[align=justify]Bonjour Grichka
Grichka a écrit :Qu'est ce qu'un être humain ?
Il est bon de rappeler qu'il y a un consensus traditionnel et universel pour déclarer que la vie d'un être humain commence à la naissance et finit à la mort.
Il n'existe aucun consensus "traditionnel" ni "universel" de ce type, sinon dans votre esprit. Un être humain est un être vivant appartenant à l'espèce humaine. Vous direz aux deux milliards de chrétiens (dont un milliard de catholique), au milliard de chinois et aux 700 millions de musulmans que l'universalité se fait sans eux...
Il s'en suis que les notions juridiques concernant les droits de l'homme ne peuvent concerner que les êtres humains nés ... donc depuis la naissance.
Si la personnalité juridique n'est reconnue qu'aux êtres humains nés, alors effectivements la législation s'appliquant aux personnes ne peut s'appliquer qu'aux êtres humains nés. C'est logique.
De même, si la personnalité juridique n'est reconnue qu'aux êtres humains de sexe masculin, alors effectivements la législation s'appliquant aux personnes ne peut s'appliquer qu'aux êtres humains de sexe masculin.
De même, si la personnalité juridique n'est reconnue qu'aux êtres humains de race blance, alors effectivements la législation s'appliquant aux personnes ne peut s'appliquer qu'aux êtres humains de race blanche.
De même, si la personnalité juridique n'est reconnue qu'aux êtres humains de religion musulmane, alors effectivements la législation s'appliquant aux personnes ne peut s'appliquer qu'aux êtres humains de religion musulmane.
Etc.
La jurisprudence concernant des foetus et des embryons ne tiennent compte que des préjudices portés aux parents (notamment lors d'interruption de grossesse suite à un accident)
Le jurisprudence française - c'est triste mais c'est la réalité - ne reconnaît aucun préjudice dans la perte d'un foetus par accident causé par un tiers.
Je rappelle que la déclaration des droits de l'Homme est un acquis républicain.
En 1789, lorsque la DDHC est adoptée, la France est une monarchie constitutionnelle, pas une République.
Cet acquis juridique n'est pas l'inspiration de l'église catholique romaine, tout au contraire en contrariété de notre église.
La DDHC est un texte emprunt d'occidentalisme. Et l'Occident est bien une civilisation chrétienne, civilisation pour laquelle je ne pense pas avoir à rappeller l'importance de l'inspiration de l'église catholique romaine. La DDHC de 1789 a été - est est toujours - condamné par l'Eglise non pas en raison des droits positifs qu'elle proclame mais pour être une fille des Lumières (en particulier les élèments rousseauistes et voltairiens du texte).
C'est la DUDH de l'ONU (1948) dont l'Etat de la Cité du Vatican fait partie qui est reconnu. Je conseille notamment le livre de Maritain paru sous le titre "Christianisme & Démocratie" pour comprendre comment l'ONU s'est finalement résigner à ne pas donner une justification philosophique aux droits positifs qu'elle proclamait, afin de réunir un large concensus autour de la déclaration.
De fait, la liberté de penser, la liberté religieuse n'était pas considérée comme un bien, et la citoyenneté était soumise au devoir de penser ce qu'il était convenu par l'Eglise Catholique Romaine de penser.
Sur la liberté de conscience et la liberté religieuse, je vous renvoie à la thèse du père Basile VALUET (1999) sur le "développement homogène du Magistère authentique". Il faut bien comprendre que c'est une liberté morale que l'Eglise condamne - hier et aujourd'hui, et que c'est une liberté publique que l'Eglise reconnaît.
Je rappelle que l'égalité de dignité et de droit des femmes et des hommes est aussi un acquis républicain. En deux millénaires d'histoire, l'église catholique romaine n'a fait que justifier théologiquement le machisme ambiant.
L'égalité de dignité des hommes et des femmes est affirmée dès le texte de la Génèse. L'égalité de droit, qu'est-ce à dire ? Elisseivna pourra vous dire qu'elle n'est pas encore réalisée. Si vous parlez du droit de vote que la République a refusé aux femmes pendant 150 ans et reconnu seulement en 1945 par le gouvernement De Gaulle (personnage aux idées royalistes et catholique social), c'est difficilement défendable.
Merci de nous apporter vos preuves de la "justification théologique du machisme ambiant" opéré par l'Eglise pendant 2000 ans.
Je rappelle que plusieurs centaines de milliers de femmes ont été persécutés et brûlés par l'inquisition.
L'inquisition n'a pas prononcé des "centaines de milliers" de condamnations à mort. En plusieurs siècle d'existence dans toute l'aire de civilisation chrétienne, l'Inquisition a fait moins de victimes que la terreur révolutionnaire en 10 ans et sur le seul territoire français. Enfin, il n'y a pas eu que des femmes condamnées par l'Inquisition et celles qui l'ont été ne l'ont pas été en raison de leur féminité.
Je rappelle que la notion de droit concernant les enfants est un acquis républicain, et qu'en deux millénaires d'histoire chrétienne, l'église catholique romaine n'a jamais oeuvré pour une juridiction dans ce sens pendant qu'elle oeuvrait abondamment pour une juridiction imposant le machisme comme vérité inaltérable.
Je ne comprends pas votre remarque. Que reprochez vous à l'Eglise ? L'Eglise a toujours considéré les enfants comme des êtres humains, leur a toujours reconnu la qualité de personne et tous les droits atenants. A travers son oeuvre sociale, sanitaire et éducative, elle s'est battue pour donner à ses droits naturels une réalité concrète. A quoi bon reconnaître le "droit des enfants" si on leur dénie le droit à la vie ?
Ainsi je suis surpris quand le combat pour l'égalité de dignité et de droit des hommes et femmes est loin d'être gagné, quand le combat pour le droit et la dignité des enfants est loin d'être gagné, l'église catholique romaine porte une haine féroce contre une société de mort (la mienne) dont la cruauté serait de permettre aux femmes de disposer librement de leur grossesse, donc d'interrompre si bon leur semble cette grossesse.
Le foeticide et l'infanticide sont des homicide. Et dois-je vous apprendre qu'un homicide est plus grave qu'un acte d'indignité.
Et toute cette idéologie de haine repose sur la confusion sur la notion d'être humain, confusion d'un embryon et d'un enfant, confusion que peut de nos citoyens partagent.
L'idéologie de haine, nous la découvrons surtout sous votre plume qui égrène à n'en plus finir les pires poncifs anti-catholiques que la propagande anticléricale nous ait jamais donné de lire, au mépris de toute vérité historique.
Ceci n'empêche que la question de l'interruption de grossesse, et que le regard que nous avons à porter sur l'embryon doit être un regard d'humanité.
Quelle belle preuve d'hypocrisie.
Ceci n'empêche qu'en notre foi catholique, la vie de l'embryon puisse être considéré comme sacré. Mais il s'agit de foi, donc d'une éthique particulière à notre foi, qui ne peut être imposé à tous.
Il est de foi également que la vie humaine est sacré. Rien n'oblige non plus la République à reconnaître la valeur de la vie humaine d'un adulte... d'ailleurs de nombreux régimes athés - à commencer par la 1ère République - l'ont nié.
Rien ne nous oblige en notre République, d'avorter.
Le crime d'Etat, c'est de le permettre. Son rôle est - entre autres - de protéger par la force de la loi les personnes les plus faibles, dont les foetus.
Je ne suis pas favorable à revenir à des pages anciennes douloureuses de l'histoire de notre église.
Vous avez peur d'être déniaisé de vos préjugés ?
Cordialement
Christophe[/align]