par Pneumatis » ven. 28 août 2009, 13:45
Etrigan a écrit :on peut imaginer que Jésus est le poisson avalant Jonas ! Ce qui nous ouvre des perspectives fort intéressantes...
Je n'y avait pas pensé et c'est très pertinent !!! ça demande réflexion à vrai dire. Juste comme ça, il faut intégrer le fait que "Jonas" en hébreu veut dire "colombe", qui est une figure de l'Esprit Saint.
Mais voici ce que Matthieu nous dit, au chapitre 12 :
39. Il leur répondit : « Génération mauvaise et adultère ! elle réclame un signe, et de signe, il ne lui sera donné que le signe du prophète Jonas.
40. De même, en effet, que Jonas fut dans le ventre du monstre marin durant trois jours et trois nuits, de même le Fils de l'homme sera dans le sein de la terre durant trois jours et trois nuits.
41. Les hommes de Ninive se dresseront lors du Jugement avec cette génération et ils la condamneront, car ils se repentirent à la proclamation de Jonas, et il y a ici plus que Jonas !
Nous avons donc :
- Une figure de l'esprit saint dans le ventre du poisson 3 jours et 3 nuits
- par analogie, le verbe lui-même dans le sein de la terre 3 jours et 3 nuits
Je voudrais prendre un instant pour analyser plus en détail ce rapport de Jésus à Jonas, au risque de m'écarter un instant du symbole du poisson, mais pour mieux y revenir par la suite.
Nous savons donc que Jésus est signe, puisqu'il nous le révèle lui-même (notamment dans l'apocalypse : Je suis l'alpha et l'oméga). Et il nous apprend dans Matthieu qu'il y a ici plus que Jonas, puisqu'il y a, on peut le déduire, le signe lui-même apporté par Jonas.
Quel est donc ce "signe de Jonas" ? Toujours dans Matthieu, nous apprenons que ce signe s'apparente à sa proclamation, puisque c'est suite à cette proclamation que Ninive s'est repentie. Cette proclamation est la suivante : «
Encore quarante jours, et Ninive sera détruite. » (Jonas 3, 4). Ninive est "
la grande ville" par excellence. Elle porte le nom de sa grandeur, associée à la gloire divine. Il faut d'ailleurs là encore 3 jours de marche pour la traverser : "
Or Ninive était une ville divinement grande : il fallait trois jours pour la traverser." (Jonas 3, 3).
On peut y voir, dans le livre de Jonas, une figure de la société humaine en général, je pense. Jonas (Esprit Saint) est donc passé par le poisson pour que "
le repentir en vue de la rémission des péchés soit proclamé à toutes les nations", comme dira Jésus en Luc 24, 47. Disons (à lire la suite de Jonas) qu'il est un précurseur, il porte l'annonce (évangile) de la miséricorde divine salvatrice.
Or, sauver par la miséricorde c'est précisément ce que vient faire Jésus. Mais lui c'est dans le sein de la terre qu'il va passer 3 jours et 3 nuits. C'est le mode opératoire des graines dont Jésus nous parle abondamment dans la parabole du semeur et dans celles qui y sont reliées. La graine est une figure de l'archétype, ce qui s'enfouit au coeur de notre esprit pour s'y développer et se faire connaissance par l'oeuvre de l'intelligence et de la grâce. C'est du moins ce qu'on peut déduire d'une analyse des paraboles de Jésus portant sur la graine, ainsi que de la contemplation des graines. Pour approfondir cela, on peut méditer sur la graine de blé notamment, qui sert à faire la farine avec laquelle on fait le pain. Ce pain, c'est la figure même du corps du Christ, à tel point qu'il en prend même la substance au cours de l'eucharistie. La terre dans laquelle la graine s'enfouie est une figure, quant à elle, de la nature humaine, dont la parfaite incarnation est la Vierge Marie elle-même. C'est la matrice qui reçoit le concept divin, le verbe, Jésus lui-même.
Si je restaure la chaine analogique, nous avons donc Jésus qui est à la nature humaine (la terre) ce que l'Esprit Saint (Jonas) est au sens (le poisson). L'Esprit Saint pénètre le sens (ce qui revient à éclairer l'intelligence humaine) pour sauver l'humanité repentie. Jésus, quant à lui, pénètre directement la nature humaine (il s'incarne et souffre la passion jusqu'au bout) pour sauver l'humanité y compris les générations qui ne se sont pas repenties.
Concernant le poisson, nous savons aussi qu'il est un don de Dieu répondant à un besoin qui pourrait avoir comme modèle d'accomplissement le serpent : "
Quel est d'entre vous le père auquel son fils demandera un poisson, et qui à la place du poisson lui remettra un serpent ?" (Luc 11, 11 et Matthieu 7, 10). C'est la nourriture de l'Esprit. Dans la multiplication des pains, la donnée de base c'est 5 pains et 2 poissons. Le 5 nous indique que le pain est la nourriture du corps de l'homme. Et en effet, c'est par communion au pain de vie que notre corps peut être sauvé. Il me semble, sur la même logique, que le 2 nous indique bien que le poisson est la nourriture de l'esprit (duel). Le 2 est toujours, dans la bible, en relation avec l'Esprit Saint. Médiateur du Père et du Fils, procédant du Père et du Fils, il appelle toujours 2 fois ("Moïse, Moïse", "Samuel, Samuel", etc...) et est une figure parfaitement bipolaire, représentée dans le tétragramme par les deux "Hé", double souffle divin.
Au risque de tourne en rond, cela corrobore l'idée que le poisson peut donc bien figurer le sens, nourriture de l'esprit.
Que vient donc faire ce poisson dans l'assiette de Jésus, dans cette représentation ? Il peut témoigner, à mon sens, d'une relation entre les personnes divines et leurs actions. Jésus n'est pas séparable des autres personnes de la trinité, et en tant qu'homme il doit être éclairé en son humaine intelligence par l'Esprit Saint. Ce n'est pas parce qu'il est Dieu qu'il prend toutes les fonctions à la fois. Il a donc bien en lui l'action de l'Esprit Saint, tout comme il s'en remet à la miséricorde de son Père.
Or accueillir l'Esprit Saint, c'est d'une certaine manière manger du poisson. Je pense que Jésus mangeant du poisson est le modèle du vrai homme, qui se nourrit de vrai sens (purifié par l'Esprit) à tel point qu'il devient pleinement signe lui-même. Le poisson dans l'assiette au moment de la cène peut alors être vu comme un préalable à l'eucharistie. Pour devenir pleinement signe, vrai homme dont le vrai Dieu nous fait communier à sa perfection dans l'eucharistie, Jésus se nourrit de sens pour devenir lui-même ce signe.
On sait par ailleurs qu'après la résurrection, il mange du poisson "grillé" avec ses disciples. Et là j'avoue que je sèche. Et j'ai largement explosé le temps que j'avais à ma disposition, pour tout avouer. Mais il y a toujours cette incroyable analogie avec Jonas, lorsqu'après la résurrection, Jésus partage le poisson avec ses disciples et qu'il leur dit (Luc, chapitre 24) :
44. Puis il leur dit : « Telles sont bien les paroles que je vous ai dites quand j'étais encore avec vous : il faut que s'accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. »
45. Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures,
46. et il leur dit : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait et ressusciterait d'entre les morts le troisième jour,
47. et qu'en son Nom le repentir en vue de la rémission des péchés serait proclamé à toutes les nations, à commencer par Jérusalem.
Je vais y réfléchir parce que si Jésus ressuscité est le modèle conçu par Dieu de l'Homme parfaitement accompli, proclamant comme Jonas le repentir à toutes les nations, je me demande pourquoi il mange encore du poisson à ce moment là. J'ai un peu peur de comprendre : n'est-il pas le sens définitivement établi, accompli après la résurrection ? L'homme ressuscité doit-il toujours se renouveler, en permanence, dans sa réponse à Dieu ? Pour le dire autrement : y a pas un moment où le boulot s'arrête ?
Cela dit, j'avoue que c'est un problème assez peu prioritaire : occupons-nous d'abord de faire ce qu'il faut pour que Dieu nous ressuscite, et nous verrons après. Sur ce, c'est l'heure de déjeuner, je m'en vais trouver un petit morceau de poisson à manger.
[quote="Etrigan"]on peut imaginer que Jésus est le poisson avalant Jonas ! Ce qui nous ouvre des perspectives fort intéressantes...[/quote]
Je n'y avait pas pensé et c'est très pertinent !!! ça demande réflexion à vrai dire. Juste comme ça, il faut intégrer le fait que "Jonas" en hébreu veut dire "colombe", qui est une figure de l'Esprit Saint.
Mais voici ce que Matthieu nous dit, au chapitre 12 :
[color=#000080]39. Il leur répondit : « Génération mauvaise et adultère ! elle réclame un signe, et de signe, il ne lui sera donné que le signe du prophète Jonas.
40. De même, en effet, que Jonas fut dans le ventre du monstre marin durant trois jours et trois nuits, de même le Fils de l'homme sera dans le sein de la terre durant trois jours et trois nuits.
41. Les hommes de Ninive se dresseront lors du Jugement avec cette génération et ils la condamneront, car ils se repentirent à la proclamation de Jonas, et il y a ici plus que Jonas !
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Nous avons donc :
- Une figure de l'esprit saint dans le ventre du poisson 3 jours et 3 nuits
- par analogie, le verbe lui-même dans le sein de la terre 3 jours et 3 nuits
Je voudrais prendre un instant pour analyser plus en détail ce rapport de Jésus à Jonas, au risque de m'écarter un instant du symbole du poisson, mais pour mieux y revenir par la suite.
Nous savons donc que Jésus est signe, puisqu'il nous le révèle lui-même (notamment dans l'apocalypse : Je suis l'alpha et l'oméga). Et il nous apprend dans Matthieu qu'il y a ici plus que Jonas, puisqu'il y a, on peut le déduire, le signe lui-même apporté par Jonas.
Quel est donc ce "signe de Jonas" ? Toujours dans Matthieu, nous apprenons que ce signe s'apparente à sa proclamation, puisque c'est suite à cette proclamation que Ninive s'est repentie. Cette proclamation est la suivante : « [i]Encore quarante jours, et Ninive sera détruite.[/i] » (Jonas 3, 4). Ninive est "[i]la grande ville[/i]" par excellence. Elle porte le nom de sa grandeur, associée à la gloire divine. Il faut d'ailleurs là encore 3 jours de marche pour la traverser : "[i]Or Ninive était une ville divinement grande : il fallait trois jours pour la traverser.[/i]" (Jonas 3, 3).
On peut y voir, dans le livre de Jonas, une figure de la société humaine en général, je pense. Jonas (Esprit Saint) est donc passé par le poisson pour que "[i]le repentir en vue de la rémission des péchés soit proclamé à toutes les nations[/i]", comme dira Jésus en Luc 24, 47. Disons (à lire la suite de Jonas) qu'il est un précurseur, il porte l'annonce (évangile) de la miséricorde divine salvatrice.
Or, sauver par la miséricorde c'est précisément ce que vient faire Jésus. Mais lui c'est dans le sein de la terre qu'il va passer 3 jours et 3 nuits. C'est le mode opératoire des graines dont Jésus nous parle abondamment dans la parabole du semeur et dans celles qui y sont reliées. La graine est une figure de l'archétype, ce qui s'enfouit au coeur de notre esprit pour s'y développer et se faire connaissance par l'oeuvre de l'intelligence et de la grâce. C'est du moins ce qu'on peut déduire d'une analyse des paraboles de Jésus portant sur la graine, ainsi que de la contemplation des graines. Pour approfondir cela, on peut méditer sur la graine de blé notamment, qui sert à faire la farine avec laquelle on fait le pain. Ce pain, c'est la figure même du corps du Christ, à tel point qu'il en prend même la substance au cours de l'eucharistie. La terre dans laquelle la graine s'enfouie est une figure, quant à elle, de la nature humaine, dont la parfaite incarnation est la Vierge Marie elle-même. C'est la matrice qui reçoit le concept divin, le verbe, Jésus lui-même.
Si je restaure la chaine analogique, nous avons donc Jésus qui est à la nature humaine (la terre) ce que l'Esprit Saint (Jonas) est au sens (le poisson). L'Esprit Saint pénètre le sens (ce qui revient à éclairer l'intelligence humaine) pour sauver l'humanité repentie. Jésus, quant à lui, pénètre directement la nature humaine (il s'incarne et souffre la passion jusqu'au bout) pour sauver l'humanité y compris les générations qui ne se sont pas repenties.
Concernant le poisson, nous savons aussi qu'il est un don de Dieu répondant à un besoin qui pourrait avoir comme modèle d'accomplissement le serpent : "[i]Quel est d'entre vous le père auquel son fils demandera un poisson, et qui à la place du poisson lui remettra un serpent ?[/i]" (Luc 11, 11 et Matthieu 7, 10). C'est la nourriture de l'Esprit. Dans la multiplication des pains, la donnée de base c'est 5 pains et 2 poissons. Le 5 nous indique que le pain est la nourriture du corps de l'homme. Et en effet, c'est par communion au pain de vie que notre corps peut être sauvé. Il me semble, sur la même logique, que le 2 nous indique bien que le poisson est la nourriture de l'esprit (duel). Le 2 est toujours, dans la bible, en relation avec l'Esprit Saint. Médiateur du Père et du Fils, procédant du Père et du Fils, il appelle toujours 2 fois ("Moïse, Moïse", "Samuel, Samuel", etc...) et est une figure parfaitement bipolaire, représentée dans le tétragramme par les deux "Hé", double souffle divin.
Au risque de tourne en rond, cela corrobore l'idée que le poisson peut donc bien figurer le sens, nourriture de l'esprit.
Que vient donc faire ce poisson dans l'assiette de Jésus, dans cette représentation ? Il peut témoigner, à mon sens, d'une relation entre les personnes divines et leurs actions. Jésus n'est pas séparable des autres personnes de la trinité, et en tant qu'homme il doit être éclairé en son humaine intelligence par l'Esprit Saint. Ce n'est pas parce qu'il est Dieu qu'il prend toutes les fonctions à la fois. Il a donc bien en lui l'action de l'Esprit Saint, tout comme il s'en remet à la miséricorde de son Père.
Or accueillir l'Esprit Saint, c'est d'une certaine manière manger du poisson. Je pense que Jésus mangeant du poisson est le modèle du vrai homme, qui se nourrit de vrai sens (purifié par l'Esprit) à tel point qu'il devient pleinement signe lui-même. Le poisson dans l'assiette au moment de la cène peut alors être vu comme un préalable à l'eucharistie. Pour devenir pleinement signe, vrai homme dont le vrai Dieu nous fait communier à sa perfection dans l'eucharistie, Jésus se nourrit de sens pour devenir lui-même ce signe.
On sait par ailleurs qu'après la résurrection, il mange du poisson "grillé" avec ses disciples. Et là j'avoue que je sèche. Et j'ai largement explosé le temps que j'avais à ma disposition, pour tout avouer. Mais il y a toujours cette incroyable analogie avec Jonas, lorsqu'après la résurrection, Jésus partage le poisson avec ses disciples et qu'il leur dit (Luc, chapitre 24) :
[color=#000080]44. Puis il leur dit : « Telles sont bien les paroles que je vous ai dites quand j'étais encore avec vous : il faut que s'accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. »
45. Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures,
46. et il leur dit : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait et ressusciterait d'entre les morts le troisième jour,
47. et qu'[b]en son Nom le repentir en vue de la rémission des péchés serait proclamé à toutes les nations, à commencer par Jérusalem[/b].[/color]
Je vais y réfléchir parce que si Jésus ressuscité est le modèle conçu par Dieu de l'Homme parfaitement accompli, proclamant comme Jonas le repentir à toutes les nations, je me demande pourquoi il mange encore du poisson à ce moment là. J'ai un peu peur de comprendre : n'est-il pas le sens définitivement établi, accompli après la résurrection ? L'homme ressuscité doit-il toujours se renouveler, en permanence, dans sa réponse à Dieu ? Pour le dire autrement : y a pas un moment où le boulot s'arrête ?
Cela dit, j'avoue que c'est un problème assez peu prioritaire : occupons-nous d'abord de faire ce qu'il faut pour que Dieu nous ressuscite, et nous verrons après. Sur ce, c'est l'heure de déjeuner, je m'en vais trouver un petit morceau de poisson à manger.