Faites pénitence ou vous serez damnés

Règles du forum
Forum d'échanges et de partage sur la spiritualité chrétienne

Répondre


Cette question vous permet de vous prémunir contre les soumissions automatisées et intensives effectuées par des robots indésirables.
Émoticônes
:?: :!: :arrow: :nule: :coeur: :) ;) :( :mal: :D :-D :oops: :cool: :/ :oui: :> :diable: <: :s :hypocrite: :p :amoureux: :clown: :rire: :-[ :sonne: :ciao: :zut: :siffle: :saint: :roule: :incertain: :clap: :fleur: :-@ :non: :cry: :bomb: :exclamation: :dormir: :wow: :boxe: :furieux: :toast: :dance: :flash:
Plus d’émoticônes

Le BBCode est activé
La balise [img] est activée
La balise [url] est activée
Les émoticônes sont activées

Relecture du sujet
   

Agrandir Relecture du sujet : Faites pénitence ou vous serez damnés

Re: Faites pénitence ou vous serez damnés

par Perlum Pimpum » mer. 09 avr. 2025, 1:59

Nul ne va au Ciel qu’en mourant en état de grâce.
Nul n’est en état de grâce sans aimer Dieu de charité.
Nul n’aime Dieu sans haïr ses péchés.
Nul ne haït ses péchés sans les expier dans les larmes.


1. Nul n’aime Dieu sans haïr ses péchés.


Qui aime déteste. Qui n’aime pas ne hait pas. Toujours la haine est une fille de l’amour ; la « haine parfaite » un fruit de la charité. La détestation est à proportion de l’amour.

L’amour et la haine s’opposent quand ils portent sur le même objet. Quand ils portent sur des objets contraires, ils s’appellent l’un l’autre. Qui aime la justice déteste l’injustice. Qui aime Dieu déteste le péché. Qui n’aime pas Dieu ne déteste pas l’injure à Dieu qu’est le péché. Le péché étant offense à Dieu, l’amour pour Dieu implique inexorablement la haine du péché et des pécheurs (1). Mais d’abord (2) celle de ses propres péchés, même absous ; et de soi (3) en tant qu’ayant péché.

(1) « Ne dois=je pas, ô Éternel, haïr ceux qui te haïssent, avoir du dégoût contre ceux qui s’élèvent contre toi ? Oui, je les haïs d’une haine parfaite, ils sont pour moi des ennemis. » (Ps. CXXXIX, 21).

(2) « Hypocrite, ôte d’abord la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille dans l’œil de ton frère. » (Lc. VI, 42). « Méchant serviteur, je t'avais remis en entier ta dette, parce que tu m'en avais supplié ; ne devais-tu pas aussi avoir pitié de ton compagnon, comme j'ai eu pitié de toi ? Et son maître, irrité, le livra aux bourreaux, jusqu'à ce qu'il eût payé tout ce qu'il devait. C'est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne à son frère de tout son cœur. » (Mt. XVIII, 32-34). « Soyez donc miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux. » (Lc. VI, 36).

(3) L’acte détermine l’agent. Qui vole est un voleur, qui pèche est un pécheur. Le pécheur méprise Dieu par son péché. Au souvenir de ce mépris passé, les saints se haïssent rétrospectivement, et ils pleurent amèrement. C'est cela le Carême ! Jusqu'à notre dernier souffle !



2. Nul ne haït ses péchés sans les expier dans les larmes.

Au souvenir de ce mépris passé, les saints pleurent amèrement. Ils pleurent d’autant qu’ils aiment Dieu. Plus ils aiment, plus ils pleurent. Moins ils aiment, moins ils pleurent. Ne pas pleurer, c’est être indifférent à Dieu.

Qui aime déteste. Qui n’aime pas ne hait pas. Qui est indifférent n’aime ni ne déteste. Dieu vomit les tièdes. « Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n'es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche. » (Ap. III, 16).

Qui n'expie pas s'expose à la Vindicte. Qui n'expie pas brûlera dans les flammes atroces : damné ou purgé. Mépriser la pénitence, c'est mépriser Dieu, au risque d’être damné. Comment méprise-t-on la pénitence ? En étant impénitent. L’état de ceux qui meurent en état de péché mortel, c’est l’état d’impénitence finale. « Si vous ne faites pas pénitence, vous mourez tous. » (Lc. XIII, 3).



:croix:



PÉNITENCE ! PÉNITENCE ! PÉNITENCE !

Re: Faites pénitence ou vous serez damnés

par Léon » mar. 08 avr. 2025, 17:38

Fort bien Perlum Pimpum, merci beaucoup.

Je me souviens qu'à Lourdes, Notre Dame avait répété 3 fois:
Pénitence ! Pénitence ! Pénitence !
Chrétien, c'est pour toi.

Re: La pénitence pour la peine temporelle du péché

par Perlum Pimpum » lun. 07 avr. 2025, 12:34

« La Satisfaction est le paiement intégral d’une dette : Car qui dit satisfaction, dit une chose à laquelle rien ne manque. Par exemple, en matière de réconciliation, satisfaire signifie accorder à un cœur irrité tout ce qu’il faut pour le venger de l’injure qu’on lui a faite. D’où il suit que la satisfaction n’est pas autre chose que la compensation, (ou réparation) de l’injure faite à quelqu’un. »

Catéchisme du concile de Trente, chapitre 24, § 1.



« Les choses étant ainsi, il ne sera pas difficile de faire sentir aux Fidèles combien il est nécessaire aux pénitents de s’exercer à cette pratique de la Satisfaction. Il faudra leur apprendre que le péché entraîne après lui deus choses, la tâche [CULPA] et la peine [REATUS PŒNA]. Et bien que la remise de la faute renferme toujours en elle celle du supplice de la mort éternelle, préparé dans les enfers, cependant il arrive souvent, comme l’a déclaré le Concile de Trente que Dieu ne remet pas en même temps certains restes du péché, et la peine temporelle qui lui est due. Nous avons des preuves non équivoques de cette vérité dans plusieurs endroits de nos Saintes Lettres, … dont le plus célèbre et le plus frappant est celui de David. Le Prophète Nathan lui avait dit : « Le Seigneur n’a pas retenu votre péché, vous ne mourrez point. » Et cependant il s’imposa volontairement des peines très grandes, implorant jour et nuit la miséricorde de Dieu … il demandait au Seigneur, non seulement le pardon de son crime, mais encore la remise de la peine qu’il avait méritée ; et il Le conjurait de le purifier de tous les restes de ses fautes, et de le rétablir dans son premier état d’innocence et de gloire. Cependant, malgré toute la ferveur de ses prières, le Seigneur ne laissa pas de le punir, et par la perte de l’enfant né après sa faute, et par la révolte et la mort d’Absalon qu’il aimait tendrement, et par plusieurs autres peines et châtiments, dont II l’avait...auparavant menacé. Nous voyons encore dans l’Exode que le Seigneur apaisé par les prières de Moïse, pardonna au peuple son idolâtrie ; ce qui ne L’empêcha pas d’annoncer qu’Il en tirerait une vengeance très sévère, et Moïse lui-même déclara que le Seigneur le punirait de ce crime avec la dernière rigueur jusqu’à la troisième et quatrième génération. Quant à l’Eglise catholique, sa Doctrine n’a jamais varié sur ce point, et tous les écrits des Pères prouvent qu’elle n’a pas cessé de croire cette vérité. »

Catéchisme du concile de Trente, chapitre 24, § II.



« Si les Pasteurs expliquent avec soin ces vérités, il est presque impossible que les Fidèles n’embrassent pas avec ardeur les œuvres de la Pénitence. Mais ce qui démontre parfaitement l’efficacité de cette Pénitence, c’est qu’elle tire toute sa vertu des mérites de la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ces mérites communiquent à nos bonnes œuvres en général deux immenses avantages : l’un est de nous faire mériter les récompenses et la gloire éternelle, au point qu’un verre d’eau froide, donné au nom du Sauveur, ne sera pas perdu ; et l’autre de satisfaire à Dieu pour nos péchés… Mais il y a deux choses nécessaires dans la Satisfaction la première, que celui qui satisfait soit juste et ami de Dieu. Les œuvres qui ne sont pas faites dans la Foi et dans la Charité ne sauraient être agréables à Dieu ; la seconde, que les œuvres que l’on accomplit soient de nature à causer de la douleur et de la peine. »

Catéchisme du concile de Trente, chapitre 24, § III.


« Les Pasteurs enseigneront que tous les genres de Satisfactions peuvent se ramener à trois sortes d’œuvres : la Prière, le Jeûne et l’Aumône, lesquels répondent parfaitement aux trois sortes de biens que nous avons reçus de Dieu, les biens de l’âme, les biens du corps et ceux que l’on appelle les avantages extérieurs. Rien n’est plus propre ni plus efficace que ces trois sortes d’œuvres pour extirper les racines de tous les péchés… Mais comme une foule de peines et de calamités diverses nous accablent tant que nous sommes dans cette vie, il faut bien apprendre aux Fidèles que ceux qui supportent avec patience tout ce que Dieu leur envoie de pénible et d’affligeant trouvent précisément là une source abondante de satisfaction et de mérites. Tandis que ceux qui n’endurent ces sortes d’épreuves qu’avec répugnance et malgré eux se privent de tous les avantages des œuvres satisfactoires, et ne font que subir la punition et le juste châtiment de Dieu qui se venge de leurs péchés. »

Catéchisme du concile de Trente, chapitre 24, § IV.



:nonne:

Re: Faites pénitence où vous serez damnés

par Bumpepito » sam. 05 avr. 2025, 10:48

Merci pour cette lecture :oui:

Faites pénitence ou vous serez damnés

par Perlum Pimpum » sam. 05 avr. 2025, 10:20

Pénitence est Contrition & Satisfaction.



1° « Si vous ne faites pas pénitence, vous mourrez tous. » (Lc. XIII, 3).


« Dans l'état actuel de nature déchue, il nous est impossible d'aimer Dieu d'un amour vrai et effectif, sans nous sacrifier pour Lui. » (Tanquerey, Précis de théologie morale, ascétique et mystique, 321). En ce temps de Carême, temps pénitentiel par excellence, temps où le vieil homme doit être crucifié pour qu'il puisse ressusciter à Pâques, l'absolue nécessité de la pénitence doit être rappelée. La caractéristique du vrai chrétien, c'est la vertu de pénitence.

« Si vous ne faites pas pénitence, vous mourrez tous. » (Lc. XIII, 3). « Produisez donc des fruits dignes du repentir. » (Lc. III, 8). « Ou méprises-tu les richesses de sa bonté, de sa patience et de sa longanimité, ne reconnaissant pas que la bonté de Dieu te pousse au repentir ? » (Rm. II, 4).

« Heureux les affligés, car ils seront consolés. » (Mt. V, 4). « Vous pleurerez et vous vous lamenterez, et le monde se réjouira. Vous serez dans la tristesse, mais votre tristesse se changera en joie. » (Jn. XVI, 20). « Ceux qui sèment avec larmes moissonneront dans l'allégresse. » (Ps. CXXVI, 5). « Malheur à vous qui riez maintenant, car vous serez dans le deuil et dans les larmes » au Jour de votre Jugement. (Lc. VI, 25).

« Ceux, en effet, qui vivent selon la chair, s'affectionnent aux choses de la chair, tandis que ceux qui vivent selon l'esprit s'affectionnent aux choses de l'esprit. Et l'affection de la chair, c'est la mort, tandis que l'affection de l'esprit, c'est la vie et la paix, car l'affection de la chair est inimitié contre Dieu, parce qu'elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, et qu'elle ne le peut même pas. Or ceux qui vivent selon la chair ne sauraient plaire à Dieu. Pour vous, vous ne vivez pas selon la chair, mais selon l'esprit, si du moins l'Esprit de Dieu habite en vous. Si quelqu'un n'a pas l'Esprit de Christ, il ne lui appartient pas. Et si le Christ est en vous, le corps, il est vrai, est mort à cause du péché, mais l'esprit est vie à cause de la justice. Et si l'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Christ d'entre les morts rendra aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. Ainsi donc, frères, nous ne sommes point redevables à la chair, pour vivre selon la chair. Si vous vivez selon la chair, vous mourrez, mais si par l'Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez, car tous ceux qui sont conduits par l'Esprit de Dieu sont fils de Dieu. … Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d'être glorifiés avec lui. » (Rm. VIII, 5-15).



2° « D’un cœur contrit et humilié, Dieu n’a pas de mépris. » (Ps. L, 17).


« Vous serez pour moi un royaume de sacrificateurs, une nation sainte. » (Ex. XIX, 6). « Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. » (Rm. XII, 1). « Le sacrifice qui plait à Dieu est un esprit brisé. D’un cœur contrit et humilié, Dieu n’a point de mépris. » (Ps. L, 17).


La contrition est la douleur d'avoir offensé Dieu par ses péchés.

« La contrition, qui tient la première place parmi les actes du pénitent dont il a été parlé, est une douleur de l’âme et une détestation du péché commis, avec le propos de ne pas pécher à l’avenir. En tout temps ce mouvement de contrition a été nécessaire pour obtenir le pardon des péchés ; dans celui qui est tombé après le baptême, il prépare encore à la rémission des péchés s’il est joint à la confiance en la miséricorde divine et au désir de faire tout le reste requis pour recevoir ce sacrement comme il convient. Le saint concile déclare donc que cette contrition comprend non seulement l’abandon du péché, le propos et le début d’une vie nouvelle, mais aussi la haine de la vie ancienne, conformément à ces paroles : "Rejetez loin de vous toutes les iniquités par lesquelles vous avez prévariqué, et faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau" [Ez. XVIII, 31]. Et assurément celui qui aura considéré ces cris des saints : "Contre toi seul j’ai péché, en ta présence j’ai fait le mal" [Ps L, 6] ; "j’ai peiné en gémissant, chaque nuit, je baigne ma couche" [Ps. VI, 7] ; "je me rappellerai pour toi toutes mes années dans l’amertume de mon âme" [Is. XXXVIII, 15], et d’autres de ce genre, comprendra aisément qu’elles provenaient d’une violente haine de la vie passée et d’une très grande détestation des péchés. Le saint concile enseigne en outre que, même s’il arrive parfois que cette contrition soit rendue parfaite par la charité et réconcilie l’homme avec Dieu avant que ce sacrement ne soit effectivement reçu, il ne faut néanmoins pas attribuer cette réconciliation à cette seule contrition sans le désir du sacrement, désir qui est inclus en elle. La contrition imparfaite, qu’on appelle attrition, parce qu’on la conçoit en général ou bien en considérant la laideur du péché ou bien par crainte de l’enfer et des châtiments, si elle exclut la volonté de pécher jointe à l’espoir du pardon, le saint concile déclare que non seulement elle ne fait pas de l’homme un hypocrite et un plus grand pécheur, mais qu’elle est aussi un don de Dieu, une impulsion de l’Esprit Saint qui, n’habitant pas encore le pénitent, mais le mouvant seulement, lui vient en aide, pour qu’il prépare pour lui-même le chemin vers la justice. Et bien que sans le sacrement de la pénitence elle ne puisse pas par elle-même conduire le pécheur jusqu’à la justification, cependant elle le dispose à obtenir la grâce de Dieu dans le sacrement de la pénitence. C’est fort utilement frappés par cette crainte que les gens de Ninive firent une pénitence complète à la prédication terrifiante de Jonas et obtinrent miséricorde du Seigneur. C’est pourquoi on calomnie faussement des écrivains catholiques, comme s’ils avaient enseigné que le sacrement de la pénitence conférait la grâce sans aucun bon mouvement de la part de ceux qui le reçoivent. Jamais l’Église de Dieu n’a enseigné ni pensé cela. » Concile Œcuménique de Trente, Décret sur le sacrement de pénitence, chapitre 4.

« Si quelqu’un dit que la contrition que préparent l’examen, le rappel et la détestation des péchés, et par laquelle on pense à ses années dans l’amertume de son cœur [Is. XXXVIII, 15], en pesant la gravité, l’abondance et la laideur de ses péchés, ainsi que la perte du bonheur éternel et la damnation éternelle encourue, avec le ferme propos d’une vie meilleure, que cette contrition n’est pas une douleur véritable et utile et ne prépare pas à la grâce… qu’il soit anathème. » Concile Œcuménique de Trente, Canon 5 du Décret sur le sacrement de pénitence.

« On doit exhorter les Fidèles à faire tous leurs efforts et à déployer toute leur ardeur pour obtenir ce repentir du cœur, que nous appelons la vertu de pénitence. Sans lui, la pénitence extérieure est peu profitable. Or cette pénitence intérieure consiste à retourner à Dieu du fond du cœur, à détester sincèrement les péchés que nous avons commis, et à être fermement décidés et absolument résolus à réformer nos mauvaises habitudes et nos mœurs corrompues… Quant à la pénitence extérieure, c’est elle qui constitue, à proprement parler, le sacrement, et qu’elle consiste dans certaines actions extérieures et sensibles qui expriment ce qui se passe dans l’intérieur de l’âme... Pour revenir aux effets du sacrement de pénitence, la vertu d’effacer les péchés lui est tellement propre, qu’il est impossible de l’obtenir, ni même de l’espérer par un autre moyen. "Si vous ne faites pénitence, dit notre Seigneur [Lc. XIII, 3], vous périrez tous." II est vrai que ces paroles ne s’appliquent qu’aux péchés graves et mortels. Cependant les péchés légers, que l’on nomme véniels, exigent aussi leur genre de pénitence. Car, dit Saint Augustin [Hom. 50], "cette espèce de pénitence qui se fait tous les jours dans l’Eglise pour les péchés véniels serait tout à fait vaine, si ces péchés pouvaient se remettre sans pénitence." » Catéchisme du Concile de Trente, chapitre 21.



3° « Produisez donc des fruits dignes du repentir. » (Lc. III, 8).


La contrition est la douleur d'avoir offensé Dieu par ses péchés. Plus donc vous aimerez Dieu, plus vous détesterez vos anciens péchés et réformerez vos mœurs, moins vous risquerez d'y retomber. Bref, selon l’intensité de votre contrition vous disposant à la réception sacramentelle de la grâce du Christ, sa grâce opérera plus ou moins puissamment en vous. Plus vous serez contrit, plus vite vous guérirez.

« Si donc vous êtes ressuscités avec Christ, cherchez les choses d'en haut, où Christ est assis à la droite de Dieu. Affectionnez-vous aux choses d'en haut, et non à celles de la terre. Car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec Christ en Dieu. Quand Christ, votre vie, paraîtra, alors vous paraîtrez aussi avec lui dans la gloire. Faites donc mourir les membres qui sont sur la terre, l'impudicité, l'impureté, les passions, les mauvais désirs, et la cupidité, qui est une idolâtrie. C'est à cause de ces choses que la colère de Dieu vient sur les fils de la rébellion, parmi lesquels vous marchiez autrefois, lorsque vous viviez dans ces péchés. Mais maintenant, renoncez à toutes ces choses, à la colère, à l'animosité, à la méchanceté, à la calomnie, aux paroles déshonnêtes qui pourraient sortir de votre bouche. Ne mentez pas les uns aux autres, vous étant dépouillés du vieil homme et de ses œuvres, et ayant revêtu l'homme nouveau, qui se renouvelle, dans la connaissance, selon l'image de celui qui l'a créé. » (Col. III, 1-9).


:arrow: La CONTRITION emporte avec soi la DÉTESTATION DES PÊCHÉS COMMIS ainsi que le FERME PROPOS DE NE PLUS PÉCHER.


1. La DÉTESTATION DES PÊCHÉS COMMIS emporte avec elle la volonté de les EXPIER. Le Concile Œcuménique de Trente, Décret sur le sacrement de pénitence, affirme très clairement que la VOLONTÉ D'EXPIER ses fautes passées, et d'ainsi satisfaire à la justice de Dieu par les œuvres de la PÉNITENCE, est constitutive de la SATISFACTION, qui est le deuxième des trois actes nécessaires à la validité du sacrement de pénitence, auquel elle donne son nom. Cette volonté d'expier, au principe des actes de pénitence que la volonté commande, doit exister au moment de recevoir l'absolution. Plus elle sera intense, plus vous serez disposé à mieux recevoir la grâce sacramentelle de guérison.

« Pour tous les hommes qui se sont souillés de quelque péché mortel, la pénitence fut certes nécessaire en tout temps pour obtenir la grâce et la justice, même pour ceux qui avaient demandé à être lavés par le sacrement du baptême, pour que, ayant rejeté et amendé toute perversité, ils détestent une si grande offense faite à Dieu en ressentant en même temps la haine du péché et une sainte douleur dans leur âme. Aussi le prophète dit-il : "Convertissez-vous et faites pénitence de toutes vos iniquités, et votre iniquité ne sera pas pour votre ruine" [Ez XVIII, 30]. Le Seigneur dit aussi : "Si vous ne faites pénitence, vous périrez tous de la même manière" [Lc XIII, 3]. Et le chef des apôtres, Pierre, disait, en recommandant la pénitence aux pécheurs qui allaient recevoir le baptême : "Faites pénitence, et que chacun de vous soit baptisé" [Ac II, 38]. Mais, avant la venue du Christ, la pénitence n’était pas un sacrement ; et après sa venue, elle n’en est un pour personne avant le baptême. Or le Seigneur a principalement institué ce sacrement de pénitence lorsque, ressuscité des morts, il souffla sur les disciples en disant : "Recevez l’Esprit Saint ; les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez ; ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez" [Jn X, 22–23]. » (Concile Œcuménique de Trente, Décret sur le sacrement de pénitence, chapitre 1).


2. Le FERME PROPOS est la volonté ferme de réformer ses mœurs, la volonté ferme d'une conversion morale, de se convertir pour ne plus pécher à l'avenir. La volonté d'expier est relative au passé. Le ferme propos est relatif au présent et au futur : qui s'amuse avec le diable ne peut se réjouir avec le Christ.


:arrow: EXPIATION et CONVERSION sont deux effets découlant nécessairement et indissociablement de la CONTRITION.


1. D'où l'absurdité - l'extrême perversité - d'opposer la CONVERSION = μετάνοια à la PÉNITENCE = paenĭtentĭa ; en jouant du texte grec inspiré de Lc. XIII, 3 contre la version latine exempte d'erreur de la Vulgate.

« Οὐχί, λέγω ὑμῖν: ἀλλ’ ἐὰν μὴ μετανοῆτε, πάντες ὡσαύτως ἀπολεῖσθε » (Lc. XIII, 3).
« Non dico uobis sed nisi paenitentiam habueritis omnes similiter peribitis » (Lc. XIII, 3).


2. Le dénigrement de la pénitence procède de la volonté impie de nier les enseignements du Concile de Trente pour mieux nier la Justice Vindicative de Dieu, la Vindicte qu'est Dieu infligeant ad extra les châtiments que sa Justice exige. Oubliant que c'est parce que Dieu est Amour, est Amour de Dieu pour Dieu, qu'il frappe ceux qui ne L'aiment pas, les impies nient la Vindicte, qu'ils jugent faussement incompossible à la Miséricorde. Ce faisant, ils font bien plus qu'injurier Dieu : ils blessent les âmes, quand ils ne les assassinent pas. Ils les blessent, car si l'absolution sacramentelle a pour effet de faire disparaitre la souillure du péché et la dette de peine éternelle induite par le péché mortel, elle ne fait pas disparaitre la dette de peine temporelle à expier ici-bas ou au Purgatoire. Or les souffrances du Purgatoire sont plus atroces que les plus atroces des souffrances subies en cette vie.

« Il existe un purgatoire après la vie présente. En effet, si, après que la faute [culpa] a été détruite par la contrition, la dette de la peine [reatus pœna] n’a pas été totalement enlevée... il est nécessaire que soit puni après cette vie celui qui, après la contrition pour son péché et l’absolution, meurt avant d’avoir accompli la satisfaction due. Ainsi, ceux qui nient le purgatoire parlent contre la justice divine. » S. Thomas d’Aquin, Super Sent., lib. 4 d. 21 q. 1 a. 1 qc. 1 co. « La faute ne peut être remise en ordre que par une peine, et parce que Dieu ne laisse rien qui soit désordonné, il ne remet jamais une faute sans infliger une peine. » (S. Thomas d’Aquin, Super Sent., lib. 4 d. 21 q. 1 a. 2 qc. 3 co).

« Mais parce qu’on dit : Il sera sauvé comme par le feu (cf. I Cor. III, 12-15), ce feu est tenu pour négligeable. Ce feu sera néanmoins plus grave que tout ce qu’un homme peut souffrir en cette vie. » (S. Augustin, Commentaire sur les Psaumes, Ps. 37). « Ce feu du purgatoire sera plus pénible que toute peine qu’on peut éprouver, voir ou penser en ce siècle. » (S. Thomas d’Aquin, Super Sent., lib. 4 d. 21 q. 1 a. 1 qc. 3 s. c. 1). « Il est donc nécessaire que la peine du purgatoire… dépasse toute peine de la vie présente. » (S. Thomas d’Aquin, Super Sent., lib. 4 d. 21 q. 1 a. 1 qc. 3 co).

« Enfin pour ce qui est de la satisfaction : parmi toutes les parties de la pénitence, autant elle a été de tout temps recommandée au peuple chrétien par nos Pères, autant, à notre époque, elle est extrêmement attaquée, sous couvert essentiellement de piété, par ceux qui ont les apparences de la piété, mais renient ce qui en est la force. Le saint concile déclare donc qu’il est totalement faux et contraire à la Parole de Dieu de dire que la faute n’est jamais remise par le Seigneur sans que la peine entière soit aussi gracieusement remise... Assurément le caractère de la justice divine semble exiger que ceux qui ont péché par ignorance avant le baptême rentrent en grâce autrement que ceux qui, une fois délivrés de l’esclavage du péché et du démon, après avoir reçu le don du Saint-Esprit, n’ont pas craint de violer sciemment le Temple de Dieu et de contrister l’Esprit Saint. Il convient que la clémence divine ne nous remette pas nos péchés sans aucune satisfaction si bien que, saisissant l’occasion et estimant nos péchés assez légers, nous tomberions dans de plus graves, faisant outrage et injure à l’Esprit Saint, et amassant contre nous des trésors de colère pour le jour de la colère. Sans aucun doute, en effet, ces peines expiatoires écartent grandement du péché, retiennent comme un frein, et rendent les pénitents plus prudents et plus vigilants pour l’avenir ; elles sont aussi un remède pour les séquelles du péché et enlèvent les habitudes vicieuses prises par une mauvaise vie en faisant accomplir des actions vertueuses opposées à ces habitudes. Et aucune voie n’a jamais été estimée plus sûre dans l’Église de Dieu pour écarter la peine [éternelle] dont menace le Seigneur que de se consacrer assidûment à ces œuvres de pénitence avec une vraie douleur de cœur. À cela s’ajoute qu'en souffrant lorsque nous satisfaisons pour nos péchés, nous devenons conformes au Christ Jésus qui a satisfait pour nos péchés, lui de qui vient notre capacité, ayant aussi l’assurance très certaine que si nous souffrons avec lui, avec lui nous serons glorifiés [Rm 8, 17]. Mais cette satisfaction, que nous acquittons pour nos péchés, n’est pas nôtre de telle sorte qu’elle ne soit pas par Jésus Christ ; en effet nous qui, de nous-mêmes, ne pouvons rien qui vienne de nous, avec l’aide de celui qui nous rend forts, nous pouvons tout... Les prêtres du Seigneur doivent donc, autant que l’esprit et la prudence le suggéreront, imposer les satisfactions salutaires et qui conviennent, en rapport avec la nature des péchés et les possibilités des pénitents. S’ils venaient à fermer les yeux sur les péchés et à se montrer trop indulgents avec les pénitents en imposant des œuvres très légères pour des fautes très graves, ils participeraient aux péchés des autres. Qu’ils aient devant les yeux la pensée que la satisfaction qu’ils imposent ne vise pas seulement à sauvegarder la vie nouvelle et à guérir la faiblesse, mais aussi à venger et châtier les péchés passés. En effet, les anciens Pères eux aussi croient et enseignent que le pouvoir des clés a été accordé aux prêtres non pas seulement pour délier, mais aussi pour lier. Et ils n’ont pas, à cause de cela, estimé que le sacrement de la pénitence était un tribunal de colères et de peines – ce qu’aucun catholique n’a jamais pensé – ni que, par de telles satisfactions de notre part, était ou obscurcie ou diminuée en partie la force du mérite de notre Seigneur Jésus Christ. En ne voulant pas comprendre cela, enseignant ainsi que la meilleure pénitence est une vie nouvelle, les novateurs suppriment toute force à la satisfaction et tout recours à celle-ci. » Concile Œcuménique de Trente, Décret sur le sacrement de pénitence, chapitre 8.

« Si quelqu’un dit que l’absolution sacramentelle du prêtre n’est pas un acte judiciaire… qu’il soit anathème. » (Concile Œcuménique de Trente, Canon 9 du Décret sur le sacrement de pénitence).

« Si quelqu’un dit que toute la peine est toujours remise par Dieu en même temps que la faute, et que la satisfaction des pénitents n’est pas autre chose que la foi par laquelle ils saisissent que le Christ a satisfait pour eux : qu’il soit anathème. » (Canon 12).

« Si quelqu’un dit que, pour ce qui est de la peine temporelle, on ne satisfait nullement à Dieu pour les pêchés par les mérites du Christ ni par le moyen de peines infligées par Dieu et supportées avec patience, ni par le moyen de celles imposées par le prêtre, les prières, les aumônes ou les autres œuvres de piété, et que, en conséquence, la meilleure pénitence est seulement une vie nouvelle : qu’il soit anathème. » (Canon 13).

« La Satisfaction est le paiement intégral d’une detteEt bien que la remise de la faute renferme toujours en elle celle du supplice de la mort éternelle, préparé dans les enfers, cependant il arrive souvent, comme l’a déclaré le Concile de Trente que Dieu ne remet pas en même temps certains restes du péché, et la peine temporelle qui lui est due… Mais comment se fait-il que le sacrement de Pénitence ne remette pas avec le péché toutes les peines qui lui sont dues, aussi bien que le Baptême ? C’est ce que nous explique fort bien le Concile de Trente… On peut ajouter que ces pénitences sont comme des témoignages publics de la douleur que nous font éprouver nos péchés, et par là même un moyen de satisfaire à l’Église qui a été grièvement offensée par nos crimes... D’un autre côté, nos exemples de pénitence apprennent aux autres comment ils doivent régler leur conduite et pratiquer la piété. Lorsque nos semblables sont témoins des peines qui nous sont infligées pour nos péchés, ils en concluent qu’ils doivent vivre toujours dans la plus grande vigilance et réformer leurs mœurs. Voilà pourquoi l’Église avait voulu avec beaucoup de sagesse imposer une pénitence publique à celui qui avait commis publiquement quelque faute, afin que les autres, frappés d’une salutaire terreur, fussent désormais plus attentifs à éviter le péché... Mais il y a deux choses nécessaires dans la Satisfaction. La première, que celui qui satisfait soit juste et ami de Dieu. Les œuvres qui ne sont pas faites dans la Foi et dans la Charité ne sauraient être agréables à Dieu. La seconde, que les œuvres que l’on accomplit soient de nature à causer de la douleur et de la peine. Puisqu’elles sont une véritable compensation des péchés passés et, comme parle le martyr Saint Cyprien "la rançon des péchés", il est de toute nécessité qu’elles présentent quelque chose de difficile et de pénible — bien qu’il n’arrive pas toujours à ceux qui s’exercent à ces œuvres de mortification d’éprouver le sentiment de la douleur. » Catéchisme du Concile de Trente, chapitre 24.

Il faut donc expier pour satisfaire à la dette de peine temporelle induite par nos anciens péchés, tant véniels que mortels et absous. Les indulgences peuvent être ici d'un grand secours.

Haut