par François-Xavier » jeu. 04 sept. 2008, 15:48
Pour aller dans votre sens à vous deux, Olivier et Jean-Baptiste : je pense même qu'une bonne voie serait justement de provoquer de plus en plus de "confontations", de "frottements" entre le répertoire français et le répertoire grégorien, afin de donner l'idée aux compositeurs du répertoire français de ce qu'est le "type" de musique dans le "génie" du rite romain.
Un des gros problèmes de la musique liturgique en Français aujourd'hui c'est qu'il pêche énormément par son manque de qualité, tant dans son interprétation que dans sa composition (mélodies et paroles). Il n'ya plus de réelles exigences. Il n'ya plus de "mise en musique" de la Parole révélée. Il y a des chansonnettes qui cherchent à plaire et dont on se lasse.
Un exemple (que nous pratiquons "franchement") : à la messe, commencer par un chant de procession en français, et quand le prêtre arrive au sanctuaire (en montant les marches et avec l'encensement), l'antienne d'introït du graduel romain. A la communion, au moment de la communion du prêtre (juste après le "Domine non sum dignus" / "Seigneur je ne suis pas digne"), l'antienne de communion avec ensuite quelques versets, en chaînée par un chant en français, jusqu'à ola fin de la procession puis silence.
On entend deux répertoires : l'un est de référence (le grégorien: c'est le Concile Vatican II qui l'affirme - pour la première fois de son histoire, le Magistère "canonise" un répertoire spécifique comme le chant propre du rite romain - et cela date seulement du 4 décembre 1963). L'autre est en construction, et ne peut être justement qu'adapté au répertoire de référence. Le répertoire de référence n'a pas l'exclusive. Il a seulement, comme le demande le magistère "la place du prince" : "
principem locum". L'autre répertoire (le chant religieux populaire : , que le concile valorise également (
Cantus popularis religiosus sollerter foveatur, ita ut in piis sacrisque exercitiis et in ipsis liturgicis actionibus, iuxta normas et praecepta rubricarum, fidelium voces resonare possint.), comme la polyphonie romaine, à une autre place, mais à une place réelle, et légitime...
Ce que vous observiez est particulièrement exact : il n'est plus possible aujourd'hui d'imaginer une liturgie avec des chants en français "exigeants", parce qu'une certaine idéologie a voulu nous couper de les racines du chant de référence qu'est le grégorien. Et cela a eu des conséquences très directes sur l'office divin... Qui n'est plus aujourd'hui praticables en tant que réelle foction liturgie parc equ'on ne sait plus psalmodier.
Je suis certain que l'on peut utiliser des tons modaux pour la psalmodie en Français. J'avais fait une petite intervention ici il y a quelque temps :
http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... 29&start=0
Il y a les partitions pour des tons grégoriens utilisables sur les traductions françaises liturgiques.
Saint Martin mettra également une proposition de tons pour son antiphonaire "les heures grégoriennes", et je sais qu'ils sont tout à fait en faveur d'un développement dans les paroisses (au moins celles qui leur sont confiées... !) d'un office divin avec psalmodie modale en Français.
Une dernière chose : ô combien je vous approuve, Jean-Baptiste, au sujet de votre remarque sur la Messe ! Le véritable enjeu liturgique, dans l'Eglise post 7/7/7, c'est déviter à tout prix la polarisation entre les deux formes du rite romain. La vraie lutte sera bien de trouver une expression rituelle qui ne soit ni le n'importe quoi kitch ni la nostalgie kitch. Beau chantier (un de plus).
Pour aller dans votre sens à vous deux, Olivier et Jean-Baptiste : je pense même qu'une bonne voie serait justement de provoquer de plus en plus de "confontations", de "frottements" entre le répertoire français et le répertoire grégorien, afin de donner l'idée aux compositeurs du répertoire français de ce qu'est le "type" de musique dans le "génie" du rite romain.
Un des gros problèmes de la musique liturgique en Français aujourd'hui c'est qu'il pêche énormément par son manque de qualité, tant dans son interprétation que dans sa composition (mélodies et paroles). Il n'ya plus de réelles exigences. Il n'ya plus de "mise en musique" de la Parole révélée. Il y a des chansonnettes qui cherchent à plaire et dont on se lasse.
Un exemple (que nous pratiquons "franchement") : à la messe, commencer par un chant de procession en français, et quand le prêtre arrive au sanctuaire (en montant les marches et avec l'encensement), l'antienne d'introït du graduel romain. A la communion, au moment de la communion du prêtre (juste après le "Domine non sum dignus" / "Seigneur je ne suis pas digne"), l'antienne de communion avec ensuite quelques versets, en chaînée par un chant en français, jusqu'à ola fin de la procession puis silence.
On entend deux répertoires : l'un est de référence (le grégorien: c'est le Concile Vatican II qui l'affirme - pour la première fois de son histoire, le Magistère "canonise" un répertoire spécifique comme le chant propre du rite romain - et cela date seulement du 4 décembre 1963). L'autre est en construction, et ne peut être justement qu'adapté au répertoire de référence. Le répertoire de référence n'a pas l'exclusive. Il a seulement, comme le demande le magistère "la place du prince" : "[i]principem locum[/i]". L'autre répertoire (le chant religieux populaire : , que le concile valorise également ([i]Cantus popularis religiosus sollerter foveatur, ita ut in piis sacrisque exercitiis et in ipsis liturgicis actionibus, iuxta normas et praecepta rubricarum, fidelium voces resonare possint.[/i]), comme la polyphonie romaine, à une autre place, mais à une place réelle, et légitime...
Ce que vous observiez est particulièrement exact : il n'est plus possible aujourd'hui d'imaginer une liturgie avec des chants en français "exigeants", parce qu'une certaine idéologie a voulu nous couper de les racines du chant de référence qu'est le grégorien. Et cela a eu des conséquences très directes sur l'office divin... Qui n'est plus aujourd'hui praticables en tant que réelle foction liturgie parc equ'on ne sait plus psalmodier.
Je suis certain que l'on peut utiliser des tons modaux pour la psalmodie en Français. J'avais fait une petite intervention ici il y a quelque temps : http://www.cite-catholique.org/viewtopic.php?f=104&t=3829&start=0
Il y a les partitions pour des tons grégoriens utilisables sur les traductions françaises liturgiques.
Saint Martin mettra également une proposition de tons pour son antiphonaire "les heures grégoriennes", et je sais qu'ils sont tout à fait en faveur d'un développement dans les paroisses (au moins celles qui leur sont confiées... !) d'un office divin avec psalmodie modale en Français.
Une dernière chose : ô combien je vous approuve, Jean-Baptiste, au sujet de votre remarque sur la Messe ! Le véritable enjeu liturgique, dans l'Eglise post 7/7/7, c'est déviter à tout prix la polarisation entre les deux formes du rite romain. La vraie lutte sera bien de trouver une expression rituelle qui ne soit ni le n'importe quoi kitch ni la nostalgie kitch. Beau chantier (un de plus).