Jacques Duquesne et le fils prodigue

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Jacques Duquesne et le fils prodigue

par etienne lorant » mer. 01 oct. 2008, 15:41

Dans "Dieu, malgré tout", l'écrivain (aussi journaliste et vulgarisateur) Jacques Duquesne m'a suscité beaucoup d'enthousiasme au commentaire qu'il livre de la parabole du fils prodigue, et j'ai décidé de "pianoter" un peu pour vous en laisser un extrait:

"L'attente du père mérite vraiment que l'on s'y attarde: il guettait sans doute ce retour, mais son fils revient. Lui soutirer un peu plus d'argent ? Le détrousser peut-être ? Peu lui importe, il revient et il est vivant. Le père, bouleversé, court vers ce mendiant, se jette à son cou et le couvre de baisers.

C'est seulement après que le fils exprime ses regrets. Donc le pardon a précédé l'aveu, la confession. Jésus ne dit même pas que le père a écouté le "prodigue". Il a demandé aussitôt qu'on lui apporte la plus belle robe (revêtir quelqu'un d'une longue robe, c'est lui faire un grand honneur), qu'on lui passe au doigt un anneau (signe d'autorité) et qu'on lui prépare sans tarder une de ces fêtes dont le souvenir se gardera longtemps. Or ce garçon n'a, bien sûr, accompli aucun exploit. Au contraire, il est revenu, poussé par la nécessité puis chargé de regrets, et on le traite quasiment comme un héros, "car mon fils que voici était mort et il vit de nouveau". Mort. La séparation d'avec Dieu, c'est la mort. Mais Dieu est prêt à l'oublier dès qu'il aperçoit au loin la silhouette qui se dessine, se rapproche. Il n'est pas très exigeant.

Bien entendu, le fils aîné, que l'on n'avait guère vu jusque-là, et qui travaillait aux champs, lui - bref, qui rendait au père le service, le culte osera-t-on dire qui lui était dû - n'apprécie pas. Il se met en colère: et moi alors ? Jamais, dit-il au Père, tu ne m'a rien donné pour festoyer avec mes amis. Tandis que lui, ce... Certains dévots sont ainsi. Ils comprennent mal la largeur d'esprit du père, le pardon gratuit pour les pécheurs. Ils voudraient que ceux-ci supplient, se mortifient, multiplient les sacrifices personnels. Et qu'en confession on leur donne des "pénitences". L'idée du pardon précédant le confession leur est étrangère.

Le fils aîné, en outre, semble curieusement bien informé des méfaits de son frère qui vivait dans un pays lointain; il l'accuse, il dit qu'il "a mangé tout ton avoir avec des filles": comme par hasard. Il ne parle pas de jeu, ni de boisson. Et d'où le sait-il ? A moins que ce soient suppositions, médisance. La médisance court vite. Elle court plus vite que cet homme qui n'a rien fait, semble-t-il, pour détourner son frère de son projet, qui ne l'a pas retenu, et ensuite n'est pas allé à sa recherche. (...) Il n'a pris aucun risque non plus pour aider son père, bien qu'il le sût malheureux, bien qu'il le vît tous les soirs attendre, au bout du chemin, le retour de l'autre (...)

Revenons au Père. A ce fils aîné révolté, il répond, calme e joyeux: "Tout ce qui est à moi est à toi". Son amour est assez grand pour deux, pour trois, pour tous."

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