de ces récits par l'archéologie et au moyen de nos technologies modernes.
Les querelles de clochers me semblent parfaitement stériles, l'important est de statuer sur la fiabilité de la Bible : est-elle digne de foi (de quelle manière, dans quelle proportion). Au regard du recul dont nous disposons à ce stade, la réponse est beaucoup plus nuancée qu'elle ne l'aurait été cent ans auparavant, vos débats sur le Sola Scriptura ne sont donc plus en phase avec l'enjeu actuel.
Votre message me semble un pas important dans la compréhension de la foi catholique.

Vous rappelez que la Parole de Dieu est aussi une parole d’hommes qui a été écrite puis a évolué dans un contexte historique et, notamment, culturel, religieux et politique.

Vous en déduisez d’abord que « Des réalités historiques peuvent avoir inspiré les rédacteurs bibliques mais dans quelle mesure et dans quelles proportions pourraient-ils être le témoignage d'une révélation divine nous échappe » ce qui est vrai si vous y cherchez une révélation littérale précise d’un point de vue archéologique, historique ou scientifique.

Oui, à cet égard, les querelles « de clochers » sont stériles car quel humain pourrait départager les opinions infiniment variables dans les appréciations contextualiséés d’un texte et, a fortiori, de multiples textes à comprendre les uns à la lumière des autres.

Oui, il reste bien du travail en ce qui concerne « le mystère des conditions de rédaction » et « le degré d'historicité de ces récits par l'archéologie et au moyen de nos technologies modernes ».

Mais, cette imprécision de type scientifique ne signifie pas que la Bible cesse d’être pleinement une révélation divine authentique. Ce n’est que la « mesure » exacte qui nous échappe.

La connaissance utile spirituellement ne peut être réellement connue que par le cœur, dans l’amour et la communion pour lesquels c’est le Christ qui est le chemin, la vérité et la vie.

Jusqu’ici, il me semble que nous pouvons être d’accord.

Mais, vous en déduisez ensuite, de manière surprenante, que « l'enjeu ne réside pas dans l'interprétation à donner à ces récits ».

Vous venez, au contraire, de démontrer l’impossibilité (parce que la mesure exacte du sens et de la portée de chaque parole donnée dans un contexte historique ne peut être connue) d’éviter une nécessaire interprétation de toute Parole de l’Écriture Sainte.

Plus surprenant encore, vous vous interrogez : « l'important est de statuer sur la fiabilité de la Bible : est-elle digne de foi (de quelle manière, dans quelle proportion) » ?

Vous savez bien qu’elle parfaitement digne de foi et vous ne pouvez donc viser ici que les interprétations ouvertes par toutes les imprécisions que vous avez bien fait de relever.

La Bible est la Parole de Dieu, digne de foi. Mais, les interprétations innombrables des humains ne le sont pas.

Sans l’Église, corps du Christ, fondée par le Christ lui-même sur les apôtres et leur succession, nous serions voués à être perdus et sans aucune connaissance fiable au milieu de la multitude des doctrines diverses qui résultent des innombrables interprétations particulières.

Votre conclusion achève de surprendre lorsque vous écrivez que nos débats : « sur le Sola Scriptura ne sont donc plus en phase avec l'enjeu actuel » !!!

C’est au moins aussi actuel aujourd’hui qu’à l’époque de la Réforme et votre message le confirme.

Ce ne sont pas seulement les questions de type scientifique sur la « mesure » de la portée culturelle, politique ou historique des textes de l’Écriture Sainte qui sont en cause mais toute la théologie et les dogmes qui s’y expriment.

Sola scriptura, c’est chacun avec le texte, perdu sans Église, dans l’océan infini des interprétations, et contraint de ne pouvoir chercher la vérité qu’en lui-même, et donc vainement.

Car la vérité est d’abord conversion vers un Autre que soi, ouverture et recherche d’harmonie avec un Autre que soi.

Convertissez-vous et croyez à la bonne nouvelle : Jésus est ressuscité et demeure au milieu de nous en son corps qu’est l’Église. Pas une résurrection abstraite, mais un corps ressuscité concret qui demeure réellement présent tous les jours jusqu’à la fin du monde. Un corps qui est l’Église une, sainte, catholique et apostolique fondée sur Pierre et les apôtres ainsi que sur ceux qui les succèdent. Un corps indivisible qui se donne par l’Eucharistie.

Elle est vraie cette parole : hors de l’Église, pas de salut. Tout baptisé, même protestant, en fait partie. La séparation protestante n’est qu’un manque de foi dans le cadeau inouï que le Christ nous fait de sa présence réelle. Toutes les fautes et les erreurs des hommes ne peuvent détruire ce cadeau inouï qu’est l’Église. Catholique et indivisible.

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