par Cinci » ven. 02 sept. 2016, 16:42
La construction de l'État israélien s'est faite "en marge" comme vous dite, hélios. Oui, au travers d'une apparente impunité, en dépit de violations répétitives des règles du
fair-play le plus élémentaire, du respect d'autrui et tout. Je suis d'accord pour le mépris de l'ethique.
La raison d'État passait avant tout. Pour des types comme Ben Gourion certainement. Et il ne s'en cachait pas lui-même. La fin justifiait les moyens.
Un auteur comme Ilan Pappe, un historien israélien, nous expliquait cela très bien dans son livre parut en 2006,
Le nettoyage ethnique de la Palestine. Rien qu'en quatrième de couverture :
- A la fin de 1947, la Palestine compte près de 2 millions d'habitants : un tiers de Juifs, deux tiers d'Arabes. La résolution 181 des Nations unies décide de la partition en deux États : l'un doit être peuplé exclusivement d'Arabes; dans l'autre, les Juifs seraient légèrement majoritaires.
Un an plus tard, c'est un État à très forte majorité juive, Israël, qui occupe 78% de la Palestine. Plus de 500 villages ont été rasés, de nombreuses villes ont presque entièrement perdu leur population arabe. Et 800 000 Arabes palestiniens originaires des territoires qui font désormais partie d'Israël peuplent des camps de réfugiés hors de ses frontières. A en croire l'historiographie israélienne traditionnelle, cette situation serait la résultante imprévisible, involontaire, des aléas d'un conflit armé : la première guerre israélo-arabe. Mais Ilan Pappe en donne ici une explication bien différente.
A l'aide de documents d'archives, de journaux personnels, de témoignages directs, il reconstitue en détail ce qui s'est vraiment passé à la fin de 1947 et en 1948, ville par ville, village par village. Apparaît alors une entreprise délibérée, systématique, d'expulsion et de destruction : une nettoyage ethnique de la Palestine.
En quelques mois, forts de leur supériorité militaire, de leur accord secret avec le roi de Jordanie, de la passivité complice des soldats britanniques et de l'impéritie de l'ONU, les dirigeants du mouvement sioniste ont organisé le "transfert", par la violence et l'intimidation, d'une population arabe plutôt pacifique, sans défense, abandonnée de tous.
Avec tout ça : je ne vois pas où devrait se situer votre désaccord avec le propos de Chomsky. Enfin, au sujet de la normalité de l'État hébreu, quand la norme ici doit être la raison d'État, ou le simple fait que des dirigeants de pays peuvent avoir des intérêts à défendre.
Il dit (
le professeur Chomsky qui est juif, si je résume) qu'une certaine mythologie subsiste, chez beaucoup, à propos de l'"État que des sionistes ont construit".
Pour le mythe :
Comme si tout devrait provenir de la main de Dieu à Tel Aviv. Pendant que les représentants du sionisme auraient dû être des agneaux innocents, des avocats d'une noble cause ayant été contraints de se défendre seulement, pour leur plus grande peine. Ben Gourion eût représenté ce chevalier des temps modernes, mis dans une situation de légitime défense, à raison de manigances affreuses d'une foule de criminels arabes en face, tous acharnés à vouloir sa perte, la sienne, celle de ses enfants et de tout son peuple naturellement,
Alors qu'est-ce que vous trouvez troublant? le fait que le professeur fasse valoir qu'il ne serait pas mauvais d'être lucide ou d'arrêter de croire aux contes de fée en matière de politique internationale? C'est le fait d'affirmer que nous n'avons pas tellement le choix nous-mêmes sinon composer avec la réalité des États qui s'Imposent à nous jusqu'à un certain point? Que l'on ne pourrait pas non plus espérer rayer de la carte les États nationaux, au motif qu'un péché originel devrait entacher leur origine? autre chose?
Je ne vois pas ce qui vous embête, hélios.
La construction de l'État israélien s'est faite "en marge" comme vous dite, hélios. Oui, au travers d'une apparente impunité, en dépit de violations répétitives des règles du [i]fair-play[/i] le plus élémentaire, du respect d'autrui et tout. Je suis d'accord pour le mépris de l'ethique.
La raison d'État passait avant tout. Pour des types comme Ben Gourion certainement. Et il ne s'en cachait pas lui-même. La fin justifiait les moyens.
Un auteur comme Ilan Pappe, un historien israélien, nous expliquait cela très bien dans son livre parut en 2006, [i]Le nettoyage ethnique de la Palestine[/i]. Rien qu'en quatrième de couverture :
[quote] [list]A la fin de 1947, la Palestine compte près de 2 millions d'habitants : un tiers de Juifs, deux tiers d'Arabes. La résolution 181 des Nations unies décide de la partition en deux États : l'un doit être peuplé exclusivement d'Arabes; dans l'autre, les Juifs seraient légèrement majoritaires.
Un an plus tard, c'est un État à très forte majorité juive, Israël, qui occupe 78% de la Palestine. Plus de 500 villages ont été rasés, de nombreuses villes ont presque entièrement perdu leur population arabe. Et 800 000 Arabes palestiniens originaires des territoires qui font désormais partie d'Israël peuplent des camps de réfugiés hors de ses frontières. A en croire l'historiographie israélienne traditionnelle, cette situation serait la résultante imprévisible, involontaire, des aléas d'un conflit armé : la première guerre israélo-arabe. Mais Ilan Pappe en donne ici une explication bien différente.
A l'aide de documents d'archives, de journaux personnels, de témoignages directs, il reconstitue en détail ce qui s'est vraiment passé à la fin de 1947 et en 1948, ville par ville, village par village. Apparaît alors une entreprise délibérée, systématique, d'expulsion et de destruction : une nettoyage ethnique de la Palestine.
En quelques mois, forts de leur supériorité militaire, de leur accord secret avec le roi de Jordanie, de la passivité complice des soldats britanniques et de l'impéritie de l'ONU, les dirigeants du mouvement sioniste ont organisé le "transfert", par la violence et l'intimidation, d'une population arabe plutôt pacifique, sans défense, abandonnée de tous. [/list][/quote]
Avec tout ça : je ne vois pas où devrait se situer votre désaccord avec le propos de Chomsky. Enfin, au sujet de la normalité de l'État hébreu, quand la norme ici doit être la raison d'État, ou le simple fait que des dirigeants de pays peuvent avoir des intérêts à défendre.
Il dit ([i]le professeur Chomsky qui est juif, si je résume[/i]) qu'une certaine mythologie subsiste, chez beaucoup, à propos de l'"État que des sionistes ont construit".
Pour le mythe :
Comme si tout devrait provenir de la main de Dieu à Tel Aviv. Pendant que les représentants du sionisme auraient dû être des agneaux innocents, des avocats d'une noble cause ayant été contraints de se défendre seulement, pour leur plus grande peine. Ben Gourion eût représenté ce chevalier des temps modernes, mis dans une situation de légitime défense, à raison de manigances affreuses d'une foule de criminels arabes en face, tous acharnés à vouloir sa perte, la sienne, celle de ses enfants et de tout son peuple naturellement,
Alors qu'est-ce que vous trouvez troublant? le fait que le professeur fasse valoir qu'il ne serait pas mauvais d'être lucide ou d'arrêter de croire aux contes de fée en matière de politique internationale? C'est le fait d'affirmer que nous n'avons pas tellement le choix nous-mêmes sinon composer avec la réalité des États qui s'Imposent à nous jusqu'à un certain point? Que l'on ne pourrait pas non plus espérer rayer de la carte les États nationaux, au motif qu'un péché originel devrait entacher leur origine? autre chose?
Je ne vois pas ce qui vous embête, hélios.