par etienne lorant » dim. 22 mars 2009, 18:15
Psaume 137(136),1-6.
Au bord des fleuves de Babylone nous étions assis et nous pleurions, nous souvenant de Sion ;
aux saules des alentours nous avions pendu nos harpes.
C'est là que nos vainqueurs nous demandèrent des chansons, et nos bourreaux, des airs joyeux : « Chantez-nous, disaient-ils, quelque chant de Sion. »
Comment chanterions-nous un chant du Seigneur sur une terre étrangère ?
Si je t'oublie, Jérusalem, que ma main droite m'oublie !
Je veux que ma langue s'attache à mon palais si je perds ton souvenir, si je n'élève Jérusalem, au sommet de ma joie.
Comme on ne sait jamais dire ce qui va se passer, pour moi ce matin, dans la chapelle, la messe a semblé s'arrêter sur les deux derniers versets cités dans ce Psaume:
Si je t'oublie, Jérusalem, que ma main droite m'oublie !
Je veux que ma langue s'attache à mon palais si je perds ton souvenir, si je n'élève Jérusalem, au sommet de ma joie.
Je les ai entendus et ils ont secoué quelque chose dans mon âme. J'ai eu tout de suite les larmes aux yeux et je me suis retrouvé ailleurs, dans un autre temps, lorsque la moindre lecture de certains Psaumes, ou d'un passage de l'Evangile, suscitait ma joie et l'exaltait au-delà de ce que mon corps pouvait "contenir". C'est certainement un résidu du grand moment du sacrement de réconciliation, reçu la veille. Venir à ce sacrement m'est toujours un fardeau et comporte un frisson d'anticipation. Car à chaque fois, je dis bien chaque fois depuis ma conversion en 1985, au moment de l'absolution, quand le prêtre dit l'ego te absolvo (commence à me donner l'absolution), Jésus vient. On dirait qu'il descend comme un éclair du plus haut des cieux pour venir m'embrasser. Comme s'il me disait merci, oui, c'est un peu cela - ce qui me fait me sentir encore plus pécheur. Et comme d'habitude, en me voyant éclater en sanglots, le prêtre s'est étonné. Je lui ai dit d'une voix enrouée: "Faut pas vous en faire, c'est toujours ainsi". Il m'a répondu que j'avais beaucoup de chance, c'est un don de pleurer ses fautes. Je n'ai rien dit, tout s'est effacé aussi vite, et je suis reparti; si j'avais répondu, c'eût été pour dire: ce n'est pas tant le regret des fautes que la Joie qui reflue.
Pendant que j'étais à mes évocations intérieures, la messe s'est continuée, j'ai bien entendu l'Evangile et la Parole sur "le jugement de la lumière" (celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses oeuvres soient reconnues comme des oeuvres de Dieu), et j'ai remarqué que le sacrement de réconciliation permet cette démarche: de sortir des ténébres et de venir à la lumière. En définitive, je me suis confessé au bon moment pour assister à cette messe ! La grâce reçue demeure, j'ai la Joie. Elle est demeurée sur moi toute la journée de ce dimanche, sur un plan de conscience plus élevé que les soucis de la crise et des travaux d'installation de ma climatisation à la boutique. Je me croyais fatigué, mais aujourd'hui, je n'ai même pas fait la sieste. Après la messe, comme je passais en voiture devant une clinique, je me suis arrêté sans même y songer et je me suis rendu dans la chapelle de l'établissement. Elle était vide et j'ai librement prié en faveur de "tous les souffrants" qui y demeurent. Ensuite seulement, j'ai de nouveau eu le "contrôle" de ma vie, mais je sens encore comme un filet d'eau jaillissant librement dans mon coeur...
Drôle de commentaire, mais c'est ainsi.
Psaume 137(136),1-6.
Au bord des fleuves de Babylone nous étions assis et nous pleurions, nous souvenant de Sion ;
aux saules des alentours nous avions pendu nos harpes.
C'est là que nos vainqueurs nous demandèrent des chansons, et nos bourreaux, des airs joyeux : « Chantez-nous, disaient-ils, quelque chant de Sion. »
Comment chanterions-nous un chant du Seigneur sur une terre étrangère ?
Si je t'oublie, Jérusalem, que ma main droite m'oublie !
Je veux que ma langue s'attache à mon palais si je perds ton souvenir, si je n'élève Jérusalem, au sommet de ma joie.
Comme on ne sait jamais dire ce qui va se passer, pour moi ce matin, dans la chapelle, la messe a semblé s'arrêter sur les deux derniers versets cités dans ce Psaume:
Si je t'oublie, Jérusalem, que ma main droite m'oublie !
Je veux que ma langue s'attache à mon palais si je perds ton souvenir, si je n'élève Jérusalem, au sommet de ma joie.
Je les ai entendus et ils ont secoué quelque chose dans mon âme. J'ai eu tout de suite les larmes aux yeux et je me suis retrouvé ailleurs, dans un autre temps, lorsque la moindre lecture de certains Psaumes, ou d'un passage de l'Evangile, suscitait ma joie et l'exaltait au-delà de ce que mon corps pouvait "contenir". C'est certainement un résidu du grand moment du sacrement de réconciliation, reçu la veille. Venir à ce sacrement m'est toujours un fardeau et comporte un frisson d'anticipation. Car à chaque fois, je dis bien chaque fois depuis ma conversion en 1985, au moment de l'absolution, quand le prêtre dit l'ego te absolvo (commence à me donner l'absolution), Jésus vient. On dirait qu'il descend comme un éclair du plus haut des cieux pour venir m'embrasser. Comme s'il me disait merci, oui, c'est un peu cela - ce qui me fait me sentir encore plus pécheur. Et comme d'habitude, en me voyant éclater en sanglots, le prêtre s'est étonné. Je lui ai dit d'une voix enrouée: "Faut pas vous en faire, c'est toujours ainsi". Il m'a répondu que j'avais beaucoup de chance, c'est un don de pleurer ses fautes. Je n'ai rien dit, tout s'est effacé aussi vite, et je suis reparti; si j'avais répondu, c'eût été pour dire: ce n'est pas tant le regret des fautes que la Joie qui reflue.
Pendant que j'étais à mes évocations intérieures, la messe s'est continuée, j'ai bien entendu l'Evangile et la Parole sur "le jugement de la lumière" (celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses oeuvres soient reconnues comme des oeuvres de Dieu), et j'ai remarqué que le sacrement de réconciliation permet cette démarche: de sortir des ténébres et de venir à la lumière. En définitive, je me suis confessé au bon moment pour assister à cette messe ! La grâce reçue demeure, j'ai la Joie. Elle est demeurée sur moi toute la journée de ce dimanche, sur un plan de conscience plus élevé que les soucis de la crise et des travaux d'installation de ma climatisation à la boutique. Je me croyais fatigué, mais aujourd'hui, je n'ai même pas fait la sieste. Après la messe, comme je passais en voiture devant une clinique, je me suis arrêté sans même y songer et je me suis rendu dans la chapelle de l'établissement. Elle était vide et j'ai librement prié en faveur de "tous les souffrants" qui y demeurent. Ensuite seulement, j'ai de nouveau eu le "contrôle" de ma vie, mais je sens encore comme un filet d'eau jaillissant librement dans mon coeur...
Drôle de commentaire, mais c'est ainsi.