par Jean-Mic » mar. 27 sept. 2022, 15:06
Pierre Moine a écrit : ↑mar. 27 sept. 2022, 2:41Pour savoir si un livre spirituel est approuvé par l'église
[par l'Eglise, c'est moi qui corrige], il y a le mot imprimatur au début du livre.On peut le lire sans possibilité d'erreur. Dans le livre imitation de Jésus-Christ, il n'a pas ce mot. Donc c'est laisser à chacun de le lire ou non.
Il ne risque pas d'y avoir d'imprimatur sur l'Imitation de Jésus-Christ !
L'
imprimatur et ses variantes
nihil obstat et
imprimi potest ont été instituées spar la bulle
Inter sollicitudines, écrite par le pape Léon X en 1515. Le nom-même d'
imprimatur laisse d'ailleurs entendre qu'on y parle d'imprimerie.
Or, premièrement, l'imprimerie à caractères mobiles est une invention du milieu du 15ème siècle. On donne habituellement la date de 1453 pour l'impression de la
Bible à quarante-deux lignes par Gutemberg à Mayence.
Et, deuxièmement,
l'Imitation de Jésus-Christ a été rédigée par Thomas a Kempis vers 1427, soit près de 90 ans avant la bulle pontificale en question. Elle a été d'abord diffusée par copies manuscrites comme cela se faisait depuis des siècles.
Avec l'imprimerie, il est néanmoins exact que sa diffusion a connu un succès immense, au point qu'elle a été considérée jusqu'au début du 20ème siècle comme le deuxième livre le plus édité au monde (le premier étant la Bible).
Mais, seule la première édition d'un ouvrage imprimé était soumise à
imprimatur. Les rééditions ou les traductions d'un ouvrage déjà édité ne le sont pas, ce qui n'empêche pas que certaines rééditions en fassent mention (mais toujours avec la date de première impression). A fortiori l'impression d'ouvrages que nous dirions avec nos mots d'aujourd'hui
tombés dans le domaine public. A fortiori encore la diffusion imprimée de manuscrits antérieurs à l'invention de l'imprimerie. Deux bonnes raisons pour que les manuscrits et incunables qui peuplaient les bibliothèques des moines, des évêques, ou des érudits, ou les premiers ouvrages imprimés qui circulaient de main en main, ne soient pas concernés.
Demander l'imprimatur pour un ouvrage antérieur à Inter sollicitudines est donc un anachronisme.
[quote="Pierre Moine" post_id=453388 time=1664239284 user_id=18016]Pour savoir si un livre spirituel est approuvé par l'église [size=85][par l'Eglise, c'est moi qui corrige][/size], il y a le mot imprimatur au début du livre.On peut le lire sans possibilité d'erreur. Dans le livre imitation de Jésus-Christ, il n'a pas ce mot. Donc c'est laisser à chacun de le lire ou non.[/quote][b]Il ne risque pas d'y avoir d'[i]imprimatur[/i] sur [i]l'Imitation de Jésus-Christ[/i] ![/b]
L'[i]imprimatur[/i] et ses variantes [i]nihil obstat[/i] et [i]imprimi potest[/i] ont été instituées spar la bulle [i]Inter sollicitudines[/i], écrite par le pape Léon X en 1515. Le nom-même d'[i]imprimatur[/i] laisse d'ailleurs entendre qu'on y parle d'imprimerie.
Or, premièrement, l'imprimerie à caractères mobiles est une invention du milieu du 15ème siècle. On donne habituellement la date de 1453 pour l'impression de la [i]Bible à quarante-deux lignes[/i] par Gutemberg à Mayence.
Et, deuxièmement, [i]l'Imitation de Jésus-Christ[/i] a été rédigée par Thomas a Kempis vers 1427, soit près de 90 ans avant la bulle pontificale en question. Elle a été d'abord diffusée par copies manuscrites comme cela se faisait depuis des siècles.
Avec l'imprimerie, il est néanmoins exact que sa diffusion a connu un succès immense, au point qu'elle a été considérée jusqu'au début du 20ème siècle comme le deuxième livre le plus édité au monde (le premier étant la Bible).
Mais, seule la première édition d'un ouvrage imprimé était soumise à [i]imprimatur[/i]. Les rééditions ou les traductions d'un ouvrage déjà édité ne le sont pas, ce qui n'empêche pas que certaines rééditions en fassent mention (mais toujours avec la date de première impression). A fortiori l'impression d'ouvrages que nous dirions avec nos mots d'aujourd'hui [i]tombés dans le domaine public[/i]. A fortiori encore la diffusion imprimée de manuscrits antérieurs à l'invention de l'imprimerie. Deux bonnes raisons pour que les manuscrits et incunables qui peuplaient les bibliothèques des moines, des évêques, ou des érudits, ou les premiers ouvrages imprimés qui circulaient de main en main, ne soient pas concernés.
[b]Demander l'[i]imprimatur[/i] pour un ouvrage antérieur à [i]Inter sollicitudines[/i] est donc un anachronisme.[/b]